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« LIBAN - Ziad Doueiri  »

Il lui reste le cinéma pour réinventer le monde….

le 6 octobre 2012, par Pascale Asmar

La complexité de l’être humain est au cœur du nouveau film du réalisateur libanais Ziad Doueiri : L’Attentat adapté du best-seller de Yasmina Khadra.

La complexité de l’être humain est au cœur du nouveau film de Ziad Doueiri, réalisateur libanais, qui s’est distingué par West Beyrouth (lauréat de plusieurs prix dont celui de François Chalais en 1998 à Cannes), Lilas dit ça et plus récemment L’attentat adapté du best-seller de Yasmina Khadra.

L’histoire, nous la connaissons : un célèbre chirurgien palestinien, naturalisé Israélien, découvre que sa femme est responsable d’un attentat suicide qui a coûté la vie à une dizaine de personnes en Israël. Accusé, suspect aux yeux de sa nouvelle patrie, et rejeté par son pays natal, il décide de suivre le fil d’Ariane pour comprendre ce qui s’est passé… pour comprendre sa femme et l’acte qu’elle a commis, mais c’est surtout une aventure de redécouverte de soi. Le film a coûté 6 années de travail dur, mêlées de maintes embûches notamment d’ordre financier en raison du caractère épineux du sujet traité, et d’un combat pour obtenir les droits de l’auteur qui retire le livre des mains du scénariste – Jeremy Brock – choisi par Hollywood, dont les réécritures et suppressions affectent profondément l’esprit de l’histoire. Khadra confie le travail au réalisateur libanais dont le scénario garde la quintessence et l’originalité du roman.

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Après la présentation du film dans le cadre de la 60e édition du festival de San Sebastian, (G. à D.) l’acteur Karim Saleh, la coscénariste Joëlle Touma, le réalisateur Ziad Doueiri et les acteurs Ali Suliman et Ramzi Maqdisi sont salués par les applaudissements du public.
Ph : www.facebook.com/DoueiriZiad

Quand Ziad commence le scénario avec sa femme, la scénariste et ex-journaliste du Soir, Joëlle Touma, il le fait avec des sentiments mélangés… Il amorce une vraie bataille pour comprendre, laisser tomber les préjugés et se lancer dans un tournage avec un groupe de travail mixte qui joint Palestiniens, Israéliens et Européens… Sa bataille est interne surtout. Le réalisateur chevronné retrouve le jeune Ziad de 19 ans, adolescent durant la guerre civile à Beyrouth, empreint de la résistance de sa mère qui mène une action clandestine en pleine occupation. Il décide de mener son action, à lui, par la seule arme qu’il connaisse : le cinéma. Il le dit lui-même d’ailleurs : « les artistes pourraient dépasser leurs préjugés pour réaliser un film qui leur est important. C’est d’ailleurs une des grâces du cinéma ». Ziad Doueiri ne projette pas de résoudre un conflit à dimension globale qui s’inscrit dans le cercle vicieux du sang et de la guerre, du conflit et de la haine. Il veut faire un bon film qui conduit les gens à la réflexion et au dialogue. Il n’a pas été facile de travailler avec des groupes qui se considèrent comme ennemis, ni de raisonner contre les résonances du cœur, l’éducation résistante et les sentiments mitigés qui le traversent… Mais c’est la botte secrète pour réussir le film en même temps !

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L’affiche du film, avec les protagonistes Ali Suliman et Reymonde Amsallem
Ph : www.facebook.com/DoueiriZiad

Le film est une coproduction libanaise, qatarie et européenne qui retrouve un public en ovation à Toronto et en Espagne. Et le Liban ? Au fond de Ziad, il est la blessure et la motivation… Un pays qui chavire sous le poids de la haine et de la mésentente, mais qui, dans son cœur, est une patrie à recréer comme le dit si bien Yasmina Khadra dans son roman : «  On peut tout te prendre ; tes biens, tes plus belles années, l’ensemble de tes joies, et l’ensemble de tes mérites, jusqu’à ta dernière chemise. Il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde que l’on t’a confisqué … »

 

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