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« René Caillié »

Voyage à Tombouctou (publié en 1830)

le 15 octobre 2009, par La rédaction de ZigZag

Extraits :

Le 2 avril, le temps continua d’être calme ; nous passâmes vers huit heures du matin parmi de grandes îles qui se trouvent non loin de l’embouchure du lac Débo. Le fleuve, dans cet endroit, est divisé par plusieurs îles qui le partagent en différentes branches étroites mais très profondes. Il y en a deux plus grandes que les autres qui seraient susceptibles d’être habitées ; car, lors du débordement ; elles ne sont inondées que dans quelques parties. Sur l’une des deux, il y a des cases de pêcheurs et de bergers qui soignent de nombreux troupeaux qui paissent dans les marais, où ils trouvent de gras pâturages. Ces immenses marais sont couverts d’une quantité d’oiseaux aquatiques de toute espèce. Il y a une infinité d’autres petites îles, couvertes de grandes herbes, et inondées dans toutes les saisons : lors du débordement de ce fleuve immense, les herbes sont couvertes par les eaux ; alors le lac paraît beaucoup plus grand, on n’aperçoit plus ses rives ; on le prendrait alors pour une mer intérieure. (Pages 181 et 182, tome 2)

Le 7 avril, nous attendîmes les grosses embarcations restées en arrière ; et vers huit heures du matin nous fîmes route au nord-est par un petit vent venant de cette direction ; ayant augmenté, il nous obligea de faire halte, vers neuf heures du matin, à Filinça, village qui peut contenir cinq cents habitants. Il y avait sur le port beaucoup de pirogues en réparation : je vis travailler les charpentiers ; ils n’avaient pas d’autres outils qu’une petite hache, faite en forme d’herminette, avec laquelle il façonnaient assez mal de petits morceaux de planches, dont la plupart me parurent détériorés ; c’étaient de vieux morceaux de pirogues qu’ils faisaient resservir (…) Je m’étonne que ces embarcations ne coulent pas quand elles sont à flot : il y a toujours un homme occupé à rejeter l’eau qui filtre au travers des coutures. Ces pirogues sont celles des pêcheurs. (Page 190, tome 2)

Enfin nous arrivâmes heureusement à Tombouctou, au moment où le soleil touchait à l’horizon. Je voyais donc cette capitale du Soudan, qui depuis si longtemps était le but de tous mes désirs. En entrant dans cette cité mystérieuse, objet des recherches des nations civilisées de l’Europe, je fut saisi d’un sentiment inexprimable de satisfaction ; je n’avais jamais éprouvé une sensation pareille et ma joie était extrême. Mais il fallut en comprimer les élans : ce fut au sein de Dieu que je confiai mes transports ; avec quelle ardeur je le remerciai de l’heureux succès dont il avait couronné mon entreprise (…) … Il y a je ne sais quoi d’imposant à voir une si grande ville élevée au milieu des sables, et l’on admire les efforts qu’ont eus à faire les fondateurs (…) (Page 212, tome 2)

Les rues de Tombouctou sont propres et assez larges pour y passer trois cavaliers de front ; en dedans et en dehors, on voit beaucoup de cases en paille, de formes presque rondes, comme celles des Foulahs pasteurs ; elles servent de logement aux pauvres et aux esclaves qui vendent des marchandises pour le compte de leurs maîtres (…) Cette ville mystérieuse, qui, depuis des siècles, occupaient les savants, et sur la population de laquelle on se formaient des idées si exagérées, comme sur sa civilisation et son commerce avec tout l’intérieur du soudan, est situé dans une immense plaine de sable blanc et mouvant, sur lequel il ne croît que de frêles arbrisseaux rabougris, tel que le mimosa ferruginea qui ne vient qu’à la hauteur de trois ou quatre pieds (…) Tombouctou peut contenir au plus dix ou douze mille habitants, tous commerçants, en y comprenant les Maures établis. Il y vient souvent beaucoup d’Arabes, amenés par les caravanes, qui séjournent dansla ville et augmente momentanément la population. (Page 219 et 220, tome 2)

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Tombouctou - Mali
Marcheur devant la mosquée Sankoré

Pour faire l’esquisse de la mosquée, je m’assis dans la rue, en face, et je m’entourai avec ma grande couverture, que je repliai sur mes genoux ; je tenais à la main une feuille de papier blanc à laquelle je joignais une page du Coran ; et lorsque je voyais venir quelqu’un de mon côté, je cachais mon dessin dans ma couverture, et je gardais la feuille du Coran à la main, comme si j’étudiais la prière. Les passants, loin de me soupçonner, me regardaient comme un prédestiné, et louaient mon zèle. (Page 237, tome 2)

René Caillié

Voyage à Tombouctou

Editions La Découverte (1985)

 

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