
- Albi - le pont Vieux et la cathédrale
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Albi
Pour certains l’Albigeois ressemble à la Toscane. Si chacun peut se forger sa propre opinion en longeant la rivière jusqu’à la cité d’Albi, il est un point qui ne fait pas débat : Albi est unique ! C’est une cité de terre cuite. Depuis la présence romaine, et encore plus depuis le 12e siècle, la brique rouge s’impose dans la construction des maisons, des ponts et des édifices religieux ou civils. La tuile, rouge, naturellement, recouvre sans partage l’ensemble des toitures. La ville est écrasée par cette cohérence de couleur qui s’étale du rose pâle à l’ocre vif, en passant par l’orange. Le rouge n’est pourtant pas une couleur anodine. Dans le langage des couleurs, n’est-il pas la traduction de la passion, de la sensualité voire de l’interdit ? Loin de ces considérations poétiques, les bâtisseurs de toutes époques n’ont fait qu’utiliser la matière première qu’ils avaient sous la main. Ici point de pierres et point de bois en quantité suffisante pour édifier des villes, alors que la rivière Tarn et sa longue vallée regorgent d’argile chargée des pigments d’oxyde de fer.
Transformée en brique et en tuile, l’argile rouge a fini par s’imposer. Témoin, la cathédrale Ste-Cécile dont la construction a nécessité près de deux siècles de labeur. La première pierre fut posée en 1282 et elle ne fut consacrée qu’en 1480. Cet édifice monumental, sans doute démesuré par rapport à la population de la cité au moyen-âge, est le signe de la victoire de l’église catholique sur les Cathares. Si la victoire fut indéniable, les évêques ne voulurent pas humilier les battus. Pour ne pas froisser les habitants de la région encore soumis aux idées cathares, les architectes eurent l’idée d’un édifice monumental mais sobre. Les Cathares reprochaient aux évêques de vivre une foi teintée de luxe et de débauche. En réponse, la cathédrale de brique fut construite sans relief, sans lumière, dans un style gothique méridionale très dépouillé. La sobriété fut l’arme de la diplomatie et de l’accalmie. Ce n’est qu’au 16e siècle que les meilleurs artisans du royaume furent conviés à enrichir la décoration. La sobriété passe alors au second plan ! Les sept péchés capitaux sont représentés d’une manière expressive par des Bourguignons inspirés par les Flamands. Les fresques peintes par des artistes de Bologne recouvrent la brique d’enduis puis de grandes scènes bleuies par le carbonate de cuivre. Le jubé de style gothique flamboyant et tardif finit de casser la sobriété respectueuse des cathares. Ce n’est qu’en 1734 que le facteur d’orgue Christophe Moucherel construit les 3549 tuyaux qui enchantent encore aujourd’hui l’oreille des fidèles.

- Albi - la cathédrale Ste-Cécile - le jubé
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L’autre couleur d’Albi est le bleu. Moins présente, plus nostalgique et discrète. C’est le bleu de Isatis Tinctoria, autrement dit le pastel, qui teinte les draps et les tissus. Entre la cueillette de la plante, le broyage des feuilles, le façonnage des coques, leur séchage puis la transformation chimique pour obtenir le pigment il ne faut pas moins de 4 ans de cycle de production. La production et la transformation de cette plante tinctoriale a fait la fortune de la ville. Les hôtels particuliers qui fleurissent dans les ruelles albigeoises sont le signe de la richesse des commerçants et des bourgeois qui organisaient la vente de ce que l’on appelle « l’or bleu de la Renaissance ». L’incroyable élan économique qui s’étend du 12e à la fin du 16e siècle est soudain cassé, à l’apparition de l’indigo. Le pastel retombe dans l’anonymat, les témoignages de sa riche présence sont toujours bel et bien là.

- Albi - le pont Vieux et les berges
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- Millau... vu d’en haut !
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Millau
Dès la sortie des gorges, le Tarn file vers Millau. La route offre de magnifiques paysages sur des villages perchés et des châteaux dominant la vallée. Si le Viaduc est devenu l’attrait touristique majeur de la ville, il ne faut pas oublier l’incroyable cadre naturel qui l’encercle. Pour s’en convaincre, il est intéressant de suivre les panneaux routiers indiquant l’existence d’un panorama ouvert sur le viaduc et les causses. La route sinueuse et étroite s’élève au cœur d’une falaise abrupte et aboutit sur le plateau. C’est là que les amoureux de parapente se retrouvent. Comme ce papa d’un garçon d’une dizaine d’années qui va vivre sa première expérience de vol en duo. Après quelques passages au ras du sol, il interroge son fils : « Ca va, t’as pas peur ? ». Devant la réponse négative et ferme du jeune garçon, on entend une voix soulagée crier : « Bon, alors on va se promener ! » Sur ce, l’homme dévale la pente et s’élance dans le vide, en compagnie de son fils. Le soleil est presque couché, Millau se teinte de rose, les falaises et les forêts se brouillent d’une légère humidité, et le viaduc se dessine en ombre chinoise.

- Le Tarn
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Le Tarn
Le ciel se charge de nuages noirs, parfois à la limite du mauve. Un vent sec affole les branches des hêtres et des merisiers. Sur le bord de la route qui longe le Tarn, une jeune maman gronde gentiment une petite poupée blonde de 5 ou 6 ans qui tarde à obéir : « Il va faire orage, il faut traverser tout de suite, allez… ».
Elles entassent leurs marchandises sur une petite plate-forme métallique suspendue à un câble et courent prendre la barque qui les attend sur la berge en contrebas. De l’autre côté du Tarn, depuis le hameau, un homme active la manivelle et fait traverser la plate-forme. Ici au hameau de Hauterives entre Ste-Enimie et la Malène, au cœur des gorges du Tarn, on ne rentre chez soi qu’en barque ! Sans doute est-ce un des endroits les plus sauvages de France. La truite fario et le castor sont les seigneurs du lieu. Entouré par les causses Méjean et de Sauveterre, arides et désertiques, le Tarn a creusé son lit dans un canyon aux falaises calcaires hautes de 400 à 500 mètres. Les cascades qui l’alimentent se frayent un chemin dans une végétation rabougrie plantée sur de la rocaille. Le hameau de Hauterives, comme l’ensemble des villages est en pierres sèches, aux toits de lauze sans charpente. Dans les montagnes des Cévennes, les toits sont charpentés car le châtaignier pousse en quantité, mais dans la vallée seule la pierre abonde.

- Le Tarn à St-Enimie
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C’est dans ce rude paysage organique, minéral et végétal que les bateliers de la Malène conduisent les touristes. Depuis plus d’un siècle, la descente du Tarn émerveille les plus blasés. L’embarcation à moteur, chargée de 5 ou 6 personnes, glisse sur une eau limpide, teintée d’un vert émeraude. D’une voix forte à l’accent du sud, l’homme guide la bateau en prenant garde de ne pas se poser sur les bans de galet. Le batelier est aussi un conteur. Il rappelle sans cesse les légendes et les mystères des Cévennes. Il détaille la végétation méditerranéenne des berges exposées au sud et les compare à celle plus cévenoles » qui recouvre les parties à l’ombre. D’une main aussi large qu’une planche à pain, il montre un aigle royal ou une loutre puis il se tait quelques instants, le temps de passer un courant rapide qui secoue la barque. Le calme revient, il raconte alors l’exode des habitants dans les années 50. Pendant des siècles, les habitants ont vécu en autarcie, se contentant de vins et de poissons, mais la vie moderne a donné d’autres envies.
Le développement du tourisme, le besoin d’air pur et le goût pour les « choses simples » ont ramené des jeunes au pays. Comme à St-Enimie où se développent des petites structures qui proposent des activités sportives. Spéléologie, escalade, canyon, raft ou canoë-kayak attirent de plus en plus de jeunes français et européens en quête de frissons et de sensations.

- Le hameau d’Almières
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