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« Le Périgord »

Des pierres, de l’eau, de l’Histoire !

le 27 mars 2010, par Arnaud Galy

Il est un classement objectif qui récompense la Dordogne d’une médaille d’argent, simplement précédée par la ville de Paris, inaccessible médaille d’or. Ce classement qui facilite grandement le bénéfique afflux de visiteurs est celui du nombre de monuments classés ou inscrits à l’inventaire des monuments historiques. On n’en compte pas moins de 836 ! De quoi occuper ses vacances, non ?

Par petites touches historiques, géographiques ou tout à fait personnelles nous vous proposons une balade au coeur de ce département. (Première partie... la suite bientôt !)

Aussi nombreux et plus variés que ceux de quelques pays voisins, les monuments historiques de France n’appartiennent pas seulement à telle ou telle phase isolée de l’histoire, ils forment une série complète et sans lacune ; depuis les druides jusqu’à nos jours, il n’est pas une époque mémorable de l’art et de la civilisation qui n’ait laissé dans nos contrées des monuments qui la représentent et l’expliquent.

Lettre de Guizot à Louis XVIII, 21 septembre 1830.


Dordogne, le nom de cette rivière aux allures de fleuve est présent dans des textes écrits par des poètes au 5ème siècle (Duranius) puis au 6ème siècle (Dorononia). L’origine, contrairement à l’idée reçue d’une contraction de la rivière Dore et de la Dogne, viendrait du mot « dora » que l’on retrouve autant dans Drôme, Douro (Portugal) ou Dronne. Ainsi, au fil des siècles, les noms se sont enchainés : Duranius, Doronia, Dordonia, Dordoigne et Dourdoigne.

L’été, on lui donnerait le Bon Dieu sans confession à cette Dordogne ! Les baigneurs des berges du Buisson-de-Cadouin ou de Trémolat peuvent en attester, les plaisanciers en gabare aussi. Mais l’hiver, certains hivers, quand la neige fond sur les monts d’Auvergne et que la pluie s’abat sur la Corrèze et le Limousin, le lit de la Dordogne ne parvient plus à évacuer le flot régulier et dévastateur. Phénomène peu fréquent, certes, mais point trop n’en faut !

Il était une fois l’esturgeon, poisson migrateur appartenant à la légende du fleuve Dordogne ; Il était si fréquent que ses œufs envahissants, impropres à la consommation, étaient généreusement jetés aux canards élevés par les femmes des pêcheurs. Puis vint la disparition du monstre marin et les canards durent se passer de caviar. Puis vint la mode, la gastronomie et les goûts de luxe, alors on éleva des petits esturgeons dans de grandes piscicultures pour retrouver à prix d’or ce qu’on avait détruit par ignorance et maladresse.

Loin des quartiers branchés des capitales, loin des « marchands d’art » reliés par oreillette aux investisseurs japonais, saoudiens ou américains, loin des grands musées où s’amoncellent toute la richesse artistique du monde, les artistes de tous poils sont de plus en plus nombreux à planter leur tente, leur atelier ou leur galerie en ces lieux. Si pauvre en économie industrielle, la Dordogne est si riche en matière grise créatrice…

Du haut de ses falaises qui surplombent la Dordogne et des villages, tel Trémolat, qui accompagnent la rivière sur son chemin en pente douce Henri Miller a écrit un peu moins de 400 lettres enflammées à ses amis. Aucune agence de publicité n’aurait pu rêver meilleur ambassadeur, bénévole qui plus est ! Amis et lecteurs du sulfureux écrivain ont écouté ses louanges et sont venus goûter les voluptés paradisiaques qu’il décrivait. « A Henri Miller, le Périgord reconnaissant » pourrait être apposé sur sa pierre tombale. On a déjà vu de telles inscriptions moins justifiées !

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Domme - La Dordogne

Périgord Noir, Beynac

Il était une fois… une histoire à dormir debout qu’on se raconte à la veillée : Celle de la marquise de Beynac, qui partant en promenade, fit une glissade, tomba dans la Dordogne et s’y noya. Mise en terre vêtue et parée comme son rang l’exigeait, elle fut réveillée par un couple de serviteurs mal intentionné qui tentaient… de lui couper un doigt pour en retirer une bague récalcitrante. La douleur réveilla madame la Marquise qui finalement se portait presque comme un charme.

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Beynac - Son château dominant les plantations de tabac

Périgord Noir, Domme

Sur la route de la Terre Sainte l’histoire tourmentée des Templiers a fait une longue halte à Domme. Une halte dont les chevaliers se seraient bien passés. Après leur arrestation, en 1307, environ 70 d’entre eux furent emprisonnés dans une des tours de la bastide. Ils passèrent plus de 10 ans à croupir en ces lieux sombres et malsains à graver dans les murs les témoignages de leur foi en le Christ et les Saints et leur mépris et leur haine envers le Pape et le roi de France qui les avaient trahis. Des milliers de graffitis, pas toujours lisibles pour le néophyte, attestent de leur conviction.

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Domme - La porte d’entrée de la bastide

Périgord Noir, Limeuil

D’Argentat à Libourne, on peut se baigner partout dans la Dordogne. Au cœur d’un paysage d’exception les saumons, les aloses et les lamproies frétillent avec plaisir. A une époque où la protection des espèces préoccupe la planète, la Dordogne peut compter sur le dévouement écologiste et scientifique d’une poignée de « gentils protecteurs » travaillant pour EPIDOR (Etablissement Public Interdépartemental Dordogne).

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Limeuil - Le confluent Dordogne et Vézère

Périgord Noir, Vitrac

Du haut de son promontoire le château de Montfort surveille le cingle qui arrondit le cours de la Dordogne. Tel un Phénix de la mythologie grecque, Montfort n’a cessé de renaître de ses cendres. Le moins que l’on puisse dire est que l’histoire lui a maintes fois donné l’occasion de vérifier ce pouvoir. A quatre reprises au moyen âge, le château a été rasé par des assaillants et reconstruit. La forteresse a quelque peu perdu son caractère militaire à la suite d’une restauration hasardeuse au 19ème siècle.

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Vitrac - Le château de Montfort

Périgord Noir, Monpazier

Dans son Carnet de Notes d’une excursion de quinze jours en Périgord, l’écrivain Eugène Le Roy fait une brève escale à Monpazier. Il en décrit les grandes lignes et s’attarde sur le temple, absent pour cause de démolition en 1671, avant de comparer l’activité commerçante à celles des villages voisins. Le plus savoureux tient en la première phase du chapitre dédié à la bastide : « De Beaumont à Monpazier, nous avons fait le trajet de nuit ; en arrivant nous allons au dodo ». Les plus grands écrivains ont aussi leur petites faiblesse.

Eugène Le Roy, monstre sacré de la littérature du terroir d’ici. Né à Hautefort, il a gravi de nombreux échelons dans l’administration avant de commencer, à la cinquantaine, à écrire les chroniques de son pays. Ecrivain de langue française mais culturellement occitan, farouchement anticlérical, viscéralement attaché à l’idée naissante de socialisme, il a conquis la France de l’après-guerre qui a découvert son « Jacquou le Croquant » sur les écrans en noir et blanc.

Pendant ce mois de vacances ils firent ainsi plusieurs excursions : aux grottes des Eyzies, ou un vieux troglodyte moderne leur offrit des objets préhistoriques de sa fabrication… ; à l’abbaye de Cadouin, célèbre par un des nombreux saints suaires de la chrétienté ; aux antiques ormeaux de Pelvézy, sous lesquels saint Louis se reposa d’après la tradition … Si tout cela était à l’étranger, disait M. Lefranc, on irait le voir ; mais voilà, c’est en France… et en Périgord, qui plus est.

Eugène Le Roy

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Monpazier

Périgord Noir, St André d’Allas, les cabanes du Breuil

Le génie des bâtisseurs de caselles, ces petites cabanes de pierres sèches au toit de lauze, trouve ici son expression la plus subtile. L’ensemble, vraisemblablement daté de la fin du 19ème siècle est toujours occupé par une ferme en activité. Il est constitué de plusieurs caselles, parfois entremêlées et jumelles, percées de petites lucarnes suffisantes pour égayer l’intérieur d’un zeste de lumière. Dindons et coqs y déambulent en toute liberté.

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Saint-André d’Allas - Les cabanes du Breuil

Périgord Noir, Daglan

Il faut avoir la mémoire historique affûtée ou un sens de l’imagination aiguisé pour penser que les cabanes en pierres sèches servaient d’abri aux paysans… travaillant dans les vignes ! De Domme à Daglan, celles-ci ont été méthodiquement éliminées par le phylloxera en 1880. Depuis, d’autres plantations ou végétations ont comblé le vide laissé par les vignes. Les cabanes rondes, ovales ou rectangulaires, hautes de 1 à 3 mètres, parfois équipées de cheminées ou de citernes, sont désormais les seuls témoins d’une époque révolue.

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Daglan - Les Cabanes de Pierres sèches

Périgord Noir, Lalinde

Combien de fois, par écran de télévision interposé, a-t-on assisté à l’émouvante scène d’un troupeau d’antilopes ou de zèbres se délectant de l’eau d’un marigot moussu et verdâtre ? Toujours le lion veille et transforme le plus faible ou le plus distrait de service en plat de résistance. Autre continent, autre scénario, bien plus bucolique.

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Molières

Périgord Noir, St-Léon-sur-Vézère

Si l’expression « petit coin de Paradis » est souvent galvaudée, elle se justifie pleinement sur ces bords de Vézère où la couleur de la falaise répond à celle des pierres de l’église et des châteaux qui y sont dressés. « Petit coin de Paradis », enfin pas pour tout le monde. Une inscription en langue d’oc, gravée sur la chapelle, conte l’histoire d’un soldat qui décocha une flèche sur un crucifix. Le malheureux, bien peu pieux, fut retrouvé mort, la tête « devant-derrière ». L’étrange inscription fut confirmée par une fouille dans le cimetière où un homme à la tête « devant-derrière » fut exhumé !

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Saint-Léon-sur-Vézère

Périgord Noir, le Moustier

Ces bords de Vézère ont un pouvoir d’attraction qui captent les esprits en quête d’un surplus d’âme. Qu’ils soient riches américains foulant une terre chargée d’Histoire, qu’ils soient bouddhistes adeptes du Dalaï Lama en recherche d’harmonie, qu’ils soient Allemands, Néerlandais ou Anglais heureux de respirer dans un espace moins surpeuplé que leurs terres, qu’ils soient vieux habitant de Montignac toujours émerveillés d’être de « là » !

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La vallée de la Vézère

Rien ne m’empêchera de croire que si l’homme de Cro-Magnon s’installa dans ce coin, c’est qu’il était extrêmement intelligent et que le sens de la beauté était en lui très développé.

Henri Miller


Périgord Vert, Brantôme

Brantôme a-t-elle besoin de se parer de slogans publicitaires éculés pour affirmer son charme et son histoire. Slogans… quels slogans ? Au hasard : « la Venise du Périgord » ou « le plus vieux clocher de France ». Comme s’il était toujours besoin de trouver la phrase choc censée épater le passant. Alors, oui le cœur Brantôme est posé sur l’eau comme une île ; oui le clocher est très vieux puisqu’il porte la marque des Carolingiens. Un jour, peut-être lira-t-on que Charlemagne dans sa grande magnificence eut posé lui-même la première pierre ?

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Brantôme - L’abbaye le long de la Dronne

Brantôme est la neuvième preuve de l’existence de Dieu.

François Mitterrand


Périgord Vert, Villars

Depuis sa construction au 12ème siècle, l’abbaye de Boschaud n’a pas été épargnée par les turbulences de l’Histoire. Les cisterciens qui s’installèrent au cœur des forêts du brantômois ne pouvaient imaginer qu’ils seraient autant visités ! Ruine, presque une ruine, voilà ce qui reste de l’abbaye. Pourtant, au soleil couchant, la spiritualité reprend sa place. La lumière que les croyants chantent et vénèrent s’invite et redonnent au lieu son rôle de lien entre la terre et le ciel.

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Villars - L’abbaye de Bochaud

Périgord Vert, Mareuil-sur-Belle

Baronnie du Périgord, au même titre que Beynac, Biron et Bourdeilles, le château de Mareuil résiste tant bien que mal aux agressions du temps. Plutôt mal que bien ! Forteresse de plaine, protégée par des douves, des tours de défense et une architecture militaire du 15ème siècle, elle est aujourd’hui la propriété de la famille du maréchal Lannes, un fidèle de l’Empereur. Ce petit îlot napoléonien en mareuillais est en péril mais mérite toute l’attention.

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Mareuil-sur-Belle - Une des quatre baronnies du Périgord

Périgord Vert, Jumilhac-le-Grand

Imposante bâtisse qui annonce le Limousin tout proche grâce à ses murs de granite et ses toits d’ardoise, le château de Jumilhac est connu, entre autre, pour une histoire qui fait dormir debout les uns et excite le romantisme courtois des autres : l’histoire de la fileuse. La noble dame Louise, amoureuse d’un Roméo local pendant que son mari guerroyait à l’horizon, filait et peignait. Son fuseau, habilement creusé et garni de mots doux, montait et descendait le long de la tour où elle était enfermée le temps que son légitime ne revienne.

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Jumilhac-le-Grand - Un château d’alchimiste

Périgord Pourpre, Issigeac

Vu d’avion, Issigeac a l’allure d’un ballon de rugby. Les maisons y sont densément imbriquées les unes aux autres, seulement séparées par des ruelles où les charrettes et les chevaux devaient avoir bien du mal à se faufiler. Au ras du sol, la cité cossue garde les témoignages architecturaux d’un riche passé commerçant et religieux. Issigeac fut le lieu de villégiature des évêques de Sarlat au 15e siècle, sans doute déjà surpeuplé à certaines périodes de l’année.

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Issigeac

Périgord Blanc, Périgueux

Loin de la grande Histoire de Périgueux, loin des places et des ruelles qui charment les visiteurs, loin de la cathédrale St-Front et ses bizarreries byzantines, la Place Plumancy illustre l’autre Périgueux. Celui des quartiers ni médiévaux, ni Renaissance, plutôt chics avec ses maisons imposantes et bien entretenues. Au milieu, cette fontaine posée comme un rond-point, dans laquelle les étudiants farceurs aiment à verser un savon moussant. Il n’y a plus de jeunesse !

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Périgueux

Périgord Blanc, Périgueux

Monument historique inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO, la cathédrale St-Front mérite aussi le titre de monument exotique, du fait de ses inspirations byzantines qui rappellent San Marco à Venise ou la Mosquée Bleue de Constantinople. Le célèbre architecte Paul Abadie, qui lui donna cet aspect définitif vers 1852, en repris les grandes lignes lors de la construction du Sacré Cœur de Montmartre. St-Front est une indéniable curiosité à admirer depuis la rive gauche de Lisle.

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Périgueux - La cathédrale Saint-Front

Périgord Blanc, Périgueux

Vestige le plus impressionnant de l’empreinte gallo-romaine sur la ville, le temple circulaire de Vésone résiste aux assauts de toutes sortes depuis la deuxième moitié du 2e siècle. Cette tour éventrée par une brèche de 9 mètres de largeur est la partie centrale d’un temple dédié à la divinité protectrice de la cité. Dans la société gallo-romaine, ce culte est le plus important après celui dédié à l’empereur.

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Périgueux - La tour de Vesone

Périgord Blanc, Périgueux

Tirer ou pointer, éternel dilemme que se posent les joueurs de pétanque. Certains s’interrogent l’œil malicieux en tapant dans le dos du voisin concurrent, d’autres se la jouent « à la professionnelle » et ne plaisantent pas quand il faut manier le double centimètre et vérifier les avantages de chacun. Tirer, pointer et râler ! Pour rire, mais râler quand même…

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Périgueux - Devant le musée du Périgord

Périgord Pourpre, Bergerac

Ce soir la fête sera populaire ! Les glacières remplies de bouteilles à capsules et de chips sont de sortie. Les cavalières et les cavaliers affûtent leurs chaussures à talons et répètent les pas de salsa ou de valse. Les grands enfants et les jeunes grands-parents attendent le feu d’artifice des étincelles dans les yeux. Tout ce petit monde fêtera la naissance de la République et l’écriture de la déclaration des « droits de l’homme et du citoyen » et, cerise sur le gâteau un peu oubliée, fêtera un lot massif d’exécutions capitales sanguinolentes !

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Bergerac - Un 14 juillet, fête nationale

Périgord Pourpre, Monbazillac - Bergerac

Qu’il s’appelle Bergerac, Pécharmant, Saussignac, Montravel, Monbazillac ou Rosette, qu’il soit de couleur rouge, blanche légèrement jaune ou rosée, qu’il soit liquoreux, moelleux, sec ou souple et fruité, le vin offert par le terroir bergeracois se doit d’être courageux. Pas d’autre alternative pour se frayer un chemin vers le succès quand on a un voisin aussi célèbre et peu prêteur que l’est le vignoble bordelais. L’apparente douce quiétude des vignes au petit matin n’est qu’une illusion. Sueur et amour du métier ne sont jamais loin.

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Monbazillac - Un des vignobles du Bergeracois

Périgord Pourpre, Monbazillac - Bergerac

L’Histoire bégaye entre Dordogne et Isle. Parodions une célèbre expression : « Un bon Anglais est un Anglais qui aime le Périgord » ! Et les sujets de « leur Majesté » persistent et signent depuis qu’une certaine Aliénor leur apporta l’Aquitaine, et donc le Périgord, toute crue dans une hotte de mariage. C’était en 1137, depuis le va et vient est incessant entre l’île et le continent… à cheval sous une armure ou en avion à bas coût, selon les époques. Certains arrivent en Rolls Royce, c’est plus chic ! So british !

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Monbazillac - Un château, un vignoble et une voiture anglaise !
 

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