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« SÉNÉGAL - Le tissu africain remis au goût du jour »

Bélya parie sur la mode

le 21 novembre 2013, par Marie-Anne O’Reilly

Elle a commencé à créer des vêtements pour ses amis jusqu’à avoir l’audace de lancer sa propre marque de vêtements et d’accessoires. Bélya, signifiant à la fois « jeune fille » et « crier de joie » en Martinique.


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Ph : Aimablement prêtée par Marie-Anne O’Reilly

Il suffit d’un petit détour dans les marchés de Dakar pour être ébloui par les tissus aux motifs variés et aux couleurs éclatantes. Parmi les chouchous, le wax, bien sûr, traditionnel de la culture africaine. Importé par les Hollandais pendant la colonisation, il a rapidement été adopté par les populations locales subsahariennes, du Sénégal à l’Afrique du Sud, en passant par la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Cameroun… Les femmes l’utilisaient surtout au départ en guise de pagnes, ces longues jupes nouées à la taille, vêtement que l’on retrouve encore au quotidien dans la capitale sénégalaise. De nos jours, plusieurs créateurs utilisent le fameux tissu pour lui donner une nouvelle vocation.

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Bélya
Ph : Aimablement prêtée par Bélya

C’est le cas de la styliste Aïssatou Sene, le visage qui se cache derrière la marque Bélya et qui remporte un succès grandissant à Dakar depuis son lancement en mars 2012. Du haut de ses 24 ans, la jeune femme a d’abord fait des études en gestion et en lettres modernes avant de créer sa propre entreprise. Celle qui voulait tout d’abord poursuivre une carrière de mannequin s’est naturellement tournée vers le stylisme pour faire de la mode son milieu de travail.

Son talent pour créer des vêtements s’est d’ailleurs révélé très tôt après ses études, alors qu’elle travaillait comme vendeuse dans une boutique de produits de beauté. On remarquait déjà l’originalité de ses tenues en wax, qu’elle dessinait elle-même avant de les apporter chez un tailleur pour les confectionner. Elle a ainsi commencé à créer des vêtements pour ses amis, son entourage et au-delà, jusqu’à avoir l’audace de lancer sa propre marque de vêtements et d’accessoires, tout à propos nommée Bélya, signifiant à la fois « jeune fille » et «  crier de joie » en Martinique. C’est tout dire sur le caractère des créations colorées de la jeune designer.


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Ph : Aimablement prêtée par Bélya

Son pari : revaloriser le tissu africain en créant une ligne de vêtements confortables s’inspirant des modèles européens. La styliste amalgame ainsi différents styles, qu’elle s’amuse à varier pour proposer des créations uniques. Wax, bogolan, bazin et autres étoffes de la culture ouest-africaine prennent une toute nouvelle allure à travers son regard de créatrice. Elle puise son inspiration un peu partout autour d’elle, parfois ce sont les couleurs et les motifs qui influencent le design, ou l’inverse. Alors qu’au Sénégal, le pagne est encore souvent associé à la vie quotidienne et à la tenue traditionnelle du vendredi, jour de la prière des musulmans, Aïssatou Sene veut montrer qu’il est possible de bien s’habiller avec le wax et qu’il se prête à toutes les occasions. Ce qu’elle démontre avec force, notamment avec l’idée innovatrice d’une collection de maillots de bain en wax.

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Ph : Aimablement prêtée par Bélya

Malgré un succès sans cesse grandissant à Dakar et à l’extérieur du pays, les défis demeurent tout de même nombreux pour l’entrepreneure sénégalaise. Il y a toute une sensibilisation à effectuer auprès de la population, qui adopte de plus en plus le style européen pour se vêtir, gage de professionnalisme selon certains, au détriment des matières et du savoir-faire locaux. Le wax est en effet souvent considéré comme un tissu de tous les jours, alors que peu savent qu’il en existe d’excellentes qualités, pour autant que l’on évite ceux fabriqués en Chine, qui malheureusement inondent désormais les marchés.

Aïssatou Sene se fait un devoir de choisir les meilleures étoffes et achète une bonne partie de ses tissus en Côte d’Ivoire, réputés pour leur qualité. C’est tout un travail pour la designer de redonner ses lettres de noblesse aux tissus africains et de percer le marché sénégalais. Sa clientèle se compose pour le moment en grande partie d’expatriés installés à Dakar ou à l’étranger, et la reconnaissance de son talent vient de l’extérieur plutôt que de ses pairs. Si elle reste déçue de la réaction au niveau du Sénégal, le rapide succès de Bélya peut lui faire espérer le meilleur pour l’avenir.

Un an et demi plus tard, Bélya, ce n’est plus seulement une marque, c’est devenu une véritable petite entreprise, une belle façon de créer des emplois, de stimuler l’économie locale, de mettre en valeur la main-d’œuvre et l’expertise sénégalaise, tout en favorisant un savoir-faire à la fois innovant et traditionnel. Aïssatou Sene emploie d’ailleurs toujours son tailleur, celui-là même qui réalisait ses premières tenues, en plus de travailler avec des cordonniers à Thiès (ville intermédiaire au Sénégal) et au Maroc pour la confection des sacs et des chaussures. Elle se démarque avec déjà plus de cinq défilés à son actif et de très nombreuses expositions qui lui permettent de faire connaître son travail. Sa réputation s’est propagée de bouche à oreille, amplifiée par les médias sociaux et l’organisation de ventes privées. Fruit d’un long effort, mais une belle preuve de réussite, une première boutique avec pignon sur rue doit voir le jour à Dakar en décembre 2013, en plus de la mise en ligne d’un site Web destiné à la vente à internationale d’ici janvier 2014.

Les vêtements Bélya remettent la mode africaine au goût du jour. Profondément ancré dans la culture sénégalaise, mais ouvert sur le monde, son style particulier vise à positionner le design africain sur la scène internationale. Défi de taille, certes, mais déjà en voie d’accomplissement.


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Ph : Aimablement prêtée par Bélya

 

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