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« Pologne - Nouveaux médias et TICE »

Entretien avec Laurente Jerinte ou Gerente

le 24 mai 2010

Amoureux de la Pologne, Laurent Jerinte ou Gerente est un observateur avisé de l’évolution technologique dans les médias et l’enseignement en Pologne. Rencontre :

Juste quelques mots pour mieux comprendre qui vous êtes... français, polonais, les deux ?

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Pour répondre à votre question, je n’ai pas d’origines polonaises. Je suis simplement un Français qui a découvert la Pologne il y a une dizaine d’années et qui en est tombé amoureux. Néanmoins j’éprouve tellement de sympathie pour les habitants de ce pays que je me surprends souvent à dire que je suis aussi quelque part Polonais, mais un Polonais de coeur.

Pour parodier la question que l’on pose aux artistes ou aux écrivains, quel est votre vrai métier ?

Je suis à la fois consultant et journaliste spécialisé sur la question des TICE et des Nouveaux Médias en Pologne. Par « Nouveaux Médias », il faut surtout entendre les médias électroniques et en particulier Internet, mais même les médias dits traditionnels (Télévision, Radio, Presse écrite) sont également concernés. Avec l’avènement du numérique, les frontières tendent en effet à s’estomper de plus en plus au profit d’un phénomène plus large de convergence entre médias. Ce mouvement est, du reste, particulièrement visible en Pologne.

Cela fait désormais trois bonnes années que je me suis spécialisé sur ce champs d’étude. Néanmoins cette passion – car c’en est une – est beaucoup plus ancienne puisqu’elle remonte à mes premières années passées dans ce pays. A l’époque, j’étais déjà passionné par l’informatique et les technologies du numérique qui pointaient, alors, seulement le bout de leur nez.

Votre blog décortique les nouveaux médias et les TICE en Pologne. A qui le destinez-vous ?

Je le destine à la fois aux professionnels désireux de mieux s’informer sur le marché polonais tout comme au grand public. Avec ce blog, j’ai avant tout voulu combler un vide et parler d’un aspect trop méconnu de la Pologne, à savoir celui d’un pays résolument moderne et technophile. En l’espace de deux décennies, la Pologne est parvenue à combler une grande partie de son retard sur des pays comme la France ou l’Allemagne, surtout en matière de télécommunications. Résultats : la téléphonie mobile affiche un taux de pénétration supérieure à celui de la France et le haut, voire très haut débit, connait désormais une très forte croissance. Tout n’est pas encore parfait mais la Pologne est résolument entrée dans l’ère de la société de l’information et des médias numériques.

Existe-t-il une version polonaise ?

Pour l’heure, le blog n’est disponible qu’en langue française mais une version polonaise visant à présenter mes activités est prévue dans les prochains jours. Toutefois je n’envisage pas pour l’heure de publier des articles en polonais, essentiellement par manque de temps. Il existe par ailleurs d’excellents sites polonais qui traitent déjà de cette question, ce n’est donc pas là que ma valeur ajoutée réside.

Pouvez-vous nous parler du projet Academica, mis en place par la Bibliothèque Nationale Polonaise ?

Il s’agit d’un projet de numérisation des ouvrages extrèmement ambitieux. Son objectif est de scanner plus de 170 000 ouvrages de référence issus de la recherche afin de pouvoir les gérer sous forme numérique, c’est à dire sous forme de « fichiers informatiques ». A terme, ce dispositif devrait considérablement réduire les délais d’attente de prêt des livres qui peuvent atteindre un mois dans certains cas. Avec Academica, les chercheurs polonais pourront donc très rapidement et très facilement fouiller la base de données de la Bibliothèque Nationale et « emprunter » les ouvrages de leur choix. Des garde-fous, sous forme de verrous numériques, sont également prévus afin d’empêcher la copie sauvage des textes et veiller au respect des droits d’auteurs.

En mai, la Pologne était invitée d’honneur au salon INTERTICE à Paris. En quoi est-elle un acteur de premier plan dans l’utilisation des TICE ?

Je pense que ce salon a eu raison de mettre à l’honneur la Pologne. Plusieurs dispositifs sont actuellement testés en Pologne par le Ministère de l’éducation nationale visant à mieux exploiter le potentiel des TIC dans les méthodes d’enseignement. Parmi ceux-ci, on peut citer « le carnet de correspondance électronique » (e-dziennik) qui permet aux parents de suivre à distance et en temps réel l’emploi du temps des élèves et leurs résultats scolaires. Par ailleurs, des acteurs majeurs du secteur des télécoms tels que Telekomunikacja Polska ou Microsoft interviennent régulièrement dans les écoles polonaises pour participer à des programmes d’information sur l’usage d’Internet. Il faut d’ailleurs noter que tous les enseignants polonais reçoivent désormais une formation spécifique sur le rôle de l’outil informatique en classe et les bonnes pratiques en la matière.

Signalons enfin qu’un gros effort a été consenti ces dernières années par le gouvernement pour informatiser les établissements scolaires et les dôter d’un accès Internet. Il était même question à une époque d’équiper chaque petit collégien d’un ordinateur portable mais ce projet n’a malheureusement pas abouti faute de financement.

Je me réjouis en tout cas que la Pologne ait été conviée au salon INTERTICE et c’est pourquoi j’ai jugé bon d’en parler sur mon blog.

On parle souvent de la réduction de la fracture numérique entre les pays dits du nord et ceux dits du sud, est-ce pour la même raison que la Pologne se dote d’outils de ce type... pour uniformiser l’offre éducative entre Varsovie, Cracovie, la Podlachie ou les Beskides ?

Le mot « uniformiser » me fait toujours peur... Je ne pense pas que ce soit tant l’uniformisation des méthodes d’enseignement qui soit en jeu que la garantie d’un accès équitable aux TICE. Je pense que les nouvelles technologies ne doivent en aucun cas se susbstituer aux enseignants car rien ne remplace et ne remplacera l’humain. Les TICE doivent plutôt être conçues comme des outils à la disposition des enseignants pour favoriser chez les élèves l’apprentissage du savoir et éveiller leur curiosité et leur créativité. Il faut donc veiller à ce que tous les élèves polonais, qu’ils soit originaires de la capitale ou bien de régions plus « reculées » de Pologne, puissent bénéficier d’un accès Internet, de tableaux numériques, du carnet de correspondance électronique... Libre après aux enseignants d’adapter l’usage de ces outils aux spécificités locales et à leurs choix pédagogiques.

Je pense d’ailleurs que la situation des campagnes polonaises n’est pas aussi mauvaise qu’on veut le dire. Certes il existe encore un décalage notable entre les grandes villes polonaises et les régions rurales mais des efforts importants sont consentis par les autorités pour tendre vers une mise à niveau de l’offre éducative. Enfin n’oublions pas le rôle clé du Fonds de développement Européen qui finance un nombre important de projets éducatifs au niveau local.

Avez-vous connaissance de partenariats performants entre français et polonais sur ce plan ?

Les projets de coopération ne manquent pas entre les deux pays mais citons par exemple le cas de l’ambassade de France en Pologne qui a lancé en 2008 un programme visant à aider les écoles polonaises, en particulier celles qui enseignent le français, à s’équiper de Tableaux Numériques Intéractifs (ou « e-beams » en anglais). Le dispositif se compose d’un tableau numérique, d’un vidéoprojecteur et d’un ordinateur. L’enseignant a ainsi la possibilité de piloter son ordinateur directement depuis le tableau et d’utiliser les multiples fonctions du logiciel accompagnant le TNI : annotations, bibliothèque d’images, de sons, de vidéos etc...

Au total, plus d’une centaine de collèges polonais connus pour leur engagement dans l’enseignement du français ont été équipés de cet outil résolument novateur. L’objectif est de montrer que l’enseignement du Français Langue Etrangère (FLE) est capable de s’adapter rapidement aux nouvelles technologies en proposant aux élèves un outil qui soit plus proche de leur quotidien et qui les rende plus réceptifs. L’Ambassade de France est d’ailleurs en train de préparer des supports de cours pour les collégiens conformes aux programmes actuels du Ministère et compatibles avec les TNI.

Quels sont, selon vous, les projets ou les réalisations polonaises dont on parlera dans les mois à venir ?

Il est toujours difficile de se projeter dans l’avenir avec certitude mais je pense que la Pologne va devenir un acteur majeur du e-commerce en Europe. Un nombre croissant de start-ups polonaises se tourne vers l’international et le commerce en ligne continue d’afficher une croissance soutenue dans ce pays en dépit de la crise économique. Les subventions européennes, l’action des programmes nationaux d’aide à l’innovation, la multiplication des incubateurs technologiques, le savoir-faire reconnu des programmeurs polonais, le développement de la société de consommation sont autant de facteurs qui jouent en faveur de la Pologne. D’ailleurs la Pologne et son « .pl » viennent tout juste de ravir à la France et son « .fr » la cinquième place au classement du plus grand nombre de domaines nationaux déposés en Europe.

Pour terminer... Gerente ou Jerinte ?

Ni l’un, ni l’autre mais bien les deux (dit-il en souriant) Mon nom de famille complet est « Jerinte Ou Gerente ». Je sais que cela peut paraître surprenant au premier abord mais c’est véridique. A ma connaissance, seule ma famille en France possède cette particularité de patronyme. Par souci de commodité, j’avais d’abord pris l’habitude de me faire appeler « Jerinte « , mais ceci m’a causé quelques désagréments avec l’administration. J’ai donc décidé de me réapproprier l’intégralité du nom quite à susciter la curiosité systématique de mes interlocuteurs. Par chance, les Polonais posent beaucoup moins de questions sur mon nom de famille que les Français !

P.-S.

Retrouver le blog de Laurent Jerinte ou Geronte :

www.laurent-jerinte.com

 

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