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« Le Gard, entre Histoire et Nature 2/3 »

Le fil de l’Histoire

le 24 octobre 2009, par Dominique Colonge

Au 2ème avant J.-C. Rome et Carthage se disputent la suprématie sur monde méditerranéen. Le général carthaginois Hannibal, à la tête de son armée d’hommes et d’éléphants, traverse les Pyrénées et les Alpes avant de fondre vers Rome. Mais la stratégie des troupes romaines a raison de l’ennemi qui finit par s’effondrer en 146 avant J.-C. De la chute des Carthaginois, Rome récupère les provinces ibériques et se lance dans la construction de voies romaines à travers le sud de la Gaule pour relier les extrémités de l’Empire. La principale est la voie Domitia créée par le consul Cneius Domitius Ahenobarbus vers 120 avant J.-C. Elle était jalonnée de relais d’étapes où l’on pouvait dormir (mansio) ou simplement changer de chevaux (mutatio). Les autres grandes voies romaines sont la Via Aurelia (Cimiez-Nice, Antibes, Fréjus, Arles), la Via Aquitania qui relie Narbonne à Toulouse et la Via Agrippa qui longe le Rhône en provenance de Lyon. Grâce à l’aisance de circulation, les Romains entament une romanisation en profondeur. Seule la grecque Massalia (Marseille) résiste et obtient le statut de colonie latine, ce qui signifie que ses habitants ne seront jamais considérés comme des Romains. D’autres cités, plus accueillantes, deviennent des colonies romaines et ont le « privilège » de goûter à la civilisation romaine et à ses raffinements. Les riches habitants les plus méritants deviennent citoyens romains. Les Romains redistribuent les terres à des légionnaires « à la retraite » et aménagent les villes selon leurs conceptions de l’urbanisme. Thermes, amphithéâtres, palais ou cirques transforment les villes gauloises en cités romaines. Narbo Martius (Narbonne) devient la capitale de la Gaule Narbonnaise et un port à l’activité florissante. Les bateaux chargés de lin, d’épices, d’huile, de fromages ou de beurre rayonnent dans l’Empire et reviennent alourdis de poteries et de marbre. La cité s’enrichit de somptueux bâtiments qui malheureusement n’ont pas résisté aux Wisigoths et plus tard aux Sarrasins qui ont tour à tour occupé celle que Cicéron appelait : « le boulevard de la latinité ». Aujourd’hui si Narbonne ne présente plus beaucoup de témoignages romains, heureusement la Provence et le Languedoc-Roussillon ont pu préserver les vestiges de l’incroyable qualité de constructeurs des contemporains d’Auguste.

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Nîmes, la Maison Carrée

Le long de la Voie Agrippa, Orange (Arausio) fut le cadre sanglant de combats entre les Romains et les Teutons ou les Cimbres. Les récits insistent sur la taille impressionnante des hommes du Nord qui vociféraient en découpant, sans hésitation, l’ennemi. 100 000 Romains périrent dans ces luttes avant que le général Marius ne gagne définitivement la partie vers Aix-en-Provence. La prospérité et l’influence d’Orange ne cessent alors de grandir. La ville s’enrichit d’un amphithéâtre, d’un cirque, de temples et de thermes. Le monument le plus célèbre, toujours utilisé de nos jours, est le théâtre. Cet hémicycle à l’acoustique parfaite qui contenait 7000 places est considéré comme un des plus beaux de l’ensemble du monde antique. Le théâtre d’Arles (Arelate) eut beaucoup moins de chance. Il servit de carrière dès le 5ème siècle et on retrouve les blocs de pierre dispersés dans les églises, les maisons ou les remparts de la ville. Malgré ces dégradations, Arles est un des sites romains les plus riches de Provence. L’amphithéâtre où se déroulent encore de nombreuses manifestations ou le jardin des Alyscamps jalonnés de sarcophages richement décorés sont des vestiges de très haute valeur. Au nord est d’Orange, non loin de l’antique voie Agrippa, se trouve Vaison-la-Romaine (Vasio Vocontiorum). La partie basse de cette petite ville qui compte aujourd’hui 5000 habitants, construite au bord de l’Ouvèze, est un paradis pour les archéologues. En 1907, l’abbé Sautel fut le premier archéologue à s’intéresser de près aux vestiges romains. Depuis, ses fils spirituels se succèdent autour des quartiers de Puymin et Vilasse. Rome accorda l’autonomie à la cité, en échange de sa fidélité. Le pont à arche unique qui résiste aux caprices de l’Ouvèze turbulente, est un des vestiges les plus intéressants de toute la Provence romaine. D’une façon plus générale, toute la Côte d’Azur, la Provence et le Languedoc-Roussillon sont ponctués de vestiges romains ou gallo-romains. Cimiez et la Turbie dans la région Niçoise et Monegasque, Fréjus dans le département du Var, Agde et Ensérune au nord de Narbonne.

 

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