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« Langue française : Toiletter or not toiletter ? »

« Seul l’usage fait loi » (Xavier North*)

le 21 janvier 2012, par Arnaud Galy

Il y a quelques jours, à Lyon, s’est réunie une bien curieuse assemblée ! Une brochette de linguistes, de sociologues et de philosophes, tous viscéralement attachés à la langue française et tous francophones indiscutables...

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Jean Pruvost (professeur, université de Cergy-Pontoise / France) et Alain Rey. de g à d.
Ph : ZigZagthèque

Si la francophonie se vit, entre autre, comme un soutien indéfectible à la pratique du multilinguisme, il n’en reste pas moins vrai qu’elle doit, pour être crédible dans ce rôle, penser la langue française en l’adaptant à la société changeante et parfois bouleversante du 21e siècle. Que penserait-on d’un individu qui soutiendrait son prochain sans montrer sa capacité à rester lui-même debout ? Cyberespace infini, publicité envahissante et émigration planétaire galopante sont autant d’effets déstabilisateurs ou énergisants pour les langues du monde et donc pour celle qui nous touche ! Pour les uns, adeptes du « c’était mieux avant » elle est malmenée, affaiblie et évolue dans un cul de sac en s’agenouillant face à l’anglais ! Pour les autres, elle est vivante, se régénère sans cesse et doit accepter de voir ses normes évoluer.

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Dans le grand amphithéâtre de l’université Lumière Lyon 2
Ph : ZigZagthèque

Il y a quelques jours, à Lyon, s’est réunie une bien curieuse assemblée ! Une brochette de linguistes, de sociologues et de philosophes, tous viscéralement attachés à la langue française et tous francophones indiscutables puisque Québécois, Suisses, Belges, Libanais ou Français. Tout ce petit monde s’était placé sous l’œil bienveillant d’un « grand témoin » temporaire en la personne d’Alain Rey. Personnage aussi unanimement reconnu pour sa compétence en matière linguistique que pour ses réparties facétieuses ! Cette réunion portait le nom de « colloque », dénomination qui malheureusement peut faire peur au quidam. Pourtant... quel bonheur d’assister à cet exercice de mise en réseau de matière grise et d’optimisme raisonnable et raisonné. Un mot d’ordre s’est exprimé sans cesse : « il ne s agit pas de défendre la langue française mais de la moderniser ». Sous-entendu, si nous parvenons à la moderniser nous n’aurons plus besoin de parler de la défendre ! D’autres mots d’ordre, induits par le premier... n’ayons pas peur des ombres qui planent, ni des jeunes qui « SMSent », encore moins des étrangers qui hésitent et surtout pas de l’avenir inéluctable. Presque un programme politique, non !?

* Délégué général à la langue française et aux langues de France (France).



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Dans le grand amphithéâtre de l’université Lumière Lyon 2 - Jean-Marie Klinkenberg (Pt du Conseil de la langue française et de la politique linguistique - Fédération Wallonie-Bruxelles / Belgique), Louise Marchand (Pte directrice générale de l’Office québécois de la Langue / Québec), François Grin (Pt de la Délégation à la langue française de Suisse Romande / Suisse), Xavier North et Conrad Ouellon.
Ph : ZigZagthèque

Mots et moments…


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Commençons par l’anglais... Il est en danger. Loin d’être une provocation, ce constat est fait par les intellectuels britanniques qui regrettent le sort imposé à leur langue. L’histoire a donné à une quinzaine de langues la capacité de communiquer hors de leur lieu de naissance, dont le français et l’anglais. Celui-ci a un statut mondial, pour une part réel, pour une part fictif, ce qui le conduit à un appauvrissement dramatique qui le met en danger en même temps qu’il met en danger les autres langues.

Quant au français... Il est à la fois victime et bourreau. Victime quand on regarde vers le Québec ou l’Acadie ; bourreau quand on pointe le regard vers l’Afrique. Ne survivent que les langues écrites et normées. Pourtant les normes évoluent dès que la langue sort de sa localisation d’origine ce qui fait sa richesse. L’unité des usages et une norme unique conduisent à l’appauvrissement d’une langue. Le français de France et celui du Québec ne peuvent avoir la même évolution et c’est tant mieux ! On peut même affirmer que les Africains, les Québécois et, piquante provocation, les anglicismes enrichissent la langue française ! Et... que dire de la musicalité donnée par les Québécois ou les Africains à la langue française ? N’est- ce pas un enrichissement face au français de France bien moins chantant ?

Interprétation de l’intervention d’Alain Rey

Ancien directeur de la rédaction des dictionnaires « Le Robert » et auteur de différents dictionnaires – professeur à l’Université Paris 3 Sorbonne – connu de tous les auditeurs de la radio France Inter.


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Constatons un fait nouveau : C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que la jeunesse du monde maitrise une technique et une pratique qui échappent à leurs parents et aux éducateurs. Le cyberespace permet à celui qui ne maitrise ni la technique d’écriture ni celle du langage de s’exprimer. Autrefois cette personne était exclue de l’écriture. Toutefois, attention, dans le cyberespace, ce qui dépasse 30 lignes fatigue le lecteur. Gare à l’appauvrissement du fond au détriment de la forme.

Interprétation de l’intervention de Conrad Ouellon

Président du Conseil supérieur de la langue française (Québec).


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On ne peut pas élaborer un projet politique sans connaître ce qui se passe au niveau des langues du territoire : qui parle quoi ; avec qui parle-t-on et comment parle-t-on ; quand utilise-t-on tel ou tel langage ? On ne peut penser le monde sans penser le langage et vice-versa. Nous devons penser l’uniformisation des différences régionales, nous devons nous intéresser à des faits difficiles à désigner comme l’existence d’une langue utilisée par les jeunes issus de l’émigration ou de quartiers dits défavorisés. Comprenons bien que ces jeunes locuteurs disposent de plusieurs registres au sein de la langue. Ils ne s’adressent pas à leurs copains comme ils s’adressent à leur famille ou à leurs professeurs.

Le langage dit beaucoup sur la société. Un exemple ? En 1968, l’université anglaise d’Essex, interrogea femmes et hommes afin d’étudier leur langage. Parlant d’une poêle la totalité des femmes disait « ma poêle » et la totalité des hommes disait « la poêle ». En 2008, l’expérience fut renouvelée et femmes et hommes se partagèrent alors équitablement l’article neutre et l’adjectif possessif ! L’évolution d’une société décryptée grâce au langage...

Interprétation de l’intervention de Michel Alessio

Délégation générale à la langue française et aux langues de France (France).


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Dans le Grand auditorium du Conseil Régional Rhône-Alpes
Ph : ZigZagthèque

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La Suisse, véritable laboratoire dédié à l’étude du multilinguisme dans les SMS ! Le moins que l’on puisse dire est que les Suisses, plutôt les jeunes Suisses, ne s’embarrassent pas de formalisme au moment d’écrire un SMS. L’étude menée montre même une certaine jubilation à employer un multilinguisme débridé et libéré. Une liberté d’expression qui, poussée à l’extrême,a conduit un individu à utiliser l’allemand, l’italien, le français, l’espagnol et l’anglais dans le même SMS. Un record ! Plus communément on note des expressions et des aménagements du vocabulaire inventifs et épatants : « no soucy » remplace « no problem » ; « chwila » pour « je suis là » ; « a plouch » remplace « à plus tard » ; « salut twouah » prend la place du trop banal « salut toi » ou « steupléééé » range le très sérieux « s’il-te-plait » au fond de l’armoire aux souvenirs » ! On a recensé 16 formes graphiques pour « demain » et 40 pour « aujourd’hui ». Sans oublier les stratégies d’abréviation parfois difficiles à suivre pour certains et les passages vers le français de Belgique grâce à un plaisant « Hey une fois » ! Quelle vitalité ! Comment ne pas entendre du Queneau, dans la bouche de Zazie, dans cette écriture qui sonne comme de l’oral ? Le SMS devient une forme graphique à part entière qu’il ne convient pas de traduire.

Interprétation de l’intervention de Marie Josée Beguelin

Professeure, Université de Neuchâtel (Suisse).


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Enrichir la langue française et encadrer cet enrichissement telles sont les missions d’un dispositif installé au sein de la DGLFLF. Chacun peut constater que, quotidiennement, de nouveaux mots forcent le passage de notre vie : le buzz ; un geek ; booster... souvent ils sont des anglicismes mais aussi des termes techniques ou professionnels qui par la magie de l’actualité ou du changement des modes de vie deviennent indispensables au Français lambda. Plaisir des uns et immense déplaisir pour d’autres ! Pour tenter de clarifier une situation en évolution constante, la volonté de l’État est de procéder à un aménagement linguistique afin d’accompagner l’évolution de la langue. Il faut donc inventorier les besoins puis proposer des termes et des expressions qui ancreront la langue dans la modernité. Une des difficultés est de savoir quels termes « importés » doivent être pris en compte. Il est judicieux de maintenir certaines normes en place... Pour trouver l’équilibre entre « normer la langue » et ne pas brider la liberté d’expression, il faut marcher sur deux jambes ! Le dispositif de la DGLFLF prend le risque de proposer des termes nouveaux et l’Académie Française se prononce sur « le bon usage ».

Prenons l’exemple du mot anglais « smart ». Disons familièrement les choses : « smart » est à toutes les sauces ! Tout est smart ! Smartphone ; smartboarding ; smartmoney... il est parfois nécessaire de mener une enquête pour élucider ce qui se cache derrière ces « smart » en pagaille ! Lui trouver un équivalent compréhensible par tous s’impose. Malheureusement le temps des usages, des techniques et des modes estt parfois plus rapide que le temps de réaction du dispositif. Lequel doit être raisonnable et ne pas chercher à tout adapter. L’ambition est de dire : « on peut aussi dire tel mot en français ». Le dispositif propose sans rien imposer.

Interprétation de l’intervention de Bénédicte Madinier

Délégation générale à la langue française et aux langues de France (France).


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Commençons par une formule mathématique : apprentissages incidents + simplification des apprentissages scolaires = maintient et entretient  

Explication ! Les apprentissages incidents sont ceux que l’on acquiert sans y prêter gare. Ceux qui viennent de la lecture de la publicité, de blogs ou de textes publiés sur les réseaux sociaux comprenant des fautes récurrentes. Ajoutés à la simplification des apprentissages scolaires ils donnent naissance à des fautes qui n’ont plus l’air d’en être. Ainsi la lettre t terminant « maintien » ou « entretien » est tellement monnaie courante que les plus instruits finissent par hésiter au moment d’écrire !

Apparaît une autre interrogation : N’est-il pas en train de se mettre en place une langue à deux vitesses ? Une langue de tous les jours et une langue du dimanche ? Chacun sait qu’il y a une norme mais se réserve le droit de ne pas l’appliquer tout le temps. C’est l’opposition CV vs SMS ! A la manière d’un automobiliste qui freine devant un radar et accélère dès que celui-ci ne représente plus aucun danger. La norme n’influencerait-elle plus la pratique ? Si tel était le cas, pourquoi ne pas changer la norme et les rapprocher des pratiques ? Comme le demandent, par exemple, les Algériens ou les Marocains et d’une manière générale un grand nombre de pratiquants de la langue française. Mais les tenants du français en tant que langue natale rechignent... jusqu’à quand ?

Interprétation de l’intervention de Marinette Matthey

Professeure de sociolinguistique, Université Stendhal 3 (France) et de Lausanne (Suisse).


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Les nouvelles technologies ont accru la quantité d’écrits produits, notamment chez les jeunes. Hors les jeunes respectent de moins en moins les normes... donc la question de la norme se pose ! Aujourd’hui, durant le cursus scolaire on doit rendre les jeunes autonomes, les conduire à acquérir un esprit critique et pas simplement leur apprendre à respecter une norme, comme au 19e siècle. Certes il faut une norme mais pas celle qui existe aujourd’hui. Le français ne doit pas être construit autour d’une norme élitiste connue d’un petit nombre mais autour d’une norme que le plus grand nombre connait et comprend. La francophonie demande une norme qu’elle peut s’approprier, c’est une demande sociale pas « un truc d’élite » ! La francophonie se vendra mieux si son système est appropriable. Quid de la résistance des Français sur le sujet ? Les Français doivent accepter que les francophones, en général, aient un impact sur cette langue qu’ils partagent. Ils le doivent pour que celle-ci conforte et confirme sa place.

Interprétation de l’intervention de Dan Van Raemdonck

Vice-président du Conseil de la langue française et de la politique linguistique – Fédération Wallonie-Bruxelles (Belgique.)

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Alain Rey, Abraham Bengio (directeur général adjoint de la région Rhône-Alpes) et Xavier North. de g à d.
Ph : ZigZagthèque
 

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