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« MAROC - La politique migratoire avec l’Union Européenne »

Entretien avec Tatiana Romon, chargée de programmes : Droits de l’Homme, Migration et Gouvernance.

le 6 avril 2014, par Arnaud Galy

Entretien réalisé par Saïd Frix, en marge du séminaire organisé les 2 et 3 avril 2014, à Beni Mellal, sous le thème « Construire des politiques migratoires respectueuses des Droits des mineurs ».

Saïd Frix : Qu’est–ce que vous organisez aujourd’hui ? Et que représente le projet pour vous ?

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Tatiana Romon,
Ph : Aimablement prêtée par Saïd Frix

Tatiana Romon : Il s’agit de l’organisation d’un séminaire qui a pour thème Construire des politiques migratoires respectueuses des Droits des mineurs dans le cadre du projet Enfants en voyage. Le séminaire précité a été organisé, les 2 et 3 avril 2014, au siège de l’AREF (Académie régionale de l’Éducation et de Formation) à Beni Mellal. Aujourd’hui, et juste après les allocutions du directeur de l’AREF de Tadla Azilal, de la mienne en tant que représentante de l’UE et de celle de la Fondation Zakoura Éducation ProgettoMondo MLAL, les interventions ont porté, entre autres, sur la présentation du projet Enfants en voyage et les activités de ProgettoMondo MLAL au Maroc, la présentation des résultats du projet dans les provinces de Tanger et de Nador, la présentation du projet Reduce irregular Migration for Unaccompanied Children in Egypt – Save the Children. Il y a avait aussi les interventions des représentants des délégations italienne et espagnole. Qui plus est, une table ronde a été organisée autour du parcours éducatif des jeunes et le développement local. Il y avait aussi les interventions de l’AREF, de l’Anapec de l’Entraide nationale et du ministère de la Jeunesse et des Sports. Et après les recommandations, des prix ont été décernés aux meilleures productions des jeunes.

Pour l’Union Européenne, ce projet est un modèle de réussite qui a montré comment des synergies de tous les partenaires peuvent apporter un résultat extrêmement intéressant et innovant. Des synergies de trois pays à savoir Le Maroc, l’Espagne et l’Italie et d’autres acteurs. On a des autorités régionales, l’AREF, l’Entraide nationale et Anapec. Au niveau de l’Espagne et de l’Italie, on a aussi les autorités régionales, les directeurs des établissements, les travailleurs sociaux et les Associations. Au niveau du Maroc, il y a des Associations marocaines, italiennes et espagnoles et il y a L’UE qui finance le projet précité... d’un coût de 1.200.000 euros, ce projet a duré trois ans. L’UE finance le projet en mettant surtout l’accent sur la réalisation d’un partenariat vraiment stratégique.

Quels sont les jeunes concernés par ce projet ?

Le projet a proposé de développer un cursus extrascolaire pour des jeunes des établissements scolaires du Maroc et pour des jeunes qui suivent des cours d’éducation non formelle.

Dans le cadre du projet précité, quelles sont vos réalisations ?

80 médiathèques ont été créées dans quatre provinces du Royaume à savoir Beni Mellal, Khouribga, Nador et Tanger. Ce sont des espaces équipés d’ordinateurs et un capital humain. Une vingtaine ou une trentaine d’animateurs ont été formés pour le projet sur la base d’une méthodologie qui a été mise en place conjointement par des psychologues, des spécialistes de l’éducation, italiens et marocains pour développer un cursus didactique fait sur mesure pour ces jeunes avec deux parcours, un parcours pour des préadolescents âgés de 12 à 14 ans et des adolescents de 15 à 17 ans. À travers ce parcours, les jeunes ont appris à avoir confiance en eux-mêmes, à se connaître, à s’exprimer, à développer leur critique artistique, à travailler en groupe, à collaborer sur des projets collectifs, à apprendre leurs droits, à connaître les institutions marocaines, à développer en somme des compétences sociales et à devenir eux-mêmes des jeunes adultes autonomes et responsables qui ont l’esprit d’initiative et conscient de leur environnement. Il y avait une dimension de prévention d’immigration clandestine illégale des mineurs, mais qui a été traitée à la marge puisque le but du projet était vraiment d’aider les jeunes à réinvestir leur propre vie. Et si pour réussir leur projet de vie il y a un projet d’immigration, il ne faut pas lutter contre parce que l’immigration est un droit à condition que ce soit un projet réfléchi et qui soit légal comme les études à l’étranger… À Beni Mellal, les jeunes ont en été satisfait ?

Les témoignages que nous avons entendus, aujourd’hui, surtout des jeunes, nous ont vraiment remplis de bonheur parce qu’on a vu que ces jeunes étaient enthousiastes. Ceux et celles qui ont pris la parole ont demandé à ce que le projet soit continu et ils ont affirmé, de surcroît, que le parcours didactique les a complètement changés ainsi que leur vie et leurs relations avec les autres.

Quelles sont les contraintes liées au projet ?

Les contraintes sont purement budgétaires, car l’UE est un bailleur qui finance les projets pilotes. Mais une fois que le projet est lancé et testé et qu’il a montré son succès, il doit être approprié par une institution marocaine et intégré dans les politiques publiques. Et c’est ce que nous sommes en train de discuter avec nos partenaires marocains. En somme, nous sommes très satisfaits de la réussite du projet précité. Ainsi, nous souhaitons que d’autres jeunes en bénéficient.

P.-S.

Propos recueillis par SAID FRIX Représentant de l’ACFOI (Assemblée des Citoyens francophones pour les Organisations internationales) au Maroc.

 

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