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« IRAN - Influence de l’enseignement des langues étrangères sur la transmission de la culture »

Par Mahboubeh Fahimkalam et Mohammad Reza Mohseni

le 19 juin 2012

Un thème universel abordé avec pertinence et clarté par deux enseignants du Département de langue et littérature françaises de l’Université Islamique Azad d’Arak en Iran. Idéal pour patienter jusqu’au Forum de Québéc !


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Résumé

De nos jours, la communication humaine est l’un des sujets en discussion chez les linguistes, les psychologues et les hommes de lettres. Au XXI siècle, époque des communications, la vie collective n’a pas de sens sans communication avec les autres. Le premier instrument pour communiquer est le langage et c’est par le biais de ce dernier qu’on peut transmettre la culture d’un groupe humain à l’autre. La culture exerce également une grande influence sur la formation du langage. Alors, il y a un rapport étroit entre langage et culture.

La culture de chaque pays se reflète dans sa langue et sa littérature. Donc, on peut prétendre que le lexique de chaque pays comprend la culture et la tradition qui lui sont propres et que les unités du langage, notamment les proverbes et les expressions, véhiculent, pour une grande partie, des valeurs culturelles.

Les auteurs de cet article fixent leur attention sur les iraniens qui étudient la langue française.

En choisissant certains mots et expressions courants dans la langue française et persane, ils cherchent à démontrer que la connaissance de la culture et la compréhension de la langue sont inséparables et que la connaissance de la culture française est un élément essentiel dans l’apprentissage de cette langue et que d’autre part la transmission de la culture à travers l’enseignement ne peut être ignorée.

Mots-clés : langue, culture, expression, apprentissage, transmission, Iran, France.


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Introduction

«  On considère toutes les langues comme la langue paternelle des êtres humains et l’apprentissage d’une langue étrangère ouvre la voie à l’évolution de la culture humaine. » (Ghamari, p.9)

De nos jours, avec la mondialisation des échanges d’une part, et la curiosité culturelle et intellectuelle d’autre part, le fait d’apprendre une langue étrangère s’est trouvé une place importante. C’est pourquoi, on observe actuellement un vif d’intérêt pour la promotion des langues étrangères chez les enseignants dont l’activité- depuis quelques décennies- était surtout de promouvoir la culture.

L’apprentissage d’une langue étrangère repose aujourd’hui sur l’aptitude relationnelle et la connaissance langagière. La première consiste à communiquer avec les autres et se situe à la base de toute nouvelle approche actionnelle. La seconde s’avère en rapport avec la connaissance de la langue et la culture. La perspective actionnelle est une nouvelle voie qui intègre à la fois la tâche en tant que la pratique sociale et la motivation comme le désir de communiquer avec les autres groupes sociaux. De ce point de vue, en faisant la connaissance d’une nouvelle culture, l’apprenant est un acteur qui agit dans les circonstances réelles de la communication.

Certes, la langue est l’un des éléments de manifestation de la culture. On peut trouver dans la langue nationale de chaque pays, tout ce qui caractérise sa propre culture. Donc, l’apprentissage d’une langue étrangère entraîne non seulement la connaissance d’une culture étrangère, mais il peut aboutir à transmettre la culture d’un groupe social à l’autre. Autrement dit ; posséder une autre langue entraîne l’enrichissement de la culture.

Comment le processus de l’enseignement peut-il transmettre la culture d’un pays vers un autre ? Ainsi, notre objectif consiste, dans cet article, à révéler le statut de la culture dans la formation du lexique et les expressions d’une langue. Pour cela, nous fixons notre attention sur les iraniens qui étudient la langue française à l’université afin de démontrer la manière de transmission de la culture à travers les méthodes d’enseignement, le lexique et les expressions. Nous essaierons de présenter ici différents types d’influence d’enseignement explicite (par les méthodes d’enseignement) et implicite (par le lexique, les expressions et la littérature) afin de mieux comprendre le statut d’apprentissage d’une langue étrangère dans la transmission de la culture.


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Rapport entre la langue et la culture

D’après la définition de Larousse « la culture est un ensemble de mœurs et de manifestation artistique, religieuse et intellectuelle représentant une collectivité, la distinguant des autres groupes et sociétés. » (Larousse, p.277)

On étudie souvent la notion de culture dans deux dimensions : matérielle et spirituelle. «  La première comprend un ensemble des œuvres concrètes et matérielles faites par les êtres humains, tandis que la deuxième représente un ensemble de valeurs spirituelles formés par des êtres humains. » (Babazadeh, p.21)

Dans cette étude, nous illustrons nos propos en nous appuyant sur la culture spirituelle.

La culture ne forme que par le rapport spirituel et langagier entre les hommes d’une société. En d’autres termes, la notion de « culture » se forme à partir des connaissances, des expériences acquises dans la vie et les croyances d’une société à l’autre par l’instrument de connaissance, qui est la langue. C’est pourquoi, on dit «  Les hommes sont porteurs de la culture. Et la communication entre les groupes humains fait produire la connaissance et cela joue un rôle initiateur dans la production des cultures. » (Chairi, p.75)

On considère souvent le langage comme le moyen d’exprimer une idée et un point de vue ; il serait donc non seulement un instrument de la connaissance, mais un instrument de la pensée et de la culture. L’une des fonctions du langage est d’exprimer la pensée et la croyance en le manifestant extérieurement. Autrement dit : Pour accéder à la culture, quelle qu’elle soit, le meilleur truchement est le langage. Parce qu’il est à la fois véhicule, produit et producteur de toutes les cultures.

« Il est leur véhicule « universel » dans la mesure où, par intermédiaire des signes que sont les mots, il peut rendre compte, au plus près, de tout ce qui les concerne, qu’il s’agisse de littérature, d’art, de science, de mythes, de rites ou de comportements.

Il est leur produit, parce que, pour être un véhicule fidèle, il doit s’adapter, évoluer avec elles, être constamment un porteur approprié des significations, des valeurs, des charges nouvelles qu’elles génèrent. D’ou la création continue de néologisme, qu’il y a lieu d’interpréter, dans cette perspective, comme des marques d’adaptation culturelle.

Il est un producteur des cultures, puisque c’est par son entremise, par l’échange, par la communication entre individus du groupe, que les représentations, les attitudes collectives se font et se défont. » (Galisson, p.118)


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C’est en tant que pratique sociale et produit socio-historique que la langue est toute pénétrée de culture. «  Les mots, en tant que réceptacles préconstruits sont des lieux de pénétration privilégiés pour certains contenus de culture qui s’y déposent, finissent par y adhérer et ajoutent ainsi une autre dimension à la dimension sémantique ordinaire des signes. » (Ibid. p.119)

La langue nationale de chaque pays reflète les croyances, les coutumes et en un mot ; sa culture nationale, alors la langue et la culture nationales exercent une influence l’une sur l’autre.

D’un coté, la langue et le lexique se forment selon la culture nationale et d’autre part, ce dernier est sous l’influence de langue nationale de chaque pays. Une nouvelle approche des linguistiques tels que Dérida et Lacan prétend que le système cognitif est inséparable de la structure langagière.

Cela signifie que la langue joue un rôle essentiel non seulement dans la manifestation des réalités sociales qu’on vit (culture), mais elle exerce une grande influence sur la formation de ces réalités ; et c’est ainsi qu’elle reflète les relations humaines.

«  Lévi-Strauss définissait l’homme comme un locuteur, c’est à dire comme un être qui parle dans la mesure où le langage est un élément fondamental de toute culture. La culture est ce que l’homme ajoute à la nature, ce qui n’est pas transmis biologiquement, mais par un apprentissage. Ainsi les règles de vie en société, les techniques, les sciences et l’art constituent ce qu’on nomme la culture. Mais si tout cela a pu nous être transmis, c’est par le moyen du langage. Le langage est donc un élément de la culture que ce par quoi elle est véhiculée. » (Calloud, p.3)

Le lien réciproque de langue et culture est une question compliquée qui demande une étude précise, mais comme nous l’avons signalé dans l’introduction, le lien entre la langue et la culture dans le processus de l’enseignement des langues étrangères fait l’objet de notre article.

Mais comment influent la langue et la culture dans l’enseignement des langues étrangères ? Nous essayons d’aborder ce sujet à travers la fonction des apprenants de la langue française en Iran. Depuis quelques années, les expériences menées par les professeurs de la langue française ont montré qu’une fois les études terminées, les étudiants de la langue française ont toutes les peines du monde à s’exprimer en français, malgré leur savoir linguistique. Ce qui signifie que les éléments extra-langagiers qui se concrétisent davantage dans la culture ne faisaient pas l’objet d’attention des enseignants.


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Les expressions : manifestation culturelle

On constate que l’étude du lexique et des expressions est au centre de l’enseignement de la langue et on ne peut pas enseigner le français sans passer par un enseignement lexicologique. Pour sa part, le vocabulaire a un aspect culturel important, puisqu’il est adapté à l’environnement naturel et culturel. «  On pourrait donc considérer chaque leçon de langue étrangère comme un instrument de communication interculturelle, car chaque mot étranger reflète une culture étrangère. » (Terminasova, p.23)

Mais comment une expression ou un mot étranger peut-il refléter une culture étrangère ? Il est évident que les mots et les expressions équivalents ne font pas d’obstacle pour les apprenants. Car, ces mots leur donnent la même image que dans la langue maternelle. Par exemple ; le mot pain qui traduit (nan) en persan, produit une image connue dans la pensée de l’apprenant persan. Ce mot bref, désignant l’aliment fondamental dans la culture française, a donné lieu à de très nombreuses locutions métaphoriques. On rencontre les expressions telles que être en pain/au pain de quelqu’un dans le sens de vivre sous son autorité, être au service de… . Comme le pain a sens pareil dans la langue et la culture persanes, ces expressions n’apparaissent pas bizarres aux yeux des étudiants iraniens. En d’autres termes ; dans la culture persane, le pouvoir de donner le pain s’identifie à la relation paternelle. C’est pourquoi, ces locutions sont des notions connues chez les Iraniens. Des problèmes de communication surgissent souvent lorsque la signification d’un mot ou d’une expression diffère d’une langue à l’autre : le concept de «  village  » est différent en Iran ou en France, le concept «  chasteté » n’a pas la même signification en France qu’en Iran.

On peut dire que la culture européenne est explicite, tandis que la culture asiatique peut être parfois implicite, et donc très difficiles à interpréter. A titre d’exemple ; le message est caché derrière les mots employés par un iranien tels que « merci ». Ce qui est courant en Iran, c’est l’habitude de complimenter. C’est pourquoi la signification du mot « merci  » en répondant à « vous en voulez ? » n’est pas précise.

En français, il existe des termes et des expressions pour désigner le vin, tels que eau de vie. Tandis qu’elle métaphorise le vin, cette expression n’a pas de sens chez un étudiant de notre pays. Si on traduit cette expression mot à mot, cela signifie (Abe hayat, Abe zamzam, L’eau curative du puits prés de Kaaba). Dans ce cas-là, la bonne connaissance des apprenants de la culture française contribue à comprendre et à bien traduire de telles expressions.

Pour ce qui concerne la culture religieuse, il faut signaler qu’on trouve maints exemples de différents types dûs à la différence culturelle et religieuse entre un pays européen et un asiatique : L’Iran et la France. Il nous reste à évoquer la place que la religion occupe dans le lexique persan est une chose merveilleuse. «  Que les Persans, qu’ils soient réellement dévots, ou qu’ils ne le soient pas, ils emploient des mots religieux. » (Gobineau, p.314). Tout ce lexique persan, enfin, est plein de l’idée de Dieu. A titre d’exemple ; on peut citer les termes tels que ; ya Ali (O Ali), Khoda ra chokr (Dieu merci), Enchaallah (si Dieu le veut), Machallah (ce que Dieu le veut), Tavakol be khoda (rappelons Dieu), Salam aleikom (salut de Dieu sur toi), Halal (licite), Haram (illicite), Makrouh (abhorré), Khalghollah (créateurs de Dieu), rahmate ellahi (bénédiction divine), Beitolmal (les biens publics), khoda hafez (que Dieu te garde) et … .


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Selon un chercheur, «  Lorsque nous parlons, c’est notre culture qui parle en nous avec toute la profondeur de son histoire.  » (Calloud, p. 2). Le lexique est donc, pour tous un des moyens les plus sûrs de connaître la culture. C’est ainsi qu’après avoir étudié la lexicologie persane en le comparant à celle du français, l’étudiant iranien conclue que la religion joue un rôle primordial dans la structure culturelle iranienne. « La croyance religieuse est l’un des éléments constitutifs de la culture persane.  » (Ghamari, 167)

Il est à signaler que la plupart de ces termes susmentionnés n’existent pas en lexicologie française, c’est pourquoi lorsqu’un étudiant iranien cherche à définir ou traduire ces mots en français, il est obligé de les expliquer.

Quant aux autres domaines de lexicologie constituant le système de culture sociale, si important, par exemple en français, ils sont quasi inexistants en persan, leur emploi systématique étant tout à fait récent dans la langue persane. A titre d’exemple ; on peut citer le mot Concubinage. Ce terme n’existe pas dans la langue et la culture persanes ; Car l’union libre d’un homme et d’une femme, sans être mariés, est interdite dans la culture persane. Après avoir fait la connaissance avec ce terme à travers les livres et les films français, les apprenants iraniens de la langue française pourraient au fur et à mesure avoir un regard différent de l’union libre dans la société. Autrement dit ; ils acceptent ce phénomène socioculturel plus facilement que les autres.

Or, ce terme dont la compréhension ne semble pas aisée au premier abord pour l’apprenant, devient un simple terme pour designer la culture européenne. C’est ainsi que la culture française exerce une influence sur la mentalité des apprenants de la langue.

À la suite de l’apprentissage du vocabulaire, en Iran il existe un manuel universitaire intitulé  Expressions imagées et proverbes de la langue française  s’adressant aux apprenants de français. Il offre, en effet, une sélection des expressions imagées les plus courantes de langue française parlée que les étudiants doivent assimiler dans le cours d’expressions et proverbes et auxquelles ils se heurtent inévitablement non seulement durant leur cycle d’études de français dans les cours tels que : (Lecture et compréhension de textes, traduction des romans et…), mais dans leur rapport avec les Français. En outre, des récits courts et des jeux linguistiques, accompagnés de leurs solutions, contribuent à rendre plus palpable l’ouvrage dont l’objectif est non seulement d’enseigner le français tel qu’on le parle, mais aussi de refléter les particularités mentales et culturels des français.


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Dans ce manuel, les apprenants rencontrent les expressions et les proverbes français et leur équivalent en persan. Après avoir étudié 13 leçons, en comparant les proverbes français avec ceux du persan, la plupart des étudiants ont fait allusion à certains cas communs :

En comparant les expressions et les proverbes français avec ceux du persan, sur le plan de la forme, ces derniers se distinguent souvent par le caractère archaïque de leur construction grammaticale et littéraire. Les exemples ci-dessus en sont les meilleures illustrations :

L’équivalent persan de ce proverbe bon sang ne peut mentir est un vers connu de Saadi employé dans la langue courante ; ta tenue révèle que tu es d’une famille noble.

Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée, l’homologue de ce proverbe a également tiré de la poésie de Saadi dont le but est d’enseigner les principes moraux : Comme l’héritage, une bonne réputation vaut mieux qu’un palais dorée.

Il convient de préciser qu’en Iran, depuis longtemps, les poésies des grands poètes tels que Saadi, Hafez, Ferdowsi étaient singulièrement estimées et il n’y avait personne qui n’en ait quelques vers gravés dans la mémoire. C’est ainsi que la poésie s’est introduite dans la langue courante. Autrement dit ; on peut dire la poésie fait partie intégrante de la culture persane. Il y a lieu de citer l’exemple des conteurs d’histoires ambulants et des poèmes épiques de Ferdowsi dans les rues et les cafés iraniens.

Dans chaque pays, les proverbes et les dictions reflètent des croyances ou des simples vérités. Ces croyances ont été transmises de génération en génération, elles portent les stigmates de la sagesse du temps pour finalement faire partie intégrante de la culture et de l’éducation. Ils incarnent donc les archétypes culturels de chaque pays de manière magnifique et pittoresque.

Nous allons comparer quelques proverbes persans avec ceux du français pour les différencier et pour designer la culture religieuse des iraniens :

Le proverbe ventre affamé n’a pas d’oreille est l’équivalent de l’homme affamé n’a pas de religion en persan. Ou à quelques chose malheur est bon, a été traduit en persan l’ennemie fait bon, si Dieu le veut. Les exemples ci-dessus illustrent la croyance religieuse et la culture persiennes.

En bref, ce manuel universitaire permet à chacun de mieux mesurer l’importance de la culture maternelle comme vision du monde et référence incontournable, et aussi comme possible monnaie d’échange avec les cultures étrangères.


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Les méthodes pédagogiques, instrument de la transmission culturelle

De nombreux ouvrages et méthodes pédagogiques sont proposés aux enseignants et aux apprenants de français en Iran. La plupart des méthodes parues récemment proposent une approche communicative qui suggère une nouvelle méthodologie ayant les caractéristiques culturelles française. L’objectif de l’approche dominante de ces manuels est de dépasser la connaissance du code linguistique et d’acquérir une compétence de communication, laquelle passe par la maîtrise des règles psychologiques, sociologiques et culturelles. Notre expérience dans l’enseignement du français à l’université, nous révèle que toutes les méthodes d’apprentissage du français présentent d’une manière attractive les notions et les habitudes culturelles des Français. Reflet, La France en direct, Le nouveau sans frontières, Café crème, Tempo sont les méthodes les plus fréquentes en Iran. Tous ces manuels essaient d’expliquer les règles grammaticales, les mots et les expressions en s’appuyant sur l’aspect culturel.

Dans ce genre d’enseignement, l’accent est mis sur les situations socioculturelles des français. A titre d’exemple ; la première leçon de la méthode pédagogique La France en direct (200 pages) commence par un lien téléphonique à travers lequel l’élève peut entrer en contact avec les autres. Il s’agit de la vie de quelques jeunes qui visitent les monuments historiques, les centres sportifs et culturels de Paris.

Cette méthode audio-visuelle fait connaître non seulement la grammaire et le lexique français, mais la culture française. Par ailleurs, comme la culture française est bien différente de la nôtre, cette méthode met en relief ces différences culturelles. Par exemple ; les cérémonies de nouvel an, la soirée et la danse dans une discothèque (leçon 3), consommation des boissons tels que vin rouge et vin blanc (leçon 6) sont les traits de la culture européenne. Au cours de 30 leçons, en faisant connaissance avec la tradition et la culture françaises, l’apprenant cherche à comparer les fêtes, les aliments, les habits, les boissons, les divertissements, les attitudes et la manière de vivre des Européens avec ceux de son pays. Il est évident que la différence et la diversité culturelle sont intéressantes pour tout individu, mais dans certains cas, on constate que la culture présentée, ayant une attraction extraordinaire en séduisant l’apprenant, pousse ce dernier vers la frustration. Il y a pourtant des cas où, l’apprenant ayant des croyances traditionnelles et nationales ne peut accepter la réflexion et la culture européennes.

Il y a lieu d’insister sur le rôle de l’enseignant dans le processus de l’enseignement. Tout enseignant est sensible à son importance pour ne pas tomber dans le piège de transformer l’enseignement de la langue en un simple apprentissage de la langue. Le rôle de l’enseignant iranien est essentiel ; car il faut trouver équilibre entre l’apprentissage du lexique français lié à une culture différente et l’apprentissage de la langue basé sur la compétence linguistique, pour que l’apprenant puisse non seulement échanger des énoncés et des expressions avec une formulation acceptable, mais qu’il puisse bien connaître la culture française. L’enseignement du français ne pourra se réaliser sans avoir recours à la connaissance de la culture française pour un public iranien qui devra non seulement entrer en relation avec un certain nombre de locuteurs de cette langue, mais en plus, en tant que spécialiste de langue française, il faudra traduire les œuvres françaises qui demandent une bonne connaissance sur la culture et le lexique français.


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Conclusion

Actuellement, on s’accorde à dire que l’on ne peut séparer langue et culture. L’apprentissage de la culture doit donc être intégré dans l’apprentissage de la langue.

Tout au long de cette recherche, nous avons pu affirmer que la transmission de la culture prend place au sein de l’enseignement de la langue étrangère. Aussi, nous avons insisté sur le fait que la connaissance de la culture française est un élément essentiel dans l’apprentissage de cette langue et que par l’enseignement de la langue française et l’étude d’œuvres littéraires dans cette langue, on peut accéder à la connaissance de la culture française et, par cela, à la culture universelle. C’est l’acception étroite du terme culture.

Comme nous avons déjà précisé, la culture reflète non seulement l’univers réel de l’être humain, mais la pensée, la vision du monde, les valeurs, la façon de la vie humaine. Et tout cela se concrétise dans la langue. On peut donc considérer la langue comme une couverture matérielle pour la culture.

P.-S.

Bibliographie 

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Galisson, R. (1991) De la langue à la culture par les mots, Paris : Clé international.

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Gobineau, A. (1973) L’orient et l’Iran, Paris : Klincksiek.

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Najafi, A. (1999) Dictionnaire persan, Téhéran : Nilufar.

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