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« « L’enfant et l’environnement » 1/2 »

Par Abdelhamid Benzerari (Algérie)

le 1er juillet 2010

Abdelhamid Benzerari est directeur d’école à la retraite. L’éducation et l’environnement sont des passions qu’il partage avec nous. C’est avec reconnaissance que Zigzag lui ouvre ses pages.

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« Toute éducation vraie doit reposer sur le respect intelligent de la nature et de la vie »

L’introduction de l’éducation environnementale dans les programmes de l’enseignement se fera vers la fin de l’année en cours annonce le ministre de tutelle qui envisage de porter l’enfant au cœur de la cible de cette action. (Quotidien d’Oran du 10 Mars 2008).

Traiter le mal à la racine, c’est ce qu’il faut. Notre monde scolaire, l’Algérie de demain, apprendra à respecter la biodiversité à défendre la nature, à lutter contre les diverses pollutions qui menacent notre monde. Il y aura, sans aucun doute, une prise de conscience des défis qu’il aura à affronter. L’environnement, est-il besoin de le rappeler, est devenu l’un des problèmes majeurs auxquels notre époque doit faire face. Le temps n’est plus où l’on pouvait attendre de la croissance économique et de l’industrialisation les promesses assurées d’un développement harmonieux et de l’accès à un nouvel âge d’or.

Le monde a pris conscience de l’usure à laquelle le travail des hommes, prédateurs insatiables genre, soumet inéluctablement les richesses naturelles. Nous sommes entrés dans une ère marquée par les menaces que fait peser sur les ressources énergétiques comme sur les biens naturels des plus élémentaires et les plus immédiats, une consommation effrénée et dont le rythme croît à une vitesse inquiétante. Il faut créer et répandre une morale de l’environnement, imposant à l’Etat, aux collectivités et aux individus, le respect de quelques règles élémentaires faute desquelles, le monde deviendrait irrespirable. Dans un domaine dont dépend directement la vie quotidienne des hommes, s’imposent plus qu’ailleurs le contrôle des citoyens et leur participation effective à l’aménagement de leur existence.

La nature n’est plus pour nous « l’impassible théâtre » qu’évoquait Vigny ; elle reste une mère, mais une mère dont la fécondité nourricière n’est point exempte des périls du vieillissement. S’il n’est pas question de renoncer aux progrès matériels et techniques, dont l’abandon serait pour le plus grand nombre d’entre nous synonyme de régression vers une misère intolérable, il n’est plus question non plus d’accepter aveuglement une croissance désordonnée dont les bénéfices s’achètent aux prix de gaspillages, de pollutions et d’insupportables nuisances : réchauffement climatique, émission de polluants atmosphériques, raréfaction d’eau potable, utilisation excessive des pesticides, disparition d’espèces animales, 280 espèces d’oiseaux et mammifères ont totalement disparu. (Voir mon écrit dans le journal Les Débats du 02/11/2005), déchets organiques et industriels, déchets radioactifs….


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Les pollutions de l’atmosphère par les émissions de gaz à effet de serre.

« Tous responsables ? »

La révolution industrielle dès le milieu du XVIIIe siècle et le développement des villes, donc de la densité de population ont entraîné la multiplication des foyers de chauffage et de production d’énergie, d’où une production accrue de gaz sulfurés et de fumées. Puis est venue l’automobile, et les gaz d’échappement des véhicules, principalement des oxydes d’azote et des hydrocarbures, ont à leur tour pollué l’atmosphère. Les concentrations de ces gaz se traduisent sous l’action de l’ensoleillement d’un brouillard appelé « photochimique oxydant ». La présence du plomb dans l’atmosphère est dû à l’emploi du plomb tétraéthyle dans les supercarburants pour automobiles. Les polluants atmosphériques (monoxyde de carbone, oxyde de soufre, oxyde d’azote ou matières en particules) ne font pas que menacer notre santé (croissance des cas d’asthme, bronchite chronique, tuberculose, certaines formes même de cancer des poumons), la végétation est souvent une des premières victimes de la pollution. Les pluies acides provenant des émanations des hauts fourneaux d’usines, détériorent les feuillages des forêts et réduisent la croissance des arbres tout comme le dépôt des poussières de cimenteries amenées par le vent.

Les forêts les plus touchées se trouvent plus particulièrement en Allemagne, en Suisse, aux Pays Bas, en Angleterre et surtout les pays nordiques. Les polluants atmosphériques peuvent en retombant sur l’océan affecter la vie marine, tant en région côtière qu’en haute mer. Il existe aussi la pollution par des cancérogènes chimiques, affirme les biologistes qui étudient les causes du cancer. Le nombre de morts par cancer ne cesse d’augmenter. Ces cancérogènes chimiques se trouvent dans toute la famille des hydrocarbures polycycliques contenus dans les fumées de cigarettes (goudrons) ou bien encore les fumées d’automobiles, d’industries des dérivés du pétrole, les suies des cheminées ou des centrales thermiques et thermoélectriques, les colorants de l’industrie chimique (amines et amides aromatiques, colorants azoïques, chlorure de vinyle…). Les climatologues réalisent que les activités humaines sont la cause de modification du climat. La combustion des charbons, bois et pétroles, relâche dans l’atmosphère de l’oxyde de carbone, de dioxyde de soufre. Le gaz carbonique laisse pénétrer le rayonnement solaire, mais il absorbe le rayonnement infra-rouge émis en retour par la terre. Tout comme le vitrage d’une serre, le CO2 présent dans l’air contribue donc à réchauffer l’atmosphère.

La déforestation dans certains pays par un abattage effréné d’arbres pour l’industrie du bois et du papier, le défrichage par incendie de forêts entières pour l’agrandissement des domaines agricoles ont augmenté, la concentration du CO2 dans l’atmosphère. Les forêts sont de parfaites pompes aspiratrices de gaz carbonique et d’usines super-géantes de fabrication de matières organiques. La superficie d’une ville comprenant plus de bitume que d’herbe, raison pour laquelle l’atmosphère au-dessus d’une zone urbaine se réchauffe. Quand il n’y a pas assez d’espaces verts, les mégapoles à croissance rapide comme Tokyo, Mexico, Pékin, Schangaï ont des températures plus élevées en été que la campagne environnante, plus de 10° environ. Le réchauffement du climat provoque actuellement le recul des glaciers des montagnes, l’effritement de calottes glacières de l’Arctique et de l’Antarctique, « ces climatiseurs de la planète » qui renvoient la chaleur du soleil et rafraîchissent l’atmosphère des continents. Il est la cause de la multiplication des cyclones, des inondations dévastatrices, des sécheresses et famines dans les pays du Sud, de la montée du niveau des mers. Les habitants de certaines îles du Pacifique dont le relief est bas et plat donc menacés de cataclysme, pensent à les quitter. Ils seront les premiers réfugiés climatiques. La fonte des glaces a aussi un impact sur les courants marins qui se répercutent à leur tour sur les courants atmosphériques.

L’altération de la couche d’ozone autour de la terre a alerté aussi les physiologistes qui craignent les maladies des yeux, les cancers de la peau et un affaiblissement du système immunitaire. En effet, notre planète est protégée par un bouclier atmosphérique qui empêche les rayons ultraviolets émis par le soleil d’être dangereux. Et les biologistes s’inquiètent pour la stérilisation de la surface de l’eau et la disparition du phytoplancton. La destruction de la couche d’ozone notamment au dessus de l’Antarctique et de l’Arctique pourrait bientôt toucher l’Amérique, l’Australie et d’autres points du globe. Elle est due aux chlorofluorocarbones (CFC) qui servent essentiellement dans las aérosols. Selon les experts, il faudrait supprimer 85% des émissions de CFC pour faire disparaître le trou de la couche d’ozone, ce qui demanderait dans les meilleurs des cas une cinquantaine d’années.


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L’éveil en classes vertes

« L’éducation doit apporter une vue claire sur les problèmes de l’homme, son avenir ambigu, sa puissance et sa fragilité ». J. Hamburger

Pour chercher à sensibiliser le monde scolaire au respect des équilibres naturels, l’Education Nationale doit marquer une étape importante vers la définition d’un enseignement attentif à l’environnement et utilisant très largement des expériences concrètes d’étude du milieu. En découvrant un monde toujours plus riche, l’enfant s’enrichit lui-même.

Dans les années 60-70, il arrivait à certains enseignants de nos écoles, principalement ceux exerçant dans les zones rurales, de sortir leurs élèves en promenade quand la nature est en fête au printemps, le mercredi ou le samedi après-midi. Ils remplaçaient les heures d’éducation physique par une sortie récréative. En plus de son ambiance festive, la sortie avait un but pédagogique. Elle aide l’enfant à conquérir ses espaces, à élargir sa vision : découvrir la vie dans les ruisseaux (poissons, têtards, grenouilles, libellules) les fleurs (coquelicots, narcisses…) les papillons multicolores, l’escargot, la tortue, les arbres (saules, frênes, pin d’Alep, chêne-liège, peuplier, palmier, olivier…) les animaux de la ferme, la basse-cour, questionner le fermier, le berger…. Elle permet ainsi de renouer avec la nature et les éléments : l’air, l’eau, la campagne qui sont autant d’occasions de confrontation, de connaissance sensible, indispensable support à l’élaboration des idées pour découvrir, observer, toucher puis connaître, évaluer et comprendre les êtres et les choses qui les entourent. Ils constituent les innombrables éléments divers et complexes du monde où se déroulera leur vie d’hommes. Il en est ainsi parce que les sources d’activité sont authentiques.

En passant par l’observation, l’enfant en tire, grâce aux questions qu’il pose et qu’il se pose comme aux réponses que lui apportent les êtres et les choses, un épanouissement progressif et équilibré de son sens critique et plus généralement de sa personnalité. Son analyse l’aide à acquérir et développer un appétit durable et jamais satisfait d’aller toujours plus loin dans la découverte et la compréhension. Il est inlassablement curieux, impatient, émerveillé, sans cesse prêt à s’adapter avec souplesse à des présents et à des futurs en mouvance chaque jour. Dans ces perspectives, il attend avec confiance les réponses aux « pourquoi » qui se multiplient. C’est à bon droit qu’on peut voir dans ces classes de nature l’un des moteurs de la rénovation pédagogique.

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