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« BELGIQUE - Francophones de Flandre - Tibétains, même combat ? »

le 14 janvier 2014, par Jacques Charneux - Association Promotion de la Francophonie en Flandre

«  Minorité francophone en Flandre belge, minorité tibétaine en République populaire de Chine : même combat ! » Mais quelle mouche nous pique-t-elle d’oser pareil amalgame ? Direz-vous.

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Quelque part dans Lhassa
Ph : Flickr - Rodrigo Benenson

En fait, c’est bien plus qu’une image... ou une mouche : c’est une prise de conscience, une réalité, l’expérience vécue d’une même technique d’encerclement, de harcèlement, de déculturation/inculturation, de désespérance parfois mais aussi, et toujours de résistance rampante ou déclarée, en deux coins de la planète situés à des milliers de kilomètres de distance.

C’est l’expérience vécue aujourd’hui, c’est-à-dire il y a quelques mois à peine, au terme d’une mission menée dans cette sous-région de l’État-Nation chinois. Expérience en constant renouvellement puisque les outils, les lois et les alambics sont, décennie après décennie, les mêmes, toujours en place, dans le même laboratoire ethnographique, politique et culturel, au terme d’une mission au Tibet en tous points semblable aux précédentes. A cette (petite) différence près que les conclusions cette fois sont encore plus pertinentes, et cela que l’on soit posté à Gand ou à Bruxelles d’une part, à Lhassa ou à Pékin d’autre part.

Soyons clair : le Tibet – aujourd’hui institué « région autonome du Tibet » (RAT), sauf qu’en langue chinoise Tibet se dit « xizang » c’est-à-dire, littéralement, « territoires de l’Ouest » ou, de manière plus imagée encore, « Far-West » – est une colonie aussi sévère et implacable que le furent naguère, parmi tant d’autres, Cuba, le Sahara ou l’Indonésie.


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Le Potala de Lhassa
Ph : Flickr - Eric

Génocide culturel

L’identité culturelle, religieuse et linguistique du peuple tibétain est niée au point que l’actuel dalaï-lama Tenzin Gyatso, prix Nobel de la Paix 1989 et chef spirituel des Tibétains, parle avec raison « de génocide culturel ».

Depuis l’occupation du pays de 1949 (qui avait été un État indépendant de 1912 à 1950), de nombreux soulèvements populaires, rébellions, arrestations massives, massacres, destructions du patrimoine s’y sont déroulés, avec des pointes en 1959, 1966, 1992, 2008. La situation n’a cessé d’empirer au point que depuis 2009 les suicides publics par immolation (on en compte plus de 125) et tentatives d’immolation – l’ultime acte de révolte auquel peut se résoudre un être humain – se multiplient, au Tibet même et en particulier à ses frontières, aux «  marches  » de la RAT c’est-à-dire dans les quatre autres provinces dites chinoises dont les territoires ethniquement tibétains ont été amputés du Tibet historique.

De loin (c’est-à-dire depuis son poste d’observation indien de Dharamsala), le dalaï-lama, fidèle à des principes de non violence, ne peut que lancer des appels à la modération aux autorités chinoises... ainsi qu’à son propre peuple, dont la jeunesse est de plus en plus tentée par l’emploi de la force et de la révolte ouverte. Alors que lui-même est traité par Pékin, selon l’humeur du jour, de séparatiste, putain, bandit, valet à la solde de la CIA, défroqué, imposteur, usurpateur de titres, etc, tandis que ses proches sont, au mieux, étiquetés « membres de la clique du dalaï-lama ».

La question a été posée aux responsables chinois du Tibet et aux représentants de ce que l’on pourrait appeler « la clique pétainiste de Lhassa » (c’est-à-dire un certain nombre de Tibétains influents issus des milieux politiques et commerciaux de la RAT ayant accepté, par intérêt et servilité, des responsabilités de gestion politique, l’équivalent de ce que l’on appelait, en Europe occupée, les « collaborateurs ») : « comment expliquez-vous cette vague d’auto-immolation de Tibétains, parmi lesquels des moines, des nonnes, mais aussi des pères et mères de famille et surtout des jeunes ? ».

La réponse était à couper le souffle : « ce sont des épiphénomènes, des incidents non significatifs car la plupart des cas enregistrés étaient, sinon des malades mentaux avérés, du moins de personnes souffrant de graves déficiences psychologiques... et, de surcroît, la majorité des cas se sont produits non pas dans la RAT (la portion congrue dite autonome du Tibet administratif chinois, Ndlr) mais dans les partie de provinces chinoises voisines, à la périphérie de la RAT ».

Et nous voici arrivé au cœur de notre hypothèse dite «  du même combat » Flandre - Tibet. Où, en Belgique, la lutte pour le respect des francophones est-elle la plus vive, la plus dynamique, la plus créative ? En Wallonie ? Certainement pas, il n’y a pas péril en la demeure. A Bruxelles-région de 19 communes ? Elle l’est, certes, mais moins que dans les communes à facilités, moins que dans les communes flamandes de la périphérie bruxelloise, moins encore que dans tous les lieux, urbains ou non, de la Région flamande où vivent des minorités francophones plus ou moins importantes (Gand, Anvers, Bruges, Courtrai, littoral, Fourons, autres zones proches de la frontière linguistique).

C’est évidemment dans ces « marches » où la protection des francophones est proche du point zéro que l’on trouve les personnes les plus combatives en vue de défendre leur identité culturelle et linguistique puisque, rappelons-le, là ils n’ont même pas le droit de recevoir, pour leurs propres activités culturelles, des subventions d’autorités belges représentatives des francophones. Bien sûr, la situation en Flandre n’est pas aussi pourrie que celle qui prévaut au Tibet.

Mais la problématique est la même. Prenons l’enseignement de la langue tibétaine  : il n’est pas interdit dans la RAT. L’école gardienne et primaire se donne encore en tibétain... par des gardiennes et institutrices Hans, donc chinoises, n’ayant qu’une connaissance élémentaire et très partielle du tibétain, langue maternelle de la majorité (jusqu’à nouvel ordre) des enfants de leurs classes.

Arrivés au secondaire, ceux-ci se voient dispenser toutes les matières en chinois mandarin (une langue structurellement et culturellement étrangère au tibétain). On leur offre le choix entre deux cours de langue à option  : l’anglais ou le tibétain. Mais pour ceux qui choisiraient le tibétain... pas question d’apprendre l’anglais. Or, au Tibet comme ailleurs où règnent en maîtres portables, smartphones et autres appareils électroniques généralement réglés sur la langue anglaise, ne pas opter pour « l’anglais seconde langue » revient à se couper de la modernité et de l’ouverture sur le monde.

Résultat : les adolescents poursuivent leur cursus en chinois, oublient ou abandonnent peu à peu l’usage de leur langue maternelle. Plus tard, à l’université, tout se fait en chinois et en anglais, sauf pour les quelques rares intellectuels ou religieux qui opteraient pour la philologie tibétaine.

Et hop ! le tour est joué  : tous les jeunes Tibétains deviennent sinophones... et cela ne leur a nullement été imposé, n’est-il pas ? Puisque ce sont eux-mêmes qui l’ont demandé ! Processus aussi pervers dans son principe que l’interdiction en Flandre ou dans la périphérie flamande Bruxelles de promouvoir et diffuser la langue et la culture françaises.

A quand une « université d’été  » des partis nationalistes flamands du « Plat pays  » dans la capitale du « Toit du monde », le Tibet du dalaï-lama ?

P.-S.

APFF : Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre

http://www.francophonie.be/ndf

 

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