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SAMIA KASSAB-CHARFI : Professeur à l’université de Tunis - amatrice d’art !

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« MANON BONIFAY - France - Enthousiaste sans être béate ! »

le 18 mars 2011

Manon Bonifay - Française

Étudiante, enthousiaste sans être béate !


22 juillet 2011

Mais où es-tu, langue française ?

Once upon a time… Quel affront de commencer un article sur la langue française en anglais. Il faut cependant avouer que depuis maintenant plusieurs décennies, le français a laissé la place à la langue de Shakespeare dans les réunions internationales. Bien sûr, il existe encore bien des endroits où de nombreuses personnes se battent pour sauvegarder cette langue comme au Québec ou ailleurs. Mais, le constat est là : il est loin le temps où, de la Russie au Canada en passant par la Grande-Bretagne, tous les grands de ce monde, et les moins grands mais aussi importants (1), parlaient français. Je ne distingue pas ici les différents types de français (ancien, moyen), cela prendrait trop de temps et l’essentiel est surtout de discuter de la culture française et son rayonnement par la langue au-delà des considérations de forme.

Alors retournons en arrière : il était une fois, un temps et un monde, où le français était une langue fort utilisée et appréciée. Les cours royales d’Europe ont aimé le français. Par exemple, la langue française a profondément marqué l’anglais dans la composition de son vocabulaire et son évolution. La conquête normande en 1066 est une raison bien évidente de cette influence. Isabelle Monnin, dans un article en ligne, estime que 10 000 mots anglais sont un héritage du normand1. Autre pays, autre temps. Par les colonisations et les grands voyages, le français va s’étendre en Nouvelle-France, qui deviendra le Canada, en Asie ou en Afrique. De même, au XIXème siècle, en dehors de ce phénomène colonial, le français va rayonner dans d’autres lieux comme la Russie. La cour, mais aussi dans les familles nobles, la langue française était très appréciée et était d’usage (2).

Ce n’est pas une nostalgie coloniale qui survit ici. Plutôt le sentiment qu’un lien, auparavant fort a disparu, nous a lâché. Il revient, de temps en temps lorsque, au détour d’un aéroport, nous croisons une acadienne, qui, lorsque la conversation passe de l’anglais au française a des étoiles dans les yeux. Une langue, c’est plus qu’un moyen de communiquer. Elle porte toute une culture et surtout toute une histoire. Il semble ici qu’il existe encore une faille dans la politique française envers la francophonie. Ce lien n’est pas encore considéré comme important ou alors, il se retrouve cristallisé dans des guerres qui consistent à savoir quelle est la meilleure langue française. Le français n’existe pas mais il brille par sa pluralité souvent décriée. Et toute sa splendeur arrive quand des discussions par mail ou de vive voix en français peuvent se faire, entre personnes de nationalité différentes. Ce lien social est bien plus important que toutes les règles de grammaire et de phonétiques (qu’il ne faut pas, bien sûr, décrier quand même) et mérite d’être soutenu.

Notes :

(1) Isabelle MONNIN, La conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant et ses répercussions sur la langue anglaise, en ligne, http://www.cvm.qc.ca/encephi/Syllab..., accès le 04 juillet 2011

(2) Maria KOZLOVA, Le Français en Russie, en ligne, http://www.langue-francaise.org/Art..., le 04 juillet 2011


le 8 mai 2011

Surtout ne parlez-pas québécois !

Les Universités françaises sont réputées pour être source de savoirs surtout la faculté des lettres d’où sortent d’émérites professeurs et thésards. Un jour, alors que j’avais une heure d’ennui, entre deux cours, je me réfugie dans un amphithéâtre, avec un très bon livre dont j’ai oublié le nom. Et là, la révélation. A coté de moi, émerge d’un groupe d’étudiants, que je ne connaissais pas, une déclaration des plus formidables : « Non mais tu te rends compte Alice, un étranger qui va visiter le Québec, il les entend parler, et il croit que le vrai français, c’est ça ! Non mais la honte, je ne te raconte pas. Tu as entendu comme il parle, ce vieux français ! ». Oui, la honte, vraiment. Je pense que c’est à partir de ce moment-là que j’en ai oublié le nom de mon bouquin. Deux choses sont importantes dans cette grande déclaration, qui finalement donne de la matière à penser. (Comme quoi…)

D’abord, le québécois. Cette langue est considérée dans de nombreux pays, dont la France, en première position, comme inférieure, une espèce de français dépassé, qui ne mérite pas d’être considéré. Enfin, il faudrait bien que ces québécois viennent au pays se remettre au goût du jour, pour vivre au 21ème siècle. Et puis, il y a tellement de différences que les guides touristiques prennent le soin de mettre un glossaire pour que l’on comprenne ces cousins. Pourtant, une question se pose : est-il plus compliqué de comprendre une amie (cousine pardon !) québécoise nous raconter qu’elle est « tombée en amour », plutôt que le français, le vrai, dire «  Ch’est l’pu belle fleur ed’min capiau ! » pour nous dire aussi, qu’il est amoureux. Essayer de dire cette dernière phrase à un Marseillais. Il se sentira, d’un seul coup, bien plus proche du Québec ! Dire que le québécois est très différent du français est surprenant. Car le français, par ses différences régionales est déjà varié. Il n’y a pas plus de différences entre le marseillais et le québécois qu’entre le picard et le marseillais.

Et puis, est-ce que le québécois est vraiment un vieux français ? J’imagine bien mal nos amis du Moyen-âge dire « Attendez Monseigneur, je vais checker si votre dame est au château ». Comme toute langue, le québécois s’est formé au rythme des âges, il a évolué et s’est adapté à l’environnement nord-américain. Il forme ainsi la richesse de la langue française, et les travaux de l’Office québécois de la langue française ou encore le projet «  Trésor de la langue française au Québec » en sont des preuves.

Ces réflexions universitaires (les premières, s’indignant du dialecte québécois) sont importantes car elles montrent qu’au sein de la francophonie, nous nous connaissons mal. On ne construit pas un projet en se divisant. Les instances françaises ont encore un long chemin à parcourir pour prendre en compte ces différences qui sont des trésors.


le 18 mars 2011

Oh Canada !

Malgré une apparence de pays stable et serein, le Canada est un véritable volcan quand il s’agit de parler d’identités culturelles. Ainsi, les relations entre canadiens francophones et canadiens anglophones ne sont pas toujours simples. Les Canadiens français craignent de perdre leur identité face à la puissante culture anglophone, soutenue par l’influence américaine.

Ayant eu la chance d’étudier pendant un an sur le campus de l’Université d’Ottawa, capitale du pays, j’ai pu entrapercevoir les petits éclats de laves jaillissant ça et là. Le 25 août 2008, la Rotonde, journal officiel francophone du campus, publiait dans ses pages « Opinions » une analyse sur le fait francophone à l’Université d’Ottawa, pour le moins inquiétante. Il y était souligné que la préservation et le développement de la culture francophone, dans cet établissement, n’étaient que superficiels. A cette date-là, les nombreux étudiants pour la session d’automne n’étaient pas encore arrivés. Cependant, deux mois après les retrouvailles, un constat non plus inquiétant mais effrayant s’est imposé : la perte d’influence des « francos » était bien réelle mais en plus, elle trouvait sa cause au sein même de la communauté francophone.

Petite explication : au mois de septembre, suivant les recommandations de la Commission permanente sur le bilinguisme et les langues officielles, un nouveau poste est créé au Service de Vie Communautaire de l’Université d’Ottawa. Un agent de programmation en français reçut pour mandat la promotion de la culture francophone à travers l’organisation d’évènements culturels en français pour répondre aux demandes et besoins de la communauté francophone sur le campus. Mais voilà, la réalité est parfois surprenante : les francophones tournent le dos à leur culture. En effet, les 2 et 3 octobre 2008, le Centre de Recherche sur la Civilisation Canadienne-Française a organisé une conférence pour célébrer son 50ème anniversaire, sur le thème des francophonies canadiennes. La présence des étudiants était minime. Une journée a été consacrée au drapeau franco-ontarien. La présence des étudiants était faible. Plusieurs soirées cinéma en français ont été organisées, tout au long de l’année par différentes associations ainsi que par le Service de Vie Communautaire. La présence des étudiants était quasi-nulle. Une question s’est immédiatement posée à moi : Pourquoi ? Pourquoi la communauté francophone délaisse-t-elle sa propre culture ? Pourquoi ne participe-t-elle pas à la création d’une vraie dynamique sur le campus ? Aujourd’hui, deux ans et quelques mois après, il y a un sensible changement. Mais, comme il est bien écrit, sensible. Comme en écho à René Lévesque, je me demande « What does the French Community want ? ». Comment faire pour préserver sa culture si les jeunes francophones n’arrivent pas à se rassembler ? Encore une des nombreuses problématiques que rencontre la francophonie aujourd’hui.



le 18 mars 2011

Comment dîtes-vous déjà ? Franco… ?

Nous sommes au cœur de la semaine de la francophonie. Cet évènement m’a donné des idées, un jour où, sur internet, je m’ennuyais. Je me suis dit que j’allais trouver, avec mon ami Google, de la matière pour me divertir.

Alors, me voilà en train de chercher LE mot-clef : F-R-A-N-C-O-P-H-O-N-I-E. Les trois premières pages sont consacrées à l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). J’avais failli oublier cette organisation. En grande aventurière, je me tente de voir les dernières annonces de l’agence, afin de me convaincre que beaucoup de choses se faisaient afin de célébrer la culture francophone en 2011. Le site est momentanément hors-service. J’ai bien eu un espoir d’y croire. Mais il est encore trop tôt pour se laisser abattre. Alors, un nouvel essai sur l’onglet « Actualités de Google ». Et là, c’est beaucoup mieux : 533 résultats pour évoquer un sommet bancaire francophone, ou encore nos amis canadiens qui tentent de repenser le bilinguisme tout en organisant un forum pour l’emploi francophone. Cependant, le nombre de résultat est très moyen. Lorsque l’on observe les dates de ces « actualités », on passe très vite de « quelques heures » à 5 jours puis un mois, puis très vite, encore plus loin. Robert Pattinson avec 1 580 résultats a bien plus de succès et semble périmer moins vite.

Une autre interrogation, que je compte bien aussi soumettre à mon équipier de toujours, me vient, dans une grande inspiration : comment se place la France dans cette francophonie ? Car, sans encourager une politique impérialiste, le pays a un rôle à jouer dans la promotion de la langue et de la culture francophone. Deux mots clefs : « francophonie » et « Sarkozy » afin de trouver le projet politique de la présidence française. Et là… que dire ? Le dernier article remonte au mois de mars 2010 soit presque une année. Et après 4 résultats datant de 2010, le 5ème est de … 2007.

Le but de tout cela n’est pas de tester la capacité du plus puissant moteur de recherche. Il est surtout important de tirer une conclusion pour le moins préoccupante : le concept de francophonie est bien terne. Il semble être un lointain souvenir, vague engagement, n’étant plus à l’ordre du jour. Surtout en France. Il est vrai que les français ressentent moins les enjeux de préserver le fait francophone car ils ne sont pas en concurrence avec d’autres langues dans un même pays. Mais ce détachement est une faille dans le projet d’une francophonie dynamique. Elle est pour l’instant, momentanément hors-service.

 

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