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« FIBD - Benoit Peeters »

S’offre des Impressions Nouvelles !

le 9 février 2014, par Arnaud Galy

Le stand Wallonie-Bruxelles est en bonne place au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême. L’occasion d’y rencontrer Benoît Peeters, le complice de François Schuiten, grand prix d’Angoulême en 2002

Benoit Peeters est un auteur comblé. Littérature, cinéma, essai philosophique, ce touche-à-tout butine et pollinise à souhait ! Pourtant, loin de considérer la vie comme un long fleuve tranquille il s’est laissé convaincre qu’une activité supplémentaire ne serait pas de trop. Le voilà, animateur non rémunéré, de la maison d’édition les Impressions Nouvelles. Une petite structure professionnelle depuis l’an 2000, bruxelloise mais surtout francophone qui publie de la bande dessinée, bien entendu, mais aussi des essais et de la littérature. Chaque année une vingtaine de livres s’ajoute au catalogue, les auteurs sont québécois, suisses, belges ou français.

La petite équipe de Benoit Peeters fait face à la fragilité d’un marché de l’édition qui s’interroge. Leur solution, outre celle d’avoir un esprit de résistance vissé au corps, est de privilégier l’artisanat, le cousu main ! Chaque livre devient un objet, réfléchi, choyé, aimé ! Les auteurs sont bien conscients que jamais ni leurs textes ni leurs dessins n’auraient trouvé grâce aux yeux de « grands éditeurs ». Voilà qui ravit Benoit Peeters : être autonome, donner une chance, éditer des œuvres décalées, se tenir loin des critères économiques et culturels des éditeurs parisiens et enfin cultiver un réseau d’auteurs avec qui se tisse un lien d’amitié. La noblesse de l’artisanat quoi !


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Benoit Peeters entouré de son équipe et d’Aurélia Aurita, auteur maison !
Ph : ZigZagthèque

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Fraise et chocolat d’Aurélia Aurita, pour contrer la dureté du marché !

Un artisanat confronté aux réalités d’un marché qui se durcit au fil des années selon lui. Avec son équipe, il soutient les textes littéraires accompagnés d’images, de bandes dessinées ou de photographies. Des livres qui n’entrent pas dans les cases préétablies par le commerce. Ils sont pourtant la tasse de thé d’Impressions Nouvelles. Les « mélanges » sont difficiles à promouvoir... la diversité culturelle est si délicate à imposer ! Tous les moyens sont bons – ou presque – pour parvenir à financer les œuvres métissées, même le financement participatif très en vogue depuis peu.

Comment trouver un modèle économique viable pour les 10 ans qui viennent ? Un modèle qui assurerait aux employés de la structure et aux auteurs un travail serein... D’abord en trouvant, ou en confortant, une place, même une niche, sur le marché du livre ; en imaginant pour chaque livre une recette adaptée personnalisée ; en pérennisant et utilisant au mieux l’aide structurelle accordée par Wallonie Bruxelles qui apporte environ 15 % des besoins d’Impressions Nouvelles et permet, notamment la présence sur un festival phare comme celui d’Angoulême.

Quid du numérique ? Sans nier la réalité Benoit Peeters ne s’en fait pas une montagne. Beaucoup de livres sont disponibles en version numérique, mais, pour le moment, ils représentent une part économique infime du marché. Impressions Nouvelles va bientôt lancer une bibliothèque numérique gratuite, mais là n’est pas l’obsession quotidienne ! Le libraire reste la clef du marché et c’est lui qu’il faut protéger. Benoit Peeters a confiance dans le réseau français de distribution pour les 10 ans à venir. Espérons qu’il sache lire les cartes ! Au-delà de 10 ans, la lecture est plus floue : le lecteur papier vieillira et le nouveau lectorat sera né avec l’écran. Les habitudes de lecture en seront, sans doute, bousculées, mais qui sait, le lecteur cherchera peut-être toujours à s’envelopper dans un livre, à le toucher, le froisser, le prêter à un ami annoté de sa main et finalement le ranger dans la bibliothèque aux côtés du reste de sa mémoire intime. Qui sait ? Et puis, la télévision n’a pas tué la radio, alors pourquoi l’écran tuerait-il le papier... ?

Benoit Peeters est frappé par le fait que dès que monsieur x ou madame y parle de l’avenir du livre, le discours tourne toujours autour du numérique et du virtuel. Et le papier ? Il est encore là, non ? La bande dessinée n’est-elle pas faite pour le papier ? Que peut lui apporter la technologie ? Sans être nostalgique ou conservateur, il s’interroge. Convaincu que l’important est, avant tout la qualité du contenu ! La dureté du marché ne laissera pas place au produit moyen. Voilà pourquoi Impressions Nouvelles sera encore là, dans 10 ans ! On parie ?

Voir en ligne : Les Impressions Nouvelles

 

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