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« Un bilan du Forum mondial de la langue française »

Imma Tor Faus, Sous-Directrice de la langue française à l’OIF

le 16 juillet 2012

« Ces jeunes, souvent des enseignants de français, ont fait valoir leur envie d’être considérés comme une « petite armée » au service de la francophonie. Cet appel doit être entendu ! »

Quelle première image vous vient à l’esprit pour illustrer le Forum ?

J’ai été frappée par la forte présence des jeunes. Et au-delà de leur présence par leur activité et leur implication. Ils ont participé aux débats, ils les ont animés par de nombreuses questions et interpellations, ils ont rédigé des déclarations... c’est selon moi l’aspect le plus positif. D’autant plus que, parfois, ils venaient de pays non membres de l’OIF, je pense à des Péruviens et des Indiens ou des Croates dont le pays est observateur de l’OIF... Ces jeunes, souvent des enseignants de français, ont fait valoir leur envie d’être considérés comme une « petite armée » au service de la francophonie. Cet appel doit être entendu !

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Imma Tor Faus et Emilie Mushobekwa de la Communauté de développement d’Afrique australe. Hors cadre Forum.
Ph : Aimablement prêtée par l’OIF.

Concernant les thèmes de discussion... que mettez-vous en avant ?

Indéniablement les débats autour de l’économie, la formation et le travail doivent être soulignés. Ce sont des aspects peu exploités par le mouvement francophone jusqu’à présent mais ce chantier est capital. La langue française doit être valorisée dans les milieux professionnels et économiques. Les tables rondes au sujet des normes techniques étaient très pertinentes bien que complexes et pas obligatoirement accessibles à tous. Mais il est impératif pour l’essor économique de l’espace francophone que l’anglais ne soit pas la langue unique sur ce plan et que les francophones aient les moyens de participer aux processus internationaux de normalisation. Concernant l’économie, il apparaît indispensable de renforcer les échanges entre pays francophones et des structures telles que les Rencontres Internationales de la Francophonie Économique ou le Forum Francophone des Affaires peuvent et doivent y contribuer. L’OIF peut également aider les réseaux professionnels francophones à se fédérer, notamment pour qu’ils puissent se présenter unis devant les grands bailleurs de fonds internationaux comme le FMI ou la Banque mondiale. Le Réseau des associations professionnelles francophones (RAPF) a été récemment créé sous l’égide de l’OIF pour mutualiser les efforts de ces professionnels, notamment dans le domaine de la formation.

Le problème de mobilité a beaucoup occupé les esprits...

Oui, mais ce problème relève de la souveraineté de chaque état. L’OIF peut contribuer à la sensibilisation mais n’a pas la compétence pour agir... La mobilité sera améliorée si l’espace francophone se donne les moyens de renforcer sa capacité à financer des échanges et des formations par l’intermédiaire de bourses à destination des étudiants. L’obtention de ces bourses pourrait être assortie de la mise en place de projets concrets par les boursiers à leur retour L’Agence Universitaire de la Francophonie travaille déjà dans ce sens. Des partenariats avec des fondations ou des entreprises privés seraient les bienvenues car dans la difficile conjoncture économique que nous vivons, l’argent public se fait de plus en plus rare. Une conjoncture difficile qui ne doit pas nous empêcher de former des experts francophones, car le rayonnement de la Francophonie passera par là !

La langue française, en elle même, ne s’est-elle pas faite trop discrète ?

La langue en elle-même n’était pas vraiment l’objet du Forum. C’était le Forum de la langue française et non un colloque académique sur la langue française. Ce n’était pas non plus un forum sur l’enseignement du français. Les acteurs de l’éducation et de la pédagogie se retrouveront d’ici quelques semaines à Durban en Afrique du Sud pour le Congrès Mondial de la Fédération internationale des professeurs de français. Le sujet n’est donc pas oublié. Nous avons, tout de même, assisté à des discussions autour de la féminisation, de l’évolution de la langue et des « différents français ». Il ressort de ces débats que le même français ne peut pas être enseigné partout dans le monde et à tous les types de publics. Il n’est pas question d’enseigner au rabais, bien entendu, mais la qualité de la maitrise du français est différente selon ses besoins propres. La littérature et l’économie ne demandent peut-être pas le même niveau d’exigence. Le débat sur la simplification et la réforme de l’orthographe n’était pas à l’ordre du jour de Québec ... et surtout cela ne relève pas de la compétence de l’OIF. Les priorités de l’Organisation sont de promouvoir l’éducation en français et l’usage du français sur la scène internationale.

On parle déjà d’un deuxième Forum, dans trois ans. Comment l’imaginez-vous ?

C’est un peu tôt... mais personnellement, je pense que nous devrions resserrer les thèmes et nous consacrer aux plus porteurs. D’ici là, nous devons veiller à ce que les travaux de Québec soient suivis, notamment par l’intermédiaire des réseaux sociaux. Nous travaillons actuellement à dégager les priorités qui pourraient être présentées à Kinshasa, pour le prochain Sommet des chefs d’État et de gouvernement du 12 au 14 octobre prochain dans le cadre de la Politique de promotion de la langue française qu’ils devraient adopter. Une quinzaine de propositions a été retenue par les participants au Forum. Certains des sujets abordés dépassent les domaines de compétence de l’OIF mais le document est un outil de travail intéressant... Pour revenir à votre question, concernant le futur Forum, c’est un peu tôt pour en déterminer les contours mais la réflexion est déjà lancée !

 

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