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« « L’enfant et l’environnement » 2/2 »

Par Abdelhamid Benzerari (Algérie)

le 1er juillet 2010

Une seconde partie où Abdelhamid Benzerari met l’eau au coeur de ses préoccupations. Informer l’enfant du rôle de l’eau dans l’équilibre de la société des hommes... indispensable !

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Cette eau dont nous vivons

Au commencement de la vie était….l’eau, berceau nourricier, placenta originel des premières cellules animées. 95% des végétaux, 60% du poids de l’homme sur la balance des matières organiques ! Aujourd’hui, elle reste dans le monde une des ressources les plus recherchées et les plus exposées aux risques écologiques. Grâce à l’irrigation, la terre arrive à nourrir une population de plus de 5 milliards d’êtres humains qui augmente de 80 millions tous les ans.

Soyons précis et graves. L’humanité disposera dans l’avenir de moins en moins de réserve en eau douce. Dans un demi-siècle, elle doit multiplier ses besoins par 5. Mais il faut ajouter que cette consommation n’est pas égale pour tous et que l’eau départage aussi les riches et les pauvres. Certains pays doivent se contenter du minimum de survie (quelques litres par jour), d’autres ne comptent pas, beaucoup gaspillent. A réserve définie, limitée, demande toujours plus gourmande, croissante.


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« L’eau, une ressource épuisable. »

A la maison, le compteur tourne vite : pour une douche 25 à 50 litres ; pour le bain de 150 à 200L, pour la chasse d’eau 10 ; pour la machine à laver le linge 120, à laver la vaisselle 65 ; 150 à 200 sont nécessaires pour laver son véhicule (imaginer le nombre de véhicules dans le monde et le nombre de lavages par mois !). Les grandes stations de lavage de voitures, dans certains pays, pensent déjà à s’équiper d’installations de traitement de leurs eaux usées pour les réutiliser.

L’escalade commence avec les besoins collectifs : 100L par élève et par jour dans une école ; 300 à 500L par tête de bétail pour un abattoir…. Mais la vraie consommation de masse se manifeste avec la fabrication des produits de toutes sortes. Pour la nourriture d’abord : produire 1Kg d’aliment exige l’emploi de 2L d’eau pour la salade, de 1500 pour le blé, de 12000 pour les œufs. Il faut 25L d’eau pour 1L de bière mais 2700 pour un litre d’alcool.

On peut faire des calculs similaires pour la fabrication des vêtements : pour 1Kg de laine, il faut 100L d’eau, il en faut cent fois plus (10 000) pour 1Kg de coton. Pour les produits pharmaceutiques également : 1Kg de streptomycine demande 4 000 000 de litres d’eau. Pour faire tourner les usines : pour produire 1Kg de papier, il faut 250 à 500 litres d’eau ; pour 1Kg d’acier, de 300 à 600 ; pour un 1Kg de nitrate, 600. Tout compris, consommation domestique, collective, industrie, etc… chaque homme utilise, en moyenne, 680L d’eau par jour. L’européen est nettement au-dessus de ce chiffre avec sa consommation de 1700L dont 250 ou 300 pour sa maison, mais très loin de l’américain, champion du monde des aquavoraces, qui utilise 8000L par jour, presque cinq fois plus que l’européen et douze fois plus que la moyenne mondiale. L’humanité a ainsi besoin de 1000 milliards de m3 par an, soit 1/50 des ressources mondiales utilisables. Mais dans un demi-siècle, elle doit multiplier ses prélèvements par 5, estiment les hydrauliciens. L’eau est bien sûr au centre des écosystèmes et du développement humain. Mais dans la zone méditerranéenne, l’eau est une ressource d’autant plus importante qu’elle est rare, fragile, inégalement distribuée et largement exploitée.

Notre pays dont 80% de sa superficie sont des zones désertiques qui ne cessent de s’étendre vers le Nord, a consacré un budget colossal pour l’édification de barrages, d’usines de dessalement d’eau de mer, la réalisation de grands forages dont les plus importants se trouvent à Hassi R’Mel. L’eau fossile puisée dans les grands aquifères sera acheminée jusqu’à Tamanrasset (ouvrage grandiose de 700Km de canalisations avec les stations de pompage et les grands réservoirs qui vont avec). Il faut mentionner les grands aquifères d’eau fossile qui constituent des gisements de plusieurs milliers, voire de plusieurs centaines de milliers de Km3. Les plus importants se localisent dans les espaces désertiques du Sahara (Algérie, Tunisie, Lybie, Egypte) et de la péninsule arabique. Il existe aussi un vaste aquifère fossile dans les hautes plaines des Etats-Unis, celui d’Ogallala dans le Nord-Ouest du Texas et un autre en Australie. Leur exploitation aura un terme et des substituts sont à prévoir. Il s’agit de ressources non renouvelables.


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« Gardez-moi pure ! »

« L’eau est la chose la plus nécessaire de la vie, mais il est aisé de la corrompre. » Platon

Concernant les ressources dont regorge le sol, les nappes phréatiques sont surtout mises en péril par les substances nocives volontairement introduites dans le milieu naturel : excès d’épandage d’engrais et de pesticides pour l’agriculture, rejet direct d’eaux usées, dépôts de déchets urbains ou industriels lessivés par les pluies, par les fuites dans les égoûts et les réservoirs. 500 millions d’hommes sont chaque année malades de l’eau qu’ils polluent ; Il passe une tonne d’eau chaque année dans le corps de l’homme ; La pollution est responsable de la recrudescence des hépatites, de la typhoïde, des dysenteries, des diarrhées, du choléra.

Chez nous, l’exode rurale a multiplié dans nos villes et villages des bidonvilles responsables dans la plupart des cas de décharges sauvages, d’égoûts à ciel ouvert qui ont fait proliférer les rats, les moustiques, les mouches semeurs de bactéries, microbes, virus coupables de maladies comme les méningites, la leishmaniose cutanée, la leptospirose, le paludisme, la conjonctivite, le trachome…

La médecine est impuissante pour combattre l’hépatite, seule la bonne nature de l’homme peut venir à bout de la maladie. La pollution thermique des centrales nucléaires risque de réveiller certains microbes pathogènes ; 20L d’essence pénétrant dans une nappe phréatique rendent impropre la consommation en eau d’une ville de 200 000 habitants. La plupart des mers et océans sont aujourd’hui traités aux moindres frais, comme vide-ordures, dépotoirs, décharges publiques et privées universelles. « Tout à l’égoût » des grandes concentrations urbaines qui y déversent à l’état brut ou insuffisamment épuré des masses de déchets organiques, ils s’infectent de virus porteurs de maladies contagieuses.

Les rivières qui drainent les détergents, les engrais, les pesticides, encrassent aussi leurs embouchures ou estuaires. Quant aux rejets industriels (mercure, chrome, plomb, zinc, cadmium….), ils sont d’ores et déjà à l’origine de véritables tragédies. La chaîne alimentaire allant des algues au plancton, des petits poissons aux crustacés et aux plus gros poissons, et de ces derniers aux, hommes, a concentré des quantités toujours élevées de mercure. Or, celui-ci attaque les centres nerveux, paralyse les centres moteurs, provoque des malformations à la naissance.

Lors de la commémoration de la journée mondiale de l’eau, célébrée le 22 Mars, il ne faut pas oublier les établissements scolaires. Pour mettre en évidence le rôle éminent de l’eau dans l’environnement immédiat de l’homme, on ne cessera pas de sensibiliser la population et surtout la jeunesse : comment garder pure l’eau que nous buvons ? Comment combattre le gaspillage, les fuites des robinets et des canalisations ? vulgariser le goutte à goutte pour l’irrigation ; portes ouvertes sur les barrages, les stations d’épuration, les stations de traitement des eaux usées, les usines de dessalement d’eau de mer…. Encourager les journées de volontariat pour nettoyer les abords des oueds de divers déchets qu’ils charrient, les ports, les plages. Notre littéral connaît la pollution due au mazout venu du large (le bitume). 300000 tonnes d’hydrocarbures sont répandues en Méditerranée chaque année provenant du nettoyage des cuves des pétroliers. Les journaux, la télévision, la radio, les gens du culte, les partis politiques, les associations de jeunesse, les scouts, les groupements culturels, sportifs, de loisirs, les syndicats, les gens épris de progrès parleront, commenteront, sensibiliseront durant tout le mois de mars (pas uniquement le temps d’une journée) sur la préservation de l’eau, source de vie pour notre pays qui connaît un manque. Dans les écoles, ce sont des affichages, des distributions de prospectus et documentations diverses que commenteront les maîtres à leurs élèves.


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L’éveil en classes de mer

« La liberté, c’est la conscience de la nécessité. » Spinoza

Chacun d’entre nous doit contribuer à développer autour de lui cette prise de conscience nécessaire : la protection de la nature, l’utilisation rationnelle de ses ressources constituent désormais le plus impératif des devoirs individuels et collectifs. Pour susciter la curiosité enfantine, le dépaysement est un facteur essentiel. Il amènera les élèves à une connaissance approfondie et au respect de la nature plus particulièrement : le bord de mer, la plage, le sable, les rochers marins, le lac, la sebkha, le chott…. L’éveil au milieu naturel, sa découverte et son étude ne sont pas une mince entreprise. Ils demandent qu’on observe et, pour observer, il convient de ne pas être pressé par le temps. L’enseignant en éducateur de milieu marin, avec ses élèves iront dans les trous des rochers, recueillir des algues que l’on aplatira et que l’on fera sécher pour les coller dans un album. C’est l’observation attentive des oiseaux de bord de mer (goélands, mouettes, le fou Bassan, le grand cormoran….), des coquillages de toutes les formes et de toutes les couleurs, des bateaux de pêche, des sardiniers, des filets étalés sur les quais, d’un bateau à voile, c’est la visite d’un centre nautique, c’est aussi les discussions avec les marins pêcheurs : pourquoi y a-t-il de moins en moins de poissons ? Comment réguler les pêches ? Comment éviter la disparition de certaines espèces ? Pourquoi ne pas créer des zones surveillées pour protéger leur reproduction ? … Multiplier les fermes aquacoles dans le milieu marin… « Créer des parcs et des réserves naturelles c’est bien ; les respecter et les faire respecter c’est mieux. »

Et cela veut dire une classe bien différente, au grand air marin, bien sûr, avec une sortie en mer si possible, mais aussi et surtout avec une double découverte, celle d’une flore, d’une faune, d’un milieu nouveau et celle d’une autre vie et d’une autre pédagogie.

La promenade dans un oasis, sur une dune de sable, au bord d’un oued, dans les champs, dans un bois où s’organisent la cueillette des feuilles, des bourgeons ou des fleurs, la récolte des pommes de pin, le ramassage des coquillages…. offre à tous une variété infinie de senteurs, de nuances et de formes. Ainsi naissent et se développent avec une abondance inépuisable, tirées des réalités les plus concrètes et apparemment les plus banales de nombreuses activités d’éveil qui inspirent et transfigurent les enfants intelligemment motivés.

L’Education Nationale avec le Concours du Ministère de l’Environnement doit accompagner l’enseignant dans sa tâche difficile par la fourniture de documents et de brochures qui l’aideront à présenter une approche, une voie d’accès à la compréhension de cette globalité qu’est notre environnement. Cette documentation sera un appel à tous les maîtres, un appel à tous les enfants de l’école pour que, dès aujourd’hui, nous réapprenions à traiter la nature comme il convient et à connaître notre environnement pour l’améliorer. C’est aussi un appel à l’esprit d’invention et de création des jeunes et des enseignants.

Le dossier pédagogique comprendra des fiches pour l’étude de quelques milieux naturels : forêts et reboisement, chott, sebkha, oasis irrigué par les eaux des foggaras que partagent les peignes de distribution, oueds, sources, mers et océans, des CD rom traitant les problèmes des pollutions…. Les brochures développeront la découverte du milieu naturel, les interdépendances des êtres vivants dans un milieu déterminé : « qu’est-ce qu’une biocénose ? », les milieux de vie de ces biocénoses : « qu’est-ce qu’un biotope ? », de l’enfant à la découverte des régions rurales, sahariennes, de l’enfant qui vit en ville, de l’environnement qui est menacé, des perspectives d’avenir, de l’épuisement des réserves de la nature, de la protection des réserves de la nature, des espèces animales et végétales. Il est souhaitable aussi de proposer des stages de formation d’animateurs de classe verte, de classe de mer et de club vert à nos enseignants. C’est un apport bénéfique et un plus pour la réussite de l’introduction de l’éducation environnementale dans les programmes de l’enseignement. Pour conclure, méditons ce noble précepte de Victor Hugo : « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent. », que bien de générations d’élèves ont eu à disserter. Si nous voulons obtenir dans l’avenir un sauf conduit pour la vie, nous devons appliquer à la lettre cette énergique ligne de conduite dans la bataille vigilante pour l’environnement.

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