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« Ouzbekistan - Des photos qui dérangent ! »

Umida Akhmedova

le 5 mai 2010, par Dominique Colonge

Entre 2005 et 2009 la Suisse a financé la travail documentaire d’Umida Akhmedova. Aujourd’hui, l’état ouzbek accuse cette femme de calomnier son pays. Les faits...

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Portrait d’Umida Akhmedova

Umida Akhmedova n’a rien d’un trublion. Cette femme, photographe autant que documentariste, parcourt son Ouzbekistan avec passion et acuité. Appareils photos ou caméras prolongent son regard. Dans le courant des années 2000, par l’intermédiaire du consulat suisse de Tashkent, Umida Akhmedova parvint à financer des projets qui lui tenaient à cœur. Un livre* et un film* profondément humanistes où s’entremêlent la beauté des visages, la dureté de la vie rurale et le poids des traditions de cette Asie centrale qui fascinent les Occidentaux. Combien de voyageurs ont saisi des moments comparables, tantôt teintés de grâce tantôt griffés de douleur. À la différence de ceux qui ne font que passer Umida Akhmedova a construit l’œuvre de sa vie autour de la transmission de la réalité de la vie quotidienne vécue par ses proches et ses voisins ou des êtres connus ou inconnus. En quête de sa vérité, d’une vérité... qu’importe la documentariste et l’artiste qui sommeillent au fond d’elle-même font parfois cause commune. Son travail, au-delà de tous paramètres techniques, se résume facilement : proximité, sincérité et absence de démagogie.

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Ph : Umida Akhmedova
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Ph : Umida Akhmedova

C’est sans doute à cause de cette absence, que l’histoire a dérapée. Le fait de montrer une réalité de la vie quotidienne parfois difficile et la condition féminine maltraitée a été compris par le gouvernement ouzbek comme une atteinte au pays ! Calomnie dit-il ! Depuis le début de l’année 2010, Umida Akhmedova porte en permanence une épée de Damoclès au dessus de la tête. Trainée devant les tribunaux pour des charges lourdes de conséquences en ce pays, elle n’a dû son salut et sa liberté qu’au fait qu’elle est mère de trois enfants. L’argument juridique prêterait à sourire si il n’était question de droits de l’Homme, de liberté d’expression et d’interférence entre le pouvoir politique et la vie artistique. Umida Akhmedova qui risquait trois ans de prison pour avoir nui à la réputation et à l’honneur de l’Ouzbekistan a été amnistiée mais les charges à son encontre sont maintenues. La moindre photographie qu’elle pourrait prendre à l’avenir qui déplairait au pouvoir serait immédiatement synonyme pour elle de prison... Autant dire que sa vie privée et professionnelle sont sous haute et malveillante surveillance.

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Ph : Umida Akhmedova
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Manifestation comité de soutien à Moscou

De Moscou à Paris, des comités de soutien se sont constitués. Qui peut savoir leur impact réel sur les décisions d’un gouvernement si mal noté par les organisations de droits de l’homme. Mais il serait dramatique pour Umida Akhmedova que son cas ne tombe dans l’oubli. Dans combien de pays, parfois même sois-disant démocratiques, les journalistes, photographes, documentaristes ou artistes subissent des pressions afin qu’ils rentrent dans le « droit chemin ». Mais, comment se mettre dans la tête que les photographies d’Umida Akhmedova aient pu déclencher une telle tempête ? Les autorités suisses, elles, n’avaient pas senti ce vent venir. Pourtant... vraiment Umida Akhmedova n’a rien d’un trublion !

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Manifestation comité de soutien à Paris

*Livre : Les femmes et les hommes, de l’aube à la nuit

*Film : Le fardeau de la virginité

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Ph : Umida Akhmedova
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Ph : Umida Akhmedova
 

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