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« ETATS-UNIS : Au pays des Illinois  »

Héritages francophones...

le 2 janvier 2013, par Florina Matu

Entretien avec Will Thompson : La présence française aux États-Unis, en descendant le long du fleuve Mississippi, depuis l’Illinois jusqu’au Tennessee... à partir de 1673.


Le 6 décembre les francophones et francophiles de Memphis ont eu le plaisir d’apprendre le fruit des recherches de leur collègue et ami, Will Thompson. Professeur de français à Université de Memphis depuis 1989, Chevalier dans l’Ordre des Palmes Académiques, officier et membre actif de l’American Association of Teachers of French et de l’Alliance Française de Memphis, l’intervenant nous a confirmé la solidité de sa réputation. Sa communication a permis au public de savourer le talent rhétorique du chercheur et la richesse de l’information portant sur la présence française aux États-Unis, en descendant le long du fleuve Mississippi, depuis l’Illinois jusqu’au Tennessee.


Florina Matu : Racontez-nous, en premier lieu, comment vous avez trouvé l’inspiration pour commencer les recherches sur la présence française dans le pays des Illinois.

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Will Thompson
Ph : Université de Memphis

Will Thompson : J’avais terminé un article sur l’intégration de la Francophonie dans les cours de français sur objectifs spécifiques, et par la suite étais tombé sur un livret dans mon bureau sur l’histoire de la présence française dans le « Pays des Illinois ». Je croyais que c’était bien le moment, après avoir exploré la Francophonie dans un contexte mondial, d’apprendre quelque chose sur l’héritage français dans la région où j’habite depuis presque vingt-cinq ans.

Votre communication a, tout d’abord, mis en évidence l’importance d’un voyage dans le passé. Pourquoi avez-vous insisté sur la figure de l’explorateur La Salle ? Que cherchait-il dans cette partie des États-Unis ?

Les voyages de Marquette et Joliet en 1673 et puis de La Salle et 1682 marquent vraiment le début de la présence française dans la région. Ces noms français (comme Lafayette, sans parler de Louis, bien sûr) sont bien connus des Américains du XXIe siècle, car on les voit dans les noms des universités, des villes, et des comtés, par exemple). Pourquoi les Français descendaient-ils du Canada pour explorer cette région ? Pour plusieurs raisons. Ils cherchaient une voie vers le Pacifique ; ils cherchaient la richesse (qu’ils ne trouvaient d’ailleurs pas) ; et ils cherchaient à établir une présence française au cœur de l’Amérique face à la concurrence des Anglais et des Espagnols.

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Marquette et Joliet sur le Mississippi

Parlons maintenant de l’héritage architectural dans les petites communautés rurales comme Kaskaskia, Cahokia et Ste. Geneviève. Qu’en reste-t-il ?

Nous sommes vraiment chanceux ! Il reste encore plusieurs bâtiments à Cahokia et à Ste. Geneviève surtout, qui témoignent d’un style architectural français qu’on ne voit pas ailleurs aux États-Unis. Notons en particulier l’église de l’Immaculée Conception à Cahokia et « The Old Cahokia Courthouse » (le vieux palais de justice) qui se trouvent à quelques centaines de mètres l’un de l’autre dans ce qui est maintenant la banlieue illinoise de la ville de St. Louis. Ces deux bâtiments ont été construits au XVIIIe siècle dans le style « poteaux-sur-sole », dont il ne reste que quelques exemples aux États-Unis. C’est ce même style qu’on voit à Ste. Geneviève, la plus vieille ville de l’état de Missouri.

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L’église de l’Immaculée Conception à Cahokia
Ph : Will Thompson

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Florina Matu
Ph : Université de Memphis

Et au niveau de l’onomastique de provenance française ? Auriez-vous des exemples à nous donner, de même que les variations qu’elle a subies ?

Il faut d’abord avouer que les colons français qui restaient dans cette région après la fin de la Guerre de Sept Ans en 1673 étaient pour la plupart analphabètes, et les écoles françaises n’existaient presque pas. Quelle en est la conséquence ? Voici un exemple : lorsque les Américains commencent à recenser la population du Missouri au début du XIXe siècle, dans certains coins isolés les habitants sont incapables d’épeler leurs noms. Alors c’est un anglophone n’ayant aucune connaissance de la langue française qui se trouve responsable de l’orthographe de plusieurs noms de famille de la région ! Alors, Villemaire devient Villmer, Beaulne devient Bone. Le nom Thibault aura plusieurs transformations : Tébeau, Tebo, Thébaut, etc. Même le nom d’un des établissements les plus anciens—Vieille Mine—deviendra pluriel en anglais : Old Mines.

Un des organismes qui continue à promouvoir l’héritage francophone au Missouri est la Société Historique de la Région de la Vieille Mine. Leur fête annuelle est bien connue dans la région. En quoi consiste-elle ?

Cette société existe depuis les années 1970 (le bicentenaire des États-Unis en 1976 a inspiré une large promotion des racines historiques dans beaucoup d’états). Leur devise officieuse, c’est « On est toujours icitte ! » (et c’est écrit en français, d’ailleurs !). Les membres sont pour la plupart les descendants des colons qui sont arrivés dans cette région dans le sud-est du Missouri pour exploiter les mines de plomb qui y sont nombreuses. Leur fête annuelle au mois d’octobre célèbre cet héritage. On mange des plats typiques de la région, on écoute les chansons en français qui datent au moins du XIXe siècle, on danse (car les Français de ce coin du pays, apparemment, ont toujours aimé danser !), et on retrouve les autres membres de sa famille, dont beaucoup habitent toujours tout près.

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« On est toujours icitte ! »
Ph : Will Thompson

Vers la fin de votre communication vous nous avez indiqué vos futurs projets de recherche portant sur la présence francophone dans le pays des Illinois. Sous quelle forme se développeront-ils ?

Mes propres recherches visent l’histoire et l’héritage français de la région de Vieille Mines/Old Mines dont je viens de parler. Il existe un grand nombre de documents, surtout des photos, qui illustrent bien l’histoire de cette petite région. Mon projet actuel est de créer une archive en ligne pour que tout le monde (les habitants de la région, les chercheurs, le grand public) puisse voir ces documents. Il faut partager l’histoire, sinon on risque de la perdre !

Merci d’avoir eu la gentillesse de nous dévoiler les résultats de votre recherche !

Merci beaucoup ! Je crois que c’est un sujet fascinant que je voudrais faire connaître à un plus grand public.

 

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