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« NGUYEN DAC NHU-MAI - Vietnam France - Lauréate 2010 du Mot d’Or de la Francophonie pour la presse écrite »

le 11 avril 2011


Nguyen Dac Nhu-Mai

Dr. d’Etat ès Lettres et Sciences Humaines

Lauréate 2010 du Mot d’Or de la Francophonie pour la Presse écrite


le 20 février 2012

Mercatique prospective de Nucléaire sauvage, les îles du projet secret 4.1 : La puce face à l’éléphant..

Comme suite à l’impact de Fukushima (11 Mars 2011), en France, les questions nucléaires figurent parmi les préoccupations des candidats à l’élection présidentielle de mai prochain 2012. Les solutions présentées sont en cours d’évaluations par la presse, les médias et les citoyens. Alors vient à point le film documentaire réalisé par Adam Jonas Horowitz « Nucléaire sauvage, les îles du projet 4.1 » projeté à la 29e Conférence internationale du film sur l’environnement (FIFE), le 12 Février, 2012 qui a certainement bouleversé le public dans la salle. Interrogé sur les motivations qui l’ont amené à produire ce documentaire politique et culturel choc, l’ancien membre du Rainbow Warrior I de Greenpeace, a simplement répondu que tout le monde réagit selon sa conscience et qu’il est lui-même une puce face à l’éléphant essayant de mener le combat à sa manière, camera en main, et d’informer sur l’impact des essais nucléaires américains dans l’environnement et la santé humaine dans les îles Marshall.

Histoire

En effet, en Océanie, les îles Marshall en Micronésie sont situées dans le Pacifique occidental, au nord de l’équateur et à l’est des îles Carolines. Nucléaire sauvage décrit l’histoire de l’archipel localisé par les Espagnols au XVIe siècle et visité par les Anglais (y compris Marshall) au dix-huitième siècle. Connus comme navigateurs et commerçants, les habitants de ces îles ont constitué une société hiérarchisée jusqu’à l’arrivée des Allemands en 1885, qui marque le début de leur acculturation. Acquisition allemande de 1885 à 1914, puis sous mandat japonais de 1920 à 1944, les Îles Marshall sont finalement scellées par les Américains en Février 1944 et ainsi elles sont le théâtre, de 1946 à 1956, d’essais nucléaires, en particulier, connus sous les descriptions des atolls Bikini et d’Eniwetok.

Essais nucléaires

Dans les îles Marshall, les conditions de vie des habitants ont été ébranlées par les essais nucléaires américains, qui ont impacté de façon implacable sur l’environnement et la santé humaine. Les charmes naturels de ces îles sont devenus un paradis perdu, amplifié avec la situation contemporaine examinée par Adam Horowitz Jonas vingt ans plus tard. L’auteur a fait un portrait ethnographique intime et émouvant des habitants des îles du Pacifique qui luttent pour leur dignité et leur survie après des décennies d’empoisonnement par irradiations provoquées délibérément par le gouvernement américain. En se basant sur certains documents gouvernementaux, accessibles depuis peu et sur les témoignages des survivants, cette véritable enquête révèle comment les scientifiques se servent de la population comme cobayes humains pendant 30 ans afin d’étudier les effets des retombées radioactives sur l’être humain. En effet, noix de coco, fuites radioactives sur les îles de stockage des déchets nucléaires et bidonvilles surpeuplés, ce sont les résultats des 67 essais nucléaires américains effectués au cours de la Guerre Froide. Par ailleurs, la population abandonnée et décimée par une nourriture empoisonnée a appelé au secours l’équipe du Rainbow Warrior I de Greenpeace, en 1990 venue les évacuer vers une île voisine. Néanmoins, l’essai a montré qu’un groupe aéronaval, avec en son centre un porte-avions équipé, ne peut pas résister à une attaque nucléaire aussi puissante que les bombes larguées sur le Japon en 1945. Le porte-avions directement touché par la bombe a été brisé en deux et a coulé environ une heure plus tard. Les navires d’escorte pour la plupart ont chaviré. Le groupe de combat a été détruit.

À l’époque, les îles Marshall, y compris Bikini, étaient sous tutelle des Nations Unies et le territoire sous administration américaine. Un an avant que les îles soient devenues territoire sous tutelle, la Marine des États-Unis a demandé aux insulaires d’utiliser leurs terres à des essais nucléaires. Bien qu’il soit censé être un accord temporaire, il s’est avéré être « permanent ». En outre, les scientifiques américains ont continué de tester avec l’opération Bravo le 1er Mars 1954. La décision d’aller de l’avant avec l’essai sachant que les vents soufflaient en direction des atolls habités, a été essentiellement une décision d’irradier le nord des îles Marshall, et d’ailleurs, pour irradier les personnes qui y vivaient encore. En fait, tôt le matin du 1er Mars 1954, la bombe à hydrogène, sous le nom de code Castle Bravo, a explosé sur la surface du récif dans le coin nord-ouest de l’atoll de Bikini. La zone a été éclairée par un énorme éclair et l’expansion de la lumière devenant aveuglante. Une boule de feu qui fait rage de la chaleur intense mesurée dans les millions de degrés tournés vers le ciel à une vitesse de 300 miles à l’heure. En quelques minutes, le nuage monstrueux, rempli de débris nucléaires, a grimpé de plus de 20 miles et a généré des centaines de vents par heure. Ces rafales de feu ont fustigé les îles environnantes et dépouillé les branches et les noix de coco des arbres. Joint Task Force, la flotte stationnée environ 40 miles à l’est et au sud de Bikini dans des positions permettant de surveiller l’essai, a détecté le mouvement du nuage radioactif de l’explosion de 15 mégatonnes vers l’est. Les Américains ont enregistré une augmentation constante des niveaux de rayonnement qui est devenu si élevé que tous les hommes ont reçu l’ordre de se mettre sous les ponts et les trappes et les portes étanches ont été scellées. Des millions de tonnes de sable, du corail, la vie végétale et marine du récif de Bikini, ont été à détruits à partir de ces trois îles.

Le projet 4.1

Comme résultats des 67 essais nucléaires dans les îles Marshall, y compris le plus grand essai nucléaire jamais réalisé aux Etats-Unis, Castle Bravo, en 1956, la Commission de l’énergie atomique a considéré les Îles Marshall comme « de loin l’endroit le plus contaminé dans le monde". Des revendications nucléaires entre les États-Unis et les îles Marshall sont en cours. Les conséquences de ces essais nucléaires sur la santé humaine se prolongent. Le Projet 4.1 était une étude médicale menée par les Etats-Unis sur ces résidents de Bikini exposés aux retombées radioactives. De 1956 à août 1998, au moins $ 759 000 000 ont été accordés aux habitants des îles Marshall en compensation de leur exposition directe aux essais nucléaires américains. En 1979, le gouvernement des îles Marshall a été officiellement mis en place et le pays est devenu autonome. En 1986, l’Accord de libre association avec les États-Unis est entré en vigueur, accordant à la République des Îles Marshall (RMI) sa souveraineté. Le Pacte prévoyait des aides et la défense des îles par les États-Unis en échange de l’utilisation militaire continue de la gamme des essais de missiles à l’atoll de Kwajalein. La procédure d’indépendance a été officiellement achevée en vertu du droit international en 1990. Lorsque l’ONU a officiellement pris fin concernant le statut de tutelle, une importante base de défense antimissile américaine est à l’œuvre et les États-Unis et les îles Marshall ont récemment accepté de prolonger la durée du bail pour la base américaine jusqu’à 2066.

Vérité sur Bikini et l’accès aux soins de santé pour les citoyens de Compact

Toutefois, le gouvernement américain et les insulaires ont été à couteaux tirés sur la « vérité sur Bikini ». En 2009, l’Etat de Hawaï, sous l’administration de l’ancien gouverneur Lingle Linda, a tenté de restreindre l’accès aux soins de santé pour les citoyens de Compact en les éliminant de Hawai à partir de QUEST, l’état de plan de couverture complète « Medicaid ». Les Résidents COFA étaient plutôt soumis à une base de santé Hawai, (BHH) qui est un plan d’accès de santé limité aux soins en vertu desquels « les services de transport sont exclus et les patients peuvent recevoir pas plus de dix jours de soins hospitaliers médicalement nécessaires par an, douze consultations externes par an, et un maximum de quatre ordonnances de médicaments par mois calendaire. Le BHH couvre les traitements de dialyse comme un service médical d’urgence seulement, et environ les dix à douze patients dialysés avec ordonnance des médicaments à prendre par mois ne sont pas entièrement couverts. Le BHH incite les patients atteints de cancer à réduire leurs visites aux médecins désignés dans un délai de deux à trois mois. »Notant qu’une telle politique constituait une discrimination illégale susceptible d’être en violation de la clause d’égale protection, le tribunal fédéral présidé par le juge John Michael Seabright a émis une injonction préliminaire contre l’utilisation de la base de santé d’Hawai. En concluant une forte probabilité d’un préjudice irréparable, le juge Seabright a pris note de la « preuve convaincante que la couverture limitée de BHH est à l’origine du renoncement des résidents COFA à un traitement beaucoup plus nécessaire, car ils ne peuvent pas se le permettre autrement." En conséquence de ce verdict, le gouverneur Neil Abercrombie a indiqué qu’il peut porter l’appel de l’injonction de l’État à la Cour d’appel des États-Unis pour le neuvième circuit.

Mercatique prospective de Nucléaire Sauvage

Le film documentaire a également souligné que sur la base de l’Accord de libre association avec les Etats-Unis depuis 1986, les États-Unis ont payé une indemnité pour les habitants de Bikini, Rongelap, d’Enewetak et atolls Utirik, auxquels ils ont causé des dommages directs par le biais d’essais nucléaires. Mais il y a encore de plus en plus de victimes qui réclament des compensations.

En 2012, il semble que leurs luttes rejoignent celles des victimes de l’Agent orange / dioxine de la Guerre du Vietnam dont le film documentaire « Vivre le printemps silencieux » par Masako Sakata a été également projeté dans la même journée au FIFE.

Désormais Greenpeace et les mobilisations internationales ont de bonnes raisons pour soutenir les victimes des essais nucléaires américains dans les Iles Marshall, et celles de l’Agent orange/dioxine au Vietnam.

Le 14 février 2012 Nucléaire sauvage en recevant le Prix du Jury du Festival international du film environnement 2012 deviendrait le messager précieux pour informer, éduquer et sensibiliser le plus grand nombre aux risques environnementaux qui pèsent sur notre planète. Qu’ils soient nucléaires ou issus de la guerre chimique, les impacts sont catastrophiques sur l’environnement et la santé humaine dans les Iles Marshall, au Vietnam, aux Etats-Unis et dans les pays alliés des Etats-Unis pendant la guerre du Vietnam.

La puce face à l’éléphant n’est plus isolée, mais associée à une multitude de puces en quête de dignité humaine sur la route de la Justice. A force d’être piqué par la « politique des esprits » l’éléphant finira par succomber sous le poids de ses crimes polluants et prémédités.


le 12 décembre 2011

Fr, An

Réflexions sur la pauvreté en Corée du Sud, au Vietnam et au Sénégal.

Un autre monde autrement au Sud est à décider en urgence - au delà des récents Forum de Busan, Séoul et Suwon ? (1)

Les estimations nationales du pourcentage de la population située en dessous du seuil de pauvreté sont basées sur des enquêtes de sous-groupes, avec des résultats pondérés par le nombre de personnes dans chaque groupe. De ce fait, la définition de la pauvreté varie considérablement entre les nations. Par exemple, les pays riches emploient généralement des normes plus généreuses de la pauvreté que les pays pauvres. Quel impact de la pauvreté sur le développement durable et solidaire en Corée du Sud, au Vietnam et au Sénégal au de-là des récents Forum de Busan, Séoul et Suwon ?

POUR LA CORÉE DU SUD (population estimée à 49.039 833 en 2011) la précarité est présente à la Gare centrale de Séoul.

Il existe une répartition inégale des revenus entre riches et pauvres. Le nombre croissant de personnes pauvres de manière démesurée a été signalée et parmi elles, les personnes âgées qui sont trois fois plus susceptibles d’être pauvres. Ceci est préoccupant car le faible taux de natalité explique le vieillissement de la Corée du Sud plus rapidement que tout autre en Asie. En 2050, il y aura 7 personnes âgées de 65 ans pour 10 adultes d’âge actif. Le déséquilibre de la pauvreté chez des personnes âgées aurait un grand impact sur les questions sociales pour les politiques visant à favoriser la croissance. Dans les pays du Nord les personnes entre 66 et 75 ne sont pas plus susceptibles d’être pauvres que la population dans son ensemble.

Il est difficile de résister à la tendance à l’inégalité car un autre facteur fondamental du modèle économique de la Corée du Sud concerne les recettes fiscales globales équivalentes à 26% du PIB. Les impôts sur le travail sont particulièrement faibles, un choix visant à stimuler le travail et les investissements étrangers. En conséquence, les dépenses sociales sont faibles (11%) ; les dépenses publiques sur les prestations familiales sont déficientes (moins d’un quart de la moyenne des pays riches) et le système de prélèvements et de prestations est le pire pour réduire les inégalités et la pauvreté. En Corée du Sud le système des avantages fiscaux restreint la pauvreté que de 18% (par rapport à ce qu’elle aurait été sans les avantages) tandis que la Suède avec les avantages fiscaux abaisse son taux de pauvreté de 80%. Présentement, les pauvres et la précarité s’étalent à la gare centrale de Séoul par suite des délocalisations des grandes entreprises vers des pays tiers et du chômage des jeunes peu diplômés.

L’évolution démographique suggère aussi la prudence dans l’expansion de la sécurité sociale (pas trop rapide ou trop éloignée) parce qu’elle serait utilisée de plus en plus au cours des décennies à venir. Présentement la Corée du Sud subit au quotidien les pressions de la rue à cause du vote pour la ratification coréenne-américaine de l’Accord de libre-échange (ALE) par l’Assemblée nationale. L’ALE USA-Corée, est connu pour être l’accord commercial le plus important des relations bilatérales depuis la conclusion de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Il se trouve que les travailleurs, les organisations sociales et les participants internationaux du 3ème Forum international coréen à Séoul ont fait une conférence de presse et s’est jointe à la marche de protestation nationale le 3 Décembre, 2011 contre l’ALE (2). Cet accord est-il un chemin vers la prospérité économique ou une fausse promesse ? Pour assurer un développement durable dans le pays la préservation de l’agriculture locale et les droits des travailleurs sont primordiaux, le pays ayant besoin de changements profonds dans l’ensemble du système de production et de consommation (produits nationaux) afin d’assurer des droits égaux à tous en particulier pour le travail, la protection sociale, le logement, la santé et l’éducation. Ainsi, l’ALE semble mettre en danger l’économie nationale (industrie et agriculture) sur les choix judicieux pour le développement de la Corée du Sud. En conséquence, les Coréens arborent l’espoir que la situation économique, sociale et politique va se modifier dans un proche avenir avec des changements et des transformations en 2012 propulsés par l’arrivée de la Nouvelle Coalition progressiste.

POUR LE VIETNAM (population estimée à 90,5 millions en 2011) les victimes vietnamiennes de l’Agent orange/dioxine sont les plus pauvres parmi les pauvres. Or, les programmes nationaux et les politiques d’aide au profit des pauvres ont été mis en œuvre en priorité que pour les chômeurs et les précaires. Selon les statistiques, il y a près de 1,3 million de personnes bénéficiant de la politique d’aide de l’État. Le Vietnam verse des indemnités de chômage aux travailleurs quand ils ont quitté ou perdu leur emploi.

En faveur de l’écotourisme (tourisme vert), le gouvernement recommande aux régions des politiques de soutien aux travailleurs sans emploi dans les secteurs industriel et tertiaire. Il porte une attention particulière aux travailleurs ruraux de retour dans leur ville d’origine quittant ainsi les zones industrielles et les usines des grandes villes et désirant participer à la création de l’éco-tourisme dans les régions éloignées et montagneuses. Concernant ce programme il y a 36 projets élaborés pour aider les populations rurales et mis au point en 2011, y compris la politique d’assurance agricole et la construction de protection sociale pour les personnes pauvres dans les zones rurales.

À la fin de 2008, le taux de foyers pauvres au Vietnam est d’environ 13%, une réduction de 1,66% par rapport à 2007. Cependant, le pays n’a pas atteint son objectif de 12% en raison de calamités naturelles et de l’inflation en 2010. Avec des politiques spécifiques de protection sociale et des projets éco-touristiques, il est à espérer que le taux des ménages pauvres va tomber à 10% d’ici fin 2011. D’autre part, le Vietnam a une forte cohésion sociale impactant sur le développement durable. Toutefois, les compensations financières réclamées par les victimes de l’Agent orange/dioxine et la décontamination de l’environnement détruit pendant la guerre du Vietnam par l’aviation américaine avec l’aspersion de la dioxine pourraient se révéler comme des handicaps majeurs de la coopération bilatérale entre le Vietnam et les États-Unis d’Amérique. Tant que les entreprises chimiques américaines (entre autres, Monsanto et Dow Chemical) et le gouvernement américain restent sourds aux revendications justes des victimes vietnamiennes de l’Agent orange/dioxine, la mobilisation nationale et internationale se multiplie aux quatre coins du monde pour les soutenir.

POUR LE SÉNÉGAL (environ 1,9 millions de personnes en 2010), les mouvements et associations des femmes se mobilisent contre la faim et la précarité. Or, l’Organisation des Nations Unies pour le développement (PNUD) qui groupe les pays selon leur score d’indice de développement humain (IDH), classe le Sénégal 155e sur 174 pays en 1998. L’IDH est un indice composite qui examine les chiffres spécifiques sur l’éducation, la santé et le niveau de vie. Le faible classement du Sénégal reflète le développement fragile du pays dans ces domaines, conformément à sa pauvreté en général. Les Sénégalais dépensant leur argent sur l’obtention des nécessités de la vie (comme la nourriture estimée à 52% en moyenne pour la consommation des ménages sénégalais) sont vulnérables aux augmentations des prix des aliments de base. Parce que la nourriture est la plus haute priorité, peu d’argent reste pour payer d’autres nécessités comme les vêtements, le logement et l’éducation. Les pauvres constituent la majorité de la population urbaine et vivent dans des quartiers délabrés ou dans des bidonvilles improvisés jetés ensemble sur un terrain gratuit. Comme le Sénégal est connu comme une nation africaine située entre l’Islam et l’Occident, l’élite est à prédominance masculine, urbaine, instruite, politiquement connectée et pouvant se permettre un niveau de vie de style européen alors que dans les zones rurales, des religieux musulmans, connus sous le nom de marabouts, forment une élite agricole riche. Par ailleurs, le niveau de vie en général a connu un ralentissement avec la chute de la croissance économique à 1,7% en 2009. Il a récupéré à 2,7% en 2010 et devrait atteindre 4% en 2011-2012.

Perspectives et enjeux post forum : penchant naturel pour une solidarité et une coopération durable et équitable Sud-Sud.

Lors des débats des Forum en Corée du Sud, à Busan (efficacité des aides internationales - 26-28 novembre 2011), à Séoul (3è Forum international de Corée - 28 novembre -2 décembre 2011) et à Suwon (organisé par la Confédération des Syndicats des Travailleurs -1-4 décembre 2011) les participants nationaux et internationaux ont souligné les points importants de la pauvreté dans la plupart des pays en Afrique, en Asie et en Amérique Latine ainsi que dans la Zone euro où les femmes migrantes ont eu des grandes difficultés à obtenir des permis de séjour et de travail à travers les législations nationales européennes. Des alternatives pour un monde autrement au Sud est à décider en urgence, ont été argumentées au Forum de Busan sur l’efficacité des aides. Alors, l’éradication de la pauvreté par l’écotourisme serait- elle l’alternative à proposer pour les pays pauvres qui ont renforcé le tourisme vert ouvrant de grandes perspectives économiques attrayantes ?

Le commerce et les investissements auraient-ils un impact sur la réduction de la pauvreté au Sud comme au Nord ? Or, ils contribuent à accroître le fossé entre pauvres et riches et à long terme, conduisent à un manque de justice et aux nombreuses illégalités concernant les droits humains. Alors la finance internationale serait-elle sous contrôle ? alors qu’il s’agit des crises économiques engendrant des crises de civilisations. Au Forum de Busan, il a été aussi question de la coopération Sud-Sud comme un penchant naturel à l’échange de ressources naturelles et de savoir faire entre les pays du Sud pour éviter le déclenchement des prêts à des taux exorbitants en provenance des pays du Nord. Selon un rapport des ONG du Cambodge, un tel cercle fiable de financement à long terme assure la participation des organisations de la société civile dans le développement des processus décisionnels et la réglementation pour qu’elles puissent fonctionner sans ingérence de leurs gouvernements (3).

Actuellement l’Accord de libre-échange semble être une réponse faussée et non adaptée car aux détriments des choix de développement économique, social, culturel et politique des pays du Sud. Par contre, selon M. Samir Amin, président du Forum mondial des alternatives (FMA-Dakar, Février 2011), les trois principales dimensions de l’enjeu pour le Sud sont la démocratie, la question agraire et l’environnement. Toutefois, les participants des Forum ont noté que la croissance des pays émergents ne pourrait être à elle seule le moteur de la croissance mondiale. Ni la recrudescence économique de la Corée du Sud, celle des Quatre dragons de l’Asie (Hong Kong, Taïwan, Singapour et Corée du Sud), d’où la solidarité pour un "monde autrement des pays du Sud est à décider en urgence par eux-mêmes et pour eux-mêmes.

Notes :

(1) Comité organisateur des forum (Organizing Committee Office Info) : - e-mail : coreaparisfestival@gmail.com - telephone : +33 (0)3 44 60 23 30. Photos sur la toile de Official Homepage : www.parisforum21.org

(2) Voir conférence de presse des participants internationaux lors de la marche de protestation du 3/12/2011 versus l’Accord de Libre Echange USA-Corée du Sud.

(3) Voir : Busan et au delà. Rapport des ONG du Cambodge, Septembre 2011.(Busan and beyond. Accountability and an enabling environment for non-governmental organisations in Cambodia)

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Manifestation des portes-parole
Ph : aimablement prêtée par les organisateurs

Reflections on poverty in South Korea, Vietnam and Senegal :

Is another world possible beyond recent International Forum in Busan, Seoul and Suwon ?

National estimates of the percentage of the population lying below the poverty line are based on surveys of sub-groups, with the results weighted by the number of people in each group. Definitions of poverty vary considerably among contries. For example, rich countries generally employ more generous standards of poverty than the poor ones. Are the following reflections on poverty in South Korea, Vietnam and Senegal having a political impact beyond the recent Forum in South Korea ?

FOR SOUTH KOREA (population : 48,846,823 , July 2006). Unequal distribution of income between the richest and poorest tenth. South Korea’s distribution of income is changing. Worse, the growing number of poor people is disproportionately elderly. They are 3 times as likely to be poor. This is all the more worrying because the low birth rate means the country is ageing more rapidly than any other Asian country.

By 2050, there will be 7 per-65s for every 10 working-age adults. Disproportionated old-age poverty would have a huge impact on the social backing for policies designed to foster growth. South Korea’s equitable income distribution used to provide a sense that society as a whole was benefiting from breakneck catch-up. Furthermore, in European countries people between 66 and 75 years old are no more likely to be poor than the population as a whole.

It is difficult to resist the trend towards inequality because of another basic feature of South Korea’s economic model concerns total tax revenues which are just 26% of GDP. Taxes are especially low on labour, a choice designed to raise work and foreign investment. But as a result, social spending is low (11%) ; public spending on family benefits is exceptionally low (less than a quarter of the rich-country average) ; and the tax-benefit system is the worst at reducing inequality and poverty. South Korea’s tax-benefit system reduces poverty by only 18% (compared with what it would have been without the benefits) while Sweden’s tax-benefit system cuts its poverty rate by 80%. Its changing demography also suggests warning in expanding the social safety not too fast or far, as it will be used ever more over the decades to come. Now the situation is getting on more social troubles due to passage vote for the Ratification of the Korean-U.S. Free Trade Agreement (FTA) by the National Assembly. The U.S.-Korea FTA, is known to be the most significant bilateral trade agreement since the conclusion of the North America Free Trade Agreement (NAFTA). Both governments have promoted the U.S.-Korea FTA as the trade agreement that will improve trade between the two countries and contribute to the growth of economic prosperity. But it occurs that workers, social organisations and participants of The 3rd Corean International Forum in Seoul have made a marche of protest on December 3rd, 2011 versus the FTA. Is that a Path to Economic Prosperity or False Promise (1) ? To ensure sustainable development in South Korea, preserving local agriculture and workers’ rights, the country needs profound changes in the whole system of production and consumption (national products) ensuring equal rights to everyone concerning work and social achievements (welfare, education, lodging). Hence, the FTA seems to endanger the national economy (industry and agriculture) on rational choices from the public debates during The 3rd Corean International Forum (29 November-2 December 2011). So, it is great hope that the situation of the poor will adjust in the near future as changes and transformations 2012 come along with the recent arrival of the New Progressive Coalition Party.

FOR VIETNAM. With an estimated 90.5 million inhabitants as of 2011, Vietnam is the world’s 13th-most-populous country and the eighth in Asia. National programmes into practices. The poor benefit state’s assistance policies. According to the Ministry of Labour, War Invalids and Social Affairs report, there are nearly 1.3 million people benefitting from the state’s assistance policy. Vietnam is paying allowances to workers when they quit or lose their jobs.

In favor of ecotourism (green tourism), the ministry has recommended some policies to support unemployed workers in the industrial and service sectors. It will pay special attention to rural workers returning to their home towns from industrial zones and factories in big cities by creating ecotourism in remote and montainous regions (for example Sapa and Kontum). Thus, under this programme, 36 projects will be designed to help rural people and most of them will be worked out in 2011, including the agricultural insurance policy and the project to build a social welfare system for people in rural areas.

By the end of 2008, the rate of poor households in Vietnam was around 13%, a reduction of 1.66% compared to 2007. However, the country failed to achieve its target of 12% due to natural calamities and inflation in 2010. With specific social welfare policies and ecotourist projects, it is hoped that the rate of poor households will fall to 10% by end of 2011. On the other hand, Vietnam has strong social cohesion as to impact into the sustainable development. But the financial compensations claimed by the Vietnamese victims of Agent orange/dioxin (the poorest among the poors) and the decontamination of environment destroyed during the Vietnam War by American Forces will be handicapped for the bilateral cooperation between Vietnam and the United States of America (2). Untill they get compensations, the national and international mobilisations for supporting Vietnamese victims of Agent orange/dioxin will continue in all over the world (3).

FOR SENEGAL the population is around 12,9 millions of people in 2010. The United Nations Development Programme (UNDP), which classifies countries according to their human development index score (HDI), ranked Senegal 155th out of 174 countries in 1998. The HDI is a composite index that examines specific figures on education, health, and standard of living. Senegal’s low ranking reflects the country’s low development in these areas, consistent with its overall poverty. The people of Senegal spend much of their money on getting the necessities of life, such as food. It is estimated that food averages 52 percent of Senegalese household consumption. For this reason, the Senegalese are vulnerable to increases in the price of basic foods. Because food is the highest priority, little money is left over to pay for other necessities such as clothes, shelter and education. The poor make up most of the urban population and live in run-down areas or makeshift shanty towns thrown together on land that is not paid for.

Saving to escape the conditions of poverty is not an option, since the poor must spend all their money to survive. As Senegal is focused as an African Nation Between Islam and the West, the elite group is predominantly male, urban, highly educated, politically connected, and able to afford European-style living standards and in the rural areas, Muslim clerics, known as marabouts, make up a wealthy agricultural elite. It is noted that structural adjustment plans have increased the inequality between the Senegalese elite and the masses. While the standard of living for the poor has declined, the nation’s wealthy continue to change as it has experienced a slowdown in economic growth fell to 1.7% in 2009. It recovered to 2.7% in 2010 and is expected to reach 4% in 2011. Opportunities and Challenges beyond Busan, Seoul and Suwon Forum

In public debates during the Busan Forum (Effectiveness of international aid - 26-28November 2011), Seoul (The 3rd Corean International Forum - 28 November-2 December 2011) and Suwon (organised by the Confederation of Dermocratic Trade Unions and Activists in civil organisations - 1-4 December 2011) national and international participants emphasized the important points of poverty in most countries of Africa, Asia and Latin America as well as in the Euro area where Migrant Women have major difficulties in obtaining residence and work permits through the national legislation in Europe (4). Alternatives for another world are possible and have been argued also beyond the contributions to international debates in Instanbul 2010 and Siem Reap in 2011.

Moreover, the regulation of finance marked progress especially in Vietnam but much remains to be done. So would international finance be under control ? while it is discussed that economic crises lead to crises of civilizations in all the world. It was also discussed on the development of South-South cooperation as a response to the exchange of natural resources and the know-how to avoid switching on loans at excessive rates in the North. Such an environment ensures participation of civil society organisations in development decision-making processes and regulations to operate without government interference in reliable long term funding. (5)

Would eradication of poverty by ecotourism be the alternative for Asian, African and Latin America peoples since Green tourism gets more and more atractive opportunities ? Would trade and investments affect poverty reduction ? Presently they contribute to increase the gap between poor and rich. In the long term this wide separation leads to lack of justice and many inherent situations as regards human rights.

Actually Free Trade Agreement seems to be an uncomfortable answer to the detriment of environment, biodiversity and sustainable development choices from the public debates. In the other hand, according to Mr. Samir Amin, President of World Forum for Alternatives (WFA- Dakar February 2011), the three major dimensions of the challenge for the South are : Democracy (or democratisation associated with social progress), the Agrarian question (access to land to all peasants of the South) and the Environment (the socialist perspective of use value ? the ecological question and so-called sustainable development) (6).

In addition, Forum participants noted that growth in emerging markets may be in itself the engine of global growth. Neither the increase be in South Korea, one of the four dragons of Asia (Hong Kong, Taiwan, Singapore and South Korea).

Notes

(1) Y.S. Lee, Director and Professorial Fellow of the Law and Development Institute : Korea Free Trade Agreement : Path to economic prosperity or false promise. An earlier version of this article was published in the Journal of World Trade, Vol. 41, No. 5 (October 2007), 1091-1123.

(2) See Vietnam Agent Orange Campaign | Home nov. 2005 ... INTERNATIONAL SUPPORT FOR VICTIMS OF AGENT ORANGE ! http://www.vn-agentorange.org/nov06...

Agent of death 23 Sep 2011 ... The Second International Conference, in its appeal (www.vava.org.vn), called upon the U.S. administration and U.S. companies such as Dow ... www.frontlineonnet.com/fl281...

(3) Biotech Giant Voted Worst Company of 2011 for Threatening Health, Environment. SOURCE NaturalSociety 2011 PR Newswire. PRESS RELEASE Dec. 6, 2011, 2:10 p.m. EST

(4) Nguyen dac Nhu-Mai : Migrant Women in contemporary French Legislation in The 3rd Corean international Forum, pp..82-85, 2011

(5) See : Busan and Beyond, from non-governmental organisations in Cambodia as regards the Accra Agenda for Action, September 2011

(6) Samir Amin in The 3rd Corean international Forum ; pp 6-12, 2011


le 26 novembre 2011

REMUE MÉNINGES DE LA FISCALITÉ AU VIETNAM ET EN FRANCE

Organisé par l’Association Vietnamienne de Scientifiques et d’Experts (AVSE) à Paris le 19 novembre 2011 ce séminaire d’actualité a réuni une cinquantaine de personnes intéressées à la question de la fiscalité au Vietnam et en France. Présentée par deux spécialités la fiscalité devient plus accessible, et son impact au Vietnam et en France nous semble plus comptable.

Loin de comparer les deux systèmes fiscaux mais pour nous permettre de mieux saisir leurs méandres, nous n’en soulignons que les points essentiels concernant la fiscalité des personnes physiques (nationaux et étrangers résidents au Vietnam) et les taxes dans les deux pays afin d’aviser leurs perspectives.

AU VIETNAM

Un panorama du système fiscal vietnamien a été présenté, comprenant l’impôt sur les bénéfices, l’impôt sur le revenu, la taxe sur le chiffre d’affaires, les droits à l’importation et à l’exportation, le droit d’accise, la taxe sur le foncier non bâti, la taxe sur l’exportation de ressources naturelles, la taxe sur l’usage de la terre agricole et les droits et redevances. L’Assemblée Nationale IX a voté la loi des finances le 20 mars 1996.

Sur la base de cette loi des finances, les lois fiscales sont amendées en particulier, la loi d’impôt sur les bénéfices, remplacée par la loi d’impôt sur les sociétés ; la loi de la taxe sur le chiffre d’affaires par celle de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ainsi que la promulgation de la taxe sur le transfert du droit d’utilisation du terrain.

Impôt sur les revenus

L’année fiscale commence le 1er janvier et se termine le 31 décembre. L’impôt sur le revenu est retenu à la source par l’employeur pour le compte de l’employé (à opposer au régime de la déclaration spontanée applicable en France et pouvant être faite en ligne). Au terme de l’année (soit, en l’état, avant le 28 février de l’année suivante), une déclaration de régularisation doit être effectuée (permettant de déterminer le taux effectivement applicable au revenu annuel global). Les revenus exceptionnels sont imposables à leur date de perception. Concernant l’assiette de l’impôt, le montant mensuel imposable correspond à la totalité du revenu global. Les avantages en nature sont généralement imposés à l’exception de certaines catégories spécifiées dans l’ordonnance sur la fiscalité des revenus les plus élevés (l’imposition sur les logements de fonction est calculée en fonction du loyer réellement payé par l’employeur et ne doit pas excéder 15% du revenu imposable global).

Concernant les personnes physiques, le taux d’imposition varie de 5 à 35% . Les déductions et les crédits d’impôt dépendent du statut de la famille (déductions des dons caritatifs)

Concernant les résidents étrangers . Les non-résidents sont soumis à un impôt sur le revenu fixe de 20%. Les impôts sur le revenu pour les étrangers résidents varient de 0 à 40% . Les taux d’imposition applicables aux étrangers résidant au Vietnam sont progressifs (différent de celui applicable aux Vietnamiens). Depuis le 1er juillet 2004, les expatriés bénéficient de la suppression du taux maximal de 50% ramené à 40%).

Concernant l’impôt sur le revenu des individus, le ministère des Finances avance une exemption d’impôt du 1er août 2011 au 31 décembre 2012 sur les revenus tirés des investissements sur le marché immobilier. Par ailleurs, le ministère propose une exemption des transactions en bourse des individus pour stabiliser ce marché. 

Les taxes vietnamiennes

Les produits exportés ou importés par les entreprises à capitaux étrangers sont soumis aux droits de douanes prévus par la « Loi sur les droits d’exportation et d’importation » sauf s’ils sont incorporés à leurs actifs immobilisés. Depuis le 1er janvier 2004, il existe trois taux de TVA au Vietnam : 0 %, 5 %, 10 %. Le taux général de 10 % concerne tous les biens et services, notamment les produits pétroliers et l’électricité. 26 catégories de produits ne sont pas assujetties à la TVA. Les sols, sous-sols, ressources minières, forestières et maritimes sont la propriété de l’État et ne peuvent être exploités qu’en contrepartie d’une redevance (Droit d’usage).

Depuis le 1er janvier 1999 un certain nombre de biens et services sont assujettis à une taxe spéciale à la consommation. Le taux de cette taxe est amené à diminuer sur certaines catégories de produits en fonction des engagements pris par le Vietnam à l’OMC (entrée depuis 2007). Les taxes sur les sociétés. Le taux général sur les sociétés est de 25%. Il peut être différent selon le type de société. Les plus-values sont taxées comme un revenu ordinaire, au taux de 25%. Des déductions sont possibles en cas d’investissements préférentiels, de relocalisation d’usine, de modernisation de technologies ou de chaînes de montage, amortissement, pertes nettes d’exploitation, paiements faits aux filiales étrangères et les taxes spéciale sur les ventes.

La loi sur l’impôt sur les sociétés est entrée en vigueur au 1er janvier 1999. Elle a été complétée par la circulaire 134-2007-TT-BTC qui a été applicable pour l’exercice fiscal 2007. Depuis la loi du 17 juin 2003, il est prévu l’application d’un taux unique de 28% (il était auparavant de 32% pour les entreprises vietnamiennes et de 25% pour les entreprises étrangères). Cette mesure a été prise dans le cadre de l’entrée du Vietnam à l’OMC et du respect des principes de traitement national et de non-discrimination des investisseurs. Les projets d’investissement de création d’établissement de production dans des secteurs où l’investissement est encouragé bénéficient, sous certaines conditions, de taux réduits de 10%, 15% ou 20%. La loi du 17 juin 2003, entrée en vigueur le 1er janvier 2004 a supprimé l’imposition sur le rapatriement des dividendes.

Soutien du Vietnam au développement durable

En vue de mieux soutenir le développement durable (1) durant l’exercice 2011-2012 pour les entreprises locales et étrangères, le Vietnam propose « d’élargir le champ d’application de report des échéances de l’exercice 2011 à de nombreuses entreprises, à savoir notamment celles de la transformation de produits agricoles, aquacoles et sylvicoles, du textile et de l’habillement, des chaussures, des appareils électroniques, de la construction d’infrastructures, sous la condition d’une masse salariale de 300 employés. Il propose également de diminuer de 50% la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ainsi qu’un abattement de 50% de l’impôt sur le revenu le 2e semestre au profit des foyers ou individus louant ou ayant en pension des ouvriers ou des étudiants. Par ailleurs, ces mêmes contribuables mais ayant pour activité la garde d’enfants ou la fourniture de repas aux ouvriers conserveront les taux d’imposition de fin 2010 ». 

EN FRANCE

Impôts et taxes

L’impôt constitue un prélèvement obligatoire effectué par voie d’autorité par l’État et les administrations territoriales sur les ressources des personnes résidentes (c’est-à-dire vivant sur leur territoire ou y possédant des intérêts) pour être affecté aux services d’utilité publique. La taxe est un prélèvement assorti d’une contrepartie, c’est-à-dire l’utilisation d’un service ou ouvrage public. Toutefois, cette contrepartie reste secondaire dans sa définition, ce qui la distingue de la redevance. Ainsi, et d’une part, il ne peut exister aucune proportionnalité entre la somme réclamée et le service rendu. D’autre part, la taxe est exigible même si le redevable ne fait aucune utilisation du service rendu.

Les impôts et les taxes relèvent des « impositions de toutes natures » mentionnées à l’article 34 de la Constitution française. Le champ fiscal est perçu comme l’ensemble de tous les impôts, droits ou taxes qui relèvent de l’article 34 et donc de la compétence législative. La jurisprudence du Conseil Constitutionnel joue un rôle important dans la définition de ce champ. Par exception, les taxes peuvent être éventuellement perçues au profit de personnes privées chargées d’une mission de service public.

L’impôt sur les revenus communément appelé l’IR concerne la fiscalité sur les revenus des personnes physiques (gain, salaire). Les divers impôts concernent l’impôt sur le patrimoine (ISF représente 1 à 2% des recettes fiscales) ; la taxe foncière (impôts locaux) est perçue par les administrations territoriales ; les droits mutations (succession, donation), les prélèvement sociaux (CSG 8,7%), taxe sur les produits pétroliers (TIPP). La taxe sur la valeur ajoutée (TVA), créée en 1954, est une invention française appliquée aujourd’hui dans près de trente pays en Europe. C’est un impôt indirect proportionnel, calculé sur le prix de vente hors taxes de tous les biens et services. Les exportations sont exonérées de la TVA française mais subissent la TVA du pays de destination. La banque, les activités médicales ou le secteur associatif sont exonérés de TVA mais sont soumis, en contrepartie, à la taxe sur les salaires. Le taux normal de la TVA est de 19,6 % depuis avril 2000, ensuite il existe des taux réduits à 5,5 %, notamment sur certains produits alimentaires, les transports, les cantines scolaires, les livres, les abonnements d’électricité et de gaz mais aussi, depuis septembre 1999, sur les travaux de rénovation et d’entretien des logements et, depuis le 1er juillet 2009, sur la restauration en métropole ; à 2,1 % notamment sur les médicaments remboursés et la presse. Des taux réduits particuliers s’appliquent dans les départements d’outre-mer et en Corse.

Coordonnées des centres d’information fiscale

Convention fiscale franco vietnamienne signée le 10 février 1993 a pour but d’éviter les doubles impositions et de prévenir l’évasion et la fraude fiscale en matière d’impôts sur le revenu et sur la fortune. La notion de résidence est importante en matière de fiscalité sur les personnes physiques.

  • sont considérés comme résidents, les étrangers qui justifient d’un séjour égal ou supérieur à 183 jours au Vietnam dans une période de 12 mois à compter de leur première entrée dans le pays.
  • sont considérés comme non-résidents, les étrangers séjournant sur le territoire vietnamien moins de 183 jours pendant une période de 12 mois consécutifs. Par contre, le taux d’imposition pour un étranger séjournant au Vietnam de 30 à 182 jours est passé de 10% à 25% depuis le 1er juillet 2001. Pour le Vietnam, la fiscalité a été revalorisée avec l’intégration à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2007. Immédiatement après son entrée à l’OMC, le pays a réduit les droits tarifaires sur près de 1.800 catégories de produits, notamment les textiles, la bijouterie, les chaussures et les automobiles. Dans le cadre de ses obligations de nouveau membre, le Vietnam est tenu de supprimer certaines subventions et d’autres obstacles au commerce international. En échange, les autres Membres de l’OMC ouvriront leurs économies aux importations vietnamiennes et le Vietnam aura recours aux lois et aux institutions de l’OMC pour régler les différends commerciaux. En outre, dans le contexte de crise économique et financière mondiale, les exportations des produits phares « made in Vietnam » ont connu une croissance encourageante. Le pays a réussi à étendre ses relations économiques avec ses partenaires dont les marchés représentent à eux seuls plus de 70% de la valeur des exportations nationales. Toutefois, le Vietnam devra encore faire d’énormes progrès dans le développement de ses infrastructures et de ses ressources humaines.

Pour la France, le projet de loi de finances pour 2012 a été présenté en Conseil des ministres le 28 septembre 2011. Parmi les mesures concernant les particuliers, le texte prévoit : l’instauration d’une contribution exceptionnelle sur les très hauts revenus, nouvelle réduction des niches fiscales (investissements dans l’immobilier de loisirs ou en Outre-mer par exemple), l’aménagement de la réduction d’impôt sur le revenu en faveur de l’investissement locatif (dispositif Scellier), la création d’une taxe pour les personnes proposant des loyers excessifs (notamment des logements de petite surface en région parisienne), la révision des aides à l’amélioration de la performance énergétique (crédit d’impôt développement durable, éco-prêt à taux zéro), le maintien du crédit d’impôt sur le revenu en faveur des personnes âgées ou handicapées pour les dépenses réalisées dans l’habitation principale2

Le séminaire de la fiscalité rentre dans le cadre de la série d’activités présentées par l’AVSE pour promouvoir les relations de coopération entre le Vietnam et la France. Dans le cadre de la coopération bilatérale, les deux pays développent de bonnes relations. Il est à souhaiter qu’elles s’améliorent surtout dans le contexte de la francophonie et des relations humaines en addition aux remue méninges de la fiscalité.

Notes

(1) Tùng Chi : Fiscalité : le Vietnam étudie de nouvelles mesures de soutien aux entreprises - Courrier du Vietnam du 05/07/2011.


Fr, En

19 septembre 2011

Ecotourisme et solidarité avec les victimes vietnamiennes de l’Agent orange / dioxine.

Les Nations Unies ont fixé 2010 comme l’Année de la Biodiversité. En Octobre 2010, à l’occasion de la fête du Millénaire de Thang Long-Hanoi, le Vietnam a développé l’écotourisme, axé sur la découverte des écosystèmes, mais aussi les agro-systèmes et le tourisme rural. Déjà depuis l’automne 2008 afin de sensibiliser la population pour la découverte des parcs, des réserves naturelles, des stations balnéaires et des zones d’écosystèmes urbains, le pays a commencé à planifier pour préserver le patrimoine naturel et culturel. En effet, du nord au sud, l’écotourisme est un accès du tourisme national et international que les autorités et les comités populaires des villes et des villages se sont efforcés à le consolider dans le cadre du développement durable et solidaire de la mondialisation.

À partir de Hanoi, déclarée comme capitale de la Paix, un moyen de transport non-polluant à utiliser par les touriste et les Hanoiens a été mis en place depuis Juillet 2010. En effet, la société Dong Xuan a produit 12 minibus électriques qui circulent entre les centres touristiques importants et à proximité du lac Hoan Kiem, avec 13 destinations à partir du marché de Dong Xuan au temple Bà Kiêu. Ces minibus électriques couvrent un total de 6 km et une durée de 20 minutes avec un auto-rechargeable toutes les 4 heures. Leur vitesse est d’environ 15-20 km / h et le coût du billet, 15 000 dongs (environ 0,6 euros). Par ailleurs, dans la capitale, 24/24 h, des camions-à pompes d’eau traversent les rues principales pour les laver. Un système de collecte des ordures par les agents féminins d’exploitation fonctionne dans les 36 rues. Même dans les ruelles, les sons de cloches dès 19 heures appellent les Hanoïens à sortir les ordures ménagères qui sont traitées immédiatement par des mains habiles qui trient les plastiques, canettes de bière et de boissons fruitées ou des journaux et magazines.

Du nord, au centre et au sud du Vietnam, le patrimoine naturel et culturel est signalé comme curiosités à visiter par les agences de l’écotourisme. Également, des écovillages se développent avec le soutien de la population qui ainsi, a pu absorber le chômage rural. En conséquence, Sapa et les régions montagneuses du Nord connaissent un nouvel impact à la découverte de sites verts, mais aussi des excursions à travers les montagnes, les rivières et les vallées. Sapa, situé à 380 km au nord de Hanoï, près de la frontière chinoise, peut être atteint en bus ou en train de nuit au départ de la gare Hàng Co à Hanoi, chaque lundi et vendredi. Jadis connu pour ses sanatoriums, Sapa se compose de régions montagneuses couvertes de verdure, de rizières en terrasses, de vastes vallées parsemées de villages peuplés essentiellement par la minorité H-Mong. La Vallée de Lao Chai, à 6 km au sud-est conduit à la rivière Muong Hoa où l’eau est si claire qu’elle a été source de poèmes et de contes de fées pour les enfants. Ensuite, l’escalade au mont Phan Si Pan, une partie des Alpes Tonkinoises à 3143 m d’altitude, nécéssite une randonnée de 5 jours pour découvrir la beauté de la forêt tropicale avec un arrêt à la cascade d’Argent.

Cependant, c’est au centre du Vietnam que la nature affiche son harmonie avec le parc naturel de Pu Mat, encadré par la chaîne de montagnes Truong Son, proches du Laos. Ce parc est un don de la nature mis à la disposition de la province de Nghe An. Il a été déclaré réserve naturelle en 1996, avec une superficie de 93.113 ha et est situé entre les sites Duong Truong Anh et de San. Durant les deux dernières guerres, les forces de libération vietnamiennes ont été concentrées dans les zones où la forêt est dense avec une biodiversité et une faune étonnantes. Les experts ont identifié 2494 espèces de plantes dont 37 sont classées dans le Livre Rouge du Vietnam et 20 dans le monde. De même, des tigres rayés, des loups à queue rouge, des ours sauvages, des muntjacs, des chamois, des Sao La (de la famille de cerfs récemment découvert au Vietnam) circulent librement. Ensuite, 314 espèces d’oiseaux, 52 reptiles, 34 d’amphibiens, 83 de poissons, 400 de papillons ont été enregistrés dans l’enregistrement de cette région1. Puis, un gisement de sel à l’air libre à Khe Khang, une pagode à Pu Mat et un barrage à Pha Lai avec le barrage de la rivière Giang, barrage sur lequel les amateurs de voile peuvent voguer à bord de chaloupes. Mais c’est à Nhatrang province de Khanh Hoa, que les montagnes et la mer sont unis pour créer de merveilleux paysages naturels. Station balnéaire distante de 448 km de Ho Chi Minh-Ville, 1287 km de Hanoi, 630 km de Hue et à 105 km de Phanrang, Nhatrang proposes 7 kms de plage de sable, des îles montagneuses et un delta partagé entre les rizières, les plantations de thé et de café. L’île de Hon Tre est connue pour les nids de salanganes. La ville accueille un festival annuel de la mer dans le cadre de la coopération décentralisée entre le Morbihan (Finistère) et la province de Khanh-Hoà. Nhatrang est également connu par le monde scientifique avec les Instituts Pasteur, y compris ceux à Nhatrang, Hanoï et Saigon qui ont été créés par Alexandre Yersin2. Le savant a été enterré sur une colline surplombant la plantation de produits pharmacologiques qu’il avait lui-même enregistré dans les archives médicales.

Tout en présentant les régions et l’écotourisme au Vietnam, il convient également de noter que depuis le centre et le sud du Vietnam, un quart des forêts, la végétation, la faune et la flore ont été endommagées par la pulvérisation de l’Agent orange/dioxine, le produit chimique le plus toxique qu’ait été utilisé par l’aviationce américaine de 1961 à 1971. Cet écocide a laissé non seulement de grands dommages à l’environnement, en particulier les « points chauds », mais aussi sur la santé humaine avec de multiples maladies, des cancers et des handicaps mentaux et physiques de plus de 3 millions de victimes au Vietnam. Ces victimes continuent d’exiger des Etats-Unis d’Amérique et 37 fabricants de produits chimiques (dont Monsanto et Dow Chemical), le paiement de dommages et de responsabilité, leur permettant de continuer à vivre décemment et avec dignité.

Effectivement, le 10 août 1961, les forces armées américaines ont commencé les premiers épandages de produits chimiques toxiques au Vietnam, en lançant l’« Opération Ranch Hand », un programme qui a duré presque une décennie. Le 10 août 2011 a marqué le 50e anniversaire de la catastrophe de l’Agent orange /dioxine au Vietnam. De plus en plus, les victimes sont les enfants et petits-enfants de ceux qui ont été exposés pendant la guerre - les 2e et 3e générations, qui souffrent de malformations congénitales les obligeant à vivre dans un état total de dénuement et ce malgré l’aide apportée par le gouvernement vietnamien, les organisations nationales et internationales. L’Association vietnamienne pour les victimes de l’Agent orange / dioxine (VAVA) demande au gouvernement américain d’agir en tant que citoyens responsables et de reconnaître leurs torts ! Dow Chemical et Monsanto doivent répondre rapidement à la question : si vous n’arrivez pas à indemniser les victimes au Vietnam, comment pouvez-vous espérer de continuer à faire des affaires au Vietnam ? .

Si l’approche collective de la dette écologique fait partie du développement durable, la solidarité avec les victimes de l’agent orange / dioxine entre les peuples dans le monde devrait s’amplifier comme un défi harmonieux des droits de l’homme dans le contexte de la mondialisation.

Notes :

(1) Faune et flore répertoriées par le Prof. Vo Quy, en 2005

(2) Voir Ad@lY, Association Les Amis de Dalat sur les traces de Yersin et la « couverture » mise en vente aux enchères en solidarité avec les victimes de l’Agent orange/dioxine in www.

Ecotourism development and Solidarity with the Victims of Agent orange/Dioxin.

The United Nations have set 2010 as the Year of Biodiversity. In October 2010, owing to the Millennium festivities of Thang Long-Hanoi, Vietnam has developed ecotourism, focused on the discovery of ecosystems but also agro-systems and rural tourism.

Since fall 2008 to raise awareness of parks, nature reserves, resorts and areas of urban ecosystems, the country began to plan and help its people becoming aware of the need to preserve the natural and cultural heritage. Indeed, from north to south, ecotourism is one access of national and international tourism that the authorities and People’s committees of cities and villages are strengthening to consolidate the sustainable development and solidarity of ecotourism in Vietnam.

Starting in Hanoi, capital of heroism but also declared as capital of Peace, a non-polluting means of transport for use by tourists and Hanoian has emerged since July 2010. The company leader Dong Xuan has produced 12 electric minibus which are circulating between important tourist’s centers and nearby Lake Hoan Kiem, with 13 destinations starting from, Dong Xuan Market to Hanoi Post Office and Bà Kieu Temple. These electric minibuses cover a total of 6 km and 20 minutes of time with self-rechargeable every 4 hours. Their speed is about 15-20 km/h and the cost of the ticket, 15,000 dong (about 0.6 euros). Moreover, in the capital, 24/24 h, tankers traverse the main streets to wash them. A system of garbage collection by women agents is extended operating in all 36 streets. Even in the smallest streets, the sounds of bells from 7 pm call the Hanoians to get away domestic garbage which are immediately processed by skilled hands sorting out plastic, cans of beer and fruity drinks or newspapers and magazines.

From North, Center and South Vietnam, natural and cultural heritage are shown as forces leading ecotourism through tourist agencies. In the other way, Ecovillages are growing with the support of the population who has absorbed partly rural unemployment. Thus, Sapa and mountain regions are experiencing a new impact in the discovery of green sites, but also excursions through mountains, rivers and valleys. Sapa, located 380 km northwest of Hanoi, near the border of China and Vietnam can be reached by bus or train at night twice a week, every Monday and Friday departing Hanoi Hang Co station. Formerly known for its sanatoriums, Sapa consists of mountainous regions covered with greenery, rice terraces, vast valleys dotted with villages populated mainly by minority H-Mong. Lao Chai valley, 6 km south-east led to Sapa Muong Hoa River where the water was clear and source of poems and fairy stories for children. Then, climbing to Mount Phan Si Pan, part of Tonkinese Alps at 3143 m altitude, it takes a 5-day trekking to discover the beauty of Tropical forest with a stop at the Silver Waterfall.

However, it is in the center of the country that nature displays its harmony with the natural park of Pu Mat, framed in the Truong Son mountain range, bordering Laos. This park is a gift of nature available to the province of Nghe An. It was declared a nature reserve in 1996, with an area of 93.113 ha and is located between sites Duong Truong and Anh San. During the last two wars, the Vietnamese liberation forces were concentrated in those areas where the forest is dense with astonishing biodiversity and wildlife. Experts have identified 2,494 plant species of which 37 are classified in the Red Book of Vietnam and 20 in the world. Similarly, striped tigers, red-tailed wolves, wild bears, muntjacs, chamois, Sao La (from deer family recently discovered in Vietnam) circulate freely. 314 species of birds, 52 reptiles, 34 of amphibians, 83 of fishes, 400 of butterflies have been recorded in the registration of this region. Then, a salt deposit in the open air at Khe Khang, a century pagoda at Pu Mat and a dam at Pha Lai with Giang river damming on which lovers sail aboard rowboats, are part of this green discovery.

But it is Nhatrang province of Khanh Hoà, that mountains and sea are united to create marvellous natural scenery. Resort at the distance of 448 km from Ho Chi Minh City, 1287 km from Hanoi, 630 km from Hue and 105 km from Phanrang, Nhatrang is proud of its 7 kms of sandy beach, mountainous islands and a delta shared between rice, tea plantations and coffee fields. The Hon Tre Island is known for its swiftlet bird’s nests made of agglomerated seaweed. The City hosts an annual Festival of the Sea owing to decentralized cooperation between France and Vietnam i.e. Morbihan (Finistère). Nhatrang is also known by the scientific world with Pasteur Institutes, including those in Nhatrang, Hanoi and Saigon which have been created by Alexandre Yersin (1). The scholar was buried on a hill overlooking the plantation of pharmacological products that he had himself registered in medical archives.

While presenting the regions and taking advantage of ecotourism sites in Vietnam, it should also be noted that from the central and southern Vietnam, one quarter of forests, vegetation, fauna and flora was damaged by the spreading of Agent orange/Dioxin, the most toxic chemical product which has been spread by the U.S. Air Force from 1961 to 1971. That ecocide has left not only great damage to the environment (i.e. “hot spots”) but also on human health with multiple diseases, cancers and mental and physical disabilities of more than 3 million victims in Vietnam. These victims continue to demand the United States of America and 37 chemical Companies (the most important as Monsanto and Dow Chemical), payment for damage and responsibility, thus giving them to recover their right to live with decent conditions and with Human dignity.

In fact, on August 10th, 1961, the U.S. armed forces began the first spraying of toxic chemicals in Vietnam, launching “Operation Ranch Hand” a program that lasted almost a decade. On August 10th, 2011 marks the 50th anniversary of the Agent orange/dioxin disaster in Vietnam. Increasingly, victims are the children and grandchildren of those sprayed during the war – the 2nd and 3rd generations, who suffer horrific birth defects which force many to live in a vegetative state. Although the Vietnamese government, mass organizations and individuals in the country and abroad have been actively assisting the Agent orange/dioxin victims, they nevertheless are still the poorest of the poor – the most miserable among the miserable. The Vietnam Association for Victims of Agent Orange/dioxin (VAVA) asks the U.S. government to act as responsible corporate citizens and acknowledge their wrongdoing ! Dow Chemical and Monsanto must quickly answer the question : if you fail to compensate the victims in Vietnam, how can you expect to continue to do business in Vietnam ? (2)

If the collective approach of ecological debt is part of sustainable development, solidarity with the Victims of Agent orange /dioxin among peoples in the world should amplify as an assiduous challenge of human rights in the context of globalization.

Notes

(1) See : AD@lY : Les Amis de Dalat .. sur les traces de Yersin and their Agent orange/dioxin solidarity work « the woolen blanket » in http://www.adaly.net/

(2) Appeal VAVA 2nd International Conference Hanoi 9 August, 2011  : On the occasion of the beginning of the 50 “key action days” of the “Action for Agent orange/Dioxin Victims in Vietnam,” the Vietnam Association for Victims of Agent Orange/dioxin sincerely appeals to all of our sisters and brothers, friends and colleagues, in the country and abroad to demonstrate their sympathy and support for the Vietnamese victims of Agent Orange in our struggle for justice.


le 25 août 2011

Fr, En, Vn

APPEL à la 2è CONFERENCE INTERNATIONALE-VAVA HANOI 9 AOUT 2011

A la 2è Conférence Internationale organisée par l’Association vietnamienne pour les victimes de l’Agent orange/dioxine (VAVA) Hanoi les 8,9,10 août 2011, des scientifiques, juristes, responsables des associations de la société civile, victimes de l’Agent orange/dioxine, victimes des catastrophes de Sevezo, Bhopal, des guerres récentes Iran, Irak se sont réunis pour la commémoration du 50è anniversaire (1961-2011) de l’aspersion de la dioxine sur le sol vietnamien. Après débats et discussions, les délégués en particulier en provenance de l’Allemagne, d’Angleterre, de l’Australie, du Cambodge, du Canada, de la République de Corée, de France, de l’Inde, d’Italie, d’Irak, d’Iran, du Japon, du Laos, de la Nouvelle-Zélande, de la Russie, de la Suisse, des Etats-Unis, du Vénézuela, du Vietnam, de l’Association Internationale des juristes démocrates (AIJD) et du Conseil mondial de la paix ont lancé l’Appel final de la conférence. En effet, pendant la guerre du Vietnam, de 1961 à 1971, les forces américaines lors de l’opération Ranch Hand ont pulvérisé près de 80 millions de litres d’herbicides sur le sud du Vietnam dont 61% d’agent orange contenant 366 kg de dioxine, la substance chimique la plus toxique qu’ait été inventée conduisant à 4,8 millions de victimes. Depuis la première Conférence Internationale de VAVA en 2006, la presse et les médias ont été mieux sensibilisées aux dangers de la dioxine et de son impact sur la santé humaine et sur l’environnement (écocide). Avec le peuple Vietnamien, des vétérans des Etats-Unis, de la Corée du Sud, d’Australie, du Canada, de Porto Rico et de la Nouvelle Zélande ayant participé à la guerre du Vietnam ont été victimes de cette arme de destruction massive et leurs descendants (2è, 3è et 4è génération) encourent des séquelles graves en particulier liées aux systèmes immunitaires et reproductifs.

Les délégués ont lancé l’Appel en sept points :

1- Solidarité :

des victimes de l’Agent orange/dioxine avec toutes les victimes des autres armes de destruction massive en particulier l’uranium appauvri.

2- Organisation :

dans chaque pays, dans chaque région, une mise en place des organisations avec des programmes spécifiques pour mobiliser des ressources matérielles pour faire entendre la voix des victimes.

3 - Etudes et recherches :

par des scientifiques et des experts en santé environnementale et humaine pour la prévention et la protection des générations à venir.

4- Une Commission des Nations Unies concernant les armes et les crimes de guerre :

doit être constituée rapidement pour prévenir les actes en violation de toutes les lois internationales et interdisant les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité.

5 - Responsabilité et engagement des Etats-Unis et des entreprises américaines

Le gouvernement des Etats-Unis et les entreprises chimiques productrices de la dioxine notamment Monsanto et Dow Chemical doivent s’engager pour dédommager financièrement les victimes de l’Agent orange/dioxine et décontaminer techniquement les « points chauds ».

6 - Divulgation de l’emplacement des sites d’entreposage de l’Agent orange/dioxine au Vietnam par les Etats-Unis et les entreprises chimiques américaines.

7 - Partenariat avec l’Association vietnamienne pour les victimes de l’Agent orange/dioxine (VAVA)

VAVA, représentant légal et moral des victimes de l’Agent orange/dioxine agit pour et par les victimes afin de faire entendre leurs voix. contacts à travers son site : www.vava.org.vn

Nous déclarons qu’une action immédiate doit être prise en urgence pour soutenir les victimes. Déjà un demi siècle c’est trop long. Ensemble, nous nous engageons à travailler pour être assurés qu’une justice différée ne soit pas une justice refusée.

FINAL CONFERENCE APPEAL

at the 2nd International Conference VAVA Hanoi August 9, 2011

At the Second International Conference organised by the Vietnam Association for the Victims of Agent Orange/Dioxin (VAVA) on 8-10 August 2011, Scientists, Lawyers, activists of civil society associations, Vietnamese victims of Agent orange/dioxin, victims of Bhopal and Sevezo disasters, victims of chemical weapons in Iran, Irak, gathered to commemorate the 50th anniversary (August 1961- August 2011) of the spraying of Dioxin in Vietnamese soil during the Vietnam War.

After debates and discussions, delegates from Australia, Cambodia, Canada, England, France, Germany, India, Italy, Iraq, Iran, Japan, Laos, New Zealand, Republic of Korea, Russia, Switzerland, United States of America, Venezuela, Vietnam, the International Association of Democratic Lawyers (IADL) and the World Council Peace, launched the final conference call.

In point of fact, during the Vietnam War, from 1961 to 1971, US forces during the Operation Ranch Hand sprayed about 80 million of gallons of herbicides over southern Vietnam with 61% of Agent orange containing 366 kg Dioxin, the most toxic chemical product ever been invented, leading to 4.8 million victims.

Since the First VAVA International Conference in 2006, press and media have been more aware of the dangers of Dioxin and its impacts on human health and environment (ecocide). With the Vietnamese victims, veterans from the United States of America, South Korea, Australia, Canada, Puerto Rico and New Zealand who participated in the Vietnam War, were victims of this weapon of mass destruction and their descendants (2nd, 3rd and 4th generation) endure serious consequences particularly related to immune and reproductive systems.

Delegates launched the seven-point Appeal :

1- in Solidarity With victims of all other weapons of mass destruction in particular the atomic bomb and depleted uranium .

2 - Organisation In each country, in each region, setting up organizations and specific programs for mobilizing material resources in all available forums in support of the struggle of the Vietnamese Agent Orange/Dioxin victims for justice.

3 - Research and remediation Scientists, public health and environmental experts, especially from the United States, should focus on studying the specific health and environmental dangers of Agent Orange/dioxin and possibilities for remediation. This is very urgent in order to help victims whose time is running out, and in order to avoid similar disasters for future generations.

4 - UN Ban on Weapons and War Crimes The world community in general, the United Nations and each government in particular should rapidly promulgate new measures to more effectively prevent all acts in violation of international laws prohibiting war crimes and crimes against humanity.

5 - Accountability and commitment of the United States of America and US Chemical Companies The U.S. government and chemical manufacturers of Agent Orange/Dioxin, mainly Monsanto and Dow Chemical should accept their responsibility and engage in greater and fuller efforts to work with the Vietnamese people and government to clean up the existing « hot spots, » and to provide comprehensive and meaningful assistance to the victims of Agent Orange and their families in Vietnam in a more practical and effective manner.

6 - Disclosure storage sites of Agent Orange/Dioxin in Vietnam The U.S. government and all governments that have allowed the use of Agent Orange for any purpose during the Vietnam war years, should publicly disclose all the locations where Agent Orange/Dioxin was used, buried or dumped.

7 - Partnership with the Vietnamese Association for Victims of Agent Orange/Dioxin (VAVA) The Vietnam Association for Victims of Agent Orange/dioxin is the legal and moral representative of the victims and acts as a non-governmental organization representing the interests of these victims throughout Vietnam. To hear their voices and to help Vietnamese victims effectively and specifically, people of good will and compassion should partner with VAVA and assist it programatically and materially, contacting VAVA through its website www.vava.org.vn

We declare that immediate action must be taken urgently to support the victims. Already half a century is too long.

We pledge to work together to make sure that justice delayed will no longer be justice denied !


Lời kêu gọi « Hăy hành động vì nạn nhân chất độc da cam »

Tại Nhà Khách Bộ Quốc Phòng- Hà Nội, Hội nghị quốc tế lần thứ 2 tổ chức bởi Hội Việt Nam cho các nạn nhân chất độc da cam / dioxin (VAVA) ngày 8-10 tháng tám 2011, các nhà khoa học, luật sư, lãnh đạo của các hiệp hội xã hội, nạn nhân chất độc da cam / dioxin toàn quốc, nạn nhân thiên tại Sevezo (Italia), Bhopal (Ân Độ), nạn nhân cuộc chiến tranh Iran, Iraq, gặp gỡ để kỷ niệm 50 năm (1961-2011) ngày rải chất độc dioxin trên đất Việt Nam. Sau cuộc tranh luận và thảo luận, các đại biểu đặc biệt là từ Anh, Ấn Độ, Campuchia, Canada, Đúc, Hàn Quốc, Hoa Kỳ, Pháp, Ý, Iraq, Iran, Nhật Bản, Nga, Lào, New Zealand, Thụy Sĩ, Úc, Venezuela, Việt Nam, Hội Luật gia dân chủ quốc tế (IADL) và Hội đồng Hòa Bình (CMP) phát động lời kêu gọi.

Thật vậy, trong chiến tranh Việt Nam, từ năm 1961 đến 1971 các lực lượng Hoa Kỳ (chường trình Ranch Hand) đã giải khoảng 80 triệu lít thuốc diệt cỏ trên miền Nam Việt Nam với 61% chất độc da cam chứa 366 kg dioxin, một hóa chất vô cùng độc hại, dẫn đến 4,8 triệu nạn nhân. Kể từ khi Hội Nghị Quốc Tế đầu tiên mà VAVA đã tổ chức năm 2006, báo chí và các phương tiện truyền thông có ý thức hơn về sự nguy hiểm của dioxin và tác động của nó đối với sức khỏe con người và môi trường (écocide). Cùng với nncđdc Việt Nam, các cựu chiến binh của Hoa Kỳ, Hàn Quốc, Úc, Canada, Puerto Rico và New Zealand đã tham gia chiến tranh Việt Nam là nạn nhân của vũ khí này hủy diệt con cháu của họ (thế hệ 2,3 và 4) phải chịu hậu quả nghiêm trọng đặc biệt liên quan đến hệ thống miễn dịch và sinh sản.

Các đại biểu phát âm lời kêu gọi vào 7 điểm :

1- Đoàn kết chặt chẽ hơn với tất cả các nạn nhân của vũ khí hủy diệt hàng loạt khác như uranium cạn kiệt (uranium appauvri) .

2 - Tổ chức Ở mỗi nước trong từng khu vực, thiết lập tổ chức có chường trình cụ thễ để huy động mọi nguồn nguyên liệu và tiền đễ ủng hộ nạn nhân đi đòi công lý.

3 - Nghiên cứu và khắc phục hậu quả Các nhà khoa học và các chuyên gia Mỹ về sức khỏe và môi trường hành động nghiên cứu để phòng ngừa bảo vệ cho thế hệ tương lai có thể tránh được những tai họa tương tư.

4 - Thành lập một ủy ban Liên hợp quốc về vũ khí và tội ác chiến tranh Phải thực hiện nhanh chóng để ngăn chặn các hành vi vi phạm của tất cả các luật pháp quốc tế và tội ác chiến tranh và tội ác chống nhân loại.

5 - Trách nhiệm và cam kết của Hoa Kỳ và các công ty Mỹ Chính phủ Hoa Kỳ và các công ty hóa chất Mỹ sản xuất dioxin kể cả Monsanto và Dow Chemical chấp nhận trách nhiệm thanh khiết những « điểm nóng » và bồi thường nncđdc.

6 - Công khai hết những địa điểm lưu trữ chất đọc da cam/dioxin tại Việt Nam

7 - Quan hệ đối tác với VAVA VAVA là hội phi chính phủ, trách nhiệm và lo cho các nạn nhân chất đọc da cam. Xin liên lạc qua web www.vava.org.vn Chúng ta tuyên bố rằng « hãy hành động ngay » để hỗ trợ nạn nhân chất độc da cam/ dioxin. Đã nửa thế kỷ là quá lâu ! Cùng nhau chúng ta cam quyết đảm bảo rằng công lý bị trì hoãn không phải là công lý bị từ chối.

Ts Nguyễn Đắc Như-Mai (VAVA Pháp & Liên Minh Châu Âu)


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le 23 juillet 2011

Fr, An, Ru

Nouvelles courtes de Russie. Été 2011

1 - La belle et la famille

Au théâtre André Mironov de Saint Pétersbourg, la salle était pleine et la soirée du 12 juillet 2011 serait restée sans écho si les spectateurs debout n’avaient pas tant ovationné les acteurs de « la belle et la famille » pour leur interprétation. Comédie de la vie et de l’amour, cette pièce de Williams Somerset Maugham, traduite par Victor Weber nous restitue les bouleversements de l’après-guerre à la fin de novembre 1918.

Le décor est sobre. Une cheminée et un lit en fer forgé constituent les bases de la chambre que les acteurs font rouler selon les entrées et les sorties des membres de la famille et des visiteurs. A côté de cette pièce et en bas du décor se trouve un coffre servant à la fois de banc et de réserve à charbon pour chauffer tout le logis. Les personnages s’avancent, gesticulent et s’activent au gré de la Belle. Elle, c’est le centre. L’actrice Natalia Alexandra Popova, régimente ses trois amours interprétés par Olec Borissovic Kylikovic (premier mari), Alexandre Constantinovic Koval (deuxième mari) et Nicolas Evgenievic Dik, l’amoureux riche, sa Mère, la gouvernante et même l’avocat invité à résoudre son « cas ». La Belle passe la journée à se rendre adorable, avec ses nombreuses toilettes selon les saisons et les fourmillantes activités mondaines. Pourtant, les évènements de l’après-guerre sont ceux de la survie en Europe. Cette continuation normale de la vie dépend beaucoup des imprévus mais aussi des intrigues des gens. La Belle vit avec son deuxième mari et leur enfant soigné par la nourrice, une vieille demoiselle qui fait partie de la famille. Le deuxième mari est un vétéran, un officier qui est présent pour la charmer, lui donner les réponses à ses préoccupations du moment. Cependant, cette union ne semble pas la satisfaire. La Belle reçoit la visite d’un homme riche, un amoureux transi qui la couvre de cadeaux, ces choses si nécessaires comme le beurre, le sucre ou la farine en ces temps de privation. Cet homme est élégant, se chausse de belles bottes que la Mère a remarquées, et surtout est prévenant à toute requête de la Belle. Sur ces moments, le premier mari fait surface alors qu’il a été enregistré comme héros, mort à la guerre. Il découvre que la Belle n’est plus sa femme, qu’elle l’a remplacé dans son lit et avec cet autre homme un fils est né renforçant cette union. Même par économie elle a donné à son deuxième amour le chandail, la cravate et la grande écharpe en laine verte ayant appartenu à son premier amour. Dès lors comment s’intégrer dans la vie du couple ? Que de bouleversements dus à la guerre ! Pour la Belle la difficulté de cette gestion du quotidien avec deux maris devient un cauchemar. Elle se confie à l’homme riche qui la conseille de prendre un avocat. Ce dernier rend raison à la beauté et plaide en faveur du libre choix de sa cliente. Ainsi, la justice a rendu son verdict : divorcer du second mari. Pour la loi, le premier est mort. La Belle est libre de choisir maintenant celui avec lequel elle veut vivre et partager les aléas de la vie. L’amour devient un sentiment dont elle se pare de toutes les vertus, en particulier, celles d’avoir une vie de luxe, sans avoir à calculer les dépenses usuelles. Les deux hommes sont gênés mais se mettent à construire leur nouvelle vie sans la Belle tout en voulant vivre à ses crochets.

La comédie avec ses réparties et ses justifications devient un immense réservoir de mots aussi burlesques qu’inénarrables que la langue russe a mis à la portée de tout le monde. Sans conteste ce monde est un monde cultivé, qui sait rire aux dépends des autres, s’instruire et s’intéresser aux choses ayant appartenues à d’autres civilisations. En effet, tout Russe doit posséder sa culture et celle du monde. Et c’est aussi cet enrichissement de la culture autour des cultures différentes que nous entrevoyons dans ce petit théâtre qu’André Mironov a voulu dévoiler à ses concitoyens. Toutes les pièces jouées par des acteurs talentueux, proviennent d’origines aussi diverses que variées. L’humanisme de Mironov affirme les valeurs de l’existence terrestre. Dans la culture russe cette idée trouve son incarnation dans l’épanouissement sans précédent de tous les domaines de l’art, y compris les artisanats.

De la comédie sur scène nous passons à la tragédie de la vie dans son intégrité. Les acteurs interprètent les évènements passés en 1918 qui peuvent se répéter en 2011. Comédie de mœurs, légèreté de la femme ou incapacité des hommes à capter et restaurer les moments de bonheur ?

Il nous semble que les Russes traversent les temps en confiant à l’Histoire le souci d’archiver les actes pour éventuellement les restituer. Les cimetières comme les musées abondent de vestiges. En particulier à Saint-Pétersbourg, le musée de l’Ermitage présente un panorama étendu de la création artistique sous des formes différentes à travers les siècles et en provenance des cinq continents ; le « Nécropole du XVIII è siècle où ont été enterrés des hommes et des femmes connus et aimés tels Venskaia, femme de Pouchkine et Lomonossov, grand savant russe. C’est dans une grande mesure grâce à l’Ermitage que la Russie doit son universalité culturelle et au Nécropole, la mémoire des célébrités. Par ailleurs, les Russes sont fiers de vous montrer des monuments grandioses construits à la mémoire des hommes qu’ils savent ainsi les transmettre aux générations futures. Quant à la génération contemporaine, elle considère que la culture c’est ce qui reste quand les hommes passent tout en vaquant aux urgences réelles du quotidien. Ce faisant, craignent-ils d’être poursuivis par les démons de la consommation ou les élus de l’exaltation ?

2 - Le mieux est l’ennemi du bien

Voltaire, ses écrits et ses pensées sont traduits et enseignés. L’écrivain Français fait partie des « meubles ». Quiconque ne l’a pas lu ou seulement ne possède pas un manuscrit dans sa bibliothèque est considéré comme « ignorant ». Les échanges épistolaires entre le Philosophe et la Grande Catherine sont devenus presque des préceptes de vie des temps passés et présents.

Mais de tout ce que Voltaire a exprimé, « le mieux est l’ennemi du bien » au XVIIIè siècle peut réapparaître au XXIè siècle en Russie. Cette pensée est aujourd’hui plus que jamais au calendrier du jour. Bien que le pays ne soit plus celui de la Grande Tzarine qui a imposé à son peuple des regards de modernité en son temps, il connaît des revers de la médaille qui ont changé la géopolitique. L’URSS a disparu. La Russie a d’autres enjeux et d’autres défis.

Aujourd’hui, les nouveaux Russes se veulent plus ambitieux, quoique plus réalistes par la manipulation des engagements lors des nombreuses réunions des G20 avec les uns et les autres. Ils veulent montrer au monde qu’ils savent évoluer et éventuellement se « repositionner » au sein des grands. Ils se mettent à voyager, à échanger et certainement à se faire de nouveaux amis. Les inimitiés et les rancunes s’effacent. Chinois, Américains et Européens se partagent les bienveillances et se déplacent au gré des invitations. Le commerce se développe. Le port de Saint Pétersbourg regorge de navires aux pavillons colorés. Les Russes fortunés vivent à l’américaine. Le « American’s ways of life » s’ingère dans les foyers et la mode est non seulement de posséder une antenne commerciale aux Etats-Unis pour y faire du business mais encore d’y envoyer ses enfants en vacances. Quant aux pauvres, ils achètent les produits chinois, peu coûteux et même vendus dans les trains. Ainsi, dans le trajet de l’omnibus Pouchkinerogod -Novogod, une dame du troisième âge propose des objets domestiques (sacs, peignes, savons, produits anti-moustiques, produits de lessive et imperméables) pour quelques roubles. C’est son gagne pains. Ce métier de proximité est à la portée de ceux qui veulent travailler « honnêtement ».

Dans la nouvelle société, les pauvres ne sont pas pris en charge comme du temps de l’URSS. La sécurité sociale est presque absente mais les médecins des hôpitaux continuent à les soigner tout en les recommandant l’hygiène de vie. Néanmoins, les ivrognes continuent à boire et les femmes à être battues par leurs maris ou compagnons de fortune. Dans les policliniques, ces femmes agressées attendent longtemps pour recevoir une prescription médicale ou une attestation médicale pour divorcer. Le divorce est souvent à 50% des torts réciproques. Les enfants du couple vont partager les difficultés de la gestion de la nouvelle vie de parents séparés ou divorcés. Certains d’entre eux peuvent être pris en charge par l’administration locale selon les directives des juges d’enfants. Quant aux riches, des « assurances vie » semblent leur apporter une sécurité à long terme et probablement à toutes épreuves. Par ailleurs, les nouveaux métiers se multiplient comme la vente de mobiliers ou d’immeubles par des agents peu scrupuleux. Des logements entiers dans Pouchkinerogod sont restés à moitié construits parce que les architectes et bâtisseurs se sont enfuis, ruinés par la spéculation et la crise économique récente.

Voltaire peut émerger à nouveau dans la géopolitique mondiale et léguer conseils et aides quoique l’argent soit devenu un bon remède à toute maladie sociale et envolée politique dans la Russie contemporaine.

3 - Qui veut voyager loin doit ménager sa monture

Le tourisme se déploie en Russie. Avec lui ses droits et ses devoirs et éventuellement des cadres vie entre les peuples et surtout entre les voisins. Les moyens de déplacements se multiplient. Les agences de voyages offrent des tours pour des individus ou des groupes à des prix défiant toute rivalité. Ainsi, de Russie en Finlande, les Russes peuvent s’y rendre dans la journée en cars pour environ 250 roubles (un euro équivaut à 40 roubles). Le programme consiste en visites de musées et en arrêts dans des magasins achalandés en produits de luxe comme le caviar, les vins ou le café biologique. Sans aucun visa. Ou celui de Schengen peut être adopté pour les pays liés à cet Accord. Cependant un Européen dont le visa russe stipule seulement une entrée en Russie, ne peut pas visiter la Finlande, même dans la journée. Il lui faut redemander un nouveau visa pour ce déplacement.

La bureaucratie russe est lourde et les papiers (boumaga) de justification sont longs à remplir pour tout étranger sur le sol russe. Déjà la demande de visa russe déconcerte le voyageur. A Paris, il faut faire la queue et être présent devant le Consulat du 40 Boulevard Lannes 3 heures avant son ouverture à 9 H. Puis il faut y revenir et refaire la queue pour présenter des documents originaux (invitation et attestation d’assurance) et ensuite si tout est « accepté », il faut payer par carte bancaire. Le visiteur qui n’a pas de carte bancaire doit revenir avec une personne à carte bancaire ! Un visa rapide pour une heure d’attente coûte le double (70 euros). Même à Paris, l’internet est devenu « ingérable » pour les fonctionnaires russes !

Une fois arrivé en Russie, le visiteur doit se faire enregistrer avec la personne qui l’a invité. Cette formalité peut durer une demi-journée pour remplir les papiers car il arrive que la personne russe se trompe de casier et il faut recommencer le remplissage et de nouveau faire la queue pour s’entendre dire « revenez demain car c’est bientôt l’heure de fermeture des bureaux » de la poste. A la poste de chaque ville, le visiteur peut faire son enregistrement. Les touristes ayant pris un tour sont épargnés par cette bureaucratie.

Les Russes sont habitués à accepter la bureaucratie mais elle désoriente le visiteur. Moralité il faut se ménager en énergie et économie de temps pour visiter la Russie.

4 - Médiatisation dans les villes et les campagnes russes

La radio et la télévision sont présentes dans tous les foyers même dans les campagnes les plus éloignées des villes. Les Russes en été se rendent dans leurs datchas à environ 50-100 kms des centres urbains. Ce sont des maisons de « seconde vie » car tout est aménagé pour le confort. Mais de différentes manières et selon la portée des bourses. Bien entendu, la qualité de vie est différente pour chaque classe sociale. Rien ne sert de revenir aux luttes sociales et à la Révolution d’Octobre pour admettre l’évolution de la société russe et le mieux vivre des temps présents. Et pourtant, nous découvrons cette différence quoique les Russes s’estiment être des Européens. Même ils se demandent pourquoi ils ne font pas encore partie de l’Union Européenne ?

De visu sert aussi à différencier et à comprendre la médiatisation à travers les journaux tels les « Nouvelles de Russie, Ivestia, et les journaux de provinces comme « tzarskocelskaya gazeta, les nouvelles de Saint-Pétersbourg, ou encore PBK Daily et Mir vozrogdenié bank (journal de la banque de la renaissance mondiale)... Les journaux locaux pour les abonnés ou les journaux gratuits comme « Métro, Electrichka… donnent aussi les nouvelles et les analyses présentées à la télévision. La radio annonce les évènements importants et termine l’émission par la musique et les nouvelles du temps. Ainsi, le printemps arabe et les changements en Côte d’Ivoire sont commentés même par la babouchka qui se met à s’informer de ce qui se passe dans le monde. Nous avons été surprise par cette personne du Troisième âge (83 ans) qui, en signant la pétition de soutien aux victimes vietnamiennes de l’agent orange/dioxine a simplement dit « mais quand les Américains vont-ils cesser de faire du mal aux autres peuples » ? Déconcertée, nous lui avons répondu que sa signature prévaut toute démarches en faveur de la justice pour ces victimes.

Les nouvelles arrivent par internet qui commence aussi à envahir les foyers. Les gens maintenant se renseignent pour tout ou rien via la toile. Ils pensent que se faisant, ils seront hors de toute tricherie économique… Les intellectuels et surtout les scientifiques croient aussi au développement durable et solidaire tout en « ronchonnant versus la mondialisation ». Le débat public à la télévision du 15 juillet 2011 sur le thème « est-ce-que nous avons besoin d’une monarchie ? (la monarchie nous est-elle nécessaire ?)organisée par la journaliste Nika Strijak, très connue pour avoir déjà mené des débats politiques ouverts à tous. Elle veut saisir l’occasion pour avoir des réponses concrètes de tous ses concitoyens. Mais à des degrés divers et des opinions différentes il a été répondu que la monarchie est un paravent qui peut s’ouvrir et se refermer à volonté. Pourquoi une monarchie quand la Russie a un président élu démocratiquement ? Le débat serait vide de sens si nous n’avions pas écouté les opinions d’intellectuels anti- Staline et anti tout dictateur. Cependant aucun des intervenants à l’émission n’a évoqué le cas de Mikhaïl Khodorkovski, prisonnier d’opinion présentement détenu à la colonie N°7 de la Carélie, république de la Fédération de Russie frontalière de la Finlande. Suffisamment privée d’accès aux médias l’opinion libérale et le parti de la liberté populaire (Parnas) ont actuellement des difficultés à participer au processus électoral, aux législatives de décembre comme à la présidentielle du printemps 2012.   Les quatre nouvelles courtes de Russie en cet été 2011 sont des échos susceptible de vous intéresser à ce pays qui ne cesse de nous étonner. L’amitié et la fidélité vont-elles culbuter toutes les barrières ?

Short News from Russia during. Summer 2011

1 - Beauty and the family 

In the Andre Mironov theater, at Saint- Petersburg, the room was full and the evening of July 12, 2011 would have remained unheard-of if the audience did not much-admire the players of « Beauty and the family » for their interpretation. Comedy of life and love, this play by William Somerset Maugham, translated by Victor Weber revealed back the upheavals of the post-war period at the end of November 1918. 

The decor is simple. A fireplace and a wrought iron bed is the composition of the room that the players are rolling at inputs and outputs of family members and visitors. Next to this room and down the set is a box used for both bench and reserve coal to heat the entire house. The Actors come forward, gesticulating and activating at the discretion of the Belle. She is the center’s world. Actress Alexandra Natalia Popova, her three lovers performed by Eec Borissovic Kylikovic (first husband), Alexander Koval Constantinovic (second husband) and Nicolas Evgenievic Dik, a rich lover, her Mother, the housekeeper and even the lawyer invited to solve the « case ». La Belle spends the day going lovely, with so many toilets according to the seasons and the teeming social activities. Yet the events of the post-war period are those of survival in Europe. The normal continuation of life depends very much on unintended but also intrigues’ people. La Belle lives with her second husband and their child cared for by the nurse, an old demoiselle, who is becoming member of the family. The second husband is a veteran, an officer who is present to charm her and gives her the answers to current preoccupations. However, this union does not seem to satisfy when La Belle is visited by a rich man, which covers gifts such needed products as butter, sugar or flour at a time of deprivation. This man is elegant, with shoe boots that the Mother has noticed. He is particularly attentive to any request from the Belle. At these moments, the first husband surfaced when he was registered as a hero, died during the war. He discovers that his wife is more beautiful, replacing him in bed with this other man and a son was born strengthening the union. Even for economical survey, she has given to her second lover the sweater, tie and a large green wool scarf that have belonged to her first husband. Therefore how to integrate into the couple’s life ? All theses changes due to war time ! Then occur so many difficulties for the Belle to manage daily life with two husbands which is becoming a nightmare. She complained with the rich man who advised her to apply for a lawyer’s counsels. The latter advocates of free choice of his client. Thus, the court delivered its verdict to divorce from her second husband. For the law, the first husband wad registered as dead. The Belle is now free to select the one she wants to live with and share the ups and downs of life. Love is a feeling that it is adorned with all virtues, especially those having a life of luxury without having to calculate the normal cost. The two men are embarrassed but begin to build their new life without Belle while wishing to live in her setting.

The comedy with its spread and its justification becomes a huge reservoir of words as burlesque and unattainable that the Russian language was made accessible to everyone. Without question this is a world grown, who can laugh at the expense of others, learn and interested in things that belonged to other civilizations. Indeed, every Russian must have his culture and the world. And it is also the enrichment of culture around the different cultures that one discovers in this small theater because Andre Mironov wanted to disclose to his fellow citizens. All plays performed by talented actors, are originated from backgrounds as diverse and varied. Mironov’s humanism affirms the values ​​of earthly existence. In Russian culture this idea finds its incarnation in the unprecedented growth of all areas of art, including crafts. Of comedy on stage one moves to the tragedy of life in its integrity. Actors interpret past events in 1918 that can be repeated in 2011. Comedy of manners, lightness of women or men unable to capture and restore all moments of happiness ? 

It seems that the Russians through times by giving History a concern to archive documents to eventually restore them. Cemeteries and museums abound remains. Especially in St. Petersburg, the Hermitage Museum presents a panorama of artistic creation in different forms through the centuries and from five continents ; the Necropolis of the eighteenth century where were buried men and women known and loved such as Venskaia, Pushkin’s wife and Lomonosov, the great Russian scientist. This is largely thanks to the Hermitage that Russia owes its cultural universality and Necropolis, the memory of the celebrities. Moreover, the Russians are proud to show impressive monuments built in memory of the men they know and pass them on to future generations. As for the contemporary generation considers that culture is what remains when men passed while attending to real emergencies of everyday life. In doing so, are they afraid of being pursued by the demons of consumption or the elected representatives of the excitement ? 

2 - The « best is the enemy of the good  »

Voltaire, his writings and thoughts are translated and taught. The French writer is belonging to the « furniture ». Anyone who has not read or just does not have a Voltaire’s manuscript in his library is considered as « ignorant ». The exchange of letters between the philosopher and Catherine the Great became almost the precepts of life past and present. But all that Voltaire has written, « the perfect is the enemy of the good » in the eighteenth century may be back to Russia to the twenty-first century. This thinking is now more than ever becoming the calendar of the day. Although the country is no longer that of Great Czarina who has imposed on her people modern looks in her time, it acknowledges the downside that changed the geopolitics. 

The USSR has gone. Russia has presently other issues and other challenges.  Today, new Russian people are more ambitious but more realistic handling of commitments during the many meetings of the G20. They want to show the world they eventually evolve « reposition » in the environment. They travel, exchange and certainly make new friends. Enmities and grudges fade. Chinese, Americans and Europeans share the goodwill and move with the invitations. Trade is growing. The Port of Saint Petersburg is full of ships from different nationalities’ flags. The wealthy Russians’ desires, (ie. living accompanied by the « American Ways of Life’s » interfering in their home and fashion) are not only to have a sales office in the United States towns shopping-centres in order to do business but also to send their children on holidays. As for the poor, they can buy Chinese products, inexpensive and even sold on the trains. Thus for example, in the daily train Pouchkinerogod to Novogod, an elderly lady offers household items (bags, combs, soap, mosquito repellent, detergents and impervious) for few rubles. It is her livelihood. This business is close to the reach of those who want to work « honestly ». 

In the new society, the poor are not supported as the time of the USSR. Social Security is almost absent, but hospital’s doctors continue to treat while recommending hygienic lifestyle. However, the drunks continue to drink and women to be beaten by their husbands or companions of fortune. In the polyclinics, the abused women are waiting longer to receive a prescription or a medical certificate for divorce. Divorce is often 50% of the reciprocal wrongs. The couple’s children will share the difficulties of managing the new life of separated or divorced parents. Some of them may be supported by local government as directed by the judges of children. As for the rich, « life insurance » seems to give them a long-term safety and probably in all tests. In addition, new jobs are increasing as the sale of movable or immovable property by unscrupulous agents. Housing in Pouchkinerogod whole remained half built because the architects and builders have fled, ruined by speculation and recent economic crisis. Then Voltaire may emerge again in the global geopolitical and leave advice and help although the money has become a good cure for any disease, and soaring social policy in contemporary Russia. 

3 - Who wants to travel far must spare his horse 

Tourism unfolds in Russia. With this, its rights and duties of executives and possibly life among peoples and particularly between foreigners. The means of travel are increasing. Travel agencies offer tours for individuals or groups at prices defying any competition. Thus, from Russia to Finland, the Russians can get there in the day in cars for about 250 rubles (one euro equals 40 rubles). The program consists of visits to museums and stops in stores for luxury goods like caviar, wine or coffee. Without any visa. Or the Schengen rules can be adopted for the countries related to this Agreement. However, a European whose Russian visa requires only one entry in Russia, can not visit Finland, even in the day. He must reapply for a new visa for this trip. 

Russian bureaucracy is cumbersome and paper (boumaga) justification is durable to fill by any foreigner in Russian soil. Already the demand for Russian visa is disconcerting to anyone. In Paris, it is necessary to queue and be present at the Consulate of 40 Boulevard Lannes 75016 Paris, 3 hours before opening at 9 am. Then one must come back and queue again to present original documents (invitation and proof of insurance) and then if everything is « accepted » one has to pay by credit card. The visitor who has no credit card has to return to the Consulate with a credit card ! A rapid visa for an hour waiting costs double (70 euros). Even in Paris, the Internet has become « unmanageable » for Russian administration. 

Once in Russia, visitors must register with the person who has sent the invitation. This step can take a half-day paperwork as it happens that the Russian person has wrongly written and one must repeat the filling and queuing again to be told "come back tomorrow because it’s almost the closing hours of the post office. Tourists who have taken a tour are spared by this bureaucracy. The Russians are used to accepting the bureaucracy, but it confuses the visitor. Morality one must spare energy and time saving to visit Russia. 

4 - Mediatisation in urban and rural Russia 

Radio and television are present in every home in the countryside even in the most remote towns. During the summer period Russians are resident in their dacha at about 50-100 km from the urban centres. These datchas are « second life » houses because everything is built for comfort. But in different ways depending on the owner’s money. Of course, the quality of life is different for each class. There is no point of returning back to social struggles and the October Revolution 1917 to admit the evolution of Russian society and better life at the present day. Yet one finds this difference, although the Russians consider themselves to be Europeans. Even they wonder why they are not yet Member of the European Union ? 

De visu helps to differentiate and understand the media through newspapers such as « New Russia, Ivestia, and provincial newspapers as » tzarskocelskaya gazeta, the new St. Petersburg, or PBK Daily Mir vozrogdenié and bank ( Journal of the bank of the Renaissance world) .. local newspapers as « Metro, ... Electrichka also provide news and analysis screened on television. The radio announces important events and ends the show with music and weather’s conditions. Thus, the Arab spring and changes in the Ivory Coast are discussed even by the babushka who begins to find out what is happening in the world. We were surprised by this senior lady (83 years) who while signing the petition in support of Vietnamese victims of Agent Orange / Dioxin simply said, »but when the Americans are going to stop doing harm to others people " ? Confused, we told her that her signature prevails in any action for justice for these victims. 

The news come as the Internet begins to invade every home. People will now provide information for everything via the web. They think that in doing so, they will be out of all economic cheating ... The Intellectuals and especially the Scientists also believe in sustainable development and solidarity while « grumbling versus globalization. » The 15 July 2011 public debate in television show, on "do-we need a monarchy ? (wich monarchy we needed ?) was organized by the journalist Nika Strijak, well-known for having already conducted political debate open to all. She wants to seize the opportunity for concrete answers from all citizens. But from varying degrees and different opinions it has been told that the monarchy is a screen that can open and close at will. Why a monarchy when Russia has a democratically elected president ? The debate would be meaningless if one did not listen to the opinions of anti-Stalin and anti any dictator intellectuals. Nevertheless, none of the speakers on the issue has raised the case of Mikhail Khodorkovsky, now a prisoner of conscience detained in column 7 of the Karelian Republic of Russia bordering Finland. Private access to the media and liberal opinion Freedom Party People (Parnas) currently have difficulty participating in the electoral process and legislative elections in December as the presidential Spring 2012.   

The four short News on Russia in that summer 2011 are likely to resonate individual interests for this country that continues to amaze anyone. Would friendship and loyalty fall down all barriers ? 

Короткие новости из России (лето 2011 года)

1. Красавица и семья

В театре имени Андрея Миронова в Санкт-Петербурге зал был полон, и, хотя зрители не слишком восхищались игрой актёров данной постановки комедии « Красотка и семья », вечер 12 июля 2011 года останется незабываемым. Комедия о жизни и любви, сочинённая Уильямом Сомерсетом Моэмом (William Somerset Maugham) и переведённая Виктором Вебером, показывает обратную сторону беспорядков послевоенного периода. Действие происходит в конце ноября 1918 года. Театральная декорация – простая. Камин и кованная металлическая кровать представляют собой всю комнатную обстановку, которую актёры меняют местами при появлении на сцене членов семьи или гостей. Также в комнате находится сундук, используемый в качестве скамьи, и как хранилище угля для обогрева всего дома. Актёры появляются на первом плане, жестикулируя и начиная игру, по усмотрению красавицы. Она (красавица) – пуп Земли. Главные действующие лица : Нелли Попова (красавица) и три её любовника в исполнении Олега Куликовича (первый муж), Аркадия Коваля (второй муж) и Николай Дика (богатый любовник) ; мать – домохозяйка, и адвокат, приглашённый для решения проблемы. Красавица, не озадаченная общественной деятельностью, проводит беззаботный день, за многочисленными туалетными убранствами, прихорашиваясь. Тем не менее, события послевоенного периода представляют собой выживание в Европе. И во многом нормальное и полноценное продолжение жизни зависит от непредсказуемых людей, но также и от человеческих интриг. Красавица живёт со своим вторым мужем и их ребёнком, за которым ухаживает опытная сиделка, которая, со временем, становится членом семьи. Второй муж – ветеран, офицер, который появляется, чтобы очаровать её и который решает её текущие заботы. Однако этот союз уже не доставляет удовольствия, когда красавицу вдруг посещает богатый мужчина, который одаривает её подарками – такими необходимыми продуктами в это время тяжёлое лишений, как масло, сахар и мука. Этот мужчина элегантен, и, как отмечает мать, в туфлях. Он чрезвычайно внимателен к любым просьбам красавицы. Но в это время обнаруживается первый муж, который числился павшим смертью храбрых во время войны. Он обнаруживает, что его жена, изменяющая ему в постели с другим мужчиной и имеющая от него сына, который упрочняет их союз, более привлекательна. Даже с материальной точки зрения она отдала своему второму мужу свитер, галстук и большой, шерстяной шарф зелёного цвета – вещи, которые принадлежат её первому мужу. Поэтому, встаёт вопрос, как совместить такую двойную жизнь ? Все эти перемены – из-за войны ! Далее, у красавицы начинает возникать множество трудностей в повседневной жизни с двумя мужьями, которая становится страшным сом. Она посетовала об этом богатому мужчине, который посоветовал ей обратиться за помощью к адвокату. Последний -поддерживает свободу выбора своего клиента. Таки образом, суд вынес решение о разводе с её вторым мужем. Потому что по закону первый муж считался покойным. Теперь красавица свободна в выборе, с кем она хочет жить и разделять все жизненные взлёты и падения. Любовь – это ощущение, которое украшается всеми достоинствами, особенно тех, кто живёт беззаботно, в отсутствии нужды подсчитывать затраты. Оба мужчины приведены в замешательство, но каждый начинает строить свою новую жизнь без красавицы, хотя оба мечтают жить с ней.

Эта комедия с её размахом стала огромным источником слов, как например, шуточных и недоступных, которые можно понять, только владея русским языком. Вне всякого сомнения - тот, кто умеет смеяться над другими, повышает свой внутренний культурный мир, учится и интересуется вещами, принадлежащими другим цивилизациям. Действительно, каждый россиянин должен обладать, как своей культурой, так и мировой. Это, по сути, обогащение культуры через другие культуры, которое каждый обнаруживает в этом маленьком театре, ибо Андрей Миронов и хотел открыть это для своих сограждан. Все роли, исполненные талантливыми актёрами и берущие начало на заднем плане, очень разнообразны. Гуманизм Миронова утверждает значимость земного существования. В русской культуре эта идея находит своё воплощение в беспрецедентном развитии во всех областях искусства, включая ремесла. Комедия на сцене изменилась на трагедию жизни в её целостности. Актёры трактовали события прошлого, происходящие в 1918 г., которые могут повториться в 2011. Комедия нравов, легкомыслие женщин и мужчин не в состоянии захватить и восстановить все моменты счастья ? Кажется, что русские на протяжении веков заботились об истории и оставили ей много архивных документов, которые, в конечном счёте, поднимаются и содержат много интересного. Разного рода захоронения и музеи сохранились в большом количестве. Особенно, в Санкт-Петербурге, Эрмитаж, в котором представлено множество разнообразных произведений искусств разных форм, различных эпох с пяти континентов ; некрополи XVIII века, где были захоронены известные и всеми любимые люди, такие как : Венская ; жена А. С. Пушкина и Ломоносов, великий русский учёный. Во многом благодаря именно Эрмитажу с его культурным разнообразием в России сохранилось много шедевров. Также благодаря некрополям, которые хранят память о выдающихся личностях. Кроме того, россияне с гордостью показывают впечатляющие памятники, построенные в память о людях, которых они знают, и память о которых передают другим поколениям. Что же касается современного поколения, то оно считает, что культура – это то, что остаётся после того, как люди уходят из жизни. В то же время, сами представители современного поколения озабочены насущными дневными заботами. Однако ведя себя таким образом, боятся ли они стать жертвами « демонов затрат » или же жертвами наиболее насущных и злободневных дневных забот ?

2. « Лучшее – враг хорошего »

Труды Вольтера изучены и переведены на многие языки. Работы этого великого французского мыслителя являются настольными книгами. Тот, кто абсолютно не знаком ни с одним из его трудов, или хотя бы не имеет в своей библиотеки ни одного его сочинения, рассматривается обществом, как невежественный человек. Переписка философа и Екатерины II фактически стала жизненными наставлениями прошлого и настоящего. Но всё, что Вольтер написал, « Лучшее – враг хорошего » в XVIII веке, может вернуться в Россию в XXI веке. В наши дни эта мысль становится более злободневной, чем когда либо. Хотя страна уже не та, что была при великой императрице, которая навязывала народу своей страны современные взгляды того времени, это подтверждает обратная сторона, которая изменила геополитику.

СССР канул в лету. Сегодня перед Россией стоят другие вопросы и проблемы. Современные россияне более честолюбивы, но, тем не менее, более реалистичны во взглядах по многим вопросам, о чём свидетельствуют многочисленные заседания « Большой двадцатки ». Они хотят показать всему миру, что они, в конечном счёте, развиваются, и их позиция в мире изменилась. Они путешествуют, делают покупки и, конечно же, заводят новых друзей. Распри и обиды – исчезают. Китайцы, американцы и европейцы разделяют эту доброжелательность и открытость и, в свою очередь, посещают по приглашениям Россию. Торговля – процветает. Порт в Санкт-Петербурге заполнен кораблями с флагами разных стран. Состоятельные русские хотят не только заниматься бизнесом в США, но и отправлять туда своих детей на каникулы или праздники. Что же касается малоимущих россиян, то им вполне по карману покупать товары китайского производства и даже продавать их в поездах. Так, к примеру, в пригородном поезде, за небольшую цену, пожилая женщина предлагает разные насущные бытовые мелочи, как то, пакеты, расчёски, мыло, средства от комаров и прочее. Это – её средство к существованию. Подобное занятие ближе к тем людям, которые хотят работать честно. В современном обществе бедные слои населения лишены поддержки, которая была во времена СССР. Социальная обеспеченность - практически отсутствует. Однако врачи в больницах продолжают лечение, между тем рекомендуя вести гигиенический образ жизни. По прежнему продолжает процветать алкоголизм. Пьяницы напиваются и избивают своих жён, или же дерутся со своими собутыльниками. 1 В поликлиниках ругающиеся женщины долго стоят в очередях, чтобы получить какую – либо справку или документы, необходимые для развода. Сам развод – явление довольно частое, и в 50 % случаев он случается по причине взаимонепонимания супругов. После подобных разводов дети вынуждены переживать экономические трудности новой жизни вместе с разведёнными родителями или отдельно. Некоторые из детей в дальнейшем получают помощь от правительственных организаций по распоряжению судов. Что же касается обеспеченных, страхование жизни, кажется, даёт им долгосрочную защищённость, вероятно во всех испытаниях. Кроме того, новые заказы повышают продажу движимого и недвижимого имущества. Всё жильё в Пушкине остаётся построенным на половину, потому что архитекторы и строители, бросив всё, сбежали, разорённые спекуляцией и недавним экономическим кризисом. Таким образом, Вольтер может снова стать актуальным в мировой политике и оказаться полезным, хотя деньги и стали хорошим лекарством от любой болезни и резким ростом социальной политики в современной России.

3. Кто хочет путешествовать далеко, тот должен беречь своего коня.

Туризм постепенно разворачивается в России. При этом, его права и налоги руководства, и, возможно, жизнь среди народов и особенно среди иностранцев. Способов путешествия становится всё больше. Туристические агентства предлагают туры отдельным лицам или группам по своим фиксированным ценам, пренебрегая какой-либо конкуренцией. Так, из России в Финляндию россияне могут добраться за день на автомобиле примерно за 250 рублей (1 евро = 40 руб.). Программа путешествия включает в себя посещение музеев и поход по магазинам за деликатесами, такими как, икра, вино, кофе. Это - безвизовая поездка. Однако европеец, которому требуется российская виза для однократного посещения России, не может посетить Финляндию, даже если поездка будет длиться всего один день. Он должен снова подать заявку на получение новой визы для этой поездки.

Русская бюрократия – огромна. Бумажное согласование крепко и на долго занимает любого иностранца на российской территории. Требования для российской визы сбивают с толку любого. В Париже необходимо стоять в очереди у консульства уже в 9 утра по адресу Boulevard Lannes 75016 Paris, т. е. за 3 часа до его открытия. Затем нужно ещё раз вернуться и снова отстоять в очереди, чтобы представить необходимые документы (приглашение и страховку), а затем, если всё в порядке, произвести оплату при помощи кредитной карты. Турист, который не имеет кредитной карты, должен вернуться в консульство, чтобы занять своё место в очереди на получение оной. Быстрая виза, всего за час ожидания, стоит вдвое дороже (70 евро). Даже в Париже интернет стал неуправляемым для русской администрации.

В России гость должен зарегистрироваться один раз с человеком, который отправлял приглашение. Эта операция может занять полдня бумажной волокиты, так как бывает, что россиянин неправильно заполнил бумаги и должен их переписать, а очередь снова скажет : « пожалуйста, приходите завтра, потому что уже подошло время закрытия почты ». Туристы, которые воспользовались туром, избавлены от этой бюрократии. Мораль такова : нужно беречь энергию и время, сохраняя её для визита в Россию.

4. Средства массовой информации в городской и сельской местности в России.

Радио и телевидение имеются в каждом деревенском доме, даже в самых удалённых населённых пунктах. В летнее время россияне живут на своих дачах, расположенных примерно в 50-100 км. от города. Дачи – это вторые дома, т. к. всё построено с комфортом. Но, тем не менее, в каждом случае всё зависит от состоятельности хозяина. Естественно, качество жизни различно у каждого класса. Нет никакого смысла возвращаться назад к классовой борьбе и революции 1917 года, чтобы признать эволюцию российского общества и лучшую жизнь сегодня. И всё же можно обнаружить эту разницу, хотя русские считают себя европейцами. Также, они удивлены, почему они ещё не являются членами Евросоюза ? Помимо телевизора и радио новости можно также узнавать из прессы, через такие газеты, как « Новая Россия », « Известия ». Провинциальные газеты, как : « Царскосельская газета », « Новый Санкт-Петербург », ежедневник РБК, « Мир Возрождения » (журнал банка « Возрождения »). Другие локальные газеты, как « Метро », « Электричка » - также обеспечивают новостями. По радио также передают главные новости, завершая сообщения музыкой и прогнозом погоды. Таким образом, « арабская весна » и перемены в Кот-д’Ивуар обсуждаются даже бабушками, которые начинают обсуждать, что происходит в мире. Мы были удивлены пожилой женщине (83 года), которая подписывая петицию в поддержку вьетнамских жертв, павших от Агента Оранж2 (или, проще говоря - диоксин3) сказала : « Ну, когда же американцы прекратят причинять вред и страдания другим людям » ? Сбитые с толку, мы сказали ей, что её подпись не напрасна и справедливость обязательно восторжествует. Интернет, как источник новостей, начинает распространяться повсеместно. Сегодня люди обеспечены любой информацией через интернет. Они думают, что поступая таким образом, они будут лишены любого экономического обмана. Интеллигенция и в особенности учёные также верят в устойчивое расширение и единство. Однако всякого рода ворчуны - против глобализации. 15 июля 2011 года в одном телевизионном шоу шла дискуссия на тему « Нужна ли нам монархия » ? (какая монархия нам нужна ?), организованная журналисткой Никой Стрижак, которая хорошо известна по уже проведённым, открытым для каждого желающего дискуссиям на политические темы. Она хочет воспользоваться шансом, чтобы получит конкретные ответы от горожан. Но с разной степенью ясности и разными мнениями было сказано, что монархия – занавес, который можно открывать или закрывать по своему усмотрению. Почему монархия, когда Россия имеет президента, выбранного демократическим путём ? Спор будет бессмысленным, если кто-нибудь не прислушается к анти-сталинским и другим анти-диктаторским мнениям. Тем не менее, не один из выступавших на программе, не поднял дело Михаила Ходорковского, являющегося сегодня узником совести и содержащимся в колонии №7 Республики Карели в России на границе с Финляндией. Частный доступ к СМИ и либеральные взгляды Партии народной свободы « Парнас » в настоящее время испытывают затруднения в участии в избирательном процессе, как в парламентских выборах в декабре, так и в президентских весной 2012 г. Четыре короткие новости из России этого лета 2011 года, вероятно, вызовут индивидуальный интерес к этой стране, продолжающей всех удивлять. Преодолеют ли дружба и доверие все преграды ?

Текст перевёл

translation by Dents Sinyak - Saint Petersbourg July 30, 2011


le 7 juillet 2011

Le rôle des groupes des ambassadeurs francophones dans les organisations internationales

A l’Académie diplomatique internationale de Paris s’est tenue le 6 juillet 2011 la journée de réflexion sur le rôle des groupes des ambassadeurs francophones dans les organisations internationales. De nombreux ambassadeurs des pays ayant le français en partage et en particulier ceux exerçant une fonction auprès des organisations internationales y sont invités ainsi que la presse francophone, les professionnels du multilinguisme sur la scène internationale, des universitaires, des fonctionnaires internationaux, des observateurs et diverses personnalités du monde politique, économique et social.

Le programme s’est déroulé en deux temps : Une première table ronde a réuni les professionnels du multilinguisme qui ont présenté la situation des langues dans les principales organisations internationales. Une deuxième table ronde a permis aux personnalités qui se sont engagées dans une concertation francophone autour d’un grand sujet de l’agenda international (aide au développement, diversité culturelle, environnement, développement durable, guide pour les négociateurs) de faire part de leur expérience. Comme toutes ces réflexions seront par la suite rendues publiques dans un document de synthèse mettant en exergue les bonnes pratiques et les défis pour les groupes des ambassadeurs francophones, il nous semble intéressant de relater les points essentiels de la concertation francophone, à travers des expériences et des projets afin d’en articuler les défis de la langue française.

La concertation francophone : quelle efficacité, quelle visibilité ?

M. Yvan AMAR, producteur délégué des émissions sur la langue française à RFI a été le modérateur de la deuxième table ronde à laquelle ont pris la parole successivement :

M. Jean Pierre RAFFARIN, ancien Premier Ministre (2002-2005) sous la présidence de Jacques Chirac, actuellement Sénateur, est le Représentant Personnel du Président de la République française auprès du Conseil permanent de la Francophonie (depuis 2009). A ce titre, il représente le Chef de l’Etat auprès du Secrétaire Général de l’Organisation internationale de la Francophonie(OIF). Il anime l’action de la France au sein des instances multilatérales de la Francophonie. Très concerné par la question du multilinguisme dans les organisations internationales, M. Raffarin a entrepris divers déplacements au sein des principaux sièges de celles-ci où il a eu l’occasion de sensibiliser à la question des diplomates et des hauts fonctionnaires. Nommé Grand Témoin de la Francophonie aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008, il a pu aussi souligner l’impact de la langue française dans un univers très complexe. En effet, selon lui, le français est la langue qui exprime la diversité et les valeurs de justice et d’équité mais aussi le respect culturel et civil appelant à la réciprocité. C’est un combat moderne ayant un rôle de vigilance que doivent mener les groupes des ambassadeurs de la francophonie. « Nous parlons le français qui est un outil de la compréhension des peuples. »

S.E M. Libère BARARUNYERETSE, Représentant permanent de l’OIF auprès de l’Union Africaine (UA) (1), a souligné le rôle important de l’éducation à renforcer dans les pays africains. « Aller à l’école, c’est un vivier pour y puiser les richesses de la langue française ». Dans son exposé, les deux types de concertations, réunions de dialogues et les ateliers thématiques ont été des stimulateurs renforçant les questions de paix et de sécurité.

S.E.M.Moussa Makan CAMARA, Représentant permanent de l’OIF auprès des Nations Unies à New York a présenté les quatre réseaux de veille, à savoir le renforcement de la langue française par le multilinguisme, les médiateurs de la paix, la coopération ou le développement durable et les langues officielles et de travail dans les relations avec et entre les Etats Membres. Concernant les langues dans le fonctionnement quotidien des nations Unies, M.Camara a déploré la tendance au renforcement d’un environnement dominé par l’usage quasi exclusif de la langue anglaise tant au secrétariat général qu’au sein des organes. Cependant la langue française a été adoptée en tant que langue de délibération dans divers aspects politiques à New York.

S.E.M. Piétro SICURO, Représentant permanent de l’OIF auprès de l’Union européenne à Bruxelles, a remarqué que le français utilisé par les parlementaires est un maillage des acteurs sur la scène mondiale. L’UE (2) tant néanmoins dotée de la personnalité juridique par le traité de Lisbonne (art. 47 TUE), ce qui lui permet de conclure des traités ou d’adhérer à des conventions. Enfin, l’UE possède des institutions fortes auxquelles les États membres ont transféré une partie de leurs compétences. Mais c’est en amont que se préparent les travaux ayant l’usage du français, par exemple les ateliers sur le coton à Istanbul. Suite à ces réunions avec les producteurs de coton, l’UE a dégagé une aide de 11 millions d’euros. Rappelons que les négociations sur le coton ont fait l’objet de différends entre le Brésil et les Etats-Unis d’Amérique depuis de longues années (3).

Mme Véra LACOEUILHE, Représentante de Sainte Lucie au Comité intergouvernemental de la diversité culturelle de l’UNESCO, a participé comme Chef de Délégation aux négociations de plusieurs Conventions élaborées au sein de l’UNESCO. Elle est aussi Présidente du Groupe des Ambassadeurs francophones de l’UNESCO. En faisant part de son expérience de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles elle a surtout insisté sur la notion de la culture, qui ne doit pas être considérée comme une marchandise. De ce fait il faut préparer les candidatures francophones par le groupe des ambassadeurs francophones pour les directives opérationnelles.

S.E.M.Shree Baboo Chekitan SERVANSING, Ambassadeur représentant permanent de la République de Maurice auprès des Nations Unies à Genève. Dans son exposé sur les questions de commerce et développement auprès de l’ONU- Genève et de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), il a mentionné que les alliances sont de véritables négociations à l’échelon international conduisant à la solidarité. Spécialiste des questions commerciales, son intervention éclaire aussi sur les négociations pour le programme de Doha pour le développement. Parmi ces négociations figurent notamment celles qui ont trait à l’agriculture et aux services, qui ont commencé au début de 2000. A Doha, les Ministres ont également adopté une décision connexe relative à la mise en œuvre — difficultés auxquelles se heurtent les pays en développement dans la mise en œuvre des accords actuels de l’OMC.

Mme Michèle Dominique RAYMOND, Sous Secrétaire général chargé du département des questions politiques et du développement humain, Secrétariat du groupe des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), dans sa présentation sur la concertation francophone pour la coopération au développement : succès et défis, a signalé qu’à Bruxelles « on se parle, on s’écoute, on met en actions ». De ce fait, l’exemple de l’Accord de Cotonou avec l’UE est significatif car signé le 23 juin 2000 à Cotonou au Bénin pour une période de 20 ans (de mars 2000 à février 2020) il consacre des changements radicaux et arrête des objectifs ambitieux, tout en préservant l’acquis de 25 années de coopération entre l’UE et les Etats ACP. Selon Mme Raymond, les succès et les défis de cet accord résident dans son partenariat global, reposant sur trois piliers complémentaires, la coopération au développement, la coopération économique et commerciale et la dimension politique.

Mme Anne GAZEAU- SECRET, diplomate de carrière, ambassadeur de la France au Danemark et au pays Bas, Conseillère d’Etat depuis avril 2009, apporte son témoignage sur la concertation francophone : diplomatie bilatérale et multilatérale en insistant sur l’image de la communication, l’image de l’économie de la francophonie et la manière pragmatique pour imposer l’usage du français. Se faisant on doit être en initiative pro active.

M .Christian BRODHAG, Directeur de recherche à l’Ecole normale supérieure des mines de Saint-Etienne et président du conseil d’orientation de l’Institut de l’énergie et de l’environnement de la francophonie de Québec (IEPF) dans son exposé de la concertation francophone dans les négociations sur le développement durable informe sur le poids français de l’ISO 26000 qui est une norme française définissant la responsabilité sociétale comme responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et de ses activités sur la société et sur l’environnement, se traduisant par un comportement transparent et éthique. Sur le plan linguistique, les négociations sur le développement durable sont rédigées en français et intégrées dans la traduction. Un guide en français pour les négociateurs a été élaboré ainsi que le développement des systèmes d’informations et de réseaux sociaux.

M. Adama SAMASSEKOU, Président du Conseil international de la Philosophie et des Sciences Humaines (CIPSH) et président du réseau MAAYA (réseau mondial pour la diversité linguistique) et membre de la Commission de l’IUT et de l’UNESCO du Large bande pour le développement numérique, a parlé sur la concertation francophone au Sommet mondial sur la société de l’Information. Selon lui, la fracture numérique n’est que l’aspect le plus visible d’un ensemble de fractures plus graves et plus profondes qui devraient préoccuper la communauté internationale. La Société de l’information ne se caractérise pas uniquement par la disponibilité des technologies mais elle est un ensemble de phénomènes économiques, culturels, sociaux et politiques qui définissent une nouvelle étape dans l’histoire de l’Humanité.

La clôture de la journée a été faite par M. Frédéric BOUILLEUX, directeur de la Langue française et de la diversité culturelle et linguistique de l’OIF résumant la richesses des interventions et la qualité des intervenants tout en soulignant la place et la promotion du français et de la diversité linguistique et culturelle dans les organisations internationales. par ailleurs, l’OIF s’est engagée pour renforcer l’usage du français dans la diplomatie.

Une remise de diplômes aux participants à la formation « métiers de la diplomatie » en majorité en provenance des pays africains a été organisée par l’OIF et l’ADI.

Les témoignages apportés par le groupe des ambassadeurs francophones ont été très utiles et ouvrent sur des perspectives de modernité tout en donnant l’accès à un savoir objectif, méthodique et impartial avec l’usage du français.

Notes

(1) UA : organisation d’États africains créée en 2002, à Durban en Afrique du Sud, en application de la déclaration de Syrte du 9 septembre 1999. Elle a remplacé l’Organisation de l’unité africaine (OUA). La mise en place de ses institutions (Commission, Parlement panafricain et Conseil de paix et de sécurité) a eu lieu en juillet 2003 au sommet de Maputo au Mozambique. Son premier président a été le Sud-Africain Thabo Mbeki, précédemment président de l’OUA. Ses buts sont d’œuvrer à la promotion de la démocratie, des droits de l’homme et du développement à travers l’Afrique, surtout par l’augmentation des investissements extérieurs par l’intermédiaire du programme du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique(NEPAD). Ce programme stipule que la paix et la démocratie sont des préalables indispensables au développement durable. in http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_...

(2) L’Union européenne (UE) est l’association volontaire d’États européens, dans les domaines économique et politique, afin d’assurer le maintien de la paix en Europe et de favoriser le progrès économique et social. Depuis le 1er janvier 2007, l’UE compte 27 membres. Aux 25 États déjà membres (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Danemark, Irlande, Royaume-Uni, Grèce, Espagne, Portugal, Autriche, Finlande, Suède, Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Slovénie) sont venus s’ajouter la Bulgarie et la Roumanie. La Turquie, la Croatie et la Macédoine (ancienne République Yougoslave de Macédoine) ont le statut de candidat à l’Union. in http://www.vie-publique.fr/decouver...

(3) Préoccupé par l’impact des subventions au coton et par l’explosion des exportations des États-Unis, le Brésil a saisi l’Organe de Règlement des Différends (ORD) de l’OMC en 2002. Il a fait valoir que les États-Unis n’avaient pas respecté leurs engagements aux termes de l’Accord sur l’Agriculture (ASA) du Cycle d’Uruguay et de l’Accord sur les Subventions et Mesures Compensatoires (SMC). Le différend qui a duré près de huit ans, s’est finalement conclu par un verdict de l’ORD en faveur du Brésil sur la quasi-totalité de ses revendications. Le cas portait à la fois sur les subventions à l’exportation, la classification des soutiens internes aux termes des accords de l’OMC et sur la Clause de Paix. L’ORD et, par la suite, l‘organe d’appel (OA) ont constaté que les subventions américaines de près de 3 milliards sur le coton en 2005, dépassaient la limite fixée par la Clause de Paix, qui permet aux signataires de continuer à soutenir leurs agriculteurs en attendant une réforme de leurs politiques nationales. L’ORD et l’Organe d’Appel ont également précisé que les prêts du gouvernement américain à des taux préférentiels aux exportateurs de coton, représentaient une subvention à l’exportation en violation des accords de l’OMC. Finalement, l’examen du cas a révélé que certaines aides au coton qui avaient été déclarées comme appartenant à la catégorie verte, étaient en réalité incompatibles avec les critères établis pour de telles dépenses. Durant le processus de règlement des différends, les États-Unis ont tenté de réformer leur législation interne pour rendre leur soutien au coton conforme aux règles de l’OMC et ainsi répondre à la plainte du Brésil. Depuis l’arbitrage de l’OMC en 2009, qui a autorisé des mesures de rétorsion, le Brésil et les États-Unis ont tenté de parvenir à un accord cadre qui satisferait les groupes nationaux les plus touchés. in http://ictsd.org/downloads/2010/11/...


le 1er juillet 2011

Fr, An

Daehan Minguk au pays du matin frais, une terre de rencontres édifiantes

Il était une fois, une terre de rencontres édifiantes avec des femmes et des hommes épris de paix et d’harmonies cordiales. Il nous semble enthousiasmant de vous la raconter avec ce désir de vous faire aimer les habitants de Daehan Minguk et de comprendre le parcours de leur destinée. Aujourd’hui, le monde découvre ce pays partagé par le 38è parallèle en deux Etats, la République de Corée au sud avec capitale Séoul et au nord, la République populaire démocratique de Corée (RPDC), capitale Pyongyang (1).

Au delà des connotations sociales, économiques et politiques, nous nous efforçons de nous concentrer sur l’histoire des femmes et des hommes rencontrés en République de Corée, à Séoul et dans les différentes villes, à travers l’histoire, la culture et les arts, la lutte des femmes coréennes soumises à l’esclavage sexuelle militaire pendant l’occupation japonaise, les manifestations de protestation contre l’Agent Orange/dioxine à Séoul et à la base américaine de Boocheon, la situation générale des syndicats et des mouvements sociaux et la situation des travailleurs migrants. Quelles perspectives à court, moyen et long terme pourraient impacter sur le devenir des femmes et des hommes du pays du matin frais ?

à travers l’histoire, la culture et les arts

Située entre la Chine, la Russie et le Japon, le Daehan Minguk a connu des péripéties que l’histoire les dévoile à travers de nombreux sites historiques, notamment les Musées national de Corée, de la prison de Seodaemun et le Palais Gyeonghuigung et de nombreuses manifestations culturelles et artistiques (expositions, festival de cinéma, danses folkloriques).

Au musée national de Corée, à Séoul. En parcourant les salles, des pièces de collections de la préhistoire à la période Joseon (1392-1910) nous présentent l’essence de la culture coréenne. Des 20 chefs-d’œuvre nous avons été frappée par l’album d’une journée de voyage à Songdo présenté par Kang-Se-hwang (1713-1791), peintre et critique d’art et de calligraphie qui a retracé de visu les paysages captés lors de son déplacement. La carte de l’Etat de l’Est donne les précisions du contour de la nation incluant les régions du nord où sont dessinées avec de multiples symboles les données géographiques telles les transports, la situation des villages et les baraques militaires au 18è siècle. La pagode au dix histoires a été faite en marbre en 1348 pendant la période Goryeo, avec des lions, des fleurs de lotus, des ascètes et autres sculptures. 16 scènes de cérémonies bouddhistes sont représentés. Le style ressemble à celui de l’architecture en bois décrivant avec justesse les doctrines bouddhistes en son temps.

Au musée de la prison de Seodaemun, qui signifie souffrances et douleurs des Coréens pendant les temps contemporains, le musée conserve 5000 photos de militants qui ont été emprisonnés et martyrisés. Les Coréens ont accédé à l’indépendance et la démocratie à travers un esprit indomptable et un grand potentiel de luttes. Les trois salles exposant les mouvements populaires de la fin de l’Empire Daehan au mouvements de luttes de 1919 jusqu’à la libération en 1945, ont été très explicites. Les bâtiments d’interrogations, de tortures et d’exécutions des prisonniers sont aujourd’hui restitués pour permettre aux publics et à la jeune génération de comprendre l’issue de ces batailles de convictions.

Le Palais Gyeonghuigung (Palais de l’harmone Sérénissime)a été l’un des cinq grands palais construit par la dynastie Joseon. Instituée à la fin du XIVè siècle, elle expérimente une longue période de prospérité. Après les invasions japonaises et mandchoues de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècles, le royaume se referme sur lui-même, les classes dirigeantes niant toute attirance extérieure. La société déjà divisée en classes sociales ankylosées, se fige et n’évolue plus, ce qui pousse aux mouvements de contestation et des révoltes, puis des interventions étrangères (occidentales et japonaises). Pendant cette période, le pays est surnommé le royaume-ermite. Dans la dernière période Joseon, Gyeonghuigung a servi de palais secondaire. Comme il est situé à l’ouest de Séoul, il a également été appelé Seogwol (un palais de l’ouest). Le palais secondaire est généralement le palais où le roi s’est déplacé aux périodes d’urgence. Du roi Joseon au roi Injo Cheoljong, une dizaine de rois de la dynastie Joseon y ont séjourné. Ce palais construit selon la géographie inclinée de la montagne environnante, a la beauté de son architecture traditionnelle. Pour un temps, il a été d’une taille considérable au point même d’avoir un pont voûté pour le relier au palais de Deoksugung. Les audiences royales sont reçues dans les salles de Sungjeongjeon et Jajeongjeon alors que les résidences privées se trouvent dans celles de Yungbokjeon Hoesangjeon. Les Japonais ont complètement détruit le palais Gyeonghuigung durant l’occupation japonaise pour y construire une école pour les citoyens japonais. Cependant dans les années 1990 le gouvernement sud-coréen a pris l’initiative de reconstruire les « Cinq grands palais » fortement détruits par les Japonais. Mais en raison de la croissance urbaine et des décennies de négligence, le gouvernement n’a pu réaliser qu’environ 33% du projet.

à travers la lutte des femmes coréennes soumises à l’esclavage sexuelle militaire pendant l’occupation japonaise

Les « femmes de réconforts », exploitées dans les bordels militaires nippons restent des salissures inexcusables du colonialisme japonais. Les soldats japonais les ont considérées comme des prostituées consentantes. Le 8 janvier 1992, le Conseil Coréen (The Korean Council) a instauré le début de la démonstration hebdomadaire pour la résolution de la question de l’esclavage sexuel militaire du Japon. La manifestation a continué tous les mercredis à midi devant l’ambassade du Japon. Chaque année à l’occasion du Jour de l’indépendance de la Corée et lors de la semaine unité du monde, tous les pays asiatiques victimes à diverses raisons organisent simultanément un rassemblement et une campagne de mobilisation en particulier la dernière semaine de décembre pour commémorer les victimes disparues. Aussi, les organisations de femmes coréennes manifestent à la Journée internationale des femmes chaque 8 mars mais encore chaque mercredi. Par ailleurs, elles ont organisé avec le Conseil Coréen et divers groupes de pays étrangers à Tokyo, Japon les 7-12 décembre 2000 le « tribunal international sur l’esclavage sexuel japonais » (the Women’s International Tribunal on the Military sexual Slavery by Japan) avec le plein appui des droits des femmes internationales et de défense des droits des communautés. Il s’agit d’un tribunal international des droits humains versus les auteurs coupables de crimes de guerre. Ce tribunal a été saisi conjointement par les deux Corées contre l’Etat japonais déclaré coupable des sévices de la guerre de Corée (2). Il a été instauré également une journée d’audience sur les violations actuelles contre les femmes pendant la guerre, y compris celles au Kosovo, en Colombie, en Afghanistan et autres régions impliquées dans des conflits armés. Le verdict a été rendu en décembre 2001 à La Haye avec inculpation de crimes de guerre les auteurs japonais accusés criminels y compris l’empereur Hirohito.

à travers les manifestations de protestation contre l’Agent Orange/dioxine à Séoul

Selon un reportage d’une télévision américaine, les forces armées US auraient enterré des tonnes d’agent orange, un défoliant tristement célèbre pour son utilisation massive pendant la guerre du Vietnam, près de Séoul. La Corée du Sud réclame des explications. L’agent orange qui contient de la dioxine, est très toxique pour l’homme et l’environnement. Les forces US ne le savaient prétendument pas pendant leur utilisation au Vietnam, entre 1961 et 1971. Mais le savaient-elles en 1978, quand plus de 250 tonneaux de la substance auraient été enterrés à 300 kilomètres de la capitale sud-coréenne ? Cette annonce dérangeante a été faite par une télévision nord-américaine le 19 mai 2011 sur le témoignage de 3 vétérans de la guerre de Corée (1950-1953). Basés à Camp Carroll, à environ 300 kilomètres au sud-est de Séoul, on leur aurait donné l’ordre de creuser un fossé grand comme un bloc urbain, pour y “enterrer des déchets“. Selon Robert Travis, l’un de ces trois vétérans, Il y avait environ 250 tonneaux. Ils portaient l’inscription suivante “produits chimiques type agent orange – 1967 – république vietnamienne “. Suite à ces déclarations, le ministère de l’environnement sud-coréen a demandé des explications aux responsables des bases américaines. Réponse précise de l’autorité en question par la voix du lieutenant colonel Jeffrey Buczkowski, porte parole du huitième corps d’armée de Camp Caroll : Nous avons commencé une revue des archives pour vérifier la plausibilité de ces allégations. D’autre part, nous allons consulter nos experts des questions environnementales pour voir ce que nous pourrions faire au cas où elles seraient confirmées. De plus, la présence massive des forces armées US en Asie, en particulier de 28.500 soldats américains stationnés sur le sol sud-coréen, est toujours un problème majeur dans la région. Si elles s’avèrent être la source d’une pollution dangereuse, des voix pour leur départ de la péninsule coréenne vont se faire entendre (3). La population voisine des bases américaines, les étudiants en sciences de l’environnement, les scientifiques et le corps médical sont d’ores et déjà préparés à mener des enquêtes concernant l’impact de la dioxine sur le sol coréen.

à travers la situation générale des syndicats et des mouvements sociaux

Lors de notre rencontre avec des représentants des associations de la société civile et des représentants du Mouvement de la réunification au siège de la KCTU (Korean Conferation of Trade Union) Confédération coréenne des syndicats, nous avons appris que de grandes grèves se préparent. En particulier, les manifestations pour le salaire minimum, etc. Il semble que le salaire minimum légal doit être levé. Il est de 10,00 $ en Monnaie internationale (International Currency est une mesure de monnaie basée sur la valeur du dollar des États-Unis en 2009). Par ailleurs, les prestations de chômage sont fournies uniquement pour de courtes périodes de 90 à 240 jours. Les entreprises qui emploient des femmes et des personnes âgées reçoivent également un traitement spécial dans le système. Or, tous les employées de moins de 65 ans peuvent être couvertes, à l’exception de celles nouvellement embauchées après l’âge de 60 ans, (travailleuses dont la durée du travail est inférieure à 80 heures par mois et les travailleuses indépendantes). L’assurée doit contribuer à 0,45% de son salaire annuel avant impôt. Les employeurs doivent contribuer entre 0,7% et 1,3% de la masse salariale annuelle, en fonction du type d’entreprise. Afin d’être admissible, le travailleur doit avoir été couvert par le système pendant au moins 6 mois au cours des 18 derniers mois, être inscrit au bureau de sécurité de l’emploi et de montrer sa volonté à travailler. La prestation est payable après une période de 7 jours d’attente, pendant 90 jours au travailleur qui a entre 6 et 12 mois de couverture ; pendant 240 jours avec plus de 10 ans de couverture ou de 50 ans ou plus âgés ou handicapés. Le quotidien prestation minimale est de 90% du salaire minimum.

à travers la situation des travailleurs migrants

En Corée, il ya presque 400 000 travailleurs migrants en provenance de l’Asie du Sud, de l’Indonésie, des Philippines et de pays tels le Pakistan et le Népal et récemment des immigrants de Chine (des coréens-chinois d’ascendance coréenne ayant vécu en Chine) En effet, depuis 1994, le gouvernement a encouragé l’importation de travailleurs immigrés en raison de la pénurie de main-d’œuvre, notamment sur les petites exploitations. D’abord, ils sont importés en tant que « stagiaires », mais s’ils veulent rester en Corée, ils échapperaient à la société qui les a embauchés. La KCTU a essayé d’organiser ces travailleurs immigrés dans les syndicats, malgré de grandes difficultés linguistiques. En Corée, les travailleurs immigrés n’ont pas les mêmes droits juridiques que les travailleurs locaux. Cependant, selon Alain Devalpo, le pays du matin clair a repris son essor mais l’horizon reste bouché pour les soutiers de la machine économique, les femmes et les travailleurs immigrés (4).

Perspectives

A travers les sujets décrits mais débattus lors de nos rencontres et conférences à Incheon, Imjunkak, Jochiron (ville), Choongnam (région), Boocheon, Cheonan (ville) Choognam (région), Anyang et à Ilsan, nous avons découvert des « Asiatiques vivant à l’heure américaine ». En effet, l’accès des Coréens à la société de consommation se traduit par une diversification des loisirs, par exemple, les promenades dans les parcs, un des passe-temps favoris en fin de semaine, les sorties au café ou au cinéma tandis que le taux d’accès à Internet compte parmi les plus élevés au monde. Outre la pratique des sports coréens traditionnels (comme le tir à l’arc ou le taekwondo), le football et le baseball sont particulièrement populaires. Une autre passion est la pratique du jeu en ligne massivement multijoueur MMOG (MMOG, de l’anglais massively multiplayer online game) qui est un genre de jeu vidéo faisant participer un très grand nombre de joueurs simultanément par le biais d’un réseau informatique ayant accès à Internet. Par ailleurs, les jeunes s’intéressent de plus en plus à la gestion de la société civile et sont sensibles aux incidents politiques, comme celle survenue le 23 novembre 2010 quand la Corée du Nord a attaqué l’île de Yeonpyeong, une île habitée de Corée du Sud, près de sa frontière occidentale, à l’artillerie lourde. Dès qu’ils ont été informés, les Coréens ont publié des messages sur Twitter pour partager leur ressenti, ce qu’ils devraient faire en cas d’urgence et en élaborant des scénarios sur ce qui allait se passer ensuite. L’incident, qui a détérioré le peu de relations entre les deux Corées difficilement acquises, a fait l’effet d’un signal d’alarme chez les jeunes Sud-Coréens, habitués à une situation de paix (5).

A court terme, les Coréens semblent vouloir s’ intervertir dans un monde vertueux où la hiérarchie des valeurs est encore acceptée par la jeune génération. A moyen terme, ils cherchent à se développer et à s’imposer économiquement malgré la position géographique en étau entre deux géants agressifs, la Chine et le Japon. A long terme, leur désir ardent de réunification (6) depuis le Forum de politique internationale Paris 21, de 2008 est en bonne voie, la persistance de la division apparaissant comme un acte désuet voire rétrograde dans la conscience des femmes et des hommes épris de liberté et de paix.

Notes :

(1) (2) La guerre de Corée (1950-1953) http://www.andurand.net/eleves/term...

(3) Etienne T : http://www.greenetvert.fr/ Agent-Orange–stack-of-55-gallon-drums 23 mai 2011

(4) Korea is one : la face cachée du dragon coréen http://www.korea-is-one.org/spip.ph...

(5) Corée du Nord, Corée du Sud les événement de l’année 2010 http://www.justiceavenue.com/2010/1...

(6) à l’initiative de plusieurs organisations progressistes sud coréennes dont la section parisienne du Comité européen du parti Démocrate du travail et de l’ Institut de recherches coréennes du 21ème siècle, 6-9/12/2008 http://www.amitiefrancecoree.org/ar...


Daehan Minguk the land of the cool morning and challenging encounters

Once upon a time, there is a land of challenging encounters with women and men who love peace and cordial harmony. It seems exciting to explore the desire to be connected to the people of Daehan Minguk and understand the course of their destiny. Today, the world encounters that the country is divided by the 38th parallel into two countries named as Republic of Korea with its capital, Seoul in the south and Democratic People’s Republic of Korea (DPRK), in the north with Pyogyang as capital.

Beyond social economic and political connotations, we strive to focus on the history of women and men met in the Republic of Korea, at Seoul and other different cities, throughout history, culture and arts, the struggle of the Korean women subjected to military sexual slavery during the Japanese occupation, the protests against the Agent Orange / Dioxin in Seoul and at the U.S. base Boocheon, the general situation of trade unions and social movements and the situation of migrant workers. 

Which prospects would challenge for the short, medium and long run and impact on the future of Korean people ?

 through history, culture and the arts

Located between China, Russia and Japan, the country has experienced the ups and downs as the story unveils through the many historical sites, including the National Museum of Korea, Seodaemun Prison and Palace Gyeonghuigung and numerous culture and art events (exhibitions, film festival, folk dance) in Seoul.

National Museum of Korea in Seoul. Walking through the rooms, we are enlighted with the pieces of collections from prehistoric times to the Joseon period (1392-1910) giving the essence of Korean culture. Of 20 masterpieces we were struck by the album a day trip to Songdo presented by Kang Se-hwang-(1713-1791), a painter, art and calligraphy critic who traced visually landscapes which have been captured during his trip. The map of the state of the East gives the details of the outline of the nation, including the northern regions where multiple symbols are drawn with geographic data such as transports, the situation of villages and military barracks in the 18th century. The ten stories pagoda was made of marble in 1348 during the Goryeo period, with lions, lotus flowers, ascetics and other sculptures. 16 scenes of Buddhist ceremonies are represented. The style resembles that of the wooden architecture accurately describing the Buddhist doctrine in its time.

The Museum of Seodaemun Prison, which means the prison of pain and suffering of Koreans during the contemporary times, the museum holds 5,000 photos of activists who were imprisoned and martyred. The Koreans have gained independence and democracy through an indomitable spirit and great potential of struggle. The three rooms outlining the popular movements at the end of the Daehan Empire controlling movement from 1919 until liberation in 1945, were very explicit. Buildings of interrogations, torture and executions of prisoners are now restored to allow the public and the younger generation to understand the outcome of these battles of convictions.

The Gyeonghuigung Palace (Palace of Serene Harmony) was one of the five great palaces built by the Joseon Dynasty. Established in the late fourteenth century, the empire experienced a long period of prosperity. After the Japanese and Manchu invasions in the late sixteenth and early seventeenth centuries, the Kingdom is closed on itself, the ruling classes denying any outdoor attraction. The society already divided into stiff classes freezes and no longer changes, leading to protests and revolts and foreign interventions (Western and Japanese). During this period, the country is known as the United hermit. In the last Joseon, Gyeonghuigung served as a secondary palace. As it is located west of Seoul, it was also called Seogwol (a palace from the west). The secondary palace is usually the place where the king moved during periods of emergency. From King of Joseon to King Injo Cheoljong, ten kings of the Joseon Dynasty have habited the Palace, which has been built according to the geography angle of the nearby mountain, thus integrated into to the beauty of traditional architecture. For a time, it was of considerable size to the point of having an arched bridge to connect to the palace of Deoksugung. The hearings are received in the royal halls and Sungjeongjeon Jajeongjeon while private residences are located in those Yungbokjeon Hoesangjeon. The Japanese have completely destroyed the palace Gyeonghuigung during the Japanese occupation to build a school for Japanese citizens. But in the 1990s the South Korean government took the initiative to rebuild the « five great palaces » strongly destroyed by the Japanese. But due to urban growth and decades of neglect, the government has been able to achieve about 33% of the project.

through the struggle of the Korean women subjected to military sexual slavery during the Japanese occupation

The « comfort women » used in Japanese military brothels remain inexcusable dirt of Japanese colonialism. Japanese soldiers have considered them as willing prostitutes. On January 8, 1992, the Korean (The Korean Council) introduced the start of the weekly demonstration in solving the issue of military sexual slavery in Japan. The event continued every Wednesday at noon at the Japanese Embassy. Every year on the occasion of Independence Day of Korea and in the weeks’ unity of the world, all Asian countries in a variety of circumstances reasons’ victims simultaneously organize a rally and a mobilization campaign in particular the last week of December to commemorate the victims’ death. Also, Korean women’s organizations to show the International Women’s Day each March 8 but every Wednesday. They also organized with the Korean Council and various groups of foreign countries in Tokyo, Japan 7-12 December 2000 the « International Tribunal on Japanese sexual slavery » (the Women’s International Tribunal on Military Sexual Slavery by the Japan) with the full support of women’s rights and international human rights community. This is an international court of human rights versus the perpetrators guilty of war crimes. This court was referred jointly by the two Koreas against the Japanese government found guilty of abuse of the Korean War. It was also established a day of hearings on the ongoing violations against women during the war, including those in Kosovo, Colombia, Afghanistan and other regions involved in armed conflicts. The verdict was delivered in December 2001 in The Hague which has charged with war crimes Japanese criminal defendants, including Emperor Hirohito.

through the protests against the Agent Orange / Dioxin in Seoul

According to a recent report on American television, U.S. forces have buried tons of Agent Orange, a notorious defoliant for its widespread use during the Vietnam War, near Seoul. South Korea government demanded an explanation. Agent Orange containing dioxin is highly toxic to humans and the environment. U.S. forces allegedly not only knew for use in Vietnam between 1961 and 1971. But did they know in 1978, when more than 250 tons of the substance were buried to 300 km from the capital of South Korea ? The disturbing announcement was made by a North American television on May 19, 2011 on the testimony of three veterans of the Korean War (1950-1953). Based at Camp Carroll, about 300 kilometers southeast of Seoul, they were reportedly ordered to dig a ditch as big as a city block, to « bury the waste. » According to Robert Travis, one of these three veterans, there were about 250 tons. They bore the inscription « type chemicals Agent Orange - 1967 - Republic of Vietnam. » Following these statements, the Ministry of the Environment South Korean officials asked for an explanation of U.S. bases. Precise answer by that authority by the voice of Lt. Col. Jeffrey Buczkowski, spokesman for the eighth corps of Camp Carroll : We started a review of records to check the plausibility of the allegations. In addition, we will consult our experts on environmental issues to see what we could do if they are confirmed. In addition, the massive presence of U.S. forces in Asia, particularly 28,500 U.S. soldiers stationed on South Korean soil, is still a major problem in the region. If they turn out to be a source of dangerous pollution, voices for their departure from the Korean Peninsula will be heard. The population of nearby U.S. bases, students environmental science department, scientists and medical professionals are already prepared to investigate the impact of dioxin on Korean soil.

through the general situation of trade unions and social movements

When we met with representatives of associations of civil society and representatives of the movement for reunification at the headquarters of the KCTU (Korean Confederation of Trade Union) we have learned that large strikes are preparing. In particular, the events to the minimum wage, etc.. It seems that the minimum wage should be lifted. It is $ 10.00 in Mint International (International Currency is a measure of currency based on the dollar of the United States in 2009) Moreover, unemployment benefits are provided only for short periods of 90 to 240 days. Companies that employ women and the elderly also receive special treatment in the system. However, all workers under 65 may be covered, except for those newly hired after the age of 60 years (workers whose working time is less than 80 hours per month and self-employed). The insured people must contribute 0.45% of annual salary before tax. Employers must contribute between 0.7% and 1.3% of total payroll, depending on the type of business. To be eligible, workers must be covered by the system for at least 6 months during the last 18 months, be registered at the office of employment security and able to demonstrate its willingness to work. The benefit is payable after a period of seven days of waiting 90 days to workers who have between 6 and 12 months of coverage, 240 days with more than 10 years of coverage or 50 years or older or disabled. The daily minimum benefit is 90% of the minimum wage.

through the situation of migrant workers

In Korea, there are nearly 400,000 migrant workers from Southeast Asia, Indonesia, the Philippines and countries like Pakistan and Nepal and recent immigrants from China (Korean having lived in China) Since 1994, the government encouraged the importation of foreign workers because of the shortage of labor, especially on small farms. First, they are imported as « trainees », but if they want to stay in Korea, they escape to the company that hired them. The KCTU has tried to organize these immigrant workers in the unions, despite great language difficulties. In Korea, migrant workers do not have the same legal rights as local workers. However, the land of the cool morning has returned to growth, but the horizon is blocked to the stokers of the economic machine, women and migrant workers.

Which challenging prospects would impact on the future of Korean people ?

Through the topics described but discussed at our meetings and conferences in Incheon, Imjunkak, Jochiron (city), Choongnam (region), Boocheon, Cheonan (city) Choognam (region), Anyang and Ilsan, we discovered that Korean people are the « Asian loving American ways of life ». Indeed, access to the Korean consumer society leads to a diversification of leisure, for example, walks in parks, one of the favorite pastimes of the weekend, going out for coffee or movies while the rate of Internet access is among the highest in the world. In addition to the traditional Korean sports (such as archery and taekwondo), football and baseball are popular. Another passion is the practice of Massively Multiplayer Online Game (MMOG) which is a kind of game involving a large number of players simultaneously via a computer network with access to Internet. In addition, young people are interested more in the management of civil society and are sensitive to political events, such as occurred on November 23, 2010 when North Korea attacked Yeonpyeong Island, an inhabited island of South Korea, near its western border with heavy artillery.When they were informed, the Koreans have posted messages on Twitter to share their feelings, what they should do in an emergency and the development of scenarios about what would happen next. The incident, which damaged the limited relations between the two Koreas was the effect of an alarm among South Korean youth accustomed to a situation of peace.

In the short run, Korean people seem to move in a world where the virtuous hierarchy of values ​​is still accepted by the younger generation. In the medium run, they seek to grow and overcome any economic difficulty in spite of the geographical position squeezed between two aggressive giants, China and Japan. Finally, in the long run, their longing for reunification since the International Policy Forum Paris 21, 2008 is on track. The persistence of the division has appeared outdated or backward in the consciousness of women and men that are fond of freedom and peace.


le 26 juin 2011 -

Fr et Es

LE PROCÈS DES CINQ CUBAINS PRISONNIERS AUX ÉTATS-UNIS, LE TERRORISME ET LE DROIT INTERNATIONAL

A Paris, à l’Assemblée Nationale, le 4 juin 2011, un colloque organisé à l’initiative de juristes et d’intellectuels français, sous le patronage de M. François Assensi, Député et Vice-Président du groupe d’amitié France-Cuba a réuni plus de 120 personnes autour d’avocats et de juristes français et internationaux, des parlementaires, des diplomates, des scientifiques et diverses associations pour faire le point sur le procès des Cinq Cubains prisonniers aux Etats-Unis et sur le terrorisme contre Cuba à la lumière du droit international.

Il nous semble intéressant de retenir les points forts du colloque tout en soulignant la dimension politique accentuée prise par ce procès non seulement aux Etats-Unis mais encore en Europe, en France et au delà et de voir les perspectives actuelles de la défense des 5 Cubains ainsi que des actions de mobilisations concrètes en faveur de leur libération.

A l’ouverture, un film Dans les serres de l’Empire a relaté la stupéfaction générale causée par l’arrestation de 5 Cubains le 12 septembre 1998 à 6 h du matin à Miami. Puis les visages de ces 5 hommes, Ramón Labañino Salazar, René Gonzalez Sehwerert, Fernando Gonzalez Llort, Gerardo Hernandez Nordelo et Antonio Guerrero Rodriguez, qui ont été accusés de conspiration d’espionnage ( !) alors que leur seule activité était de recueillir des informations sur les groupes qui, depuis Miami, préparaient et organisaient des attentats à La Havane Comme l’ont montré des témoins au procès, parmi lesquels des officiers de l’armée U.S, nulle information classée secret défense et visant la sécurité des Etats-Unis n’avait été recueillie. Depuis cette date, les 5 sont en prison. Puis sont venues des images du procès, l’appel, la décision à Atlanta, le 4 juin 2008, la décision de la Cour Suprême de justice des Etats-Unis du 15 juin 2009.

Ensuite, une lecture a été faite pour les nombreux messages de soutien, en particulier celui de M.Richard Mallié1 et de la mère de René Gonzalez.. Dans son allocution de bienvenue, M. François Assensi, a tenu à dire sa satisfaction d’accueillir à l’Assemblée nationale, ce colloque consacré au procès des 5 prisonniers cubains aux Etats-Unis .Il a déclaré que la qualité des intervenants réunis - juristes, journalistes, chercheurs - permettrait de mieux cerner les enjeux géopolitiques et juridiques autour de l’emprisonnement injustifié, illégal et inhumain de ces 5 héros. Cela afin de mieux lutter pour leur libération. Alors que Cuba a ouvert la porte au dialogue, à la condition du respect de sa souveraineté, les USA ont campé sur leurs positions. Nous nous émouvons, a déclaré M. Assensi, à juste titre, de l’embargo imposé sur Gaza. Mais rappelons que Cuba continue de souffrir l’embargo américain, pourtant condamné à maintes reprises par l’ONU depuis 18 ans. Sur l’ensemble du continent latino-américain, la même politique étasunienne a prévalu, c’est à dire : la préservation coûte que coûte des intérêts de la superpuissance, avec par exemple les coups d’Etat au Vénézuela ou au Honduras. S’intéresser à la question des 5 amis cubains emprisonnés sans traiter ces questions, ce serait manquer une partie du problème et de la solution.

Me Roland Weyl, Vice- président de l’AIJD propose d’aller au-delà des campagnes répétitives et de passer à une étape supérieure, par exemple en organisant, vers la fin de cette année 2011, un tribunal international d’opinion, c’est à dire faire un contre procès des 5 Cubains afin d’avancer vers une justice équitable.

Les travaux ont porté sur trois sessions, les deux du matin présentent des aspects scientifiques et juridiques coordonnées par M. Michel Taupin de l’association Cuba Si France alors que la troisième de l’après-midi coordonnée par Mme Nguyen Dac Nhu-Mai, historienne des Relations Internationales, est consacrée à la mobilisation internationale pour la libération des Cinq.

Concernant l’affaire des 5 Cubains et les perspectives actuelles de leur défense : Me Tecla M.Faranda du Barreau de Milan (Italie) à informé sur Les nouveaux éléments de preuve dans le procès des Cinq à savoir les révélations sur le paiement, par le pouvoir des Etats-Unis, de journalistes de Miami pour mener une campagne médiatique destinée à influencer l’opinion des jurés du tribunal de Miami, les nombreux obstacles posés au travail des avocats de la défense (fortes restrictions à l’accès aux pièces d’accusation).

Me Steve Cottingham, Barreau de Londres (Royaume -Uni) a commenté le Rapport d’Amnesty International sur les 5 Cubains du 25 mai 2008 qui souligne le caractère injuste et partial du procès et dénonce le refus de visa opposé à deux des épouses, Olga Salanueva et Adriana Pérez. Le rapport parle aussi de l’insuffisance de preuve et de la conduite inadéquate du Ministère Public des Etats Unis. Sur le droit de la famille à visiter les Cinq, Amnesty International a ajouté que cette mesure est inutilement punitive et violatrice des normes pour le traitement humain des prisonniers et de l’obligation des Etats de protéger la famille.

Me Edith Flamand, Barreau d’Anvers (Belgique) a exposé La procédure Habeas Corpus, qui a été déposée au nom de Gerardo Hernandez Nordelo devant la cour fédérale de Miami. Il s’agit du dernier recours légal le concernant dans le cadre du système juridique américain. Dans cette démarche, engagée après le refus du tribunal suprême de reconsidérer son affaire le 14 juin 2009, ont été présentées de nouvelles preuves de l’injustice, en particulier les révélations récentes de paiements effectués par l’administration américaine à des journalistes qui pendant le déroulement des différents procès ont publié des articles incitant à la haine des Cinq et insistant sur leur culpabilité. Rappelons que l’habeas corpus est une action intentée en justice pour demander la libération d’une personne détenue illégalement. Le remède peut être réclamé par le détenu ou par une autre personne à venir à son secours. L’Habeas corpus est originaire du système juridique anglais, mais il est maintenant disponible dans de nombreux pays. Il a toujours été un instrument juridique important en préservant la liberté individuelle contre l’action arbitraire de l’Etat. Me Augustin Kemadjou, Barreau de Paris, Président de l’Association des Avocats Africains, Antillais & Autres de France, a donné une explication sur l’application du droit international et de sa violation par les Etats-Unis. Pour que la justice soit rendue équitablement, tous les documents sur laquelle se fonde l’accusation doivent être mis à la disposition de la défense et les chefs d’accusation doivent être clairement exprimés. Sinon les droits sont bafoués, ce qui est le cas pour les Cinq Cubains.

Concernant le terrorisme contre Cuba et le droit international

M. Maurice Lemoine, journaliste, auteur du livre Cinq Cubains à Miami, l’Affaire Posada Carriles et les organisations anticubaines de Miami2 a retracé longuement les différentes étapes de la vie du terroriste le plus protégé de la planète par les Etats-Unis car Posada Carriles possède tous les attributs du terroriste international. Ses crimes sont à ce jour restés impunis. En le punissant, tous les revers de la médaille de la « bassesse américaine » seraient mis à jour d’où ce chantage qui lui a valu son acquittement lors d’un récent simulacre de procès à EL Passo (Etats-Unis).

Salim Lamrani, journaliste auteur du livre « Ce que les médias ne vous diront jamais » a pointé tous les impacts de la guerre économique et le terrorisme d’Etat. Il a fait l’historique des relations économiques de Cuba et des Etats-Unis et du blocus, économique, commercial et financier à l’égard de Cuba par les États-Unis mis en place le 7 février 1962 à la suite de nationalisations expropriant des compagnies américaines. Il assure que les seuls moyens des EUA de provoquer le désenchantement des Cubains pour le régime actuel serait la pénurie engendrant la famine et le désespoir. Or, le 27 octobre 2010, l’Assemblée générale de l’ONU a de nouveau exhorté les Etats-Unis à lever l’embargo économique qu’ils imposent à Cuba depuis 50 ans. Ce blocus est resté en vigueur après l’arrivée au pouvoir du président Barack Obama, malgré sa volonté d’ouverture en direction de ce pays. Le vote de la résolution a réuni 187 voix pour et deux voix contre, celles des Etats-Unis et d’Israël.

Alexandre Zourabichvili, Barreau de Paris et du Ceará (Brésil) a analysé la Résolution 1373 du Conseil de Sécurité des Nations avec ses aspects normatifs contraignants pour les Etats en matière de lutte anti terroriste : obligations de vigilance (notamment pour des personnes qui se servent du territoire d’un Etat où ils se trouvent pour préparer des attentats contre le territoire d’un autre Etat), obligations de répression (application du principe « juger ou extrader »), obligation de coopération entre Etats etc..Il a attiré également l’attention sur les lacunes de la Résolution 1373, notamment en matière de conséquences juridiques de la violation, par un Etat, de ses obligations de lutte contre le terrorisme. Ces lacunes ont des implications pratiques, les Etats-Unis refusant toujours d’inculper et de juger ou extrader Luis Posada Carriles, auteur présumé de l’attentat contre l’avion de ligne de la Cubana (73 victimes fatales) et d’autres attentats. Cela alors qu’en 2007, la sous-commission des Droits de l’homme de la Chambre des représentants des États-Unis a établi la responsabilité de Luis Posada Carriles dans plusieurs actes terroristes, dont celui contre le Vol 455 Cubana.

M. Stephen Wilkinson, Directeur du Centre de Conseil et de recherches Caribéennes et latino-Américaines de l’Université Métropolitaine de Londres (Royaume-Uni) a présenté un exposé sur Les Relations entre les Etats-Unis et la politique de l’Administration Obama vis à vis de Cuba. Bien que la presse et les média aux Etats-Unis entretiennent une atmosphère malsaine qui se résume à souhaiter la mort de Fidel Castro, le nouvel élu de la Maison Blanche, lui, semble vouloir engager une ouverture timide vis à vis de l’Amérique Latine en général et de Cuba et du Vénézuela en particulier, tout en appliquant la politique de la carotte et du bâton. Alors que les 5 Cubains sont prisonniers dans différents endroits aux Etats-Unis, Obama semble, lui, prisonnier des intérêts défendus par le lobby mafieux de Miami et des forces les plus conservatrices.

Concernant les Cinq et la mobilisation internationale pour leur libération, les associations de solidarité ont déployé de multiples étendards en matière de mobilisation nationale et internationale.

M. Charly Bouhana (Cuba Si France), a énuméré toutes les actions engagées par son association, du dossier de presse sur les 5 au désir de location de panneaux et affiches pour leur libération, en passant par les pétitions, les manifestations, les publications sur la toile et divers soutiens de journalistes et d’artistes. Il invite tous les citoyens de bonne volonté à travailler ensemble avec une grande qualité d’engagement, une vraie détermination et une belle confiance dans la libération des 5 héros.

Mme Annie Arroyo (Solidarité avec les Cinq, France Cuba) a retracé quelques grandes actions mémorables qui ont eu lieu en France et dans le monde pour la libération des Cinq, en particulier les actions médiatiques du Comité national des Etats-Unis « Free the Five ». Ce Comité a fait publier en 2004 dans « The New York Times » un article sur une page entière, grâce aux fonds récoltés par la campagne mondiale de solidarité. La publication d’un nouvel article, cette fois dans « The Whashington Post » est prévue. L’impact de ces articles dans l’opinion public est important. Il y a également les correspondances avec les 5 à travers courriels, messages. Il s’agit de continuer.

M. Stephen CHO, Directeur de l’Institut de la Recherche Coréenne du 21è siècle, a exprimé la solidarité d’un militant Coréen pour l’indépendance et la démocratie envers les Cinq et à travers lui, le soutien du peuple coréen. Il déplore certains traitements injustes tels que le droit de séquestration solitaire après l’arrestation, la courte libération du jury et l’atmosphère de chasse aux sorcières du procès de Miami, détails qui font que « nous sommes retournés au Moyen âge et non au 21è siècle ». Cuba et le monde entier se souviendront de ces cinq héros et en même temps auront plus de courage et de détermination à impacter sur toutes les actions justes. La finalité de Fidel Castro « l’Histoire m’absoudra » serait à modifier pour les Cinq, « l’Histoire vous a déjà absous » Mme Katrien Demuynck, Coordinatrice la libération des Cinq de l’ensembe de l’UE et du Comité des Cinq de Belgique, a rappelé qu’en 2009, les Cinq ont reçu un soutien unique dans l’histoire judiciaire des Etats-Unis de 12 amicus curiae à leur demande de révision du procès par la Cour Suprême. Parmi les signataires des amicus se trouvent en particulier, Dix Prix Nobel, le sénat mexicain entier, Mary Robinson ancienne haut Commissaire des droits de l’homme et ancienne présidente d’Irlande, deux présidents et trois vice- présidents du Parlement européen ainsi que de nombreuses associations du barreau américain et étranger et organisations des droits humains. En Belgique, les Cinq ont obtenu le soutien de l’Ordre des barreaux flamand, francophone et germanophone c’est à dire de tous les avocats en exercice en Belgique.

Mme Gloria Gonzalez Gusto, (Comité International pour la Libération des Cinq) a informé tout le travail fait par le Comité international dans la mobilisation. A La Havane même, des personnes de tous âges, de milieux sociaux professionnels différents venues de tous les pays travaillent. Travail d’explication de base mais encore les campagnes de cartes postales à Obama, relayé par l’initiative d’une action tous les 5 du mois. Toutes les propositions et actions en faveur de la Libération des Cinq seraient les bienvenues à travers les réseaux internationaux de communication (sites, blogs, facebook).

Mme Colette Finet, Maire de Longueau (la Somme, Picardie) de retour d’un récent voyage à Cuba organisé par la CGT de Marseille, a informé que sa commune va distinguer les 5 Cubains en Cinq Citoyens d’honneur. Elle suggère aussi que leurs photos soient mises sur les frontons de toutes les mairies de France et ce, jusqu’à leur libération.

La déclaration finale a été lue par Me Augustin Kemadjou (voir en Annexe).

La déclaration rappelle que l’affaire des Cinq héros cubains d’une part et l’absence de punition contre les auteurs des attentats contre Cuba d’autre part sont une illustration d’une approche « deux poids deux mesures » des Etats-Unis en matière de lutte contre le terrorisme. Cette approche est dangereuse. Le terrorisme, déclaré menace à la paix et à la sécurité internationales par le Conseil de sécurité de l’ONU, ne peut être combattu que de façon équilibrée. Le terrorisme doit être combattu par l’ensemble des Etats. C’est pourquoi la déclaration s’adresse aux députés et sénateurs Français. Il est important que les parlementaires de France soient informés de l’affaire Posada Carriles comme de l’affaire des 5 prisonniers Cubains et qu’ils abordent ces questions dans leurs échanges avec leurs homologues du Congrès des Etats-Unis. La déclaration finale du Colloque demande aussi aux députés et sénateurs de proposer que la France, lors des réunions importantes qui ont lieu cette année au Comité de lutte contre le terrorisme (Comité créé et géré par le Conseil de sécurité ) demande aux EUA des explications sur leur comportement et sur ces questions.

S.E.M. Orlando Requeiro Gual, Ambassadeur de la République de Cuba en France, a clôturé le colloque en remerciant vivement les participants et intervenants pour la qualité de leur travaux et la solidarité manifestée dans la mobilisation à travers tous les moyens. Il a exprimé le souhait d’une prompte libération des Cinq.


Declaración final

El coloquio : « Los cinco prisioneros cubanos en Estados Unidos, el terrorismo y el derecho internacional » reunió el sábado a 4 de junio de 2011 a unos cuantos abogados, juristas franceses y europeos, así como a parlamentarios y varias asociaciones, con el objetivo de estudiar las dimensiones jurídicas y geopolíticas en el caso de los Cinco Cubanos y de los actos de terrorismo organizados desde hace varias decenas de años contra Cuba desde el territorio de Estados Unidos. Esas cuestiones van mucho más allá del mero marco bilateral del conflicto entre Cuba y Estados Unidos y concierne a los miembros de la comunidad internacional, entre ellos Francia.

Luis Posada Carriles, de origen cubana, autor intelectual del atentado contra el avión civil de Cubana de Aviación en 1976 (73 muertos, ningún superviviente) y de atentados con explosivos contra instalaciones turísticas de La Habana en 1997, nunca fue juzgado y está actualmente viviendo libremente en Estados Unidos. En vano pide Venezuela su extradición.

Además, el bloqueo impuesto desde 1961 por la administración norte-americana es el pricipal elemento constitutivo de lo que se puede llamar un terrorismo económico.

En cambio, por haber tratado de reunir informaciones en Miami, sobre los organizadores de los atentados contra Cuba, cinco agentes cubanos, Gerardo Hernández Nordelo, Ramón Labaniño Salázar, Antonio Guerrero Rodríguez, Fernando González Llort y René González Sehwerert han sido detenidos y continuan encarcelados desde hace ahora casi 13 años en Estados Unidos. 13 años de violaciones no sólo del derecho norte-americano (5° y 6° enmiendas de la Constitución estadounidense) sino también del derecho internacional (reglas del juicio equitativo) como lo denuncian su defensa, el Comité de Derechos Humanos de Naciones Unidas, Amnesty International y numerosas organizaciones de juristas por el mundo. Los análisis de los abogados presentes en nuestro coloquio concluyeron que la negación de la justicia de Estados Unidos de garantizar a los Cubanos un juicio justo e imparcial muestra que esta justicia es el rehen de la política norte-americana para con Cuba.

El terrorismo, según la Resolución 1373 del Consejo de Seguridad de Naciones Unidas, es una amenaza a la paz y la seguridad internacionales y este año es el del balance de las acciones de la Estrategia Antiterrorista Mundial de la ONU. Francia es miembro del Comité de lucha contra el terrorismo, creado por la Resolución 1373.

El terrorismo ha de ser combatido por toda la comunidad internacional y les toca a los Estados que más recursos tienen, una responsabilidad específica. Con esa óptica, nos dirigimos a los parlamentarios franceses para que aborden, con sus colegas de otros paises y particularmente de Estados Unidos, la cuestión del terrorismo contra Cuba y del juicio injusto y parcial contra los Cinco Cubanos agentes antiterroristas.

Les pedimos también que intervengan para que Francia presente esas cuestiones ante el Comité de lucha contra el terrorismo.


le 10 mai 2011

Réseauter harmonieusement la cordée de l’Association des Scientifiques et Experts Vietnamiens (ASEV)

Aujourd’hui le Vietnam estime à plus de 3 millions le nombre de ses résidants à l’étranger travaillant dans les entreprises, les universités et les centres de recherche prestigieux. En France, la communauté des Vietnamiens avec son histoire de 90 ans est la deuxième grande communauté d’immigrés comptant environ 350000 personnes. Sa particularité réside dans le pourcentage très élevé de scientifiques, d’experts et d’intellectuels. Pour que les divers groupes, professions et zones géographiques puissent avancer ensemble, un grand nombre d’entre eux va pouvoir le faire en créant à Paris le 21 mai 2011, l’ Association des Scientifiques et Experts Vietnamiens (1). Il nous semble prenant de présenter son rôle et éventuellement son impact aussi bien en métropole qu’au Vietnam. Ce faisant, nous pourrons réseauter harmonieusement la cordée de ses membres, femmes et hommes, dans le contexte particulier de la mondialisation.

Renforcer le réservoir de scientifiques et d’experts hautement qualifié

En France, les Vietnamiens totalisent près de 50000 personnes dans les domaines scientifiques et technologiques, soit 14% de l’effectif total de la communauté vietnamienne. Outre des experts et scientifiques à carrière assimilable à celle de leurs collègues de la métropole, les jeunes d’origine vietnamienne de la deuxième génération et les étudiants arrivés récemment viennent renforcer les effectifs du Technopole. Au Vietnam, la politique du changement (doi mo) des années 90 et la mise en œuvre des politiques d’ouverture à la coopération scientifique et technique sont révélateurs de grands résultats surtout au sortir de ses longues guerres contemporaines. S’agissant de la coopération scientifique et universitaire, selon M. Jean-François Girault, ambassadeur de France au Vietnam (2), la France s’est engagée à accompagner le Vietnam dans la formation de docteurs afin de réussir le développement du système universitaire vietnamien vers les standards internationaux. Au delà des 400 docteurs qui seront formés, de 2010 à 2020, pour être les futurs enseignants-chercheurs de l’université scientifique et technique de Hanoi (USTH), les universités françaises sont prêtes à accueillir 2.000 doctorants dans le cadre du programme vietnamien « 20.000 nouveaux docteurs pour 2030″. Ils viendront s’ajouter aux 5.000 jeunes Vietnamiens qui font leurs études en France.

Etre la passerelle de la France au Vietnam

M. François Fillon, Premier ministre français est venu au Vietnam en novembre 2010 pour entériner un accord qui se trouve à la jonction des démarches économique, politique et scientifique, celui de la création de l’Université des sciences et technologies à Hoa Lac (USTH), qui ouvrira ses portes en octobre 2011. Pour les membres de l’ASEV, ce symbole de créer et faire fonctionner ensemble serait un outil majeur pour le développement scientifique et économique du Vietnam. L’USTH est la formule choisie pour le retour au Vietnam des membres de l’ASEV qui pourraient exercer dans les six thématiques scientifiques pluridisciplinaires comme biotechnologies et pharmacologie ; aéronautique et espace ; énergie ; sciences et technologies de l’information et de la communication (STIC) ; matériaux, nanotechnologies ; environnement/eau/océanographie. En conséquence, dans son discours, Valérie Pécresse, a souligné « C’est en diffusant le savoir dans l’ensemble de la société, c’est en cultivant l’esprit de créateur et d’innovateur qui sommeille en chaque étudiant que nous nous montrerons à la hauteur du beau défi qu’est la construction d’une société et d’une économie de la connaissance.Cette circulation du savoir et de la connaissance, nous devons nous efforcer de l’accélérer. Mais il serait absurde qu’elle s’arrête aux frontières qui séparent les pays : à l’évidence, la société de la connaissance et du savoir n’est pas une société du repli sur soi, bien au contraire.Dépasser les frontières, c’est cela la force de l’université du 21ème siècle. Dépasser les frontières des connaissances et des verrous technologiques, mais aussi dépasser les frontières entre les disciplines scientifiques.Et puis, bien sûr, dépasser les frontières géographiques. Car si cette circulation du savoir et de la connaissance s’accélère aujourd’hui dans le cadre européen, elle ne doit pas s’y limiter. Nos institutions d’enseignement supérieur et de recherche doivent aussi être encouragées à développer leurs partenariats internationaux dans le monde entier » (3).

Former un Conseil Consultatif des Experts pour le projet de l’électronucléaire

Avec une excellente formation et la maîtrise des connaissances pointues dans divers domaines de spécialisation acquises en particulier à l’Ecole Polytechnique de Palaiseau, à l’Université Paris XI d’Orsay, au Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) de Sarclay, et dans les centres de recherches en provinces en particulier à Nantes, Lyon, Grenoble, Montpellier et Marseille le réseau de l’AVSE (4) se devrait d’agir en conseillers consultatifs dans les grands projets tels que celui de l’électronucléaire. En effet, les échanges entre collègues français et vietnamiens à Paris, le 4 octobre 2008, lors du colloque « Production d’électricité et perspectives d’électronucléaire du Vietnam » réunissant des experts, professeurs, ingénieurs et doctorants vietnamiens pourraient fédérer des suggestions et/ou propositions autres que celles adoptées par le Vietnam qui, séduit par le nucléaire civil, veut se doter d’une infrastructure et de moyens techniques pour la mise en œuvre du premier projet d’électricité nucléaire dans la province de Ninh Thuan, au Centre du Vietnam, en 2020 (5). Récemment, le Parlement vietnamien a approuvé le principe du recours à l’énergie nucléaire pour pallier à la pénurie électrique dont souffre le pays. A terme, le pays se fixe un objectif de 11 000 MW de production nucléaire, afin de répondre à environ 10% de ses besoins. Premier de ce type au Vietnam, ce projet intéresse de près les experts du nucléaire, en particulier sur le plan de la sécurité. Il est à espérer que les pouvoirs publics en prenant conscience du désastre de Fukushima du 11 mars 2011, révisent leur politique de l’électronucléaire dans le contexte du développement durable (6). L’ASEV ferait fonctionner cette « écoute » de la manière la plus pondérable afin d’assurer au pays une bonne dynamique et la continuité des réformes à l’horizon 2030. Dans le contexte d’une stratégie de développement adéquate des sciences et technologies, le Vietnam aurait besoin des ressources humaines de haut niveau réunies au sein de l’AVSE.

Dès lors, il est captivant de mobiliser les apports de l’ASEV, toutes disciplines confondues aux projets économiques et sociaux du Vietnam. Ce besoin se manifeste de plus en plus au niveau des entreprises – entités produisant des valeurs ajoutées – lorsque l’utilisation du personnel qualifié devient l’élément indispensable face à l’irréductible concurrence prescrite par l’économie de marché. Au niveau des universités et des établissements d’enseignement supérieur – où sont formées les ressources humaines assignées au développement – il est donc souhaitable d’avoir un corps professoral de premier plan dominant les connaissances scientifiques et techniques de pointe pour accroître la coopération décentralisée avec la France et bilatérale avec les 27 pays de l’Union Européenne mais encore avec d’autres pays du Nord, tout en renforçant la coopération Sud-Sud.

Ainsi, à long terme, en se mutant en réservoir hautement qualifié, passerelle et conseillers consultatifs, la cordée des Scientifiques et Experts Vietnamiens ici comme ailleurs, ferait la coordination afin de générer des réalisations concrètes et progresser harmonieusement. Pour impacter les ressources scientifiques, techniques et intellectuelles, l’ASEV, serait pour ses membres une valeur ajoutée à la solidarité et au bien vivre, la passerelle compétente pour la France, l’Union Européenne, les pays du Nord et du Sud et détiendrait un rôle de conseiller consultatif indispensable pour le Vietnam.

Nous souhaitons à l’ASEV de fructueuses réalisations dans ses échanges afin de colporter ses enjeux social, culturel, économique et scientifique dans le contexte du développement durable et solidaire.

Notes

(1) Nous remercions vivement le Bureau de l’Association des Scientifiques et Experts Vietnamiens de Paris de nous avoir fourni les informations pour la création de l’AVSE le 21 mai 2011. Voir : Association of Vietnamese Scientists and Experts - Hội Khoa học và Chuyên gia Việt Nam, 22 rue de la Saïda, 75 015 Paris, France. Email : contact@a-vse.org – Web : www.a-vse.org

(2) Interview sur la perspective des relations de coopération bilatérales. Réalisé par Huong Giang ; Source : http://lecourrier.vnagency.com.vn/ 14/07/2010

(3) Discours du 13 11 2009 à Hanoi in http://www.enseignementsup-recherch...

4 Citons par exemple le réseau de scientifiques et d’experts (RSE) de l’Union des Etudiants Vietnamiens en France, l’Association de Génie Civil-Mécanique-Matériaux (GCMM), le groupe des ingénieurs en génie électrique (A3E), le groupe VnTelecom, le groupe VnFinance et le groupe des jeunes chimistes (H2T).

(5) Nguyen dac Nhu-Mai : Impact de l’électronucléaire au Vietnam in le Courrier du Vietnam du 26 10 2008

(6) Voir Nguyen Khac Nhan in www.vietsciences.free.fr


le 26 avril 2011

Le droit combat citoyen et la solidarité à l’égard des travailleurs indochinois requis

A ce jour combien sont-ils encore vivants, dispersés dans les villages vietnamiens de Nghe An à Thanh Hoa, Ninh Binh en passant par les mégapoles de Hanoi, Hue, Danang et Hochiminh ville ? A l’occasion de la publication de l’édition bilingue des Travailleurs indochinois requis. Parcours 1939-1952, l’historienne Liêm-Khê Luguern (1) les a sortis de l’oubli. Un travail titanesque et vigilant d’une Vietnamienne de la deuxième génération à la conquête de la vérité historique. Quel impact ces hommes ont laissé dans la mémoire collective de la jeune génération en France et au Vietnam ? Pourquoi leur cas ne serait-il pas partie intégrante du combat du droit citoyen (2) ? Que pouvons nous faire légalement pour qu’ils soient indemnisés par la France ?

Au Vietnam, sortir de l’oubli (3) ceux qui sont rapatriés à la Libération

Partis paysans en 1939 requis pour servir la Métropole, ils sont retournés pauvres et oubliés en 1952. Liêm-Khê Luguern les a rencontrés de visu du fin fond de la campagne au centre, au nord, à Hanoi, à Thanh Hoa (à Rach gia) et ailleurs, vivant dans le dénuement et la pauvreté et se demandant si la bonne vieille France va les indemniser pour leurs bons et loyaux services. Aucun des quelque 20.000 ouvriers non spécialisés (ONS, lính thợ en vietnamien) venus au total d’Indochine n’a obtenu de pension pour les années travaillées en France durant lesquelles ils touchaient moins du dixième du salaire d’un ouvrier français. Aucun des ONS requis et rapatriés au Vietnam n’a touché de pension. Tous les lính thợ ont été recrutés en 1939, la plupart de force par le Ministère (des Colonies) du Travail pour les usines d’armement françaises comme déjà durant la Première Guerre mondiale. Au départ, l’immense majorité ne savait ni lire ni écrire. Ceux d’entre eux qui possédaient quelque rudiment de lecture et d’écriture du Quoc ngu servaient comme interprètes. Partis comme « volontaires » car avides de connaître ce beau pays, serrés comme des sardines, malades pendant la traversée du canal de Suez, ils ont été embarqués à bord des bateaux aux noms pittoresques tels, Le Bon (pour Đào Văn Thịnh né le 10 09 1919) l’Aden (pour Hà Văn Oanh né en 1913), l’Entrecastreaux (pour Hoàng Công Cẫn né en 1918 (4)) et d’autres comme Le Minh, Maréchal Joffre, Forbin, Cap Padaran, Athos… La majorité des requis y ont fait la traversée dans de pénibles conditions. Cette partie de l’histoire franco-vietnamienne a été largement passée sous silence.

En France, en ces temps de guerre face aux envahisseurs allemands

A leur arrivée en France, le froid, l’hiver rude, le manque de vêtements, de nourriture, sans nouvelles de leurs familles, tous les éléments « terribles de la guerre » n’avaient pas découragés la majorité d’entre eux. Ils racontaient qu’ils étaient très unis, qu’ils organisaient aussi la fête du Têt lors de leur traversée en mer troublante avant de débarquer à Marseille. Certains d’entre eux avaient péri lors du voyage et leurs corps étaient jetés à la mer. Le spectacle de ces morts avait choqué beaucoup d’entre eux. Mourir sans sépulture, sans famille, sans culte. Pour les rescapés les questions ont surgi, où allons nous vivre ? qu’allons nous faire ? Aux premiers débarqués, on leur a donné un paquetage, un numéro matricule par exemple pour Đổ Vị né en 1918, matricule ZAJ 1929, 73è compagnie, muté à l’extraction de sel à Salins de Giraud, Camargue. Lê Văn Tụng né en 1917, matricule N.249, de la 58è compagnie a été affecté à une usine de munitions. Quant à Lê Hữu Định, né en 1907 d’après son récit : «  au début de la guerre, nous étions à Bergerac à l’usine 35. Je travaillais dans l’atelier des machines qui fondaient les balles pour l’armée. Nous étions sous le commandement des Français. La vie était dure. Nous avions froid et faim. De 1940 à 1944 j’ai travaillé partout en France dans le bois, le charbon…. Les tâches étaient rudes. Heureusement loin du pays nous étions très unis. On s’aimait bien. Nous avions peu de relations avec l’extérieur. Je suis tombé malade. A l’hôpital il n’y avait pas de médicament. Des maquisards français nous ont cachés un temps dans la montagne. Lorsque la guerre fut finie ma compagnie était à Bordeaux. Nous avons alors été dispersés un peu partout pour travailler à Limoges, Tulles, Brive, Marseille. Au cours de cette période j’ai pu apprendre un métier : la maçonnerie. Pour Nguyễn Đình Duyệt, né en novembre 1920, arrivé à Marseille en février 1940 j’ai été versé à la 36è compagnie. Mon souvenir de ce premier pas en France est que dans la rue les gens s’embrassaient. C’était l’hiver, la végétation était étrange, les oiseaux immobiles... A la libération de la France la 36è compagnie s’est éparpillée. Nous n’étions plus qu’une centaine à Eysines dans la région de Bordeaux. On allait au travail en vélo. J’ai travaillé de 1945 à juin 1948 avec trois autres ONS aux ateliers de réparation des bateaux. Puis on nous a rassemblés à Biais où nous étions 800. Le 14 juillet 1948 vers minuit, l’ordre fut donné d’arrêter une soixantaine de lính thợ. Ils ont encerclé les baraquements. Nous n’avions pas le droit de prendre nos affaires, nous devions partir les deux mains vides. Pourquoi nous ont-ils traités ainsi ? Ensuite nous avons été déplacés en train jusqu’à un port…. nous sommes montés dans le bateau, au total il y avait 300 personnes sur ce bateau…Fin août 1948 nous sommes arrivés à Cap Saint Jacques…Puis à Huê on nous a amenés dans la citadelle et on nous a alors donné le choix : soit rester avec les Français et suivre Bao Dai, soit repartir dans les villages qui étaient dans les zones non contrôlées par les Français. J’ai choisi de rentrer. De Huê avec d’autres nous avons marché à pied un bon mois à travers la forêt. » Pourtant, il a gardé de la France : « la façon de se conduire des Français, l’amitié qu’ils nous portaient, le respect qu’ils ont des femmes et des vieux, leur esprit de solidarité, leur indulgence face à nos défauts. » Ces paroles et tant d’autres ont révélé l’évidence qu’ils avaient ? d’avoir bien servi la France. Toutefois, pour quelques uns d’entre eux le destin a été bousculé avec le désir de ne plus repartir. Par le train de Marseille à Lyon, à Adge, Arles, Brévannes et ailleurs ils ont découvert les paysages haut en couleur de la Provence, les belles forêts, les rizières de Camargue et la culture du riz. Paysans dans le cœur, quelques uns vont aider les Camarguais à cultiver le riz. Ceux là ont pris racines à Arles et dans les environs. Leurs descendants, enfants de la deuxième génération nés en France, Eurasiens vont chercher à suivre les us et coutumes de leurs pères. Ce sont des « travailleurs requis chanceux et médaillés » qui ont été reconnus par la France. Une douzaine de survivants ont reçu le 19 novembre 2009 à Arles cet honneur d’être récompensés pour avoir rendu service en plantant le riz en Camargue et récoltant le sel après la libération (5).

Le droit combat citoyen au secours des travailleurs indochinois survivants au Vietnam.

La longue liste des travailleurs requis survivants et rapatriés est à faire connaître. Les médias doivent s’emparer de leur combat pour obtenir des autorités françaises des indemnisations des années de travail (dont la MOI (6) a gardé tous leurs papiers personnels dans ses archives). En effet : «  à partir de 1962, une première disposition législative a contribué à la reconnaissance de ces derniers. La loi du 13 juillet 1962 a accordé aux travailleurs la possibilité d’opérer des versements de rachats des cotisations permettant la validation des services accomplis durant les années de réquisition donnant droit à l’assurance vieillesse. Cette mesure ne concernait que les travailleurs affiliés à un régime de sécurité sociale en France et excluait de fait tous les travailleurs (soit l’immense majorité) rapatriés en Indochine. Cette possibilité de rachat des cotisations était néanmoins encore vécue comme une injustice par les bénéficiaires. Dans les années 1970 les anciens travailleurs requis poursuivaient leur démarche en vue d’obtenir la validation gratuite des années pendant lesquelles ils avaient travaillé pour la MOI. La première étape a été franchie avec la loi du 21 novembre 1973, qui considère en l’article 3 que toute la période de mobilisation ou de captivité est assimilée sans condition préalable à une période d’assurance pour l’ouverture du droit et la liquidation des avantages vieillesse. Cette loi et son décret d’application du 23 janvier 1974 visant les anciens combattants et les anciens prisonniers de guerre, n’évoque à aucun moment la situation particulière des travailleurs coloniaux réquisitionnés ». (7)

L’intégration des travailleurs indochinois à la liste des bénéficiaires du décret de janvier 1974 est donc une décision politique. La revendication des travailleurs rapatriés a été faite dans les années 80 par MM. Lê Van Phu et Dang Van Long, de l’Union Générale des Vietnamiens de France (UGVF) avec la création d’un Comité de soutien aux anciens travailleurs et tirailleurs Vietnamiens en France, qui a lancé en 1989 un appel public afin de sensibiliser l’opinion à cette question. Le porte parole du Comité était le chirurgien Jean-Michel Krivine. En 1990, le comité a évalué la liste des ONS survivants au Vietnam à 5 ou 600. La revendication initiale était le paiement d’une retraite complémentaire pour ces survivants, estimée à 250 francs par mois soit 3000 francs par personne par an. Militaire ou civil ? Statut indéterminé à ce jour. Le dossier a circulé de service en service du ministère de la solidarité, de la santé et de la protection sociale à la direction de la sécurité sociale au ministère de la défense pour arriver entre les mains du ministère des finances et du budget (ministère Bérégovoy). Depuis 1990 le dossier a continué à circuler entre les mains de MM. Michel Rocard et Michel Charasse. Comme les responsables sont mutés dans d’autres ministères, que la France a d’autres chats à fouetter, les travailleurs indochinois requis encore survivants au Vietnam peuvent continuer à espérer que le chat de 2011 (Tân Mao), saurait mobiliser les médias pour que le droit de vivre décemment leur soit rendu.

Avec le combat des victimes vietnamiennes de l’agent orange/dioxine, celui des travailleurs indochinois survivants constituent les deux batailles importantes du 21è siècle, pour les Vietnamiens et les peuples des cinq continents, dans le cadre du droit combat citoyen et dans le contexte de la solidarité internationale envers les pauvres et les démunis.

Nous en appelons aux peuples signataires de la Charte des Nations Unies pour faire du droit un combat citoyen à l’égard des travailleurs indochinois requis.

Notes :

(1) Những người lính thợ. Les travailleurs indochinois requis. parcours 1939-1952 Editions Danang 2010 : des enquêtes, des contacts de visu et des échanges de courriers qui ont permis de faire éclater au grand jour le parcours des paysans requis pour travailler dans divers endroits servant comme arrières des corps d’armée française.

(2) Droit Solidarité : le droit est un combat citoyen in colloque du 22 01 2011 Paris

(3) Nguyen Dac Nhu-Mai : Les exilés vietnamiens malgré eux à Arles in Courrier du Vietnam du 3 janvier 2010 p.11. Les survivants qui sont restés en France ont reçu la « médaille du souvenir »

(4) Fils d’un fonctionnaire du Gouvernement d’Annam a déclaré né en 1921 pour pouvoir partir car « Paris était trop beau ».

(5) Philippe Dumont : Du silence des pères à la fureur du monde. in Les Carnets du Vietnam N°24 de janvier 2010 Voir aussi les livres écrits par deux d’entre eux : Lê Hửu Thọ : Itinéraire d’un petit mandarin. Editions L’Harmattan Paris 1997. Mưu Văn Thiều : Un enfant loin de son pays. Vénissieux 2003.

(6) M.O.I : http://www.travailleurs-indochinois... : Le Service de la M.O.I. Dépendant du Ministère du Travail, le Service de la Main d’Oeuvre Indigène, Nord-Africaine et Coloniale en abrégé M.O.I., n’est pas à confondre avec la Main d’Oeuvre Immigrée, organisation communiste créée en 1923, pour encadrer les travailleurs étrangers immigrés en France. Durant la guerre, la Main d’Oeuvre Immigrée constituera l’avant-garde des Francs Tireurs et Partisans (FTP-MOI). Certains parlent aussi, improprement, de Main d’Oeuvre Indochinoise. On comprend aisément la méprise. En effet, si le Service devait aussi s’occuper des travailleurs malgaches et des travailleurs Nord-Africains jusqu’à leur rapatriement, le fait est que les évènements l’ont amené à ne gérer progressivement que les seuls Indochinois. En fait la qualité purement indochinoise de ce Service, ne sera traduite dans son appellation, qu’au moment où il passera sous la tutelle du Ministère des Colonies et deviendra la D.T.I., Direction des Travailleurs Indochinois (mi-1945).

(7) Liêm -Khê Luguern op cit. p228-229


Các băc Lính Thợ trưng tập vào cuộc đấu tranh dành lương hưu trí

Cho đến nay có bao nhiêu những bác Lính Thợ Đông Dương tại Pháp trong Thế chiến thứ hai vẫn còn sống rải rác ở các làng Việt Nam tại Thanh Hóa, Nghệ An, Ninh Bình và Hà Nội, Huế, Đà Nẵng, Thành phố Hồ Chí Minh ? Điều gì tác động còn lại trong hiểu biết của các thế hệ trẻ ở Pháp và Việt Nam về vấn đề này ? Trường hợp của họ là một cuộc đấu tranh đòi hỏi quyền lợi chính đáng. Chúng ta có thể làm gì để giúp các bác Lính Thợ được hưởng lương hưu trí trong những năm bị đưa qua Pháp làm việc. Phần khác điều này sẻ giúp các bác còn sống với tâm trạng được biết ơn vê những đóng góp vào lịch sử nước Pháp và Việt Nam.

Nhân dịp xuất bản tập sách sông ngữ của Bà Liêm-Khê Luguern về Người Lính Thợ chuyên nghiệp Đông Dương 1939-1952, NXB Đà Nẵng 2010, các bác lính thợ « gần đất xa trời » còn sống tại Việt Nam đã được đưa ra khỏi lãng quên. Đây là một công trình tra cứu hòa hảo với nhiệm vụ chú đáo và cảnh giác của nhà sữ-địa Việt thế hệ thứ hai sống và làm việc tại Pháp. Bà Liêm Khê-Luguern đã gặp trực tiếp các bác Lính Thợ tại nhà các vùng nông thôn ở miền Trung, miền Bắc, Hà Nội, Thanh Hoá (Rạch Giá) và các nơi khác. Cac bác sống tại các làng với nhiều khó khăn cãnh nghèo, già và yếu ốm. Các bác còn hỏi, chừng nào chính phủ Pháp sẽ đền bù cho dịch vụ trung thành này ?

Ở Việt Nam, trong lãng quên những người lính thợ đã hồi hương

Vào năm 1939-1940 Ngạn, Thịnh, Vị, Mươi, Oanh, Cẫn, Đinh, Tùng, Thiềm, Duyệt, Liên, Qúy, San, Tế, Quí, Giao, Tiên, Nam và Khâu đều ở vào tuổi 19 đến 24, họ là những ONS, công nhân không nghề đặc biệt bị cưỡng bức trưng tập đưa qua Pháp để tăng thêm nhân lực cho cuộc chiến tranh của chính quốc (chống Đức Quốc xã trong Thế chiến thứ hai) Theo « kế hoạc Mandel » vào tháng 6 năm 1940, 27.000 người Đông Dương đến Pháp, trong đó có 7.000 lính chiến và 20.000 lính thơ. Họ đã được xếp lên tàu thủy với những tên đầy màu sắc như Le Bon, Aden, Entrecastreaux Le Minh, Joffre, Forbin, Cape Padaran Athos ...

Sâu khi Phap bại trận 5.000 người trong số họ đã bị trã về, những người khác còn bị kẹt lại ở chính quốc vào ngày giãi phóng, vì những rối loạn sâu chiến tranh và những biến cố có ảnh hưởng đến Đông Dương thuộc Pháp, đã làm chậm trễ thêm việc hồi hương của những người lính thợ bị trưng tập. Việc hồi hương chỉ kết thúc vào năm 1952.

Những năm làm việc tại Pháp trong thời gian đó họ kiếm được ít hơn một phần mười lương của một công nhân Pháp. Phần nhiều họ tuyển dụng làm lao động cho các nhà máy vũ khí, hoặc làm những việc như bào, đục trên những cỗ máy để thay thế cho những người thợ Pháp được đưa ra chiến tuyến. Phần lớn họ không biết đọc không biết viết. Người nào có kiến thức đọc và viết quốc ngữ làm phục vụ phiên dịch.

Tại Pháp, trong thời chiến tranh chống quân xâm lược Đức

Phần lớn khi đến Pháp, trời lạnh, mùa đông khắc nghiệt, thiếu quần áo, thực phẩm, không có tin tức về gia đình của họ, hình ảnh chiến tranh khủng khiếp, nhưng không ai nản lòng. Họ kể rằng họ đã sống thống nhất, và có tổ chức mừng Tết khi cón trên biển trước khi đổ bộ ở Marseille. Có số người đã bỏ mạng trong hành trình, bị ném xuống biển không ai tôn thờ. Khi đến các nơi họ được cấp một gói đồ cần thiết, một danh số như bác Đỗ Việt sinh năm 1918, số 1929 ZAJ, đội 73 chuyển sang khai thác muối ở Salins de Giraud, Camargue. Bác Lê Văn Tùng sinh năm 1917, số N.249, đội 58 đã được đưa về nhà máy sản xuất đạn. Bác Lê Hữu Định, sinh năm 1907, nói : vào đầu chiến tranh, chúng tôi đã ở Bergerac tại nhà máy 35. Tôi đã làm việc trong các nhà máy sáng lập viên đạn cho quân đội. Cuộc sống có nhiều khó khăn. Chúng tôi bị lạnh và đói. Từ 1940-1944 tôi đã làm việc trên toàn nước Pháp tại các xưỡng gỗ, than, củi .... May mắn là khi xa nhà chúng tôi rất giúp nhau vi không có sự liên lạc với bên ngoài. Tôi bị bệnh. Tại bệnh viện không có thuốc men. Chúng tôi sau đó rải rác ở khắp mọi nơi đi làm việc ở Limoges, Tulle, Brive, Marseille. Trong thời gian này tôi đã học được thương mại các khối xây. Bác Nguyễn Đình Duyệt, sinh tháng 11 năm 1920 cho biết đến Marseille vào tháng 2 năm 1940, được cộng tác tại đội 36. tôi còn nhớ về bước đi đầu tiên ở Pháp là ngoài đường phố đông người ta đang hôn nhau. Vì là mùa đông, các thảm thực vật kỳ lạ, con chim đứng yên. .. Theo sự giải thoát của Pháp, đội 36 bị rải rác. Chúng tôi đã có hơn một trăm anh em ở Eysines vùng Bordeaux. Chúng tôi đi làm bằng xe đạp. Tôi đã làm việc từ năm 1945 đến tháng sáu năm 1948 sửa chữa tàu thuyền. Sau đó, chúng tôi được tập trung tại Biais 800 người. Ngày 14 Tháng Bảy,năm 1948 khoảng nửa đêm, lệnh được đưa ra để ngăn chặn sáu mươi Linh Thọ. Họ bao vây các doanh trại. Chúng tôi không được mang kinh doanh của cá nhân, chúng tôi phải ra đi hai bàn tay trắng. Tại sao họ điều trị như vậy ? Sau đó, chúng tôi được di chuyển bằng xe lửa đến một cổng. ... chúng tôi lên tàu, tổng cộng có 300 người trên tàu. Cuối tháng tám năm 1948, chúng tôi đến Cap Saint Jacquesvà chuyển về Huế ... Sau đó chúng tôi phãi lựa chọn : hoặc ở lại theo với Pháp và Bảo Đại, hoặc về lại các làng thuộc các khu vực mà người Pháp không kiểm soát nữa. Tôi chọn trở về quê. Từ Huế với những bạn khác, chúng tôi đi bộ trên một tháng thông qua rừng.

Tuy nhiên, bác lính thợ còn nhớ những kỷ niệm dân Pháp tôn trọng phụ nữ và người già, đoàn kết giúp các lính thợ Việt nam vi họ làm việc nhiều xưởng khác nhau, được dùng vào việc quét dọn, hái nho, đẵn củi, các việc như trong nhà máy sợi La Voulte. Tuy vậy bác Trân Công Giao còn nhớ Chúng tôi không gặp may vì người pháp bi bại trận nên họ xem chúng tôi như dân mọi rợ. Ngoài ra đối với một số người lính thợ mong muốn ở lại Pháp tại Lyon, Adge, Arles, Brévannes và các nơi khác họ đã khám phá ra cảnh quan đầy màu sắc của vùng Provence, các khu rừng xinh đẹp, cánh đồng lúa tại vùng Camargue. Vì là ngưòi nông dân họ có thể ở lại và giúp làm ruộng tại vùng Camargue. Những người đã bắt rễ ở Arles con cháu của họ sinh ra tại Pháp, sẽ cố gắng sống theo phong tục của người cha. Đó là những cá nhân được nhiều may mắn vì trong số đó ngày 19 tháng mười một năm 2009 tại Arles 13 Bác lính thợ được vinh dự, nhận bằng khen thưởng công trình phục vụ trồng lúa và thu hoạch muối tại vùng Camargue.

Đấu tranh dành lương hưu trí

Từ năm 1962, qui định đầu tiên của quyền lập pháp đã góp phần vào sự nhìn nhận hai hạn người nói trên. Luật ngày 13 Tháng 7 năm 1962 cho phép những người lính thợ ở lại Pháp có thể bỏ tiền ra để mua lại những suất hưu trí mà trước kia họ chưa đóng góp, điều này cho phép hợp thữ hóa công việc của họ đã phục vụ trong suốt những năm bị trưng tập và cho họ quyền bảo hiểm tuổi già. Biên pháp này chỉ liên quan đến những người lính thợ đã là thành viên của chế độ bảo hiểm xã hội ở Pháp và trên thực tế là biện pháp này đã loại trừ tất cả những người lính thợ đã hồi hương về Đông Dương, nghĩa là đại đa số. Trong những năm 1970 những người bị trưng tập đã theo đuổi cuộc vận động một đích hợp thức hóa một cách miễn phí những năm mà họ đã phục vụ cho MOI. Theo điều 3 của đạo luật ngày 21 tháng giêng năm 1973, đươc áp dụng ngày 21 tháng giêng năm 174 nhằm vào những cựu chiến binh và những tù nhân chiến tranh mà không hề đề cập đến hoàn cảnh đặc biệc của những người lính thợ thuộc địa bị trưng tập. Rồi sau những năm 80 đến cuối năm 1989 Bác Lê Văn Phú và Bác Đặng Văn Long, (Hội Ngưòi Việt Nam tại Pháp) thành lập một Hiệp hội hỗ trợ những người lính thợ và lính chiến tại Pháp, hiệp hội thảo ra lời công khai mụch đích gây nhạy cảm trong công luận về vấn đề này. Pháp ngôn của Hiệp hội là nhà giải phẫu học Jean-Michel Krivine. Năm 1990, Hiệp hội đã ước lượng danh sách những người còn sống tại Viêt Nam có đến 500-600 người. Thật ra Hiệp hội đưa ra danh sách của 227 người thôi. Buộc chính phủ pháp phải trả số tiền hưu 250 francs /tháng/người, tức là 3.000 francs/năm/người. Thế mà, hồ sơ này chuyển qua bộ quốc phòng, bộ tài chính, cục ngân sách..từ năm 1991 và đến năm 1997 Hiệp hội đã ngừng hoạt đọng vì không còn hy vọng. Các Bộ trưởng Pháp không hành động gí nữa.

Năm 2011 tin rằng sống là hy vọng nên trong bối cảnh quốc tế đoàn kết với những người nghèo chúng tôi huy đọng toàn thể công dân các nước đã ký Hiến chương Liên Hợp Quốc cùng đến đấu tranh dành bồi thường lương hưu trí cho các bác lính thợ đã hồi hương, nay đã ngoài 80 tuổi.

Ts Nguyễn Đắc Như-Mai Dại Học Paris-III Sorbonne Nouvelle


le 11 avril 2011

Les Cubains et l’Impact des mercatiques de la cordée de la solidarité

Au fil des années, la presse et les media nous envoient un écho de Cuba qui fête la francophonie comme partout dans les pays ayant le français en partage. Il est intéressant de souligner l’impact des liens sociaux et culturels à travers la cordée francophone mais aussi de décrypter les problèmes contemporains inhérents à l’embargo économique et le pouvoir judiciaire exercés par des Etats-Unis d’Amérique à l’encontre de Cuba et des 5 Cubains de Miami.

La cordée francophone

Cuba a fêté la francophonie (1) du 11 au 18 mars 2011 mettant sur le devant de la scène les cultures des pays francophones à travers un aperçu de manifestations culturelles à La Havane et à Santiago de Cuba.

L’ambassade de France à Cuba, l’Alliance française de Cuba et leurs partenaires ont présenté une programmation riche en couleurs, alternant des créations artistiques de tous les horizons. Le spectacle du label de Vidéo-Jockey ANTIVJ, une projection visuelle et sonore a ouvert les festivités sur l’une des façades de la Plaza vieja au cœur de la vieille ville de La Havane le 11 mars à 19h30. Théâtre, musique, expo. musée Napoléonien et Alliance Française. En musique, en plus des concerts conçus par le groupe de musique ancienne Ars Longa, la présence de la violoniste solo Virgine Robillard y a porté une note particulière. Plusieurs expositions ont été également apprêtées notamment celle sur les patrimoines de l’architecture du XXe siècle en France, présentée par l’Institut français. Les arts de la scène ont été mis à l’honneur grâce à la présentation théâtrale de la compagnie du guadeloupéen Gilbert Laumord. Tous les artistes ont fait la cordée francophone pour instaurer une passerelle entre Cuba et la France, avec en particulier, l’ouverture du Musée Napoléonien de la Havane. En effet, il a été inauguré en présence de la princesse Alix de Foresta, descendante de Napoléon, de M. Jean Mendelson, ambassadeur de France à Cuba. Ce dernier a signalé que le musée possède l’une des collections les plus belles des pièces liées à Napoléon, apportées par les Bonapartistes qui se sont réfugiés à Cuba. Ce musée possède une collection de presque 8 000 pièces dont des tableaux, des sculptures, des bijoux, des armures entre autres.

Par ailleurs, l’Alliance française de Cuba, aujourd’hui une institution prospère, a pour tâche de répandre la connaissance de la langue et de la culture de la France et de tout le monde francophone. Lors de la Semaine de la francophonie à La Havane, le délégué général de la francophonie, André de Ubeda, a tenu à exprimer à Granma international sa profonde admiration pour l’ouverture d’esprit des Cubains, l’engouement avec lequel ils découvrent cet univers francophone. Il a évoqué les liens historiques entre les deux pays, et la première tentative de création d’une Alliance française à Cuba, qui remonte à l’époque de la colonie. « Il a été question d’ouvrir une Alliance dans l’île en 1892, neuf ans seulement après que cette association se soit constituée à Paris. Mais l’intention n’est devenue réalité qu’en 1952. De nombreux Français ont en effet laissé leur empreinte dans ce pays, tout comme des Cubains ont fait sentir leur présence dans la nation française. Il existe des ponts entre les deux pays qui s’appellent culture, éducation et fraternité. » En 1959, lorsque toutes les écoles privées ont été fermées, le gouvernement révolutionnaire a tenu à faire une exception, ce centre pour la diffusion de la culture francophone a continué de fonctionner à La Havane. Depuis cette date l’institution a grandi. Il y a dix ans, le centre ne comptait que 2 000 étudiants . Ils sont aujourd’hui plus de 6 000 à La Havane et 1 000 à Santiago de Cuba, le deuxième siège de l’institution, ouvert en 1992 (2).

L’embargo culturel, économique et politique exercé par les Etats-Unis d’Amérique.

Si la mercatique sociale et culturelle fonctionne entre Cuba et la France, il en est pas de même avec les Etats-unis d’Amérique qui dressent un embargo culturel, économique, politique et juridique à l’encontre de Cuba. En effet, il y a toujours l’embargo de ces derniers contre Cuba. Décrit à Cuba par le terme espagnol « el bloqueo » signifiant le blocus, est un embargo culturel, économique, commercial et financier mis en place depuis le 7 février 1962 à la suite de nationalisations expropriant des compagnies américaines. En 2011, l’embargo est officiellement toujours en place, ce qui en fait le plus long embargo commercial de l’époque contemporaine. Cependant, l’embargo ne concerne ni les produits alimentaires, ni les médicaments, depuis le début des années 2000. Dans les faits, les États-Unis sont les premiers fournisseurs de produits alimentaires de Cuba et assurent entre 35 à 45 % des importations de nourriture de l’île. L’Union européenne est opposée à l’embargo car il affecte ses propres relations commerciales. Elle soutient par contre un « un processus de transition progressif et pluraliste et qui permette d’améliorer le niveau de vie des Cubains ».

Le procès des Cinq Cubains et les mercatiques politique et juridique

Dans le domaine de la justice, il est une affaire – celle des cinq Cubains de Miami qui montre les méthodes du pouvoir judiciaire américain, son manque d’impartialité en même temps que de fortes contradictions dans le discours antiterroriste officiel de la Maison Blanche. Alexandre Zourabichvili (3) rappelle que les Cinq ont été emprisonnés depuis le 12 septembre 1998 après avoir infiltré à Miami des organisations paramilitaires de l’extrême droite d’origine cubaine spécialisées dans l’organisation d’un certain nombre d’actions terroristes dirigés contre des objectifs civils cubains (avion de ligne, hôtels, restaurants etc.). Chargés par leur gouvernement de rassembler des informations sur ces organisations en vue de prévenir de futurs attentats, les Cinq ont été arrêtés à Miami lorsque les informations récoltées ont été transmises, dans une logique de coopération, par le gouvernement cubain au gouvernement des Etats-Unis. C’est alors qu’a commencé à ce jour le plus long procès de l’histoire des Etats-Unis, procès qui concentre par ailleurs un grand nombre d’irrégularités de procédure et de violations du droit constitutionnel et pénal américain ainsi que du droit international. L’organisation Amnesty International s’est elle-même emparée du dossier avec un rapport qui met tout particulièrement en doute le caractère équitable du procès.

A Paris, le 19 avril 2008, une conférence internationale a réuni des avocats, des juristes et des militants des droits de l’homme pour faire le point juridique et judiciaire sur une procédure hors normes, qui a fait l’objet d’une condamnation par le groupe du travail sur les détentions arbitraires du Comité des droits de l’Homme de l’ONU par référence au Pacte des Droits civils et politiques. A la suite de cette conférence, la communauté internationale et les medias ont décidé de continuer la mobilisation pour la libération des Cinq.

Avec les diverses violations des droits à la défense des 5 Cubains la justice des Etats-Unis a présenté au monde une mauvaise image d’elle-même, celle d’une justice manipulable politiquement et par un pouvoir exécutif toujours avide de sévir des Cubains fidèles à l’indépendance et au système politique et social de leur pays. En juin 2010, les avocats des 5 Cubains ont présenté des demandes d’habeas corpus devant la Cour du District Fédéral de Miami en se basant sur de nouveaux éléments indiquant par exemple qu’une dizaine de journalistes locaux couvrant l’affaire recevaient des paiements de la part du gouvernement des Etats-Unis.

Retenons que ce procès a déjà condensé un grand nombre d’irrégularités de procédure et de violations du droit constitutionnel et pénal américain ainsi que du droit international. Quelles sont les perspectives actuelles de la défense des 5 Cubains ? La dimension politique accentuée qu’a pris ce procès non seulement aux Etats-Unis mais au-delà attise une attitude de plus en plus désarçonnée des autorités de Washington à son égard. Elle est de plus, augmentée par l’activité des organisations anti cubaines qui apprêtent et coordonnent des attentats contre Cuba à partir du territoire étatsunien. Dans ces conditions quelle est l’implication des Etats-Unis par rapport à la résolution 1373 (2001) du Conseil de sécurité des Nations sur la menace à la sécurité internationale résultant d’actes terroristes ?   En perspectives, les mercatiques sociale et culturelle de la cordée francophone impacteront sur la société et la culture cubaines. Mais celles économique et juridique avec les Etats-Unis d’Amérique resteraient préoccupantes dans la mesure où la justice américaine ne rendrait pas un jugement équitable et impartial pour le cas des 5 Cubains. Toutefois, les peuples du monde par solidarité à Cuba ne peuvent rester indifférents à l’injustice et vont se mobiliser pour un combat citoyen contre toute impunité.

Notes :

(1) : http://www.latitudefrance.org/Cuba-...

(2) : http://www.granma.cu/frances/2009/m...

(3) : http://www.legrandsoir.info/L-affai...


le 5 avril 2011

Fukushima et l’impact du nucléaire au Japon, en France, en Russie et au Vietnam

La catastrophe nucléaire survenue au Japon, suite au séisme et au tsunami du 11 mars 2011 a secoué le monde scientifique mais aussi toute la société civile internationale. En nous appuyant sur les analyses faites par les autorités japonaises, les spécialistes du nucléaire et le réseau des associations de la société civile , il nous semble prenant de faire le point sur l’impact de l’énergie nucléaire au Japon, en France, en Russie et au Vietnam. L’intérêt renouvelé pour l’énergie nucléaire sous le double effet de l’enchérissement considérable des hydrocarbures et de la lutte contre l’effet de serre a conduit les gouvernements de ces pays à utiliser cette forme d’énergie (Japon, France, Russie) ou à envisager son recours (Vietnam).

Au Japon (1).

Le gouvernement japonais est en état d’alerte maximum au fur et à mesure de l’évolution des problèmes de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima. Le premier ministre japonais Naoto Kan a souligné que la situation reste « imprévisible ». En effet, dans cette centrale, les systèmes de refroidissement de plusieurs réacteurs sont en panne, d’où l’aggravation des fuites radioactive , suite à plusieurs explosions. Des traces de plutonium ont été décelées dans le sol de la centrale elle même où de l’eau très radioactive s’est échappée des bâtiments des réacteurs, faisant craindre une pollution massive autour du site. Tokyo Electric Power (TEPCO) en charge de la centrale a fait savoir que le taux du plutonium retrouvé dans cinq prélèvements ne présente pas de danger pour la santé car il est équivalent à celui détecté au Japon après des essais nucléaires réalisés dans des pays voisins comme la République Démocratique de Corée.. TEPCO n’a pas précisé d’où vient ce plutonium mais a jugé « fort probable » qu’au moins deux des cinq échantillons soient liés aux dégâts subis par la centrale lors du séisme et du tsunami du 11 mars 2011. Le réacteur 3 dont le toit a été soufflé par une explosion est le seul à contenir du MOX (mélange d’oxydes de plutonium et d’uranium) dont les rejets radioactifs sont considérés comme plus dangereux. La contamination : des taux d’iode 131 près de 126 fois supérieurs à la norme autorisée ont été relevés dans l’eau de mer près de Fukushima. Des analyses de poissons pêchés et des légumes sont faits pour informer les habitants au fil des jours. La population se trouvant dans un rayon de 20 km de la centrale a été immédiatement invitée à quitter les lieux. Les victimes du tremblement de terre et du Tsunami, selon un bilan provisoire, sont au nombre de 27.000 personnes mortes ou portées disparues. Les espoirs de retrouver des survivants sont à ce jour extrêmement faibles. Le Japon reçoit le soutien moral et des aides techniques du monde entier, en particulier des Etats-Unis, de la France, de la Russie et de l’Inde. au fur et à mesure de l’évolution du désastre. Le président N.Sarkozy, venu soutenir la population au nom des Français lors de sa visite à Tokyo, le 31 mars 2011, a proposé une réunion des autorités nucléaires mondiales au G20 de Paris, en mai prochain. Le but serait de définir des normes de sûreté internationales. Rappelons qu’à Fukushima, il y a en tout 6 réacteurs accidentés et non pas un seul comme à Tchernobyl .

Cette catastrophe va obliger le Japon à redéfinir sa politique énergétique, en particulier la part du nucléaire dans le bilan global .

En France (2)

« Il semble que la direction des vents éloigne pour le moment une éventuelle pollution du nuage radioactif vers le Pacifique », a estimé l’Autorité française de sûreté nucléaire (ASN). De même, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), qui dispose d’un double réseau de surveillance de la radioactivité de l’air, a aussi annoncé une vigilance renforcée. L’IRSN peut s’appuyer dans cette surveillance à la fois sur un réseau d’alerte baptisé Téléray, qui assure de manière continue la surveillance du rayonnement gamma ambiant de l’air, et qui compte 163 balises sur tout le territoire de la France métropolitaine, et sur un réseau de prélèvements des poussières radioactives dans l’air au niveau du sol. En temps normal, ces poussières sont analysées chaque semaine par les 44 stations présentes en France (auxquelles s’ajoutent sept « préleveurs à très grand débit »). Au vu de la situation au Japon, « les prélèvements de poussières atmosphériques seront analysés quotidiennement », a souligné l’IRSN, en promettant de diffuser une information en temps réel. Les opposants au nucléaire, eux aussi, promettent une vigilance accrue. La CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité) assure ainsi qu’elle « suivra de près l’évolution de la situation » et que « son laboratoire reste en état d’alerte à travers son réseau de surveillance de la radioactivité atmosphérique situé en Rhône-Alpes et à Avignon » (3). Rappelons que grâce à son parc de 58 réacteurs, la France atteint un taux d’indépendance énergétique proche de 50% lui garantissant une grande stabilité d’approvisionnement. Le nucléaire est une énergie qui n’émet pas de gaz à effet de serre et en France, 78% de l’électricité est d’origine nucléaire. C’est l’une des plus compétitives d’Europe." D’après le Commissariat à l’énergie atomique (CEA ) (4) dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique, il apparaît nécessaire d’utiliser des modes de production d’énergie qui n’agissent pas sur ce réchauffement, afin de ne pas l’aggraver encore. Le nucléaire a sans aucun doute, aux côtés d’autres énergies, comme les énergies renouvelables, un rôle important à jouer pour contribuer à préserver l’environnement. Si l’industrie nucléaire produit des déchets, dangereux en raison des rayonnements qu’ils émettent, ce problème, qu’il faut gérer, ne constitue pas pour autant une difficulté insurmontable et un danger inéluctable, à la différence du changement climatique. Les déchets produits occupent un faible volume et peuvent être gérés de manière sûre. 90% des déchets radioactifs produits en France disposent d’ores et déjà d’un mode de gestion industriel. Les recherches en cours ont pour objectif d’éclairer les choix sur le mode de gestion futur des déchets à vie longue, qui représentent 10% de la production annuelle des déchets radioactifs.

Cependant, les opinions divergent. Certains préconisent de redoubler l’emploi des énergies renouvelables. D’autres demandent un référendum pour sortir du nucléaire « Ni nucléaire, ni effet de serre », avec une campagne soutenue par le réseau WWF, Greenpeace, la Confédération Paysanne, Agir pour l’environnement, et qui tient en une phrase : “Choisissons les économies d’énergie et les énergies renouvelables !“. (5) Selon Corinne Lepage et Cap 21 (6) : L’indécence ce n’est pas de poser des questions mais bien de ne pas y répondre, en minimisant la réalité des problèmes ou en occultant les risques vitaux que l’on fait peser. Le débat devra avoir lieu, le moment venu, lorsque le temps de l’urgence et de la solidarité sera passé, sans tabou et dans la transparence la plus totale. Nous devons sortir du débat caricatural dans lequel on essaie pour l’instant de nous contraindre. Parler de la sortie éventuelle du nucléaire à un horizon 30 ans ne relève pas de l’impossible, c’est une discussion qu’il faudra avoir en prenant en compte l’ensemble des termes du débat, économique, technologique, financier, environnemental, sanitaire... Par ailleurs, il faut évidemment arrêter les centrales les plus anciennes comme Fessenheim et geler les nouveaux projets permettant à notre pays de remettre à plat sa politique énergétique au travers d’un véritable choix démocratique"

Le choix du nucléaire semblerait se poser pour les élections françaises de 2012.

En Russie

La brève crise du gaz entre l’Ukraine et la Russie en 2006 a fait ressurgir un phénomène surprenant depuis la crise de 1998, le retour de la puissance russe. Rappelons que nombre de pays et groupes de pays dépendent des approvisionnements russes en énergie et que la Russie peut être tentée de faire de ses exportations en énergie une arme politique. Plus les exportations renforçaient l’État, au plus cet État en venait naturellement à ce privilège des États forts : transformer leurs avantages économiques dans les relations internationales en politique cohérente, c’est-à-dire en politique de puissance. C’est ce qui s’est révélé lors de la crise avec l’Ukraine, et non pas à propos des relations russo-ukrainiennes mais à propos des relations de la Russie avec l’Europe d’une part, avec les grands pays d’Asie (Chine, Japon) d’autre part.

La Russie a été à son apogée lors de sa présidence du G8 et de là, la nouvelle puissance de nation exportatrice d’énergie s’affirme d’un point de vue politique, dans le cadre de la puissance militaire (nucléaire stratégique) pour s’imposer en toute impunité (7).

Et pourtant le monde n’a pas oublié la catastrophe de Tchernobyl et ses « liquidateurs » vingt cinq ans après (8). En effet, le 26 avril 1986, le réacteur N°4 de la centrale de Tchernobyl explosait, à la suite d’une série de défaillances techniques et humaines. La gestion de l’accident a été catastrophique pendant plusieurs mois, induisant l’exposition à des taux de radiation très élevés de centaines de milliers de personnes. Ceux qui ont travaillé pour contenir l’incendie et sécuriser le site furent massivement irradiés. Aussitôt après l’explosion, les pompiers se rendent sur les lieux pour éteindre l’incendie, sans protection anti-radiation. Beaucoup sont morts dans les deux mois qui ont suivi, absorbant des doses mortelles de radioactivité. Certains ont raconté sentir les radiations pénétrer et brûler leurs corps dans les couloirs de la centrale. Mais très vite, d’autres problèmes sont apparus. Il faut arrêter les fuites de fumée radioactive, pomper et consolider l’espace situé sous le réacteur pour éviter que celui-ci n’explose au contact de l’eau déversée par les pompiers, déblayer le toit du réacteur numéro 3 sur lequel se trouvent des morceaux de graphite fortement contaminés, construire un sarcophage de béton pour entourer le réacteur endommagé et nettoyer une zone de 30 kilomètres autour de la centrale (9). Il n’ y a pas eu de totale transparence des pouvoirs publics de l’époque.

Tchernobyl a été une catastrophe humaine et écologique. Aujourd’hui encore, le danger subsiste, parce que le sarcophage de béton entourant le réacteur n’est pas consolidé, et qu’une grosse quantité de plutonium est encore présente à l’intérieur. Le risque est bien réel, et le projet d’un nouveau sarcophage peine à trouver un financement. Ce deuxième sarcophage coûtant un milliard de dollars est en cours de construction.

Toutefois, la Russie ne renoncera pas à ses projets nucléaires car il s’agit d’un des rares secteurs où elle est toujours compétitive au niveau mondial. Pour l’expert Igor Ostretsov, ancien vice-directeur de l’Institut russe de recherches sur l’industrie atomique, il existe un lobby nucléaire en Russie qui détourne toute analyse objective de la situation dans ce secteur.

Au Vietnam (10)

Le Parlement vietnamien a approuvé le principe du recours à l’énergie nucléaire pour pallier à la pénurie électrique dont souffre le pays. Il est prévu, de 2014 à 2031, la mise en chantier de 8 réacteurs nucléaires dans le centre du pays. La première tranche de 1000 MW pourrait entrer en activité en 2020. A terme, le pays se fixe un objectif de 11 000 MW de production nucléaire, afin de répondre à environ 10% de ses besoins (11). Le plan de développement du nucléaire est suivi de près par les constructeurs japonais, français, sud-coréens, russes et chinois. Le Canada, l’Inde et les Etats-Unis ont également fait part de leur intérêt. La construction des centrales pourrait débuter en 2014. En attendant, le Vietnam fait face à une pénurie électrique, qui pourrait encore durer plusieurs années, a récemment alerté le groupe Electricité du Vietnam (EVN). Actuellement, 20% de l’électricité est fournie par des installations hydroélectriques, qui totalisent une production de 18 milliards de kWh par an. Mais l’insuffisance des investissements, couplée à la sécheresse provoquent de nombreuses coupures. En 2015, il manquera 8 milliards de kWh, et entre 36 et 65 milliards en 2020, prévoit EVN, qui a lancé 45 projets de construction de centrales de tous types pour augmenter de 14 580 MW les capacités du pays.

Il est à espérer que les pouvoirs publics, en prenant conscience du désastre de Fukushima, révisent leur politique de l’électronucléaire dans le contexte du développement durable.

En perspective, après Fukushima, le problème de la sécurité des réacteurs et de l’utilisation de l’énergie nucléaire (12) constitue un sujet de grande préoccupation de la plupart des pays du monde entier.

Notes

(1) Centrale de Fukushima : le gouvernement japonais en état d’alerte maximum in Courrier du Vietnam 30/03/2011

(2) les références de livres communiquées par J-M Gama, pour mieux comprendre le nucléaire remis au centre des débats après la catastrophe (séisme - tsunami - accident Fukushima) survenue au Japon :

- « Le nucléaire et la planète - 10 clés pour comprendre » - Francis SORIN - Edition GRANCHER ;

- « Le nucléaire expliqué par des physiciens » - CESEN (Cercle d’Etudes Sur l’Energie Nucléaire) - Edition EDP Sciences ;

- « Tchernobyl, un »nuage« passe... Les faits et les controverses » - Bernard LEROUGE - Edition L’Harmattan.

Ce dernier est particulièrement intéressant du point de vue sociétal (institutions, entreprises, médias, publics,...).

- « L’énergie dans le monde : bilan et perspectives » « dossier scientifique de la société de Physique publié chez EDP Sciences par J.L. BOBIN H. NIFENECKER et C. STEPHAN. C’est une comparaison chiffrée des modes de production et leurs caractéristiques.

(3) http://lci.tf1.fr/science/environne...

(4) http://www.cea.fr/jeunes/themes/l_e...

(5) www.ninucleaire-nieffetdeser..., pour expliquer simplement trois points-clés : “L’effet de serre”, “Pourquoi le nucléaire n’est pas une solution”, et “Le nucléaire, source de problèmes”. qui démontent le discours et les arguments du lobby nucléaire bénéficiant de crédits colossaux en provenance du secteur privé (Areva) et de l’Etat, et de relais efficaces dans les media et dans l’enseignement.

(6) Eric Delhaye in http://www.cap21.net/articles/10198...

(7) voir http://www.dedefensa.org/article-re...

(8) Vingt-cinq ans après l’explosion nucléaire de Tchernobyl, le bilan humain de la catastrophe fait toujours l’objet d’âpres débats. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a estimé officiellement à 30 le nombre de morts par irradiation aiguë et à 4 000 le nombre de décès par cancer, avérés ou à venir. http://www.leparisien.fr/tsunami-pa...

(9) Le film Le Sacrifice de Wladimir Tcherkoff, qui suit certains liquidateurs pendant plusieurs années, laisse peu de place au doute. Il apparaît évident qu’il y a une relation entre leur état de santé et leur travail à la centrale. A 40 ans, ils sont fatigués, amaigris, malades. Ils sont morts aujourd’hui, oubliés de tous. Car bien sûr, aucune des récompenses promises ne vînt jamais. Tous ces hommes sont des laissés pour compte de l’accident. Certains ont été déclarés Héros de l’Union Soviétique, à juste titre d’ailleurs, et plusieurs monuments en leur hommage ont été érigés. Mineurs, pompiers, photographes, preneurs de sons, la plupart d’entre eux disent avoir accompli leur devoir, sans se dérober. Ils ont été loyaux et fidèles envers leur pays, qui ne leur en a jamais su gré. Les liquidateurs de Tchernobyl, héros anonymes et sacrifiés http://www.suite101.fr/content/les-...

(10) Nguyen Dac Nhu-Mai : Impact de l’électronucléaire au Vietnam in Courrier du Vietnam du 25 10 2008

(11) http://www.enerzine.com/2/5082+viet... - lire aussi les articles du Prof. Nguyen khac Nhan in vietsciences, diendan, tapchi. tailieuthoidai.org, ugvf...

(12) Quand on parle du nucléaire, on pense aux armes nucléaires. Intentionnellement, nous n’avons pas évoqué l’impact juridique des armes nucléaires. Or, lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, une majorité de 125 États, y compris la Chine, l’Inde et le Pakistan qui détiennent des armes nucléaires, votèrent pour la résolution de 2006 qui demande aux États d’engager « des négociations multilatérales afin de parvenir sans tarder à la conclusion d’une convention relative aux armes nucléaires interdisant la mise au point, la fabrication, l’essai, le déploiement, le stockage, le transfert, la menace ou l’emploi de ces armes et prévoyant leur élimination ». Enfin, un événement a marqué le désarmement conventionnel : le 1er août 2010 est entrée en vigueur la Convention d’interdiction des armes à sous-munitions, dont le processus a été bâti sur le modèle de celle d’Ottawa sur les mines antipersonnel


le 4 avril 2011

Mercatique et gestion exceptionnelles à Pantin

Dans le département de la Seine-Saint-Denis (93), la mercatique et la gestion exceptionnelles de Pantin permettent un développement croissant de sa structure économique et sociale. Il nous semble intéressant de présenter ce cas. Est-il un exemple du développement durable et solidaire dans le contexte de la mondialisation ?

En effet, Pantin (1) est située dans la banlieue nord-est de Paris, dont elle est adjacente. La ville est située en bordure de Paris et est essentiellement formée par une plaine traversée par les routes nationales 2 et 3, la ligne de chemin de fer Paris - Strasbourg et le canal de l’Ourcq. La ligne 5 du métro a été prolongée de la gare du Nord à l’église de Pantin en 1942. Cette station resta le terminus de la ligne jusqu’en 1985. De ce fait, une importante gare routière était installée devant l’église, où de nombreux bus de la banlieue est avaient et ont encore leur terminus. Pantin compte 53.000 habitants en l’an 2000, près de 2000 entreprises, dont 21 de plus de 100 salariés. De grands groupes sont implantés sur la commune, comme Hermès (580 emplois - sellerie et bagages de luxe), Bourjois-Chanel, Gucci, Agnès b., Sergent-Major, Elis (500 emplois - location de linge), Forclum, UTB (400 emplois - travaux publics), Photovista, Legrand, Fabio Lucci… mais aussi des éditeurs informatique Arkeia. La SNCF exploite à Pantin et Bobigny son chantier de l’Ourcq, qui accueille les ateliers de maintenance des TGV Est, soit 400 emplois. Les 3000 salariés de BNP Paribas Securities Services se sont installés dans le bâtiment historique des Grands Moulins de Pantin fin octobre 2009. Hermès mène un projet d’extension en centre-ville. La ville a créé un pôle artisanal aux 4 Chemins. Au total, Pantin comptabilisait 18 343 emplois du secteur privé, selon le GARP en 2002. Mais la particularité de Pantin est son Marché Bio annuel, qui s’est tenu le dimanche 3 avril 2011 de 9 à 19 H, à côté de l’Eglise - M° Eglise de Pantin, dans le cadre de la semaine du développement durable. Invités par le Service Economique de la Ville de Pantin, organisateur de l’événement, les associations de la société civile de Pantin et le réseau de MIVA FED -Association de coopération et de Solidarité Internationale pour la promotion de l’éducation des femmes et filles pour le développement durable, l’Association pour la Promotion des Femmes Scientifiques Vietnamiennes (APFSV), Action des Femmes Africaines pour le Développement Durable (AFAS) ont présenté leurs programmes, leurs activités et les produits d’artisanat. Lors de cette manifestation, l’APFSV a exposé les activités de son association tournées vers la promotion des femmes scientifiques Vietnamiennes et la francophonie, et dans le cadre de l’humanitaire, son soutien pour les victimes de l’Agent orange/dioxine toujours en quête de justice pour être indemnisées des Etats-Unis d’Amérique des aspersions de dioxine, produit toxique pendant la guerre du Vietnam (1961-1971). Ainsi, l’impact de l’Agent orange/dioxine sur l’environnement et la santé humaine au Vietnam 50 ans après est important dans ce combat qui doit mobiliser la population, la presse et les média. L’APFSV a fait circuler une pétition et a recueilli une cinquantaine de signatures des Pantinois qui se sont déplacés à cette manifestation et ce, malgré un temps pluvieux. MIVA FED a présenté le projet spécial « éducation de base des filles et des femmes » en Afrique et souligné qu’avec un peu de la part de chacun, ensemble, on peut faire beaucoup, agir pour changer" (2). L’AFAS, a indiqué de nombreux projets dans le domaine de formation des femmes, des organisations de camps de vacances de découvertes et d’échanges culturels. L’association Artisans du monde avec des produits du commerce équitable et d’autres associations de Pantin collaborent pour une juste rémunération des producteurs, le respect des droits sociaux et le souci de l’environnement.

Les organisations de femmes ont proposé des plats régionaux avec des produits bio et de nombreux produits issus de l’agriculture biologique et /ou du commerce équitable. C’est la cuisine du monde en particulier, des spécialités du Togo (haricots blancs, haricots rouge Cornilles Vêyi, sauce mafé, viande de bœuf et légumes, riz au gras et riz blanc et son fameux gâteau Atchomo). De plus, les légumes et fruits frais ainsi que des spécialités régionales des provinces de France mais aussi venus d’ailleurs (pain naturel, viennoiseries, produits à base de cacao et de chocolat, sucreries, biscuits) permettent aux promeneurs et acheteurs un grand choix de produits à des prix très raisonnables.

A cette occasion, la Bourse aux vélos organisée par l’association Cycloficine, nouvellement créée sur Pantin a animé la bourse aux vélos et servi de relais entre les vendeurs et les acheteurs. Tous les vélos proposés à la vente sont en bon état de marche.

Par ailleurs, dans le cadre de l’Agenda 21 de Pantin pour un 21è siècle éco-citoyen3 la ville a sélectionné en 2005 un bureau d’études spécialisé pour un audit auquel les Pantinois ont été associés dans l’analyse des trois piliers du développement durable l’économie, l’environnement et le social.

En conséquence, pour l’environnement avec le programme Désherber pour mieux replanter, ! la Ville a décidé d’arrêter en 2007 l’usage de produits chimiques dans l’entretien de ses espaces verts et des voiries. Depuis, les services de la ville expérimentent, au travers d’un plan de désherbage alternatif, plusieurs techniques préventives et curatives : paillage des massifs, enherbement ou semis de fleurs sauvages aux pieds d’arbres, débroussaillage mécanique, désherbage manuel à la binette ou thermique, etc.

Pour le social, par exemple, dans le cadre d’Aide aux paralysés, lors de la dernière édition de la semaine du développement durable, la ville de Pantin, en partenariat avec l’Association des Paralysés de France et l’association Les Bouchons d’Amour, a mis en place une collecte de bouchons plastiques. Depuis avril 2010, 840 kg ont été collectés dans les urnes situées aux accueils du centre administratif et de l’hôtel de ville. L’association des Bouchons d’Amour récupère les bouchons collectés sur toute la France, les revend auprès d’organismes de recyclage et permet ainsi l’amélioration des conditions de vie des personnes souffrant d’un handicap, l’acquisition de matériel pour sportifs handicapés ou encore le montage d’opérations humanitaires de façon ponctuelle.

Pour l’économie, les Services économiques de Pantin à cette occasion présenteront la population les grands projets structurants liés à la mobilité à savoir l’arrivée du T3, le projet de Zone 30 du Petit-Pantin, l’arrivée d’Autolib’et les projets de pistes cyclables en 2011. Ils ont aussi offert des sacs en coton bio avec l’étiquette « Pantin, ville durable ».

En perspective, Pantin en unissant le plaisir à l’utile a réussi à transmettre aux Pantinois(es) le goût des bonnes choses, la découverte de nouvelles saveurs pour mieux consommer et surtout connaître ce qui se passe ailleurs. Aussi la Ville développe-t-elle une mercatique exceptionnelle alliée à une bonne gestion dans le développement durable par des actions quotidiennes (4) avec le concours de ses habitants de tous âges, des associations françaises et celles issues de la diversité.

Notes

(1) http://en.wikipedia.org/wiki/Pantin

(2) MIVA FED, 42 Avenue Edouard Vaillant, la Maison de quartier des Quatre Chemins, 93400 Pantin.

(3) L’Agenda 21 est d’abord un programme de développement durable mondial, signé par 173 pays à Rio, lors du premier sommet de la Terre en 1992. Ce programme doit ensuite être décliné, sous forme d’un Agenda 21 local, à l’échelle des collectivités territoriales, plus à même de sensibiliser les habitants aux enjeux du développement durable.

(4) par exemple, le 02 04 2011 à Pantin, il s’agit de rendre agréable et encore plus propre le quartier des Quatre-Chemins. Pour cela, est mis le matériel adéquat à disposition : gants de protections, baudriers et sacs poubelles. Des démonstrations d’engins (laveuse et aspiratrice, moto crotte, souffleuse ...) seront proposées ainsi que l’enlèvement de graffitis. Des jeunes, encadrés par des animateurs, réaliseront un relais journalistique de l’événement.


le 30 mars 2011

Les Vietnamiens et l’inter culturalité : fascination pour l’occident ou imaginaire du métissage ?

«  il faut cheminer ensemble et créer de nouvelles œuvres. »

De la nécessité d’utiliser le bon outil (1)

Notre environnement culturel est largement imprégné de signes multi ou interculturels qui participent à la configuration esthétique de la vie quotidienne. Ils nous sont transmis par la rue, les voyages ou les voyageurs, par les médias, la musique, le spectacle vivant, les arts visuels, le stylisme, la mode ou la gastronomie. De plus, la multi culturalité, conçue comme coexistence, juxtaposition de différentes cultures et l’inter culturalité comprise comme processus d’échange, de transfert entre des cultures présentes sont des données caractéristiques de notre société. Cependant, la représentation, la visibilité de ces phénomènes dans l’espace public, les valeurs qui leur sont accordées ont sensiblement et diversement évolué durant les dernières décennies dans les sociétés démocratiques, en fonction de leurs contextes et de leurs histoires, notamment dans les pays marqués par un passé colonial (2.

Si ces remarques étaient plaquées dans le contexte de l’inter culturalité africaine et vietnamienne, il serait intéressant de nous questionner sur son impact ou son rejet au regard de la génération contemporaine. Est-ce une fascination envers l’occident ou un imaginaire du métissage ? Des réponses précises sont délicates et fragilisées dans la mesure où tout l’acquis civilisateur a été noyé par les méfaits laissés dans la chair du colonisé. Le Vietnam est l’exemple type d’un pays marqué par un passé colonial. La Chine et la France, en leur temps, y ont-elles essayé d’être ces pays bâtisseurs estimables et estimés ?..

Toutefois, le tandem à endosser est assurément qu’il faut cheminer ensemble et créer de nouvelles œuvres. De la nécessité d’utiliser le bon outil.

Pour les Africains et les Vietnamiens le panachage de deux cultures a laissé certainement des valeurs qu’ils ont su façonner et se les approprier en se démarquant de leurs colonisateurs puissants.

En ce qui concerne le Vietnam avec la Chine (3). Après dix siècles d’occupation chinoise (du 1er av. J.-C. au 10è siècle), les Etats féodaux indépendants vietnamiens, notamment les dynasties des Ly, des Tran et des Lê, ont réussi à rétablir et à sublimer la culture nationale sous les valeurs bouddhistes et confucianistes. Ce fut la deuxième époque que les historiens appellent la période du Dai Viet, allant du 10e au 15e siècle.

Au point de vue linguistique, le hán (4) a été remplacé par le nôm définitivement implanté en 1798 quand Nguyên Huê s’est proclamé empereur Quang Trung (Mouvement de Tây Son). Cette mesure a contribué à l’essor de la littérature vietnamienne en « nôm » ; mais le plus important a été surtout la tradition orale développée dans la paysannerie à travers le ca-dao (poésie chantée) et le hát chèo (théâtre chanté) (5).

Au point de vue social, le code de Lê Thánh Tông (1460-1497) a sanctionné les pouvoirs des pères de famille et les obligations des enfants envers leurs parents. Des institutions communales ont été organisées selon une hiérarchie établie pour les notables et les propriétaires fonciers.

Au point de vue agricole, les Chinois ont transmis des techniques de cultures, la traction animale (buffles ou bœufs), l’outillage, les techniques de l’irrigation qui sont encore utilisés de nos jours.

Au point de vue médical, les épices et les plantes médicinales ont eu divers usages dans la pharmacopée vietnamienne actuelle.

Malgré cette influence de la civilisation chinoise, il y a eu une volonté de se localiser dès le XVIè siècle par la frappe de la monnaie (tiền đồng đúc) dont sur l’une des faces est apparue la lettre Trinh ou Lê.

Le Vietnam avec la France. Par la diversifications des relations commerciales avec d’autres pays, l’ouverture a été faite à l’attention de l’Occident en général et de la France en particulier. En effet, placé au carrefour des routes maritimes de l’Extrême Orient, le Vietnam a attiré les missionnaires qui s’y sont rendus au XVI è siècle et les commerçants européens dès le début du XVIII è siècle… Portugais et Français se sont donnés rendez-vous à travers les mers. Les archives de la Société de Géographie de Rochefort ont gardé des documents uniques concernant la colonisation française (6) qui nous ont permis de situer le début de la colonisation après le 29 août 1842 par le Traité de Nankin lequel, à l’issue de la guerre de l’opium, la Chine a cédé à l’Angleterre l’île de Hong Kong, à proximité de Macao et de Canton, le grand port du sud chinois désormais ouvert au commerce britannique. Les ports de Amoy, Foutchéou, Ning Po et Shanghaï ont été également communicatifs. Le 24 octobre 1844, la France a obtenu, par la convention de Wham Poa négociée par Lagrené, des privilèges analogues dans les mêmes ports, ainsi qu’un droit de protection des missions catholiques menacées par les réactions nationalistes suscitées par certains mandarins vietnamiens. Préoccupations commerciales et défense des intérêts catholiques ont commandé ensuite la politique de Napolén III en Extrême-Orient. La colonisation française a pris place. Puis à la veille de la seconde guerre mondiale, le bilan de la colonisation française a présenté des aspects positifs sur le plan économique, bien que le Vietnam ait subi alors les effets pervers de la crise économique mondiale des années trente. La suite de l’implantation française au Vietnam jusqu’à la défaite de Dien Bien Phu (1954) marquant la fin de la colonisation française est à laisser à la discussion et aux débats des spécialistes. Pour nous, la période de la culture vietnamienne moderne s’est lentement campée depuis les années 30 et les années 40 du XXè siècle avec l’incorporation des valeurs de la civilisation française tout en maintenant parallèlement l’identité nationale. Il est à remarquer l’existence de trois formations culturelle, locale, celle influencée par la Chine et d’autres pays de la région, et l’interaction avec la culture occidentale. La culture nationale vietnamienne a émergé d’un environnement vivant concret, un pays tropical avec beaucoup de fleuves et le confluent de grandes cultures. Dès lors, les Vietnamiens se sont retrouvés riches d’acquis des us et coutumes aussi bien chinois que français tout en conservant les aspects positifs de sa propre culture sous double influence (7). C’est probablement se décrier que de souligner l’impact possible en se renvoyant d’une part à l’Empire chinois et d’autre part à l’Etat français. Ainsi, le Vietnam est devenu autonome en rompant doucement ses liens avec la Chine et la France tout en sauvegardant par ailleurs, des signes évidents de ces influences (8). Mais qu’est-ce que l’acculturation ? Selon une définition de l’UNESCO, c’est la situation de contact entre groupes de cultures différentes et ce sont les transformations culturelles qui en résultent en chacun d’eux. Concernant l’acculturation, les méfaits du colonialisme mis à part en Afrique comme au Vietnam, il faut souligner l’impact culturel et social des deux côtés. Du côté français, un large champ de recherche concernant le Vietnam (sciences sociales et humaines, arts et anthropologie, ethnographie, archéologie) a été mené par l’École française d’Extrême Orient ainsi que la médecine tropicale, les découvertes de vaccins, par Yersin, l’art pictural par Tardieu et Inguimberty dans le sillage de Gauguin, le style indochinois par l’architecte Hébrard, toute une littérature indochinoise par Marguerite Duras, Roland Dorgelès, André Malraux, Claude Farrère et Nguyen Van Vinh (9). Du côté vietnamien, si les échanges culturels avec l’Occident ont impacté sur son harmonie, cette dernière s’est par contre enrichie en créant de nouvelles valeurs grâce à une acculturation féconde (10). Alors entre acculturation et inter culturalité ? Notamment pour les Africains « C’est un dilemme qui résume le choix cornélien en situation d’immigration. Ce titre évocateur sous-entend des non-dits. D’abord, il convie à une réflexion sur la manière de penser la vie, de réinventer le vécu collectif dans une société multiculturelle. Ensuite, il comporte des concepts implicites (assimilation, intégration…) qui se chevauchent. Pour bien cerner cette réalité, nous avons émis l’hypothèse qui suit : il est possible (impossible) d’appréhender les multiples dynamiques sociales sous la férule de la mondialisation et de rendre compte des mutations en cours dans un monde où se confrontent universalisme des valeurs et particularismes culturels » (11). Cependant, en Afrique, où l’État a précédé la nation, où les cultures identitaires semblent étouffer la construction de la nation, l’interculture se révèle comme un moyen de prévention des conflits et un prolégomène au développement durable. A l’appui de cette thèse, prenons l’exemple du cas de la Côte d’Ivoire : la relative avancée économique appelée « miracle ivoirien », est passée par la création des conditions de l’interculturel. La crise qu’elle traverse depuis le coup d’État de 1999 confirme les inconséquences de la déconstruction de l’interculture (12).

Fascination pour l’occident ou imaginaire du métissage ? Nous vous renvoyons aux chroniques du métissage (13), de la colonisation aux expressions contemporaines d’identités métisses et vous invitons à participer aux fêtes de la Bretagne, notamment à Lorient et partager les joies des rencontres internationales de Lorient à l’Extrême Orient en mai 2011 et ce faisant, assister à la représentation de la pièce la Tonkinoise de l’Ile de Groix.

Les Vietnamiens ont le secret de ne pas se prononcer publiquement leur individualité tout en prônant avec les Africains, se connaître soi même en reconnaissant l’autre. Le monde bouge. Notre société aussi (14).

Notes

(1) CEFIR Mustapha BOURAS, Président de CEFIR, décembre 2010

(2) http://www.observatoire-culture.net...

(3) Nguyen Dac : Impact et rejet de la civilisation chinoise au Vietnam ; in Routes d’Asie. Colloque INALCO Paris 1986, Editions Isis, Istanbul-Paris 1988.

(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Han_%2.... Les Hans constituent le peuple chinois historique, issu de l’ancienne ethnie Huaxia. Celle-ci prend le nom Han à l’époque de la dynastie Han, et ce nom perdure depuis. C’est la principale ethnie présente en Chine : elle constitue environ 92% de la population chinoise. L’ethnie Han est également le plus grand groupe humain du monde avec 1,3 milliard d’individus. Environ 90% des Hans se trouvent en Chine, les autres se trouvant principalement en Asie du Sud Est et en Amérique du Nord.

(5) La culture vietnamienne est riche d’identité nationale in http://fr.hanoi.vietnamplus.vn/Home...

(6) Nguyen Dac Nhu-Mai : Impact de Hanoi à Rochefort in Le Courrier du Vietnam, 20 novembre 2010.

(7) Marie-Paule Desaulniers : Entre fascination et frustration : le Vietnam du 7-30 janvier 2008 in http://www.triplov.com/viagens/Viet...

(8) Selon Nguyễn Quý Đạo : … si vous savez lire et prononcer correctement le Vietnamien, vous serez tout étonné de constater que vous pouvez comprendre bon nombre de mots vietnamiens écrits .Ce sont des mots d’origine française qui ont été vietnamisés durant la période de la colonisation. Sans arriver à devenir une langue nationale comme cela est le cas dans plusieurs pays d’Afrique francophone, la langue française a tout de même eu une influence sur la langue vietnamienne. in conférence « Connaissance du Vietnam » ayant pour thème « Les mots vietnamiens d’origine française, témoins d’une époque » 11/01/2011 au siège de l’UGVF 16, rue du Petit Musc - 75004 Paris .

(9) http://www.adaly.net Les Fables de La Fontaine traduites par NGUYỄN VĂN VĨNH

(10) Selon AVI- 31/05/2009

(11) Jean Macaire MUNZELE Munzimi : Africains ou Bounties : Entre acculturation et inter culturalité in http://www.congovision.com/science/...

(12) Adama Yeo : L’interculture en Côte d’ivoire : de la construction à la déconstruction in http://www.zigzag-francophonie.eu/A... ; 24 mars 2011

(13) http://vietdom.blog.lemonde.fr/2011... tissages chroniques du métissage, de la colonisation aux expressions contemporaines d’identités métisses. représentation de « La Tonkinoise de l’île de Groix » de Dominique Rolland, le 13 mai 2011, au Lycée Dupuy de Löme, Lorient.

(14) Cefir. Vivre ensemble nos différences in FOCUS ACTIVITE N° 207, décembre 2010 Infolettre trimestrielle éditée par Le monde change, le CEFIR aussi


le 25 mars 2011

La cordée accueillante de la dictée des Mots d’or de la francophonie

La dictée des Mots d’Or a réuni une trentaine de personnes, en particulier, étudiants étrangers francophiles, doctorantes en économie, retraités de l’enseignement et de la recherche, un spécialiste du cinéma d’art et même un spécialiste de l’Association française de normalisation (Afnor), le 18 mars 2011, à 18.30 au Salon David Weill, Maison Internationale de la Cité internationale universitaire de Paris (CIUP). L’ambiance est conviviale. Pour chaque participant, l’essentiel est d’y participer au français en partage. Mais qu’est ce qui fait rassembler ce monde ? Il nous semble opportun de souligner que certains ont fait la cordée, se portant complices de la francophonie, surtout avec les 10 Mots d’Or qu’ils pensent les relier en 2011.

M. Nguyên Duy Tân, vice président de l’Alliance Internationale, organisateur de cet événement, a fait l’historique et les motivations de l’Association des Anciens et Amis de la Cité internationale de Paris, créée en 1948. Elle est la mémoire vivante de la CIUP, et a pour vocation de permettre aux résidents de conserver et de développer des liens d’amitié au-delà de leur séjour parisien à la Cité internationale, en prenant place au sein d’un réseau de plusieurs milliers d’anciens, répartis dans le monde entier. (Voir le site www.allianceinternationale.org). La dictée des Mots d’Or est un concours annuel de l’Association pour la Promotion du Français des Affaires (Apfa) qui prend place en général pendant la semaine de la langue française et des Mots d’or de la francophonie, un peu partout, à Paris et en province. Mais l’Alliance internationale de Paris est chargée depuis 5 ans de l’organisation de l’épreuve de la dictée proposée au grand public, de la remise des diplômes et de cadeaux (dictionnaires, divers livres et documents) aux lauréat(e)s, ainsi qu’une collation autour du verre de l’amitié. Non, ce n’est pas toujours de joyeuses agapes, mais avec un verre de rouge ou/et de blanc de Bordeaux aidant, les langues se délectent aux douceurs des friandises sucrées salées.

 Le concours d’écriture francophone – la dictée a été lue par trois responsables de manière à permettre aux participants de percer les mots à travers trois voix aux dictions différentes, donc trois intonations, d’où trois manières de les prononcer. « à midi, Olivia se sentait un peu lasse. Voilà que de deviens cacochyme, j’en fais trop, jugea-t-elle dans son for intérieur. Dans un troquet, elle mangea une anchoïade, un mets méridional. L’aphérèse de mastroquet l’amusait. Le programme de la journée lui laissait un peu de temps. Après s’être laissé gagner par la douceur printanière en parcourant un mail, elle se ressaisit et entra dans un centre commercial. En passant devant le magasin d’exposition d’un marchand de meubles, elle s’était aperçue de l’esthétique empreinte d’élégance d’un fauteuil à bascule, fabriqué en Chine et à prix réduit. Mais elle ne se laissa pas tenter et décida de parcourir les rayons d’un semi-discompteur en libre-service dont elle étudia le marchandisage en professionnelle de la mercatique, évaluant l’utilisation concomitante des frontales et des emplacements promotionnels ainsi que la variété des conditionnements. Les chalands lui semblèrent plus nombreux que les acheteurs. Cela corroborait ses idées sur les effets des achats à domicile ».

 Bien que la dictée en elle-même ne soit pas très difficile, il y a eu des pièges à repérer dans l’orthographe d’usage des mots tels : anchollade au lieu de anchoïade (1 point de pénalité), la phérèse au lieu de l’aphérèse (un point de pénalité). Une faute d’orthographe grammaticale après s’être laissée au lieu de après s’être laissé (2 point de pénalité), oubli du tiret de jugea-t-elle (2 points de pénalité), faute d’orthographe sur un trait d’union libre-service (0,5 point de pénalité), une faute d’orthographe sur un accent voilà, intérieur, oubli de la majuscule à Chine, Olivia (0,5 point de pénalité).

Par contre ce texte ne contient aucun des 10 mots d’Or de la francophonie qui nous relient en 2011, c’est-à-dire accueillant, agapes, avec, chœur, complice, cordée, harmonieusement, fil, main, réseauter.

Dès lors, nous pourrions imaginer cette autre version : à midi, Olivia se sentait un peu lasse. Voilà que je deviens dolente avec ce début de mal de tête, j’en fais trop, jugea-t-elle en son for intérieur, la main droite posée sur son visage, harmonieusement fardé de rose poudré et de transparente matité. Dans un café, elle commanda une salade mixte avec du jambon de Parme et des petits morceaux de fromage de brebis. La troncation du cafetier peu accueillant ne lui plaisait guère. La journée lui sembla longue à cause de la lourdeur de la chaleur estivale. Après s’être laissé bercer par un concert à la Chaine TV3 donné par les chœurs de l’Armée Rouge, elle se leva, paya son repas et décida de continuer ses courses au Marché d’à côté, à l’enseigne verte empreinte d’escomptes du jour. Cette épicerie de proximité lui apparut sympathique bien que les prix des produits fussent légèrement supérieurs à ceux indiqués chez les magasins Carrefour. Toutefois, elle ne se fit pas complice de cette publicité débordante de vignettes à promotion exceptionnelle. En ménagère précautionneuse, elle additionna rapidement les produits au fil des achats afin de ne pas dépasser le budget familial mensuel. Cependant, elle se dit pourquoi ne pas réseauter toute la programmation affichée des produits de consommation d’usage et ceux de luxe pour ses amies, du moins celles qui devaient boucler les fins de mois difficiles. Mais, faire la cordée de la solidarité demanderait beaucoup de philanthropie qu’elle n’était pas en mesure de leur offrir, surtout en ces jours d’insécurité et de guerre importée par les Nations Unies en Libye et de catastrophes nucléaires cruciales à la centrale japonaise de Kukushima.

En perspective, il est à souhaiter que les organisateurs de l’Alliance internationale, pour la prochaine épreuve en 2012 ne fassent pas faire la correction de la dictée par les participants, car perte de temps. Par ailleurs, il serait aussi préférable de « récompenser » séparément les candidats francophones et non francophones par une notation spécifique, ce qui ferait marquer le coup pour l’obtention équitable du Littré, dictionnaire très convoité. Les francophones et francophiles viendraient encore plus nombreux pour assurer la cordée accueillante de la dictée des Mots d’Or à la CIUP et ainsi, célébrer le lien de solidarité qui, grâce au partage de la langue, fonde le sentiment d’appartenance à une communauté de valeurs identiques.


le 25 mars 2011

Réseauter le fil accueillant du français des affaires et des mots d’or de la francophonie

Une centaine de personnes du monde des affaires, de la finance et de l’économie, des chercheurs, des linguistes et des associations de la société civile, a été invitée le 17 mars 2011 à Paris, à la Journée du français des affaires et des mots d’or de la francophonie (23è année), organisée par l’association Actions pour promouvoir le français des affaires (Apfa), avec la participation de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et de la délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), en collaboration avec la Délégation générale des Gouvernements de la Communauté française de Belgique et de la Région wallonne. Il nous semble intéressant de réseauter le fil accueillant du français des affaires et des mots d’or de la francophonie à travers les jeunes apprenants et des professionnels francophones et francophiles ayant le français en partage.

Une minute de silence a été observée à la mémoire des défunts et des disparus lors du séisme et de la présente catastrophe nucléaire de la centrale japonaise de Fukushima.

Dans son discours de bienvenue, M. Roger Hotermans, Conseiller à la délégation générale Wallonie-Bruxelles en France, hôte du lieu, a présenté l’historique du 274 boulevard Saint Germain. Ensuite, il a commenté le fonctionnement de la Belgique (six gouvernements, sept assemblées parlementaires, trois langues nationales, plus de 60 ministres), un Etat fédéral complexe. La communauté française de Belgique regroupe les francophones de Wallonie et ceux de Bruxelles. Elle aussi possède un gouvernement et un parlement qui siègent à Bruxelles. Cela signifie que tous les francophones ne sont pas Wallons, il y a ceux de Wallonie et ceux de Bruxelles. Les différences entre eux sont relativement importantes. La Belgique est toujours sans gouvernement. Officiellement, l’intérim est assuré par le gouvernement démissionnaire pour assurer le suivi quotidien des affaires. La logique est qu’il ne peut prendre des décisions qui engageraient le gouvernement suivant. Ms Imma Tor Faus, Chef de la Division de la Langue française, direction de la langue française et de la diversité culturelle et linguistique (OIF), M. Jean François Baldi, Délégué adjoint à la délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLD) et M. Jean Marcel Lauginie, Président de l’Apfa, ont salué le goût des mots et des concepts d’aujourd’hui et de demain dans la vie économique française, mais aussi dans les pays ayant le français en partage. M. Lauginie, en présentant les intervenants et les jeunes apprenants francophones et francophiles, a articulé l’importance allouée au développement équilibré du français et des langues partenaires à l’échelle internationale.

M. Daniel Prado, Directeur de la terminologie et des industries de la langue à l’Union Latine, dans sa présentation des Espaces linguistiques : coopération en terminologie et nécessaire présence des langues dans la connaissance a cité des références et des sources entre autres, www.portalingua.com (pour 137 langues) et signalé la faille présentée dans la normalisation dans les instances de gouvernance internationale (ISO, CEI, ICANN, SMSI) à l’exception des francophones. Pour les associations et réseaux internationaux des langues romanes et la coopération en terminologie, M. Prado a décrit les réseaux Réalités (pour le catalan, l’espagnol, le français, le galicien, l’italien, le portugais et le roumain) et NEOROM (3 espaces linguistiques et 5 organisations internationales). Ce système d’interopérabilité fonctionne à travers la toile (www.terminometro.info) Dans le cadre de la journée internationale de la francophonie, un blog se propose de traiter de la langue française et des questions d’identité à travers l’expérience linguistique des étrangers qui résident en France.

M. Jean Marie Fèvre, Maître de conférences en sciences de gestion à l’Université de Metz, dans son exposé Enrichissement croisé entre étudiants en économie et gestion francophones et francophiles, a accentué le pont reliant la vie quotidienne, les études et le monde de l’entreprise en particulier aux étudiants étrangers en France. Pour se préparer à relever avec flexibilité les défis de la mondialisation, il ne faut pas être frileux, mais bouger pour escompter d’excellents résultats, afin de mutualiser les acquis obtenus à l’université et les mettre en pratique dans le monde du travail.

Ms Annick d’Almeida-Agbojan, responsable de projets à la division de la langue française, direction de la langue française et de la diversité culturelle et linguistique, OIF, a dévoilé la pratique de l’intercompréhension en langues des affaires : le premier jury de Validation des acquis francophones initiaux en entreprise. L’intercompréhension peut fournir à chacun dans ce cadre les clés pour s’ouvrir aux langues et à la dimension plurilingue et multiculturelle du monde contemporain. En effet, un Jury de la Validation des acquis francophones initiaux en entreprise (VAFIE) s’est tenu pour la première fois au Vanuatu permettant de mobiliser les inscriptions de 18 candidats et d’y organiser la première mise en place de la VAFIE. Les 18 candidats âgés de 25 à 57 ans (l’âge moyen étant de 38 ans) présélectionnés au cours de 2 réunions en mai et en août 2010 ont exercé les métiers comme agent de comptoir (1), entrepreneur (1), fournisseur (2), gestionnaire (5), journaliste (2), représentant (1), responsable de service ou de bureau (4), secrétaire (1) et traducteur (2). Les entretiens se sont déroulés sur la base d’une heure compte tenu de la qualité des interventions des candidats. Ainsi, la question complémentaire portant sur la francophonie au Vanuatu (3 langues officielles et 108 langues vernaculaires), a permis la formulation de projets tels que publier des dictionnaires simples trilingues avec la présence du français pour les très jeunes élèves dans chacune des îles ; créer un Conseil national des jeunes francophones, créer la fête des langues et mettre en place un observatoire de la francophonie.

M. Jean Marcel Lauginie, président de l’Apfa, a accentué sur la mercatique qui a été inscrite au journal officiel du 2 mars 2010. C’est un ensemble de méthodes et de moyens dont dispose une entreprise pour s’adapter aux publics auxquels elle s’intéresse, leur offrir des satisfactions si possible répétitives et durables. Il suscite par son aspect créatif des innovations sources de croissance d’activité. Ainsi, l’ensemble des actions menées par l’entreprise peut pronostiquer, influer et exaucer les désirs du consommateur et adapter ses produits ainsi que sa politique commerciale aux besoins étudiés. Après avoir, en principe, réalisé des études de marché, il est d’usage de segmenter par types de clientèles l’approche mercatique, au niveau opérationnel dans le cadre de la stratégie mercatique, et d’appliquer à chaque segment la « règle des 4 P » à savoir : Produit ou la modélisation de l’offre, service ou idée afin qu’il réponde aux attitudes et motivations d’un ou des publics ; Publicité (communication) ou les méthodes pour rendre publics l’existence, l’intérêt et la disponibilité de l’offre. Elle sert aussi à accroître le désir des consommateurs envers le produit/service ; Prix, ou les conditions d’obtention (leurs niveaux par rapport aux autres offres) ; Place (distribution) ou les modèles, moyens et infrastructures de mise à disposition de l’offre. La mercatique est entrée dans 53 langues.

La francophonie racontée aux jeunes générations a été exhibée par Ms Imma Tor Faus qui, ensuite a interrogé les jeunes francophones et francophiles Lauréats des Mots d’Or 20111 sur leur vision de la francophonie. A tour de rôle, les candidat(e)s ont témoigné leurs contacts avec la langue et la civilisation françaises. Notamment, pour la lauréate Biélorusse, la communication via le festival francophone peut faire naître des motivations vers une coopération du développement durable. Les lauréates Roumaines ont souligné leur bonheur de partager des idées et échanger des méthodes de travail à travers les rencontres avec les autres jeunes de leur âge. La lauréate Libanaise qui parle le français depuis sa plus tendre enfance nous fait partager ses émotions de vie dans un pays à la sortie de guerre. Son ambition est de pouvoir étendre la tolérance à travers les échanges culturels et économiques. Toutefois, pour la lauréate Vietnamienne, la langue française est non seulement un complément nécessaire, mais utile à son bagage de commerciale, tout en indiquant par ailleurs l’impact du français, langue parlée et écrite par d’imminents auteurs Vietnamiens francophones.

Le palmarès des Mots d’Or des professionnels avec la collaboration de la Société française des traducteurs (SFT) et de l’Union internationale de la presse francophone (UPF) a été fertile. En effet, le Mot d’Or des enseignes a été remis à M. Arnaud Sannier et à son équipe pour le Marché d’à côté annonçant un commerce de proximité, par exemple, celui de la rue de Charonne 75011 Paris (photo). Plus grand qu’une épicerie de quartier et donc plus de choix, ce petit magasin de proximité offre les mêmes avantages dans l’amplitude des heures d’ouverture (jusqu’à minuit en fin de semaine) et des produits frais à prix réduits. Marché d’à côté, rue de Charonne 75011 Paris (photo) Le Mot d’Or de la traduction a été remis à Ms Anne Colin du Terrail pour avoir permis de pénétrer en français dans l’âme et l’histoire finlandaises au XIX è siècle saisies par Arto Paasilinna dans son roman Sang chaud nerfs d’acier aux éditions Denoël 2011.

Le Mot d’Or des Auteurs au titre de 2009 à été affecté à M. Michel Caillat, sociologue du sport, pour sa passionnante recherche étymologique et sa créativité néologique qui lui permettent dans son ouvrage Le sport. Editions Le Cavalier bleu, 2008 de nommer les adeptes des activités de détente, pour lesquels la compétition et le combat sportif laissent le champ libre au bien-être et à l’épanouissement de tous. M. Caillat explique qu’à la fin du XIX è siècle, on désignait par sport, tout exercice de plein air comme les courses de chevaux, canotage, chasse à courre, à tir, pêche, tir à l’arc, gymnastique et escrime. Avec la codification des jeux physiques anglais et l’institutionnalisation des sports, c’est-à-dire la naissance des fédérations à la fin du XIX è siècle et au début du XX è siècle, le mot sport recouvre des activités supposant une dépense d’énergie musculature et un engagement compétitif.

Le Mot d’Or des lexiques en ligne a été accordé au Collège Dictionnaire Machtotz France pour la création du premier lexique en ligne de termes informatiques (anglais-français-arménien occidental). Par ailleurs, les Lauréats ont aussi mentionné que la diaspora arménienne de l’Association culturelle arménienne de Marne-la-Vallée (ACAM) dispose d’un bulletin donnant des informations sur les activités et la vie de l’ACAM avec des pages en arménien. Voir www.acam-france.org. Le Mot d’Or d’Honneur a été attribué à M. Jean Luc Taradel, pour avoir pris l’initiative, en tant que Directeur de l’Alliance française de Lusaka d’organiser en 2007 l’épreuve internationale du Mot d’Or pour les apprenants francophiles en Zambie.

M. Nguyên Duy Tân, vice président de l’Alliance internationale, a annoncé que la Dictée des Mots d’Or aura lieu le vendredi 18 mars 2011, à 18.30, au Salon David Weill – Maison internationale de la CIUP.

Une réception accueillante et non de joyeuses agapes, a clos la réunion autour du verre de l’amitié. Il est à souhaiter que la 24è année des Mots d’Or en 2012 conduirait plus de jeunes apprenants et de professionnels vers le fil de la francophonie et des Mots d’Or afin de clamer en chœur la diversité, la solidarité et la tolérance, ces incontournables complices d’une paix universelle. Ainsi, ils se donneraient la main pour faire la cordée des énergies physiques et intellectuelles et réseauter en ligne avec les 10 mots qui les relieraient au français en partage.


Notes

Mots d’Or des élèves et étudiants en économie et gestion et en français des affaires Les 21 lauréats de 16 pays représentaient à Paris les 1 300 lauréats sur 7 075 apprenants francophones et francophiles qui ont participé dans 35 pays aux épreuves proposées par Jean-Marc Chevrot, dans le cadre de la Semaine de la langue française et de la Francophonie.

Autriche : Teresa-Christina Divisek et Diana Kuzmanovic

Biélorussie : Alena Belenkaya

Canada. Québec : Lydia Paradis

Égypte : Diana Emad Aziz Bakhoum

France : Cyril Blanc

Guyane : Herissena Dorcelus

Nouvelle Calédonie : Joris Kamadrane

Polynésie : Tahianuvai Teiefitu

Gabon : Cédric Betsi Ngbwa

Liban : Pascale Amar

Madagascar : Christelle Razafindramila

République tchèque : Katerina Chmelickova

Roumanie : Dana Jinaru et Andreea Pîrge

Russie. République du Bachkortostan : Aygul Gumerova

Sénégal : Karina Feinache

Syrie : Dolly Kanakri

Thaïlande : Piriya Kajornsakbumpen

Vietnam : Phuong Le Thu

Zambie : Chaka Tembo

Guyane : Herissena Dorcelus

Nouvelle Calédonie : Joris Kamadrane

Polynésie : Tahianuvai Teiefitu

Gabon : Cédric Betsi Ngbwa

Liban : Pasacle Amar

Madagascar : Christelle Razafindramila

République tchèque : Katerina Chmelickova

Roumanie : Dana Jinaru et Andreea Pîrge

Russie. République du Bachkortostan : Aygul Gumerova

Sénégal : Karina Feinache

Syrie : Dolly Kanakri

Thaïlande : Piriya Kajornsakbumpen

Vietnam : Phuong Le Thu

Zambie : Chaka Tembo



le 21 mars 2011

Réseauter le fil conducteur du droit international humanitaire et de la justice internationale

english version follows the french one

Dans le cadre des conférences organisées par l’Association pour le droit international humanitaire, France, (ADIF)(1), la rencontre à la Maison internationale de la CIUP à Paris les 4 et 5 mars 2011 a réuni une cinquantaine de chercheurs et spécialistes du droit, des acteurs de la société civile et des participant(e)s venus s’informer, questionner et débattre sur les principes fondamentaux et les avancées du droit international humanitaire et de la justice internationale (2). Il nous semble intéressant d’en faire un écho afin de réseauter le fil des débats conduisant à un combat citoyen vs l’impunité de certains Etats. Dans son allocution d’accueil, M. Daniel Lagot, organisateur et animateur en présentant les conférenciers et le déroulement des deux journées a souligné un ensemble d’objectifs souhaités et la perspective d’échanges et de débats utiles dans le contexte conjoncturel actualisé notamment par les récents évènements survenus dans le monde arable. Il a annoncé la projection du film, le Dernier fantôme de la guerre par Pham Quôc Thai et Janet Gardner retraçant l’impact de l’Agent orange/dioxine sur la santé humaine et l’environnement au Vietnam, dans la soirée.

1- Echos du droit international humanitaire

M. Rony Braumann, ancien président de médecins Sans Frontières et directeur de recherches à la Fondation MSF, dans ses Questions pour le droit international humanitaire a brossé le tableau du praticien du terrain actif et à l’écoute des souffrances des victimes des conflits, toutefois, il a situé le droit international humanitaire dans un contexte historique et politique. Il a cité parmi les exemples choisis, celui de la Bataille de Solférino (24 juin 1859) épisode décisif de la lutte pour l’unité italienne (3) a montré que le conflit mené par les belligérants en uniformes visibles a débuté à l’aube et terminé au crépuscule permettant à chaque camp de ramasser ses blessés et ses morts. L’affrontement décisif lors de la guerre pour l’unité italienne et les souffrances des blessés, abandonnés à leur sort, a constitué la source d’inspiration pour la fondation de la Croix-Rouge par Henri Dunant. Or, dans les conflits modernes, les armements plus sophistiqués, les visées des belligérants mieux étudiées, les perspectives sembleraient plus hypocrites et laissées le plus souvent à une justice à deux poids deux mesures.

La distinction entre civils et combattants devient déjà plus floue en particulier lors de la Première Guerre mondiale où il y a globalisation de la guerre, à laquelle tous participent de différentes manières, sans parler de la Seconde Guerre mondiale. Rony Braumann exprime un certain scepticisme à l’égard du droit international humanitaire, dans la mesure où un vrai droit humanitaire, s’il était réellement appliqué, empêcherait les guerres, tout en lui reconnaissant une valeur limitée.

Lors du débat, les opinions divergent dans la mesure où le cas de l’Afghanistan (4) considéré comme conflit interne a pris des proportions internationales. De ce fait, une victoire strictement militaire serait exclue, et le gouvernement afghan devrait ultimement prendre charge les destinées de son propre pays. Le problème de la distinction, faite actuellement dans le droit international humanitaire, entre conflits internationaux et non internationaux, avec des règles différentes et plus limitées dans le second cas, est discuté. Selon le Protocole I de 1977 additionnel aux Conventions de Genève, non ratifié ou ratifié avec des réserves (au sens juridique) entre autres par les grands pays occidentaux, sont internationaux, outre les conflits entre Etats, les luttes des peuples pour la libération nationale et/ou contre l’occupation étrangère. Le cas de l’Afghanistan, conflit non international selon les pays occidentaux (les forces occidentales seraient là pour aider un gouvernement officiel afghan luttant contre des insurgés, voire des bandes armées criminelles ou terroristes) est en particulier discuté à cet égard. Le CICR semble accepter cette thèse occidentale, pour des raisons diplomatiques que l’on peut comprendre, tout en essayant de faire au mieux respecter certains principes fondamentaux, mais cela ne doit pas empêcher les uns et les autres de combattre ce point de vue.

M. Daniel Lagot (5), dans son exposé Le droit international humanitaire aujourd’hui, problèmes et ambiguïtés lance la discussion sur « Existe-t-il aujourd’hui un droit humanitaire bien établi », adapté aux conflits actuels. Selon lui, le droit international humanitaire (DIH) s’applique aux situations de conflits et cherche à définir des règles, les moyens internationaux pour que les responsabilités d’infractions graves ne restent pas impunis s’ils ne sont pas jugés dans leur pays de manière adéquate. Or, les conflits concernés (conflits armés, guerres déclarées ou non entre des parties aux conflits, des Etats ou des organisations non étatiques) ont des démarcations complexes et difficiles, voire délicates à cerner avec la multiplication des ingérences extérieures. Cependant, le caractère criminel de la torture, les traitements inhumains, les attaques contre des populations, des personnes ou des biens civils ne devrait pas resté impuni.

Une discussion s’engage sur le droit coutumier et le statut de la Cour internationale pénale (CPI) qui n’a pas été modifié lors de sa révision en 2010 malgré tous les bombardements indiscriminés des années 2000 de la part de nombreux Etats, en particulier des Etats-Unis, ainsi que le caractère utile ou nuisible du droit humanitaire. M. Lagot constate la faiblesse toujours présente du Statut de la CPI au sujet des bombardements causant de graves pertes civiles, domaine où elle est en retrait sensible par rapport au Protocole I de 1977 (justifié par les rédacteurs du Statut par le souhait d’obtenir un plus large consensus, y compris des grands pays occidentaux), ou encore au sujet des armes utilisées (les seules qui y sont interdites à ce jour sont celles déjà interdites un siècle plus tôt à La Haye). S’agit-il là d’un problème mineur ou majeur ? Peut-on espérer avec le soutien de l’opinion publique internationale, une nouvelle évolution vers un droit humanitaire authentique dans la ligne du Protocole de 1977 ?

Le point de vue du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) présenté par Mme Ghislaine Doucet, conseiller juridique de la délégation du CICR en France, est avant tout de secourir les victimes des guerres et des conflits. Pour le CICR, la question n’est pas de savoir si les acteurs militaires peuvent ou non contribuer à l’action humanitaire, puisqu’ils sont notamment tenus par le droit international humanitaire d’évacuer les civils blessés. Mais, lorsque l’assistance fait partie intégrante de la stratégie anti-insurrectionnelle, des problèmes autrement plus complexes se posent. Comme les conflits armés actuels tendent à se prolonger et à se fragmenter, pour le CICR, le respect des principes fondamentaux est essentiel dans l’organisation des secours.

Il a été longuement débattu sur les modes de fonctionnement des organisations humanitaires. Ces dernières doivent se montrer plus honnêtes et critiques lorsqu’elles examinent les conséquences de leurs choix, et décider en toute bonne foi de leur mode de fonctionnement. Si ces conditions ne sont pas remplies, les travailleurs humanitaires continueront à devoir faire face à une insécurité grandissante et, surtout, les victimes des conflits armés se retrouveront encore plus isolées et menacées.

Quant aux personnes et biens civils dans les conflits armés pour Mme Rafaëlle Maison, agrégée des facultés de droit et professeur à l’Université de Paris XI, il y a une entrave pour le cas où les combattants ne sont plus des soldats mais des résistants, des membres de mouvements de libération nationale, des insurgés, voire la population d’un territoire prenant les armes à l’approche de l’ennemi (cas de la levée en masse). Comment dans cette proximité nouvelle entre le combattant et le civil, continuer de préserver la population civile et le biens civils tout en permettant un combat que le droit de la guerre n’interdit pas en soi ? Elle suggère de considérer les propositions du CICR sur la participation directe des civils aux hostilités pour tenter d’apporter une réponse à cette question. Selon les propositions du CICR, seuls les civils qui participeraient directement aux combats ou aux opérations militaires perdraient leur protection comme civils.

Daniel Lagot soutient pleinement d’une part que les civils doivent être protégés, alors que les règles du droit sont floues à cet égard dans la mesure où ils restent largement « soumis aux lois du pays » en cas de conflit déclaré « non international » malgré les garanties apportées par l’article 3 des Conventions de Genève, d’autre part que les combattants de guérilla ne doivent pas être considérés comme des « terroristes » et doivent aussi être protégés, s’ils sont capturés, par le statut de prisonnier de guerre, conformément au Protocole de 1977, dans les luttes de libération nationale ou contre l’occupation étrangère. Par ailleurs, Daniel Lagot reste perplexe devant les propositions du CICR sur la participation directe, qui pourraient selon lui surtout être à l’avantage des Etats, étant donné l’immense « armée » des civils qui travaillent directement pour les forces armées, d’autant plus avec la privatisation accélérée des activités au service direct des armées, et permettent par exemple aux forces armées occidentales d’infliger de lourdes pertes tout en en subissant elles-mêmes très peu.

M.Géraud de la Pradelle (6), spécialiste du droit humanitaire de la guerre, concernant la justice internationale aujourd’hui, le rôle de la justice nationale remet les pendules à l’heure de la vérité sur le rôle spécifique du juge pénal dont l’intervention présuppose un échec du système normatif en vigueur. Mais paradoxalement en dépit de ce vice originel et des imperfections inhérentes à l’institution juridictionnelle, le passage de la justice devrait contribuer à l’efficacité et au développement des dispositions initialement transgressées. Par ailleurs, les tribunaux nationaux doivent en principe, réprimer les violations du droit international humanitaire.

Du point de vue de la répression des crimes internationaux, la saisine des tribunaux nationaux présente un certain nombre d’avantages sur celle du juge international (constitution de partie civile, le coût de la justice très inférieur à celui de la justice internationale). Il a été aussi question de créer des tribunaux spéciaux pour offrir une certaine assistance aux Etats défaillants.

2- Echos de la justice pénale internationale

M. Andreas Schuller, responsable du programme justice universelle au Centre européen pour les droits constitutionnels et humains, (CEDCH) relate des actions récentes pour l’application de la compétence universelle en particulier dans le cas de l’ancien président George W. Bush et autres responsables états-uniens pour la torture. Rappelons que le concept de la compétence universelle, tel énoncé aux articles 49, 50, 129 et 146 communs aux quatre Conventions, prévoit que les Hautes Parties contractantes s’engagent à prendre toute mesure législative nécessaire pour fixer les sanctions pénales adéquates à appliquer aux personnes ayant commis, ou donné l’ordre de commettre, l’une ou l’autre des infractions graves à la présente Convention. Chaque partie contractante aura l’obligation de rechercher les personnes prévenues d’avoir commis, ou d’avoir ordonné de commettre, l’une ou l’autre de ces infractions graves, et elle devra les déférer à ses propres tribunaux, quelle que soit leur nationalité. Parmi les nombreuses interventions du CEDCH dans le monde, celle relative à George W Bush (7) a eu un grand impact par l’annulation récente de son voyage prévu à Genève en 2011.

Où en est la justice, pour Gaza (8) et la Palestine, pour Me Dominique Cauchain (9), avocate au barreau de Paris, comme tout relève du domaine de la politique il faut aller sur le terrain. A propos de la plainte déposée auprès de la CPI, elle rappelle que le Statut de la CPI lui permet d’engager des poursuites si au moins un des « Etats » concernés déclare accepter sa compétence, ce qu’a fait l’Autorité palestinienne. La question juridique est de déterminer s’il y a un Etat de Palestine : il n’y a guère de progrès du côté de la Cour dans l’examen de cette question et l’Autorité palestinienne ne semble pas donner de priorité à cette question. Les avocats et juristes défendant la cause palestinienne continuent leurs recherches, y compris sur la base de différents documents historiques, pour prouver qu’on peut bien parler, y compris sur le plan juridique, de la Palestine comme Etat. Pour Gaza et la Palestine, alors qu’il y a consensus pour dire que certains droits de l’homme sont inaliénables, les Palestiniens vivent soumis aux caprices des soldats aux postes de contrôle, des avions et des hélicoptères faisant pleuvoir la mort sur eux en toute impunité, des couvre-feux, des restrictions et des dénis de justice et de la violence de colons armés. Pour concrétiser les actions intentées à l’encontre d’Israël, se pose entre autres le cas des laboratoires AHAVA de la Mer Morte dont SEPHORA en France commercialise les produits. Il s’agit une entreprise israélienne privée de produits de beauté fabriqués à partir de minéraux et de boue de la Mer Morte. L’usine principale de l’entreprise (10) et son salon d’exposition sont situés dans la colonie israélienne de Mitzpe Shalem en Cisjordanie occupée. Or, toutes les colonies israéliennes de Cisjordanie sont illégales en vertu du droit international. L’article 49 de la Quatrième Convention de Genève déclare : “ « La Puissance occupante ne pourra procéder à la déportation ou au transfert d’une partie de sa propre population civile dans le territoire occupé par elle. »

Me Roland Weyl, vice président de l’Association internationale des juristes démocrates (AIJD) dans son exposé quelle justice internationale, revendique le droit de contester les juridictions internationales sans encourir le risque d’être accusé de négationnisme. L’expérience n’est pas positive car les tribunaux spéciaux ont les vices de tous les tribunaux d’exception (plus les aspects discutables de leurs modes procéduraux). Et la CPI a celui de n’être que contractuelle. Il faudrait une Cour internationale de justice, pénale, qui supposerait un amendement de la Charte. Mais serait dans une logique de gouvernance mondiale contraire aux fondements (à défendre) de la Charte. Et encore ne serait-elle pas plus infaillible qu’aucune juridiction. Il faudrait tenir compte aussi de la responsabilité des médias, notamment, lors de la Commission parlementaire dite « d’Outreau », où les médias ont fait leur mea culpa. Mais il ne faut pas tomber dans les mêmes travers que ceux qui critiquent les autres sans nuance. Dans cette affaire, chaque acteur a sa part de responsabilité, ainsi elle révèle de façon encore plus impressionnante les points faibles de notre société toute entière. Certes, cette opacité, véhiculée depuis des siècles, a contribué à entretenir incompréhension, peur, hostilité, voire fantasme. Cette situation peut sembler paradoxale, dans la mesure où les tribunaux ne font qu’appliquer les lois, votées par les citoyens et que « nul n’est censé ignorer ». Me Jan Fermon, avocat au barreau de Bruxelles, membre de Progress Lawyers Network et du bureau de l’AIJD expliquant le droit international appliqué au conflit interne aux Philippines a présenté une analyse historique du conflit (mouvement de libération nationale vs Etat) dès 1963. En effet, le régime de Macapagal-Arroyo cherche désespérément à trouver une solution à la crise économique et politique à laquelle le système fait face. L’économie semi-féodale, déjà en ruine, est en train de s’affaiblir. La résistance populaire armée et non armée du Front National Démocratique (FND) continue à s’étendre. Dans ce contexte, le FND et le gouvernement des Philippines cherchent une solution mettant fin aux hostilités de violence. Ils ont déclaré adhérer à la Convention de Genève et se reporter en septembre 1992 à la Haye pour une négociation ouverte. La feuille de route pour une paix juste comporte la négociation selon le droit international et la nécessité de réviser la Constitution philippine. Le mécanisme de cet accord consiste en particulier à garantir les droits humains aux citoyens, aux travailleurs pauvres, protéger la population, enquêter, poursuivre les délits, fraudes, escadrons de la mort et terroristes. Ce cas est intéressant dans la mesure où il cherche une résolution sur les bases du droit international humanitaire et des droits de l’homme. Dans les années 2000, ce processus de négociations a été largement interrompu sous la pression des Etats-Unis, le NDP étant qualifié de « terroriste ». La situation semble avoir changé récemment. Cependant, les négociations à mener entre les belligérants restent préoccupantes et longues et il est difficile de savoir si cette évolution récente se confirmera.

Mme Nguyen Dac Nhu-Mai, historienne des relations internationales, représentante de Vietnam Association pour les Victimes de l’Agent orange/dioxine (VAVA) a présenté l’état actuel du combat des victimes, en soulignant qu’il est clair que les principes du DIH et de la CJI évoqués durant ces deux jours peuvent être appliqués aux victimes en rappelant les faits : de 1961 à 1971, l’aviation américaine a déversé moins de 80 millions de litres d’herbicide contenant environ 366 à 600 kg de la dioxine. Le but a été de défolier les forêts, détruire les récoltes et empêcher la guérilla vietnamienne de s’y cacher. Cinquante ans après, les symptômes liés à la dioxine sont toujours présents au Vietnam avec une quantité non négligeable de dioxine dans les zones localisées appelées points chauds. Il a été estimé qu’environ 4,8 millions de Vietnamiens directement exposés aux agents chimiques, souffrent de maladies et de malformations. Des dommages n’ont jamais été versés par le gouvernement ni par les industriels américains. Les victimes regroupées dans VAVA ont sollicité un tribunal international d’opinion pour faire entendre la justice après avoir été déboutées par la justice américaine sur le terrain américain en 2004, 2005 (11) et 2007 (se rappeler du documentaire « Le dernier fantôme de la guerre » de Pham Quôc Thai & Janet Gardner montré lors de la session ADIF du 4/03/2011) Les victimes avec VAVA se sont présentées les 15-16 mai 2009 à Paris au Tribunal international d’opinion organisé par l’AIJD. Ce tribunal dans son verdict a condamné le gouvernement des Etats-Unis et les fabricants à dédommager solidairement et pleinement les victimes d’Agent Orange/dioxine et leurs familles, à réparer les dégâts causés à l’environnement par la décontamination des « points chauds », le Tribunal a recommandé au Vietnam l’organisation d’une Commission Agent Orange (CAO) pour évaluer le montant des compensations, le montant nécessaire pour fournir les aides médicales spécialisées, la réhabilitation et les autres services thérapeutiques aux victimes et à leurs familles.

Sur le front de la mobilisation les actions continuent avec le soutien des associations, en particulier en France par les manifestations en 2010 à Paris, Créteil, Nantes, en 2011 à Lorient et Montpellier ; aux Etats-Unis avec la campagne Vietnam Agent Orange Relief & Responsibility Campaign (VAORRC) (12) sur invitations en 2010 des victimes et des dirigeants de VAVA à venir sur le terrain rencontrer des Anciens Combattants à San Francisco et San Jose, mais aussi à discuter et intervenir au Congrès. VAORRC élabore avec un membre du congrès un projet de loi en 2011 pour fournir une assistance complète aux victimes et le nettoyage de tous les points chauds ; En Indonésie, à la commémoration de la conférence de 55 Bandung 55 (25-10/4-11,2010) l’écocide a été discuté dans la section environnement (13), en complément de la projection du film « Agent Orange - A Personal Requiem » de Masako Sakata. Au Sénégal au Forum Social Mondial de Dakar (5-11/02 2011) la délégation coréenne (Institute of the 21th century Corea Research) a fait circuler la pétition soutenant les victimes de l’Agent orange/dioxine ; En Angleterre avec Len Aldis, une page sur la toile a collecté un million de signatures envoyées au président américain Barack Obama et aux députés américains. Au Vietnam, VAVA reconnue officiellement par le Vietnam fin 2010 comme l’unique association en charge des victimes, a initié un programme (2009-2013) d’aides multiples pour les familles pauvres et démunies. Elle prépare un congrès pour la commémoration des 50 ans de l’aspersion de la dioxine (10-08-1961/10-08-2011) au cours duquel des Prix du Cœur d’Or vont être remis à 23 organisations internationales et aux 76 aux entreprises mécènes Vietnamiennes. Sur le front du droit international. L’Agent orange/dioxine contenant de la dioxine considéré comme un poison tombe sous le coup du protocole de 1925 que les Etats-Unis ont signé le 10 avril 1975.

Sur le front du droit international humanitaire. L’une des clauses les plus utiles du traité sur le droit humanitaire est la clause Martens de la convention de La Haye de 1907 qui est reprise dans les traités suivants concernant le droit humanitaire. La clause Martens stipule que dans les situations où il n’existe pas de clause spécifique dans un traité, la communauté internationale est néanmoins liée par les règles de principes de la loi des nations, issues des usages établis parmi les peuples civilisés, par les lois humanitaires et ce que dicte la conscience publique. Dès lors, l’Agent orange/dioxine tombe sous la Clause Martens de la convention de La Haye de 1907. Sur le front de la conscience des hommes la mobilisation devrait obtenir des indemnisations des Etats-Unis d’Amérique coupables de dégâts sur l’environnement et la population civile au Vietnam. C’est l’application de la Loi du pollueur payeur. Le combat des Victimes est un combat citoyen, celui de David pour le droit de vivre décemment versus l’impunité de Goliath. C’est un combat difficile qui sollicite une mobilisation de longue haleine sur tous les fronts mentionnés. M. Omar Mansour, membre de la Direction du Front Polisario, ancien ministre des Affaires étrangères de la république Sahraouie, représentant du Front Polisario en France, dans son exposé sur le Sahara occidental sous occupation : situation actuelle a donné un rappel historique. Le Polisario formé le 10 mai 1973 à Zouérate (Mauritanie) a pour but de mettre fin à l’occupation espagnole du Sahara occidental. Après l’annonce du départ des Espagnols, le Polisario s’est opposé par les armes à l’annexion du territoire par le Maroc et la Mauritanie avant d’annoncer en février 1976 la création de la « République Arabe Sahraouie Démocratique » (RASD). Après avoir contraint la Mauritanie à le reconnaître en 1979, le RASD s’est longuement opposé au Maroc, par une lutte armée entamée au lendemain de la marche verte, jusqu’au cessez-le-feu de 1991. La lutte continue avec de nombreuses difficultés mais avec l’espoir de poursuivre les négociations autour du Sahara sous l’égide de l’ONU et en présence de l’Algérie, de la Mauritanie et de l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, Christopher Ross. (14) Le Maroc semble prêt au mieux à accorder aux Saharouis une autonomie à l’intérieur du Maroc, là où le Polisario demande une négociation sans condition préalable sur le droit à l’autodétermination. Mais les difficultés demeurent à propos des listes électorales. Lors de débats, certains soutiennent les thèses du gouvernement marocain à cet égard et contestent l’existence d’une nation saharouie à proprement parler. Le Polisario mentionne de graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire (cas des disparus,…), certains parlent de leur côté de violations éventuelles aussi du côté du Polisario. La table ronde sur la Libye et autres évènements dans le monde arabe a pris place pour informer sur l’évolution récente en Tunisie, Egypte et les sanctions contre le régime de Mouammar Kadhafi. L’imposition d’une zone d’exclusion aérienne, qui empêcherait l’aviation de Kadhafi de bombarder sa propre population, figure parmi les pistes évoquées mais les participants se prononcent très majoritairement contre toute intervention militaire quelle qu’elle soit. Me Roland Weyl a fait état du soutien à la population arabe par l’AIJD et Droit Solidarité. Les participants ont condamné toute violence encourue à l’encontre des « révoltés » et toutes violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Si les accusations de massacres de populations civiles à une grande échelle, et par suite de crimes contre l’humanité, se révélaient fondées, les responsables devraient être poursuivis y compris au niveau international. On peut espérer, ce qui reste cependant à vérifier, que les responsables de crimes seront poursuivis dans leur pays en Tunisie et en Egypte après les changements des dirigeants.

A propos de la Libye (15), tout en soutenant les droits du peuple libyen, certains expriment des doutes sur son existence à proprement parler, contrairement aux cas tunisien et égyptien : il y aurait en Libye différentes régions et tribus, et le régime Khadafi aurait un soutien partiel.

De toute façon, dans tous les cas, le mot « émancipation » des peuples sous le joug des Etats qui les gouvernent a clôturé la rencontre des deux jours. La qualité des intervenants, la pertinence des questions et débats suscités par les participants ont permis d’appréhender certains problèmes très complexes posés par le droit international humanitaire et la justice pénale. Les questions « une vraie justice internationale, égale envers tous, existe-t-elle aujourd’hui et/ou est-elle possible ? La CPI peut-elle, et sous quelles conditions, être un élément central d’une telle justice en complémentarité avec les tribunaux nationaux ? » ont été beaucoup débattus mais l’impunité de certains Etats demeure. Les éléments de réponses restent toujours d’actualité. Toutefois, il n’a pas été mentionné de la Convention d’élimination des armes à sous-munitions (16) du 1er août 2010 signée par 107 Etats ; 37 Etats l’ayant ratifiée. Nous espérons une prochaine rencontre de l’ADIF pour continuer à développer l’évolution et problèmes du droit international humanitaire.


Notes


(1) ADIF : Association pour le droit international humanitaire, France,voir in http://www.grotius.fr/droit-interna... Voir aussi Daniel Lagot : Quel droit international humanitaire pour les conflits armés actuels ? in L’harmattan, mars 2011. ; Le droit international et la guerre. Evolution et problèmes actuels, L’Harmattan 2007 ;

(2) Objectifs souligner les ambiguïtés dans les formulations des principes et les interprétations hypocrites de certains Etats sans condamnation à ce jour, ii) contribuer à la réflexion sur les précisions et améliorations qui pourraient être apportées au Protocole I de 1977 additionnel aux Conventions de Genève pour les conflits entre Etats et mouvements de résistance dans des conditions d’inégalité militaire, et sur ce que pourrait ou devrait être une justice égale envers tous.

(3) Voir ICRC/Réf. HIST-56 : Les Français, alliés des Sardes, avec à leur tête l’empereur Napoléon III, affrontent les troupes autrichiennes. Les premiers coups de fusil éclatent peu après 3 heures du matin ; à 6 heures la bataille fait rage ; un soleil ardent écrase quelque trois cent mille hommes qui s’entre-tuent. Dans l’après-midi les Autrichiens abandonnent leurs positions l’une après l’autre ; lorsque le soir tombe, plus de 6.000 morts et 40.000 blessés gisent sur le champ de bataille. Les services sanitaires des armées franco-sardes sont débordés. L’armée française compte moins de médecins que de vétérinaires. Les moyens de transport sont inexistants. Les caisses de pansements ont été abandonnées à l’arrière. Les blessés qui le peuvent se traînent vers le village Castiglione, le plus proche pour y trouver un peu d’eau et de nourriture. Ils sont 9.000 à y parvenir, pour ensuite s’écouler dans les maisons et les granges, sur les places et dans les ruelles. C’est dans l’église de Castiglione, La Chiesa Maggiore, qu’Henry Dunant, aidé par les femmes du lieu, va soigner les blessés et les mourants durant trois jours et trois nuits.

(4) http://www.vigile.net/-Afghanistan-...

(5) président de l’ADIF, auteur entre autres, de ; Le droit international et la guerre. Evolution et problèmes actuels, L’Harmattan 2007 ; Droit international humanitaire : Etats puissants et mouvements de résistance. Editions L’Harmattan 2010 Quel droit international humanitaire pour les conflits armés actuels ? L’harmattan 2010

(6) Géraud de la Pradelle, Agrégé de droit, professeur émérite à l’université Paris X-Nanterre, est spécialiste du droit humanitaire de la guerre... Il a présidé la commission d’enquête citoyenne pour la vérité sur l’implication française dans le génocide tutsi, qui a tenu sa première session du 22 au 26 mars 2004 à Paris. (Commission d’enquête citoyenne sur l’implication de la France au Rwanda.) Il est membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont le début des travaux a été présenté le 4 mars 2009.

(7) Le cas contre George W. Bush se situe dans un large éventail d’actions en justice initiées suite au programme de torture aux États-Unis. Les enquêtes sur la traduction devant des tribunaux extraordinaires sont actuellement en cours et deux cas Guantanamo et l’administration Bush sont pendants devant les tribunaux espagnols. En février 2011 une coalition de plus de 60 individus et des organisation non gouvernementales (ONG) ont contribué à la réussite de la préparation d’un acte d’accusation contre les traitements de torture infligés par Bush et son administration. Cet acte d’accusation a transmis un message clair qu’il y a beaucoup d’individus et de groupes engagés à faire respecter les conventions des Nations unies contre la torture et des tortionnaires, indépendamment de la qualité et de la position occupée par l’individu.

(8) Un bateau français pour Gaza fait escale à Bordeaux le 16 février 2011 dans le cadre de la tournée nationale d’aides aux Palestiniens

(9) Cosignataire de la plainte déposée par Gilles Devers auprès de la Cour pénale internationale, elle défend entre autres par ailleurs des personnes poursuivies pour boycott.

(10) L’entreprise dont 37% des actions sont aux mains de la colonie du kibboutz Mitzpe Shalem, 37% sont détenus par Hamashbir Holdings (fonds d’investissement de B. Gaon Holdings et de la famille Livnat), 18% sont la propriété de Shamrock Holdings (fonds d’investissement de la famille Roy E. Disney), et 7% reviennent à la colonie du kibboutz Kalia en Cisjordanie. (Voir : http://www.whoprofits.org/Company%2... pour les chiffres ci-dessus et toute autre information sur l’entreprise.) Ce n’est pas par amour ni motivée par la magie du lieu qu’Ahava a installé son usine sur les terres occupées, pas plus qu’il n’est vrai que la boue extraite par Ahava pour ses produits appartienne à plus d’une nation. Aussi longtemps que les laboratoires Ahava de la Mer Morte ne respecteront pas les droits humains et le droit international CODEPINK invitera les personnes de conscience à boycotter les produits AHAVA.

(11) Agent orange : une décision injuste de la Cour suprême américaine : in Vietnam aujourd’hui, 4 mars 2009, 20:08 -. Le combat continuera jusqu’à ce que la justice soit rendue à toutes les victimes, selon l’avocat Jonathan Moore, conseiller de VAVA, pour le procès intenté par les victimes vietnamiennes de l’agent orange/dioxine contre 37 compagnies américaines des produits chimiques ayant fabriqué ce toxique déversé au Vietnam de 1961 à 1971 par l’Armée américaine pendant la guerre, après la décision rendue publique le 2 mars 2005 par la Cour suprême américaine de ne pas examiner la plainte des victimes vietnamiennes. La Cour n’a donné aucun commentaire sur sa décision, prise le 27 février, rejetant ainsi la plainte des victimes vietnamiennes et 2 autres plaintes des vétérans américains contre les fabricants de produits chimiques américains pour leur demander d’indemniser les dommages. Auparavant, la pétition des victimes vietnamiennes avait été rejetée par la Cour d’appel fédérale de New York,(2004) bien que plusieurs recherches scientifiques comme les réalités prouvent un lien direct entre ces défoliants, les cancers, le diabète et les malformations congénitales.

(12) P.O. Box 303, New York, NY 10012 www.vn-agentorange.org • info@vn-agentorange.org

(13) Nguyen Dac Nhu-Mai : Ecological and Psychological impacts on Vietnamese Victims of Agent Orange/Dioxin after the Vietnam War. International Seminar Diversity in Globalised Society. The role of Asia Africa for a Sustainable World. Commemoration of the 55 Anniversary of 1955 Bandung Asia Africa Conference. Gadjiah Mada University Graduate School- Yogyakarta Indonesia 25-27 October 2010

(14) http://www.bladi.net/maroc-polisari.... Le Maroc et le Polisario se rencontreront les 7, 8 et 9 mars 2011 à l’Ile de Malte. Pour rappel, le Maroc et le Polisario avaient convenu de se rencontrer en Europe lors de la cinquième réunion informelle qui avait eu lieu en janvier dernier, à Manhasset dans la banlieue de New York.

(15) http://www.lexpress.fr/actualite/mo... L’ONU a autorisé jeudi 17 03 2011 le recours à la force en Libye. Et après ? Les divisions au sein de la communauté internationale restent patentes. Par dix voix pour et cinq abstentions, le Conseil de sécurité des Nations unies s’est aussi prononcé pour l’instauration d’une zone d’exclusion dans le ciel libyen. La Grèce et le Canada ont apporté leur soutien. 

(16) http://culturedepaix.blogspot.com/2... Armes à sous-munitions : entrée en vigueur d’une Convention d’élimination. Les armes à sous-munitions sont interdites depuis le 1er août 2010 par les 32 pays qui ont ratifié la Convention d’Oslo. Adoptée à Dublin (Irlande) le 30 Mai 2008 et ouverte à la signature à Oslo (Norvège) en décembre 2008, la Convention a été signée à ce jour par 107 États, 37 États l’ayant ratifiée. Le 1er août, l’intégralité des dispositions du traité prennent effet et deviennent juridiquement contraignantes pour tous les États parties. Signée à ce jour par 107 États, la Convention d’Oslo interdit l’emploi, la production, le stockage et le transfert des bombes à sous-munitions (BASM)

 

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